Big Nambas[
tintent
dans la nuit tôt tombée
les bracelets de graines
tintent
dans la nuit tôt tombée
les bracelets de graines
qui
s’arrachant au plus sombre
à petit pas s’approchent
s’approchent de la place
toute de terre battue
toute de terre rouge
bordée de cases rondes
modeste en quelque centre
un petit feu rougeoie
à deux poutres dressées
deux troncs
bistres et torsadés
une troisième poutre arrimée
par des lianes
accrochées des ignames
pendent
monstrueuses ainsi que des gargouilles
des guerriers faces peintes
de formes rouges de traits blancs
de formes rouges de traits blancs
sur leur peau noire
frappent les flancs de leurs bâtons
de leurs bâtons frappent les flancs
des grands totems évidés
aux têtes humaines
échevelées
à petits pas
hommes vieillards
femmes enfants
lentement se déplacent
oscillent
le front ceint de feuilles tressées
vacillent
et piétinent le sol de leurs pieds nus et plats
cela sent la fumée
la sueur
des corps dans la poussière
qui
vole
aux mâles le kava a donné ces yeux rouges
entrouvert les esprits aux paroles des morts
dessous la lune pleine toutes ces ombres bougent
moi je reste interdit comme frappé d’un sort
et toujours
et encore
les batteurs
martèlent la cadence
titubent les danseurs se rencontrent les corps
titubent recommencent
et se heurtent
et toujours les batteurs
les guerriers
faces blanches
barrées de rouge
frappent les flancs
des grands totems érigés
flasques
les seins des femmes
ballottent se soulèvent
et leurs fesses musclées
tressautent quand elles tapent
de leurs pieds en cadence
et la file s’avance
et la file s’arrête
et la file balance
et la file s’arrête
la ronde recommence
le cercle de la transe
de leurs lèvres
s’échappe
un chant lascif rauque
un râle psalmodié
répété ressassé
identique
Plus tard plus avant dans la nuit
le plus petit fourré gémira lui aussi
Big Nambas
dans la nuit tôt tombée
tintent
les bracelets de graines
qui
s’arrachant au plus sombre
à petit pas s’approchent
s’approchent de la place
toute de terre battue
toute de terre rouge
bordée de cases rondes
modeste en quelque centre
un petit feu rougeoie
accrochées des ignames
pendent
monstrueuses ainsi que des gargouilles
à deux poutres dressées
deux troncs
bistres et torsadés)
une troisième poutre
arrimée par des lianes
tressées
des guerriers faces peintes
de formes rouges de traits blancs
de formes rouges de traits blancs
sur leur peau noire
frappent les flancs de leurs bâtons
de leurs bâtons frappent les flancs
des grands totems
évidés
à tête humaine
échevelée
hommes vieillards
femmes enfants
lentement se déplacent
oscillent
le front ceint de feuilles tressées
vacillent
et piétinent le sol de leurs pieds nus et plats
aux mâles le kava a donné ces yeux rouges
entrouvert les esprits aux paroles des morts
dessous la lune pleine toutes ces ombres bougent
moi je reste interdit comme frappé d’un sort
et toujours
et encore
les batteurs
martèlent la cadence
titubent les danseurs se rencontrent les corps
titubent recommencent
et se heurtent
et toujours les batteurs
les guerriers
faces blanches
barrées de rouge
frappent les flancs
des grands totems érigés
flasques
les seins des femmes
ballottent se soulèvent
et leurs fesses musclées
tressautent quand elles tapent
du pied en cadence
et la file s’avance
et la file s’arrête
et la file balance
et la file s’arrête
la ronde recommence
le cercle de la transe
de leurs lèvres
s’échappe
un chant lascif rauque
un râle psalmodié
répété ressassé
identique
les corps dans la poussière qui vole
luisent de sueur et puis se jettent sur le sol
Plus tard plus avant dans la nuit
le plus petit fourré gémira lui aussi