Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Murex le 02 mars 2026 à 10:23:26
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— Tu as appris pour Marguerite ?
— Non !
— Elle s’est faite effeuillée.
— Pas possible, ah ! les salauds.
— Des amoureux, comme dab, si c’est pas une honte !
— Mais ça doit faire horriblement mal ! La pauvre, elle était si mignonne et si serviable, toujours à nous offrir son pollen.
— Ben, c’est ainsi.
— Tous les pétales jusqu’au dernier ?
— Évidemment, tu connais la règle… Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout.
— Oui bien sûr, bien sûr… Et au fait c’est tombé sur quoi ?
— Qu’est-ce que tu crois, elle s’est quand même démerdée pour que ça tombe sur « pas du tout ». Si tu avais vu la tronche qu’ils faisaient les deux tourtereaux !
— Et après ?
— Après rien, ils l’ont jetée comme une malpropre au milieu des orties… Allez va, n’y pense plus, on a notre miel à faire nous autres.
— Et si ça avait été nous ?
— Comment ça ?
— Je veux dire, si au lieu des pétales ils nous avaient arraché les pattes pour compter : Je t’aime etc.
— Crois-moi, pour ça il n’y a rien à craindre, ils ne sont pas si cons, ils savent qu’avec nos six pattes çà tomberait à chaque fois sur « pas du tout ».
— Ah ! toi alors, ce que tu es intelligente, j’y avais pas pensé.
— Ne pense pas trop, va. Faisons correctement notre miel c’est tout ce qu’on nous demande.
Et toutes deux s’en retournent à leur ruche, tristes encore pour un court instant.
Ainsi vont les choses à la campagne, pleine de drames minuscules que le commun des mortels ignore.
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Salut Murex
Qu’il est joli ce petit texte, ça va bien avec le soleil de ce matin, du printemps qui pointe son nez, et puis solidarité avec les abeilles car ces temps-ci, on leur fait avaler pas mal de vacheries.
J’ai bien aimé, mais qui effeuille encore les marguerites aujourd’hui !
A+
Mic
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Merci pour le partage de ton texte.
Une histoire bien triste où tu nous racontes la fin tragique d'une fleur innocente :P
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Coucou Murex, il est mignon tout plein ton texte. Oui, c'est triste pour une marguerite de se faire effeuiller, mais la vie est ainsi. Je ne sais pas si tu as remarqué, mais les marguerites ont plusieurs vies. Je l'ai remarqué en tondant la pelouse, tu coupes tout à raz et le lendemain elles sont de retour les petites tâches blanches. :D :D :coeur: :coeur:
Sinon quelques remarques de broutilles orthographiques :
— Elle s’est faite effeuillée.
Effeuiller
— Pas possible, ah ! les salauds.
Majuscules à Ah
— Je veux dire, si au lieu des pétales ils nous avez arraché les pattes pour compter : Je t’aime etc.
Ils nous avaient arraché les pattes
— Crois-moi, pour ça il n’y a rien à craindre, ils ne sont pas si cons, ils savent qu’avec nos six pattes çà tomberait à chaque fois sur « pas du tout ».
ça sans accent
— Ah ! toi alors, ce que tu es intelligente, j’y avais pas pensé.
toi majuscule
Ainsi vont les choses à la campagne, pleine de drames minuscules que le commun des mortels ignorent.
ignore (le commun est le sujet)
Et j'avoue ça fait du bien une petite histoire toute fraîche comme celle-ci, ça fait un bien fou.
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Merci Mic Ester et Cendres pour vos retours qui me font grand plaisir.
Merci spécialement Claudius pour ta correction de mes bourdes orthographiques. J'ai corrigé hormis les majuscules après les points d'exclamations qui ne sont pas obligatoires, ainsi que pour "ignorent" que je maintiens au pluriel car à mon sens ce verbe s'accorde avec "mortels" et non avec "commun" ... Mais j'avoue que c'est là un point d'orthographe assez délicat.
PS : J'ai apprécié que tu appelles élégamment ces fautes des "broutilles" !
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Murex, bonjour,
Voici un texte qui témoigne d'un regard tendre, un peu désabusé, sur la condition humaine. Ton humour ne ce départit pas d'une pointe d’amertume, voire d'une réflexion sur les petites cruautés ordinaires. Il y a aussi dans cette histoire une forme de lucidité : ces “drames minuscules” que tu pointe sont une façon de dire que derrière la poésie des gestes, il y a souvent des conséquences dont on ne se soucie pas.
Un fabliau à méditer…
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Merci Hellian pour ton retour.
Pour dire la vérité tu vois dans ce petit texte beaucoup plus de choses que je n'y ai mis.
Mon intention était simplement de m'amuser avec ce petit jeu bien connu des amoureux... mais, bon, il est vrai aussi qu'inconsciemment l'auteur met souvent plus de lui-même qu'il ne le pense.
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Bonjour Murex, merci pour ce texte que j’ai lu comme sensible, malgré son humour doux. Il donne envie de faire encore plus attention au quotidien,
de prendre conscience de ses actes, ne serait-ce que les plus minuscules
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Merci Murex pour ton joli texte. Heureusement pour les abeilles qu'elles n'ont pas le bon nombre de pattes :D.
Bonne soirée.
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Merci spécialement Claudius pour ta correction de mes bourdes orthographiques. J'ai corrigé hormis les majuscules après les points d'exclamations qui ne sont pas obligatoires, ainsi que pour "ignorent" que je maintiens au pluriel car à mon sens ce verbe s'accorde avec "mortels" et non avec "commun" ... Mais j'avoue que c'est là un point d'orthographe assez délicat.
Je ne suis pas sûre pour les majuscules Murex, ne confonds-tu pas avec les incises ? Dans ces deux cas c'est la suite du dialogue, donc une phrase avec un point. Pour moi c'est majuscule. Mais je vais aller voir ça de plus près.
Pour "ignorent" je persiste sur le singulier, dans certains cas on peut effectivement ne pas accorder sur le mot maître du groupe nominal, mais ça me choque un peu dans ce cas précis, "le commun des mortels" une expression en son entier;
Mais bon, chacun a son opinion, tu es maître de ton texte.
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Bonjour
C’est beau, c’est propre, c’est net.
Joli texte, qui cache peut être le gaspillage et l’impact de l’être humain sur son milieu naturel.
Mais bon, si il n’y avait que ça.
Et puis faut qu’amour se fasse. Tout ne se fait pas par internet
Ça sent le printemps
Amicalement
Michel
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Merci Choumi et April pour vos retours qui me font plaisir. Vous semblez voir plein de choses dans ce petit texte ! Je m'en réjouis, mais je vous renvoie à la réponse que j'ai faite à HELLIAN à ce sujet.
Merci EmyMarty pour ton retour humoristique.
Merci Claudius mais je pense que très amicalement nous pouvons en rester là concernant ces subtilités orthographiques .
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C'est évident cher Murex, nous en resterons là très amicalement. Un avis contraire n'est jamais, pour moi, un point de discorde.
;) ;) ;)
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Le point de vue des insectes est toujours éclairant, ils ne sont pas empêtrés de sentiments.
Ceux-ci c'est de miel.
Excellente idée.
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Merci LOF pour ton retour. " pas empêtrés de sentiments" dis-tu... Si, un peu, puisque les deux abeilles sont tristes de ce qui est arrivé à Marguerite.
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Bonjour,
J’ai beaucoup aimé ton texte. On traite les animaux et les plantes comme des choses incapables de ressentir la moindre émotion. Et si ce n’était pas le cas…
PS à ceux que ça interessent :l’expression le commun des mortels se traite comme un sujet singulier masculin ; le verbe qui la suit se conjugue donc à la 3ᵉ personne du singulier, sauf si l’on choisit délibérément la forme plurielle les communs des mortels, qui reste rare et stylistiquement marquée.
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Merci d'accorder aux abeilles la faculté de penser.
Je pensait que c'était l'apanage de La Fontaine ::)
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Merci rigolote pour ton retour. Puisque Claudius et toi-même pensent qu'il faut le singulier, je ne peux que m'incliner et corriger... en rendant hommage à votre savoir orthographique.
Merci florence-yvonne, oui en littérature on peut tout se permettre comme faire parler et penser les abeilles.
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Comme dans la chanson de Francis Cabrel, la corrida, où il fait parler le taureau.
Depuis le temps que je patiente
Dans cette chambre noire ....
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Bonjour,
Bravo pour ce texte d'humour noir, d'ironie et de poésie bucolique ! Le décalage comique entre le monde humain et le monde des insectes est très bien maîtrisé.
Les deux protagonistes s'expriment dans un langage familier, presque populaire (« les salauds », « comme dab », « la tronche », « elle s'est démerdée »), ce qui crée une proximité immédiate avec le lecteur.
J'aime beaucoup l'inversion des perspectives : l'amour, symbolisé par un jeu romantique inoffensif pour les humains, est perçu comme une véritable horreur et un drame par les fleurs et les insectes. Qu'est-ce que cela dit de notre façon, à nous humains, d'exprimer notre amour ? De plus, la victime impuissante (Marguerite) réussit malgré tout à gâcher l'histoire d'amour des deux « tourtereaux » par pur esprit de revanche.
Le texte pointe aussi du doigt l'insouciance et la cruauté inconsciente des hommes vis-à-vis du vivant. La réplique « Faisons correctement notre miel c’est tout ce qu’on nous demande » illustre la résignation et le sens du devoir des ouvrières. La vie continue malgré la tragédie.
Enfin, la phrase de conclusion termine le texte avec beaucoup de finesse, rappelant la fable ou le conte philosophique. Y aurait-il une morale à en retenir ?
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Merci WynnScribe pour ton retour concernant une petite fantaisie envoyée déjà depuis un certain temps... Un échange de politesse en quelque sorte ! Tout est dit dans ton analyse. Non, il n'y pas de morale à retenir. Conclure par une morale c'est pas trop mon truc.
Bien à toi et bon dimanche.
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Bonsoir Murex,
Très sympa cette historiette...
Je n'aurais cependant pas utilisé l'expression "le commun des mortels"
Je la trouve un petit peu pauvre surtout en fin de texte.
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Bonjour Feather,
Merci pour ton retour. Quant à : "le commun des mortels" je ne trouve pas la formule si mauvaise, mais libre à toi de penser le contraire. Ce ne sont pas les équivalents qui manquent : "qu'un homme ordinaire ignore ", " que tout un chacun ignore" "que nous autres les hommes ignorons" etc. Mais si tu as mieux à proposer...
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Bonjour Murex,
Ce n'est pas tant, peut-être, l'emploi de l'expression.
Dire qu'il y aurait un commun des mortels suggère que certaines personnes siègeraient au-dessus . Mais alors quelles seraient-elles? Seraient-elles capables de respect envers cette nature que tu décris et alors, comment s'y prendraient-elles?
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Bonjour Feather,
"Le commun des mortels" est une expression courante employée dans la langue française pour désigner la majorité des personnes, les gens en général. Il n'y a là aucune allusion à une classe supérieure d'homme.
Bien à toi
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Bonjour, Murex
Cette expression est suffisamment connue aujourd'hui. :)
Cela ne justifie pas mon argumentaire ???
Merci à toi.
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Merci Faether pour ton retour, mais si tu le veux bien, on va s'arrêter là.
Bien à toi