Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes mi-longs => Discussion démarrée par: ReneNardis le 24 Décembre 2025 à 01:15:03
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Merci pour le partage de ton récit.
Supposant que tu vas poster plusieurs partie de ton texte, tu devrais mettre dans ton premier poste le lien qui servira a aller directement sur le texte.
Par exemple faire comme le texte de Basic
https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=45589.0;topicseen
Ça permettra de suivre au mieux tes différents récits.
Ton texte raconte la vie d'un enfant avec son père, qui doit être dans le milieu médical. J'aurais dit médecin au début, mais comme il n'a pas de patient, je ne pense pas qu'il fait ce métier. Peut-être un universitaire.
Ce que tu nous racontes est descriptif, et les souvenirs sont anciens, car imprécis.
Tu décris l'attente de cet enfant dans un canapé bleu. Il semble ne rien faire et de s'ennuyer. Son père est occupé par son métier et ne pense qu'à cela.
Ils sont assez distants de l'un et de l'autre à travers ce passage.
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Bonjour,
c'est un très beau texte. émotion assurée. Cette page souvenir nous dresse un portrait de l'enfant et du père en quelques lignes. Je n'ai pas de remarques syntaxiques, c'est juste assez "mélancolique" pour nous atteindre. Peut-être une question : dans le premier paragraphe le petit gars précise que son père ne joue jamais avec lui, dernier paragraphe, le père fait un beau numéro de robot... est ce une contradiction minime et volontaire ?
J'ai apprécié l'utilisation du "tu" qui nous place dans la relation père/fils. Il n'y a pas de présentation, pas de contexte et pourtant ça nous mène directement là où tu veux que nous allions, j'imagine, dans la rencontre avec ce père.
Conseil en passant : pour pousser un peu à la curiosité n'hésite pas à te promener dans le forum, à commenter ici ou là, ça crée des liens. Il y a des textes courts et des longs qui viennent de démarrer et des mi-longs assez neufs.
B
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Bonsoir ReneNardis,
Je connais le mal qui rongea ton papa... mon épouse, plus que moi, est depuis trois décennies la proie de cette maladie invalidante et irréversible. Si ce n'est, que son traitement consiste à tenter de freiner son évolution à l'aide de traitements lourds et foncièrement dangereux qui obligent à un suivi complexe autant que "rapproché". Lesquels traitements de type expérientiel ne servent le plus souvent qu'à éloigner le moment fatidique où le malade restera cloué comme un Jésus à son crucifix.
Je m'attends donc à lire quelque chose de fort émouvant.
Mon opinion sur ton texte est donc, globalement, positive. Pourtant, j'ai ressenti d'emblée, l'idée que peut-être, tes phrases me paraissent parfois révéler des "tics" d'écriture qui me font songer à certaines lourdeurs proches du pléonasme narratif. Je m'explique : à force d'amener le lecteur à devoir traiter trop d'informations disparates avant d'atteindre le point final… ça peut nuire à ta qualité d'écriture.
Et puis, ça se repère notamment, au niveau de la longueur de certaines phrases qui au contraire ne demandent qu'à être écourtées pour ajouter au rythme.
Je prends un exemple :
Je ne le savais pas, à l’époque, mais tu étais en train de lire des revues de rhumatologie et, à l’aide de ton Waterman gorgé d’encre noire que tu tenais au milieu du corps, trois centimètres - au moins – en amont de la plume, tu griffonnais des notes sur les verso d’A4 usagés ramenés de l’hôpital La Beauvoir.
Or, un truc comme :
[J'ignorais qu'à cette époque, tu annotais des revues de rhumatologie. Ton Waterman noir en main, tenu haut sur le corps, tu les griffonnais sur des versos de feuilles A4 ramenées de La Beauvoir.]
ferait aussi bien l'affaire.
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Merci beaucoup pour les encouragements et les remarques, en particulier sur la longueur des phrases. J’en suis conscient mais ça sort généralement comme cela (voire pire!). Sinon, le contradiction apparente est bien sûre voulue: le premier paragraphe reflétant le jugement (subjectif) d’un enfant. Joyeux Noël!
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Deuxième texte :
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Bonsoir ReneNardis!
J'ai beaucoup aimé ce "Deuxième" texte.
La phrase sur les bois morts est très poétique. Quand bien, elle serait un peu lourde dans sa structure, je trouve qu'elle crée néanmoins un contraste à la fois saisissant et utile.
C'est suite est tout simplement magnifique ! J'ai pu apprécier cette fois, outre quelques "pépites" l'effet non négligeable d'un rythme sensoriel qui renforce l'idée d'authenticité du récit.
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Troisième texte
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(Pour le dernier texte)
Bonjour. J'aime bien la voix que tu installes !
On pourrait presque lire ça oralement, et avec le bon ton, ça passerait tout seul, tout en étant "littéraire" (et du coup on comprend la ref à Céline :) ).
Par contre le narrateur passe très vite d'un élément à l'autre, légère saturation (livres, suzanne, pirates, grand-père, jean gabin, etc. Tout ça en quelques lignes haha), cela dit ça peut être cohérent avec un enfant à l'esprit effervescent qui passe vite d'un truc à l'autre, justement.
Si vous voulez mon avis, il est beaucoup plus hanté que Grand-Père, ce « Charlie ».
J'ai légèrement tiqué ici, car je me suis dit que ça faisait plus phrase provenant d'un adulte, que ce soit dans la formulation ou même sur le fond. Mais p-e que je me trompe.
C’est comme si elle me disait qu’on était déjà arrivé.
J'aime bien la dernière phrase, elle dit beaucoup de choses avec peu.
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Bonjour,
La tendance prose poétique se confirme avec ce troisième volet. Ce qui n'est pas pour me déplaire. Toutefois, la surabondance d'adjectifs en tous genres, ainsi mise dans la bouche d'un enfant, est un outil puissant, mais il peut aussi se révéler en "piège doré" voire nuire à la crédibilité humaine de l'œuvre. Car s'il n'est pas maîtrisé, c'est tout l'équilibre entre l'ornementation et la description pure qui peu à peu souffre l'asphyxie.
Voici quelques exemples :
En revanche, j’ai tous ces livres pour me tenir compagnie. Je n’y comprends pas grand-chose, ce sont des livres adultes. Mais j’aime bien les feuilleter et sentir leur odeur. Leur odeur de bois sec.
Peut-être serait-ce mieux de muer "ces" en "ses" et "adultes" en "d'adultes" et puis cette "odeur de bois sec" ne s'apparente-t-elle pas d'avantage à celle de lignine des livres précieux (donc très vieux) à moins que ce ne fut ceux asséchés que l'on trouve dans un grenier ? Il est fait mention plus loin : "Tiens, voilà mon grand-père qui sort de l’appentis. Il a ses livres sous le bras !" Manifestement il s'agit moins de ceux-là qui devraient "sentir la mousse" que d'autres, présumés plus contemporains, et disposés dans la maison où l'hygrométrie se conçoit idéale. Ce qui fait que, puisqu'il est fait état d'une certaine bibliosmie, je lui préfèrerais à défaut d'odeur d'encre, celle plus caractéristique de "vieux papier" ou au pire de "cuir boisé" (mais là encore, avec cette dernière, on quitte allègrement le registre de la pensée enfantine).
quant à cela :
Voilà : elle, c’est Suzanne ; et là, elle se baigne dans son jardin - vous voyez ça ? Et il y a aussi ce lit-bateau avec ses hublots-miroirs. Parfois je monte dessus et je deviens le roi des pirates…
Si l'image d'une femme se baignant dans un jardin me vient moins qu'une autre s'y lavant à l'ancienne dans une bassine emplie d'eau, en revanche, celle du lit-bateau ma fait songer à la barque amarrée en bord de Meuse, dans laquelle s’assoyait Arthur Rimbaud enfant mais déjà turbulent, dont les frasques inhérentes affutaient la plume qui plus tard lui servirait pour déclencher, et donc obtenir les prémisses aventureux de son "Bateau-ivre" à 16 ans (en 1871) à une époque où il n'avait jamais connu la mer que dans ses lectures. Sa seule expérience de l'eau étant le flot de la Meuse, ce fleuve qui traverse Charleville, rendu ombrageux par l'hiver et ses débordantes intempéries.
Même dans ces rues sombres et pleines de vide avant le passage. J’aime bien son odeur de mousse. C’est la même que dans l’appentis et que dans l’ossuaire de Douaumont. C’est comme si elle me disait qu’on était déjà arrivé.
Hum : des rues pleines de vide… Ce sont des mots d'enfant, mais présumés narrés, sinon que par une personne adulte, au moins adolescente. Or, ça l' fait peut-être un peu trop cliché et pourrait nuire à la crédibilité des comparaisons quelque peu embrouillées qui les suivent.
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Un grand merci à tous les deux pour vos commentaires très précieux dont je vais naturellement tenir compte pour mes révisions.
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Un grand merci à tous les deux pour vos commentaires très précieux dont je vais naturellement tenir compte pour mes révisions.
Hello, c'est bon de se sentir « ouï » !
Au plaisir d'un prochain texte !
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Texte 4
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:) Bonjour ReneNardis
Et merci pour cette belle prose poétique que tu peux encore améliorer si tant est que tu le souhaites... (car ça n'est déjà pas si mal.)
Je te propose quelques exemples :
une famille d’araignées invisibles a établi son royaume sur le grand “A” que dessine la poutre mitée soutenant le toit.
L’image du « grand A » est jolie, mais elle repose sur une connaissance implicite de la structure.
Or « La poutre mitée » la rend vague (une charpente en comporte plusieurs) et le verbe « dessiner » ajoute une couche de flou, car on ne sait pas si c’est la poutre seule ou l’ensemble de la charpente qui forme cette lettre.
Si tu veux clarifier :
« …sur le grand “A” que forme l’entrait mité d'une ferme soutenant toit »
(tu peux ajuster selon l’effet recherché)
Lorsque je passe en dessous, sa toile entame une molle valse au-dessus de ma tête. Je n’aime pas trop cela. Et le regard dur de Sylvester Stallone comme la mitrailleuse qu’il tient dans ses bras ne m’apportent aucun réconfort (personne n’a pensé à retirer l’immense affiche de Rambo que ton frère cadet, O., a accroché au-dessus de mon lit et cela fait maintenant plus de dix ans que l’acteur américain traverse ainsi, presque nu, les hivers de Loire inférieure…).
Oups ! pour le coup, si la phrase commence dans une atmosphère presque feutrée, en revanche
on bascule dans un registre très différent avec Sylvester Stallone, la mitrailleuse, l’affiche de Rambo, presque nu, qui traverse les hivers de Loire inférieure… Certes, le décalage est volontaire, mais le contraste est si abrupt qu’il peut donner l’impression d’un cliché (le poster de film d’action dans une chambre), ou d’une image déjà vue mille fois.
la peau des doigts gondolée par les heures passées dans l’eau de la piscine (y rode parfois un paresseux crocodile…).
Hum… "gondolée" et puis peut-être (un crocodile imaginaire y rode quelquefois) ou bien (un crocodile de plastique y rode quelquefois) ?
En outre, mes vains efforts pour m’élever dans le ciel (suivant les indications de ma mère, je bascule avec énergie le haut de mon corps vers l’avant, repliant dans le même élan mes deux pieds sous la planche de bois, mais celle-ci ne fait aucun effort et demeure insolemment immobile) laissent sur mes doigts et sur la paume de ma main une fine couche de mousse verte et graisseuse qui m’indispose.
Là aussi, ça tranche côté style avec le début du chapitre. Je pense que ce passage demande à être épuré.
Au Templier, pour nous distraire, il y a aussi le monde parallèle des adultes et sa grammaire un peu compliquée. Il semblerait, ainsi, que l’on n’aime pas beaucoup Guy. Il est vrai que sa raie trop sage et ses yeux légèrement globuleux que recouvrent des paupières en demi-lune lui donnent des faux airs de poisson
Idem : le mot "parallèle" outre qu'il est ambigu me semble inutile, l'expression "sa raie trop sage" est incomplète.
sur la bande de pelouse tapie entre le bassin turquoise et les herbes sèches, parsemées de feuilles brunes recroquevillées ou déjà en décomposition, du champ de peupliers.
C'est long et quelque peu confus. (Mais on retrouve en fait ce type de longueur dans moult phrases de ce texte, alors, c'est peut-être voulu ?)
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Merci beaucoup pour tous ces commentaires très utiles.
Texte 5
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Merci beaucoup pour tous ces commentaires très utiles.
Fort bien ! Mais ne croyez-vous pas que ce serait utile des les appliquer ici et pas seulement dans vos fichiers personnels ? Ne serait-ce que pour éviter que d'autres membres ne proposent les mêmes corrections que celles déjà suggérées...