Les valses :
L'ultime valse (#post_ultime)
La valse de Noël (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=46304.msg698729#msg698729)
Salut,
Les défis Tic-Tac, c'est quoi ? Un sujet aléatoire est donné et on a une heure pour écrire un texte. Si vous avez des questions sur le jeu, n'hésitez pas à fouiller la sous-section des Tic-Tac (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?board=147.0), à poser vos questions dans le sujet épinglé, ou bien à proposer des parties. Tout nouveau joueur est le bienvenu, il y aura toujours des personnes pour s'organiser et vous rejoindre.
Pour ce Tic-Tac, ça donne quoi ? C'est un peu particulier, vu qu'il ne s'agit pas d'une partie classique. On ne m'a pas donné de sujet, le sujet a été une obsession, imposé par sa définition même. Elle me trottait en tête depuis des jours, mais c'est ce matin que j'ai décidé d'y apposer des mots. En une heure, tout était écrit. Je pleurais peut-être un peu sur la fin (peut-être).
Je n'ai pas d'intention particulière pour ce texte. Il avait besoin d'être, d'exister. Il apporte mille questions, j'en ai conscience, mais il se rapproche d'une fan fiction, parle de personnages d'un univers connu et populaire. Je préfère ne pas les nommer, garder cette aura brumeuse. Si certains les retrouvent, ne les révélez pas, s'il-vous-plait.
Il y a peut-être encore quelques incohérences de temps à revoir, et sûrement quelques fautes qui traînent.
Une bonne journée, un joyeux Noël et une bonne lecture,
L'ultime valse
Il régnait dans la forêt une atmosphère lugubre. Des racines sombres, noueuses, dansaient entre elles, se moquaient des sentiers sinueux qu’elles piétinaient de leur écorce. Le hululement d’une chouette, sirène nocturne, me guidait.
Bientôt ; la clairière. Bientôt ; la fin…
Elle m’apparut, rassurante. Entre ses herbes, des fleurs sauvages, illuminées d’une myriade de lucioles, lueurs chatoyantes quand la lune se cachait derrière un rideau de nuages pour pleurer. Un peu plus loin, j’entendis le ruisseau. Son eau, sage dans son lit, s’écoulait entre les rochers.
Le château me rappelait à lui, ses portes grandes ouvertes pour moi, pour nous tous, ses enfants, ses protégés. Je ne pouvais plus le rejoindre, séparée de lui par la ravine comme la fin qui se rapprochait, inexorablement. La chaleur rassurante de ses cheminées et de ses chandelles vacillait derrière les hauts vitraux et les lucarnes. Il n’abandonnait personne sur le côté de la route, tenta par sa magie de me guider sur ce sentier tranquille où je ne me sentais plus le cœur d’avancer sans regret.
Je m’en détournai à tes pas. Tu apparus, auréolé des fleurs écloses, rayonnant des lucioles qui se posaient sans crainte, sur ta chevelure claire et indomptée, sur ta main tendue. Nul besoin de mots entre nous. Je me blottis dans le creux de tes bras, frottai mon visage sur ton épaule, y dissipai mes doutes, tous les pleurs qui menaçaient. Viendrait-elle ce soir ? Viendrait-elle pour toi, pour moi ? pour nous… Tu saisis mes doigts, m’entraînas dans une valse sauvage et je te laissai guider nos pas, nos rires. Tes prunelles voilées, attendries. Tu déposas un baiser sur mon front, souvenir que je chérirai, ta douceur, ton amour si merveilleux. Je me sentis bienheureuse d’être parvenue à l’obtenir, même à ce sacrifice. Tu te redressas, attentif, sans cesser notre valse, glissas tes lèvres contre mon oreille, murmuras les mots que je redoutais d’entendre, serras mes doigts un peu plus fort et je restai auprès de toi jusqu’au tout dernier instant.
Nous le reconnûmes, ce sort lancé, cette mort personnifiée. Un dernier pas, vif. Il m’était destiné ; t’atteignit. Nulle peur dans ton regard, désormais lointain. Je lâchai tes mains, saisis ton corps inerte, tombai sous ton poids. Je n’arrivais plus à sourire, ne parvins pas à pleurer. Je te souhaitai un bon voyage, celui que tu attendais depuis si longtemps, loin de la souffrance.
Lointains, des cris, les voix de nos amis. Ils nous rejoignirent, protégèrent nos derniers instants. Ils ne l’entendirent pas, cette mort réclamée. Ma vue se troubla. Mon corps abandonna la guerre et je le remerciai, le quittai sans peur. Libre, enfin, je te rejoignis. Nous reprîmes notre danse sur la brise qui nous emmena vers le jour nouveau.
Salut,
Les défis Tic-Tac, c'est quoi ? Un sujet aléatoire est donné et on a une heure pour écrire un texte. Si vous avez des questions sur le jeu, n'hésitez pas à fouiller la sous-section des Tic-Tac (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?board=147.0), à poser vos questions dans le sujet épinglé, ou bien à proposer des parties. Tout nouveau joueur est le bienvenu, il y aura toujours des personnes pour s'organiser et vous rejoindre.
Pour ce Tic-Tac, ça donne quoi ? Là encore, on ne m'a imposé aucun thème, le thème s'est imposé de lui-même, la valse comme fil conducteur entre deux amours.
Ecrit avec cette même démarche : un texte en une pulsion, en une heure aussi. Je le poste ici car il s'agit des mêmes personnages, dans une ambiance similaire. Une seconde valse, ou plutôt une première. Je me sens peut-être un peu mélancolie, sûrement que ces textes le sont, ou du moins le reflètent.
Une bonne soirée et une bonne lecture,
La valse de Noël
Il neigeait. À travers les vitraux de la grande salle à manger, les flocons valsaient. Eternité opaline. Je les imaginais se déposer sur la brise, à peine un souffle, et recouvrir un peu plus les balcons et les jardins. Assise à l’une des tables, nappée de jaune, décorée de cristal et de houx, le visage sur mes bras croisés, je me laissai bercer par cette danse presque immobile.
Je me souvenais d’autres Noëls, une enfance avec mon frère, son désir, devenu besoin, de me cacher les horreurs du monde qui nous entourait, de m’apporter joie et insouciance. Aucun enfant qui connaissait le pavé de Londres ne restait insouciant, nous le savions mais, pour lui, je le redevenais un peu.
Je me souvenais. Il profitait de l’absence de notre père. Parti boire, ou jouer, ivre mort, tabassé, endetté : nous nous en moquions. Mon frère occultait les fenêtres, leurs vitres fendues, et les cris s’évanouissaient. Dans ce silence, il allumait quelques chandelles, qui vacillaient entre les ombres, me tendait sa main, galant gentleman, et…
Je me levai dans le silence de la grande salle à manger, remarquai ton visage, ton regard voilé, le seul à se redresser et suivre mon mouvement, curieux.
Arrivée devant la cheminée, j’inspirai, fermai les yeux et levai les bras vers ce vide impossible à combler. Je les plaçai, à la hauteur exacte des épaules de mon frère, comme il me l’avait appris, comme lui-même l’avait appris, à espionner les riches et leur oisiveté.
Je valsai, flocon solitaire, ce soir.
Mille bougies derrière mes paupières closes, je me souvenais. Un salon miteux, havre fêlé, mon frère, sa force, sa chaleur, ses bras fermes, son pas minutieux, son sourire.
D’autres pas se rapprochèrent. Je te reconnus aussitôt. D’autres bras se glissèrent. Leur douceur me réchauffa. Ta force pour me soutenir ; m’ancra.
— Garde tes yeux fermés, murmuras-tu. Autorise-moi. Autorise-toi. Retrouve-le.
Plus tangible, l’ombre de son visage. Ses mèches pâles, bouclées, ses yeux verts, rieurs, son teint moucheté. Je remontai une main sur ton épaule - presque la sienne – la glissai dans son cou – ou bien le tien –, mêlai le passé au présent, m’emmêlai de ces souvenirs, un présent au goût passé ; et je ris, comme je riais ces soirs de Noël.
— Merci.