Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Marcel Dorcel le 17 janvier 2026 à 17:33:52
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"Quand le fourneau sera assez propre, j’ouvrirai le gaz."
Anna Wickham (in Prélude à un Nettoyage de Printemps)
C'est risible.
Non, je n'aime pas le risible.
Ce que j'aime, ce sont le noir, l'obscène, le néant, le vide. J'aime les mots qui transpercent l'âme, les mots qui écrabouillent toute volonté.
Le bonheur est une chimère pour adolescents boutonneux. Le bonheur, ce sont les derniers jours en soins palliatifs. Le bonheur n'existe pas...comme d'ailleurs, s'il avait déjà existé.
Combien de fois y ai-je songé, une minute, une seconde ?
Autour de la table, tous les patients, ont évoqué chacun à leur tour, une abstinence heureuse.
Mes propos ont jeté un froid. Comme le dernier des irréductibles, à l'encontre de tout ce qui avait été dit, j'ai formulé mon inachevée envie de me foutre en l'air. Oui en l'air ! Comme dirait l'autre, on n'est jamais trop près du ciel. J'ai raconté, malgré les regardés apeurés, interrogatifs, et même sournois, que je n'étais pas à la recherche du bonheur.
Je cherche l'équilibre tel l'équilibriste sur lequel les projecteurs s'attardent. Entre le bien et le mal, entre le passé et l'avenir, le moment présent n'existant déjà plus.
Et puis, toute cette scénographie commence à m'emmerder. Ce travail théâtral est l'inaccomplissement d'une vie.
Fugue ou fuite tant retardée. Des murmures s'agitent dans le lointain, inaudibles. Des mains tendues au-dessus des flammes. Cette nouvelle civilisation ne présente aucun intérêt.
Alors, je cherche l'implacable obscurité au sein de laquelle ma silhouette disparaîtra sans bruit.
Au sein d'un temps retardé.
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Bonsoir Marcel,
Le sujet est sombre , et le style inégalable.
Désenchantement de la vie, errance nocturne dans la noirceur de l'esprit.
On peut s'enterrer vivant, on peut cracher sur son existence, mais on ne peut se déclarer mort.
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Bonjour Marcel, joli texte qui me parle.
Belle journée.
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Merci pour vos passages et vos commentaires.
M.D
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Salut Marcel,
Comme je te le disais par MP, j'espère que ce texte n'est pas trop autobiographique.
Commentaire de forme :
Ce que j'aime, ce sont le noir, l'obscène, le néant, le vide.
je pense qu'écrire "c'est le noir, l'obscène..." serait plus approprié.
Le bonheur, ce sont les derniers jours en soins palliatifs. Le bonheur n'existe pas...comme d'ailleurs, s'il avait déjà existé.
manquent un espace après les trois points de suspension
tous les patients, ont évoqué chacun à leur tour, une abstinence heureuse.
me semble que ces deux virgules sont de trop
Et puis, toute cette scénographie commence à m'emmerder. Ce travail théâtral est l'inaccomplissement d'une vie.
j'aime bien ; le "travail théâtral" montre une prise de recul par rapport à une situation de traitement jugée dérisoire et/ou prise de recul par rapport au théâtre du quotidien
Sur le fond :
Tu abordes en fait pas mal de sujets en peu de ligne. Ça donne une impression foisonnante (et plombante) sur les concepts du bonheur, du risible, de la littérature vis-à-vis des concepts, de la notion d'équilibre, du temps... Bref, c'est très riche et on s'y perd comme ton personnage s'y perd également.
A+ (pour le swap ?)
Rémi
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Bonsoir Marcel,
Je rejoins le commentaire de Rémi et n'ajouterai rien de bien nouveau. Mais c'est vrai, ce texte est si sombre qu'on se demande si tu parles de toi, d'un proche, d'un ami ou d'une généralité liée à la vie, une longue vie.
Demain est un autre jour, et chaque jour apporte son lot de sourires et parfois de tristesse. Il faut prendre ce qui est bon et s'en servir comme un remontant perpétuel, s'ouvrir, échanger, écrire... et garder espoir en demain.
:calin: :calin: :oxo: :oxo:
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C'est ok pour le swap (que j'avais zappé, soit dit en passant... :-¬?) et merci pour vos coms.