Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: April le 02 Mars 2026 à 11:25:02
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Évoquant l’éternel Baiser de Rodin
Deux océans, l’Atlantique et l’Indien
S’enlacent sans jamais vraiment se lasser
Sous le ciel où l’invisible s’efface
Face à l'immensité d’eau — toile astrale
Ses créations, d’apparence froide et pâle
Que les hommes ont appelées constellations
Se font des clins d’œil en douce conversation
Le chasseur Orion joue avec Grand Chien
Scorpion, éternel ennemi, guette le chemin
Sur la Voie lactée, Centaure fait la cour
À Licorne, espérant favorable retour
Caméléon tente d’attraper sa Mouche,
Oiseau de Paradis chante avec Paon en duo
Croix du Sud, princesse rêveuse, veut remporter
Un set de badminton contre Grande Ourse
Qui adroitement envoie ses volants argentés
Les étoiles filantes s’élancent dans la course
Tellement loin par-dessus le filet de l’équateur
Qu’elles frôlent le Cap, ville dorée qui ne dort pas
Sans comprendre l’enjeu qui se joue là-haut
De la plage, distraite, je contemple le ciel
Répète aux étoiles filantes les mots oubliés
Dans l’espoir d’un vœu exaucé par l’Univers
Dans la tendresse du va-et-vient des vagues
Là où deux océans s’enlacent sans se lasser
Saurait-on suivre les chemins de l’inconscient
Ou seuls les songes apprennent à accepter
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Hello,
Je ne saurais préciser pourquoi, mais il est que ce poème me laisse entendre quelque chose de plus profond que son apparente douceur cosmique.
Il est vrai que parfois, sous les images, se devine un mouvement intérieur très net : le monde extérieur nous sert de miroir et conduit à un travail intime ; c'est comme si la contemplation du ciel et de la mer permettait d’approcher quelque chose de soi que la conscience ne saurait atteindre à elle seule.
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Je vous remercie pour votre lecture, Robert-Henri, et pour le temps que vous avez pris pour votre commentaire.
Vous avez raison, un poème maîtrisé devrait suggérer davantage que de montrer.
L’idée initiale était celle d’un conte léger, quelque part entre le Cap des Aiguilles et des constellations que l’on ne voit pas depuis l’hémisphère Nord. J’ai imaginé la Croix du Sud dialoguant avec son homologue du Nord, la Grande Ourse.
J’ai vécu en Afrique quelques années, il y a très longtemps, en raison des carrières de mes parents. Ces constellations ont chacune un conte à raconter
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Ce qui me gène, c'est qu'il y a des quatrains qui riment
Face à l'immensité d’eau — toile astrale
Ses créations, d’apparence froide et pâle
Que les hommes ont appelées constellations
Se font des clins d’œil en douce conversation
Le chasseur Orion joue avec Grand Chien
Scorpion, éternel ennemi, guette le chemin
Sur la Voie lactée, Centaure fait la cour
À Licorne, espérant favorable retour
Et d'autres qui ne riment pas
Caméléon tente d’attraper sa Mouche
Oiseau de Paradis chante avec Paon en duo
Croix du Sud, princesse rêveuse, veut remporter
Un set de badminton contre Grande Ourse
Qui adroitement envoie ses volants argentés
Les étoiles filantes s’élancent dans la course
Tellement loin par-dessus le filet de l’équateur
Qu’elles frôlent le Cap, ville dorée qui ne dort pas
Comme si l'auteur n'avait pas réussi à ce décider.
Sinon, je trouve ce poème très parlant.
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Bonjour Florence,
Vous êtes adorable d’avoir laissé ce commentaire très juste. Ce n’est pas que l’auteur n’avait pas réussi à se décider, mais plutôt qu’il n’a pas réussi à faire rimer correctement sa pensée là où il le fallait.
Vous m’encouragez à pallier ce défaut, et je vous en remercie sincèrement
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J'avoue, quand j'ai ce problème, je fais une recherche sur un dictionnaires de rimes (chut, c'est un secret de fabrication :D)
https://www.dicodesrimes.com/rime/l%E0 (https://www.dicodesrimes.com/rime/l%E0)
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Florence,
Vous me faites sourire, vous êtes un vrai rayon de soleil. Merci pour votre générosité !!!
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Avec plaisir :oxo:
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Qu’en direz-vous, Florence ? J’ai retravaillé les rimes en gardant le sens (quatrains 4 et 5).
Aussi, j’ai enlevé le droit de chanter au Paon : il semble que le son qu’il produit est particulièrement disgracieux.
L’Oiseau de Paradis chantera donc en solo
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Vous m’encouragez à pallier ce défaut, et je vous en remercie sincèrement
J'avais remarqué cela sur le texte d'origine, et vous avez parfaitement le droit de rectifier à votre guise mais il convient de préciser qu'en l'absence de métrique, la poésie reste libre et donc autorise absolument la rime… autant que son absence. Et dans votre cas, ce n’est pas seulement permis : c’est aussi un outil supplémentaire qui offre de modeler l'écrit autant que moduler l'onde créative qui émane directement de votre pensée : ceci sans la gêne du moindre carcan. Il faut savoir aussi que lorsque l'émotion guide une écriture de cette sorte, il convient mieux de la laisser s’exprimer et surtout pas la modifier à grand renfort de dico de rimes pauvres car alors, à moins d'être maître en l'exercice, elle risque de se délester majoritairement de son charme premier voire se muer en texte dépourvu de personnalité (ce qui me semble être maintenant le cas).
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Je vous remercie pour votre commentaire, Robert-Henri. Le conte pour le public adulte est devenu un conte pour enfants.
Je remets donc la variante initiale et reste dans ma réflexion :
d’une part, la spontanéité et un certain non-respect des règles peuvent être reprochés,
d’autre part, je reste en admiration devant la beauté d’un sonnet maîtrisé.
Je cherche l’équilibre entre la liberté d’écriture et les règles qui font que le poème brille.
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Après tout, les règles du poème ne sont pas gravées dans la pierre.
La recherche de la rime n'est pas le plus important, le tout, c'est que tu laisses parler ton cœur et c'est le cas.
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:bouquine: Ami poète, Florence a raison de le souligner : ce sont là deux traditions poétiques très différentes, lesquelles peuvent justifier une idée de tension entre liberté moderne et maîtrise formelle classique. Laquelle parfois se ressent, mais à tort, lorsqu'on voudrais se créer un style intermédiaire alors que ce serait comme vouloir s'assoir entre deux chaises.
D'abord, il convient d'admettre que la spontanéité et le respect des règles ne s’opposent pas de la même manière selon l’époque poétique à laquelle on se réfère. De nos jours, ces deux conceptions de la poésie coexistent… mais ne se confondent pas :
La poésie, dite classique, repose sur des formes fixes dont les règles sont strictes : mètre, rimes, alternance, césure, structure. Sa musicalité est construite, car non spontanée. Avant de s'y frotter, et d'en obtenir une véritable harmonie, il convient donc de maîtriser de longue date une technicité complexe. Alors que la poésie moderne et contemporaine valorise l'esprit qui est le propre de la liberté totale (vers libre, prose poétique, rupture des codes) mais aussi de l’intuition, de l’image assortie et de son rythme intérieur. C'est art qui favorise la voix personnelle plutôt que la forme. Sa beauté naît du "geste", non de la règle.
Or, beaucoup de débutants pensent qu'il suffit d'interroger les banques d'écriture logicielle pour écrire un poème et c'est là qu'ils se trompent.
Être poète, c'est d'abord écrire librement ce qu’on ressent.
S'il est possible de passer du classique au moderne, l'inverse est quasiment impossible voir impensable dans le cadre de l'autodidaxie actuelle.
Une telle démarche ne peut aboutir si elle oscille entre ces deux pôles sans savoir qu’ils appartiennent à deux systèmes esthétiques distincts, chacun s'avérant cohérent en lui-même. Certes, un essai répondant à une suggestion de commentateur(trice) n’est pas une erreur : c’est un moment normal dans tout cheminement d'écriture qui se fait au sein d'un forum d'entraide. C'est juste que l'on croit devoir choisir entre liberté et règle, alors qu’en réalité il faut peut-être se contenter au début de cibler un cadre esthétique, puis de travailler à l’intérieur de ce cadre. Quitte à proposer plusieurs versions d'un même texte et exprimer en quelques mots ce qu'on attend des lectures de chacune d'elles.
Bien cordialement de Robert.
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Merci Florence pour ton regard attentif
Merci Robert, votre réponse m’aide à réfléchir, je vous suis reconnaissante d’avoir pris le temps de me répondre
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Je crois que, dans l'écriture, nous avons tous nos "règles". Personnellement j'en ai trois, sincérité, spontanéité et naïveté.
J'ai juste deux questions
As tu trouvé du plaisir à écrire ton poème ?
Est-ce que ton poème te plait ?
Si oui, alors, c'est parfait.
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Merci Robert, votre réponse m’aide à réfléchir, je vous suis reconnaissante d’avoir pris le temps de me répondre
Le forum est fait pour ça : nous échangeons des propos dirigés vers nos textes. Et lorsque, en plus de se vouloir constructifs, ils s'influencent l'un l'autre sur fond d'argumentation partagée, c'est encore mieux !