Être au saut du lit
Alors se lever chaque matin. Les pieds brûlant d’envie. Que nos mains aux murs. Jusqu’aux prairies, loin les repoussent. Qu’hier efface les traces boueuses.
Les enfants partent à l’école. Le devoir d’aimer en bandoulière.
On doit écouter le sansonnet. Il pisote pareil chaque jour. Chaque jour pourtant est nouveau.
Dans l’armoire sommeillent nos habits. D’usure et de fatigue engourdis. Une danse aujourd’hui les réveille. Sur les bordures des trottoirs. Dans la fournaise des bureaux. Aux briefings suspendus aux néons.
Repartir à zéro chaque matin. C’est ton bréviaire homme sage. Ce livre posé là ouvert. A la dernière page toujours. Réécrire au chant du coq. Réécrire à zéro le jour. La page blanche à venir. Comme un petit salut quotidien. Pour le soleil, le sourire. Ton contentement, l’ouvrage qui attend. Et d’autres nouveaux à entreprendre. Comme le toit de chaume. La paille s’envole au vent. Et la barrière du pré. Les pur-sang voudraient courir. A toi de les retenir. A l’heure de l’aube bleue. Lève-toi, homme poussif mou. Avant que le café fume. Au zéro du temps, hardiment. Ajuste ta ceinture d’un cran. Frictionne des vieux mollets gelés. Pars comme pour un voyage. Une randonnée courte grandiose ici. Autour de la maison routinière. Sur des chemins éternels ordinaires. Bêche l’herbe fine qui grandit. Et pour l’enfant revenant de l’école. Faudra un carré de propreté.
Dans les miroirs soudain alors. Ta nature fleurit jusqu’à demain. Et après demain longtemps surtout. Couronnant les fronts chauves d’amis. Jusqu’à leur dernière demeure aussi. Ils repartent à zéro tous. Un zéro puant le néant.
Mais toi des fanfares s’illuminent. Ta renaissance, elle veut toujours.