Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Joachès le 03 Décembre 2025 à 09:37:44

Titre: [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Joachès le 03 Décembre 2025 à 09:37:44
La LICRA m'a envoyé un courriel, pour participer à nouveau à leur AT sur la haine. Du coup j'ai repris mon texte de l'an dernier et je l'ai retravaillé.
 
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V2
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V3
La grossophobie [titre provisoire]

« Punaise qu’est-ce que ça caille ce matin ! Je serais bien resté au chaud, plutôt que bosser toute une journée dans cette glacière. »
Même sur la Côte d’Azur, il fait froid en ce début janvier. Et comme bien d’autres personnes le jeune homme qui sort de sa vieille Buick Roadmaster estate, à une mine bien triste en apercevant le garage Mercedes dans lequel il travaille. Il ajuste sa doudoune noire et s’avance vers le bâtiment. Celui-ci semble désert. Le jeune homme ne s’en émeut pas, il est habitué à arriver le premier. A vrai dire, les jours où il n’est pas le premier sont exceptionnels. Il prend la clé pour ouvrir la porte, celle-ci résiste à cause du froid et de l’absence de mouvement durant ces derniers jours. En effet le garage était fermé ces derniers jours en raison des fêtes de fin d’année.
Sitôt entré le jeune homme se dirige vers son casier pour enfiler sa combinaison de travail.  Sous les néons blafards qui s’allument, il traversa l’atelier à l’intérieur duquel il ne faisait guère plus chaud. Il pousse la porte du vestiaire. Il se dirige vers son casier, celui sur lequel où se côtoie des autocollants représentant une Renault Safrane et une Cadillac Eldorado. Il ouvre la porte métallique, prend sa blouse et la regarde en espérant intérieurement qu’après les repas de fêtes de fin d’année il pourra encore entrer dedans, car il y a dix jours il avait eu du mal à la fermer. Avec patience il fait glisser le tissu gris le long de ses épaisses cuisses, après avoir enfilé les manches, il entreprend de remonter la fermeture éclair doucement. Il remonte du bas de son ventre vers le haut, avec en point de mire le sommet de son abdomen, l’endroit où le tissu sera le plus tendu, il ralenti, il espère que les dents de chaque côté vont s’unir, la fermeture donne des signes de mécontentement, doucement, il tire davantage, elle obtempère et il parvient à la faire remonter encore. Le tissu se tend au fur et à mesure qu’il referme les deux pans de l’habit. Finalement il parvient à fermer sa combinaison. Il constate que s’il veut ne pas que la fermeture craque il va devoir jeûner ce midi et éviter de s’asseoir pour ne pas contraindre davantage les fibres. « Il n’y a pas à tortiller, il va falloir que je commande une nouvelle blouse. Ça va encore faire des histoires. » se dit le jeune homme en regardant la blouse épouser la forme de sa bedaine rebondie.
Car c’est bien là le souci du jeune homme, il pèse 140 kilos pour 1,80 m à seulement 22 ans. Depuis quatre ans qu’il travaille au garage Mercedes de Mandelieu-la-Napoule, il a pris soixante kilos. Ce qui conduit ses collègues à se moquer de lui chaque jour depuis un peu plus d’un an, lorsqu’il a atteint les 125 kilos. Il aimerait partir, quitter le garage et trouver un autre poste de mécanicien, mais il craint que ce ne soit la même chose ailleurs. Il a aussi peur de ne pas être recruté en raison de son poids. Or sa compagne, a un petit salaire et les loyers sont chers dans la région. Il ne peut pas se permettre de rester au chômage pense-t-il.
Lorsqu’il sort de la petite pièce, il croise Yoan qui arrive de la salle de pause, un café à la main et son sourire arrogant collé au visage.
« Salut Obélix », lance-t-il, comme chaque matin, sans même le regarder vraiment.
Yoan est sec comme une arête de poisson, nerveux, toujours à gigoter. Comme à son habitude il ne dit rien, pourtant il en meure d’envie, mais il n’a jamais eu le courage de dire quoi que ce soit. Cindy sa compagne lui a souvent répété d’arrêter de se laisser faire, de leur répondre, de porter plainte, de démissionner, mais il n’a jamais osé. C’est un jeune homme timide, qui a toujours fait ce qu’on lui dit de faire, qui n’a jamais fait de vague et qui a fini par s’habituer au comportement de ses collègues au grand désarroi de sa copine.
Soudain il entend derrière lui   
« Hé, Nico ! J’ai rapporté les croissants pour fêter la nouvelle année. J’ai pris un paquet de dix rien que pour toi !
- Arrête Marc, on n’est même pas sûr qu’après les fêtes il arrive encore à passer sous les voitures.
- Si sous un Hummer, réplique Marc, content de sa blague.
- Une voiture à sa taille, fait l’autre. »
Ils éclatent de rire, comme si c’était normal, comme si c’était drôle. Il avance, le regard fixé devant lui, comme s’il n’avait rien entendu. Il aimerait ne rien entendre, ne rien voir des gestes moqueurs de ses collègues mimant son ventre, un éléphant ou un objet cassant sous son poids. Hélas pour lui, il n’y a que quand il travaille sur une voiture qu’il parvient à se mettre dans une bulle. Nico ne dit rien, mais cela le blesse d’être vu uniquement comme un gros, d’être affublé des clichés de paresse, de mollesse, de laisser-aller, … de ne pas être regardé pour ce qu’il est, c’est-à-dire comme un homme gentil, un homme passionné, un bosseur, doué dans son domaine. Il s’en fiche d’être gros et se sent bien comme ça. Oui, il mange beaucoup, parfois trop, mais il est gourmand et goinfre, et il ne peut s’empêcher de dévorer, de grignoter, c’est plus fort que lui. Il a essayé de faire attention, de perdre un peu de poids, pour ne plus subir les moqueries à répétition des autres mécanos et de leur patron. Mais rien à faire, il s’affame, il perd un ou deux kilos et sa motivation l’abandonne, alors il reprend le poids perdu et même plus. Aussi depuis quelques mois il a décidé d’arrêter de se prendre la tête avec les régimes. Il pourrait faire du sport, mais il déteste ça. Les seules activités physiques qu’il apprécie sont la marche et la natation. Ainsi a-t-il pris l’habitude depuis un mois d’aller nager une heure le vendredi soir et de marcher une heure le dimanche. Même si c’est peu et que ça ne lui fait pas perdre de poids, au moins cela devrait lui permettre de stabiliser son poids.
La secrétaire du garage, qui arrive engoncée dans son manteau, ayant entendu ce que les deux mécanos avaient dit, elle les réprimande, elle est bien la seule à le défendre dans le garage, mais Marc et son collègue reprennent de plus belle, « On avait oublié que t’avais besoin de maman pour te défendre. ». Le jeune homme la remercie, lui dit que ça va et lui conseille d’aller se mettre rapidement au chaud dans son bureau.
Il reprend son chemin vers la vieille Classe S sur laquelle il travaille depuis quelques temps. Mais il ne peut s’empêcher d’entendre Marc dire à Yoan qui passait à côté.
« D’après toi, il va prendre encore combien de kilos cette année, quinze comme chaque année ou plus.
— Il est plutôt régulier, je parie sur quinze et toi ?
— Je dis vingt … »
Nico n’entend pas le reste de leur conversation, mais il le devine.
Cindy et la secrétaire lui ont conseillé à plusieurs reprises d’en parler à son patron, M. Briatore, mais il n’a jamais osé. Il a peur qu’en faisant cela la situation ne se détériore encore. Aussi depuis quelques temps sa compagne le pousse à démissionner et à créer son propre garage. Elle est certaine qu’avec tous les retours positifs des clients de Briatore, ceux-ci n’hésiteraient pas à venir chez lui, en particulier lorsqu’il s’agit d’anciennes, la véritable passion du jeune homme, que son patron et ses collègues dédaignent.
Alors qu’il est penché sous le capot de la berline allemande, il entend siffler derrière lui, comme on voit dans les films des hommes siffler une jolie fille. Cela ne le surprend pas, ses collègues sont assez grégaires. Aussi il ne se retourne pas, préférant travailler. Au même moment, il entend la voix au fort accent italien de M. Briatore.
« Bonjour mademoiselle, que puis-je faire pour une aussi belle jeune femme.
M. Briatore passait rarement au garage, il était bien trop occupé avec ses autres affaires, les divers soins qu’il faisait pour entretenir son corps vieillissant, et les jolies femmes qui défilaient dans sa vie.
— Vous rien, mais l’un de vos mécaniciens, oui.
Nico toujours affairé sur le moteur de la vénérable auto, avait sans se retourner reconnu la voix de la femme qui avait répondu à son patron. C’était la voix de Cindy. Il se demandait bien ce qu’elle faisait ici. Elle n’était venue qu’une seule fois au garage, il y a de cela près de quatre ans. Il n’osait pas se retourner, attendant d’entendre ce qu’elle voulait.
— Je viens d’hériter de la W124 de mon grand-père, seulement elle n’a pas roulé depuis des années et je voulais rapidement voir avec mon compagnon, s’il fallait que je m’en sépare ou s’il pensait qu’elle pouvait de nouveau rouler un jour.
— Et qui est votre compagnon parmi mes mécaniciens ? Demanda d’un air déçu le play-boy italien.
— Nico, répondit-elle simplement.
Au même moment ce dernier relevait la tête, juste à temps pour voir Briatore s’étouffer à moitié avec la gorgée de café qu’il venait d’avaler. Sa figure s’était décomposée en entendant la jeune femme.
— Quoi vous êtes la compagne de ce gros … pardon de Nico.
— Oui. Cela semble vous surprendre ?
— J’ignorais qu’il était en couple … et plus encore avec une jolie femme.
Les mécaniciens étaient aussi surpris que leur patron que Nico ne soit pas célibataire ou en couple avec une obèse. La jeune femme qui n’ignorait rien de ce que subissait son compagnon affichait un sourire de satisfaction, avant d’ajouter.
—Nous sommes même en couple depuis 4 ans.
Ils comprirent alors que malgré la prise de poids du jeune homme Cindy était resté avec lui. Mais ce que Nico avait retenu, c’était que son patron l’avait traité de gros, et avait failli ajouter un terme déplaisant à la suite. Nico qui pensait que M. Briatore trop occupé par ses affaires et ses nombreuses maitresses se fichait de sa prise poids, venait de se rendre compte qu’en réalité celui-ci pensait la même chose de lui que ses collègues. Sans oublier, que son patron qui ne l’avait pas vu, avait ajouté une phrase déplaisante à son propos. Et là, les propos de son patron, qui plus est, devant sa compagne, c’était la goutte qui faisait déborder le vase. Il s’approcha de du groupe, doucement, sans faire de bruits
— Pardonnez ma surprise mademoiselle, mais vous seriez bien mieux, avec un homme plus … pardonnez-moi, mais on dirait un éléphant avec une gazelle.
Et alors que personne ne s’y attendait Nico prend la parole. Sa voix est posée et ferme.
— Je croyais que contrairement aux autres mon poids ne vous importait pas M. Briatore. Je suis gros. Et alors ? Je ne suis pas que gros. Mais je ne suis pas qu’un mec en surpoids. Oui, j’ai en partie choisi d’être gros. Ça vous paraît peut-être bizarre mais je me sens mieux dans ma peau à 140 kilos qu’à 85 kilos. Je me trouve même beau. Ma copine m’aime comme je suis. Je n’aime pas le sport, je suis vite essoufflé, je suis gêné dans certains mouvements. Et alors ? Est-ce que mon travail en a pâti ? Posez-vous la question honnêtement. Ce que je fais de ma vie, de mon corps, ça me regarde. Je sais que j’aurai peut-être des problèmes de santé plus tard. Je l’accepte. Je veux vivre comme je l’entends, pas comme vous pensez que je devrais vivre. Mais vous… Vos blagues, vos sarcasmes, vos surnoms… Je n’en peux plus. C’est méchant. C’est gratuit. C’est injuste. Vous me traitez d’Obélix, d’éléphant, de baleine, de gros porc… à longueur de temps. C’est du harcèlement. Le harcèlement ce n’est pas juste le racisme, l’antisémitisme, la misogynie ou l’homophobie. Il y a aussi la grossophobie. Et elle fait aussi mal. Je vous le dis maintenant parce que je suis quelqu’un de gentil, que je veux continuer à travailler ici mais que ça s’arrête. Par contre si vous continuez, si vous recommencez ne serait-ce qu’une seule fois, je porterai plainte et je partirai. Et avec l’argent des dommages et intérêts que vous me devrez, j’ouvrirai mon garage. Et sans moi je ne vous donne pas longtemps pour fermer boutique. »
Cindy embrasse son compagnon, et sourit fière de lui. Briatore et ses autres employés étaient tous interloqués. Même la vieille radio du garage semblait s’être arrêtée. Nico, lui, respirait enfin. Il avait dit ce qu’il devait dire. Des clients présents, eux aussi, étaient visiblement surpris par les propos de Nico. L’un d’eux s’approche et glisse dans les mains de Nico sa carte professionnelle, il est avocat et sera ravi de le défendre s’il porte plainte. Yoan s’exclame « Vous n’allez quand même pas défendre ce gros lard ! ». Sans un mot, joignant le geste à la parole, Nico se retourne et se dirige vers les vestiaires. Il en ressort une minute plus tard avec son manteau sur le dos « Vous pouvez vider mon casier et appelez votre avocat M. Briatore. Moi j’ai déjà le mien. »
Il quitte le garage, les mains encore un peu tremblantes, suivi de Cindy, qui prend sa main. Malgré son poids il se sent aussi léger qu’une plume, et pour la première fois depuis longtemps il sourit.
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Cendres le 03 Décembre 2025 à 20:16:32
Merci pour le partage de ton texte.

Tu nous racontes la vie dure d'une personne en surpoids travaillant dans un garage. Tous les jours il subit des humiliations et des vexations. Ca me fait penser a du harcèlement scolaire.

Je vais revenir sur les passages ou j'ai quelque chose a signaler.
Ce que je dis ne reflète que mes goûts et mes avis. Attends d'avoir des autres commentaires pour te faire une opinion.


Il pourrait faire du sport, mais il déteste ça. Les seules activités physiques qu’il apprécie sont la marche et la natation. Ainsi a-t-il pris l’habitude depuis un mois d’aller nager une heure le vendredi soir et de marcher une heure le dimanche. Même si c’est peu et que ça ne lui fait pas perdre de poids, au moins cela devrait lui permettre de stabiliser son poids.
Une fille en surpoids m'avait raconté que des fois à la plage, elle subissait des remarques si elle était en maillot. Ton personnage va à la piscine, donc il ose montrer son corps. Il a une certaine force d'esprit.
Pour revenir sur cette fille, elle me disait qu'elle allait voir les gens en demandant pourquoi il irait. En général, ils osaient plus rien dire et ils étaient génés.


Quelques jours plus tard, revenue pour la révision, un des mécanos avait lancé à la jeune femme :
« Cindy, sérieusement… qu’est-ce que tu lui trouves ? T’es magnifique, lui c’est… enfin… »
Elle avait souri. Un sourire calme, solide.
« Il est gentil. Attentionné. Et beau. Oui, beau. Vous vous moquez de son ventre, mais moi je trouve qu’il lui va bien. Ça lui donne du charme. Je dirais même qu’il est plus sexy comme ça. »
Tonio avait ricané, en se moquant de son goût pour les gros, puis il avait ajouté.
« Et pour… tu vois… enfin… pour baiser, comment on fait ? » A-t-il demandé d’un ton hésitant, curieux, mais gêné par sa propre question.
Elle avait planté son regard dans le sien et sans hésiter elle lui avait répondu.
« Pour baiser. C’est ce que tu voulais dire ? Très bien. On fait comme tout le monde. On le fait même souvent. Et je prends mon pied à chaque fois. »
Cindy est aussi attaquée. On rentre dans la sphère privée du couple. Je trouve qu'elle n'a pas à répondre. C'est aussi une agression pour sa copine. (malheureusement des hommes qui osent poser des questions de ce genre, voir plus intime, est courant quel que soit leur partenaire, ou si elle est célibataire.)
De plus, elle décrit son gros ventre, en général, ça vexe la personne. Je ne sais pas si elle dirait cela.
Elle pourrait leur dire, par exemple, qu'ils ne connaissent rien a l'amour et que si ses mécanos baisent leurs femmes, elle et lui font l'amour. Mais pour cela, encore, faut il aimer son partenaire.

Elle sourit de toutes ses dents, fière comme si elle lui montrait un enfant qu’ils auraient fait ensemble.
« C’est ton rêve. J’ai étudié les démarches pour créer un garage, les coûts, les aides disponibles… J’ai même regardé pour importer des pièces. Les Cadillac, les Mustang, les Camaro… tout ce que tu aimes. »
Il reste pétrifié. Il tourne les pages, un business plan, des devis, des photos de modèles restaurés, des idées de logo. Cindy s’assoit sur ses genoux, pose ses mains sur ses joues.
« Tu es fait pour ça, Nico. Tu n’as pas besoin de patron pour travailler avec les voitures que tu aimes, avec des clients qui te respecteront. Pas pour te faire humilier par des gens incapables de changer une bougie sans faire un sketch. »
Ce passage est un peu  conte de fées. La jolie copine qui a trouvé un super emploi pour son copain maltraité. C'est sa sauveuse, sa bonne fée.

Pour l'ensemble de ton texte, j'ai bien aimé, car tu nous présentes le quotidien que subit ton personnage. Ca permet de mieux prendre conscience.
 Je trouve que la fin, qui doit être positive, est un peu trop comme un conte de fées. La jolie copine sauveuse, ca fait un peu trop.

Sinon, il me semble que tu as oublié un mot dans cette phrase:
Ici, il peut au moins respirer sans que quelqu’un son tour de taille
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Joachès le 03 Décembre 2025 à 22:33:37
Je te remercie pour ta lecture attentive Cendres. J’ai noté tes remarques et je vais corriger mon texte. Néanmoins j’ai une question sur une remarque, pourquoi penses-tu que Cindy ne dirait pas ça ? Je l’imagine comme une femme dynamique et qui a fait sienne cette maxime « la meilleure défense c’est l’attaque », qui n’hésite pas à leur parler crûment, ces mécanos étant un peu primaires.
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Cendres le 04 Décembre 2025 à 19:07:55
J’ai noté tes remarques et je vais corriger mon textes.
Mes remarques ne reflètent que mes goûts.

pourquoi penses-tu que Cindy ne dirait pas ça ? Je l’imagine comme une femme dynamique et qui a fait sienne cette maxime « la meilleure défense c’est l’attaque », qui n’hésite pas à leur parler crûment, ces mécanos étant un peu primaires.
Je trouve que ça fait une réponse "d'homme". Je vais te citer pour t'expliquer mon avis:
« Cindy, sérieusement… qu’est-ce que tu lui trouves ? T’es magnifique, lui c’est… enfin… »
Elle avait souri. Un sourire calme, solide.
« Il est gentil. Attentionné. Et beau. Oui, beau. Vous vous moquez de son ventre, mais moi je trouve qu’il lui va bien. Ça lui donne du charme. Je dirais même qu’il est plus sexy comme ça. »
Elle cite une chose vue comme un défaut, et pour mon expérience, dire qu'une personne a un gros ventre, c'est vexant.
Les ventres sexy, ce sont les filles qui le montre, et en général, ce sont des ventres plats.
Elle pourrait lui dire que ça lui plaît, que ça fait son charme... De toute façon, si elle est avec lui, elle a vu tout de suite son physique et c'est que ça ne lui déplaisait pas.

Tonio avait ricané, en se moquant de son goût pour les gros, puis il avait ajouté.
« Et pour… tu vois… enfin… pour baiser, comment on fait ? » A-t-il demandé d’un ton hésitant, curieux, mais gêné par sa propre question.
Elle avait planté son regard dans le sien et sans hésiter elle lui avait répondu.
« Pour baiser. C’est ce que tu voulais dire ? Très bien. On fait comme tout le monde. On le fait même souvent. Et je prends mon pied à chaque fois. »
Ca fait réponse de mec. Je baise avec lui, dit elle, et je prends mon pied, en signalant bien, à chaque fois. Ça montre que c'est un bon partenaire. (Même si le plaisir dans la sexualité n'est pas que du a son partenaire, mais aussi à la personne et son état d'esprit lors de l'activité.).

Je ne sais pas si cela t'est déjà arrivé, mais avoir un homme qui te pose des questions intimes, comme ton exemple, qu'on lui demande comment elle fait pour "baiser" (souvent, c'est pour aussi demander les pratiques.), tu te sens agressé, vu comme un objet.
Mais tu peux garder ton passage, c'est un avis subjectif.
Surtout que Cindy connaît le comportement de ses collègues et, je suppose, ne doit pas beaucoup les apprécier.

Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Joachès le 04 Décembre 2025 à 20:29:47
Ce sont tes goûts, mais tes remarques sont pertinentes.
Merci pour ton explication. Je comprends mieux ce que tu voulais dire. C’est vrai que même si j’essaye de me mettre à la place de mes personnages, je suis un homme et donc je peux me planter dans les réactions de mes personnages féminins.
Titre: Re : Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Cendres le 05 Décembre 2025 à 08:50:59
Ce sont tes goûts, mais tes remarques sont pertinentes.
Merci pour ton explication. Je comprends mieux ce que tu voulais dire. C’est vrai que même si j’essaye de me mettre à la place de mes personnages, je suis un homme et donc je peux me planter dans les réactions de mes personnages féminins.

En fait, c'est personnel ce que je dis, le début de ton texte, il a un côté vrai (je n'ai jamais vécu cela, mais ça semble réaliste.) et je trouve les passages que j'ai mentionnés plus superficiel, nous faisant sortir du récit vrai, pour être plus dans une histoire.

Pour le passage avec Cindy, je sais que beaucoup d'hommes aiment se vanter sur ce sujet-là, mais en général les femmes non.
Mais il existe des femmes qui doivent répondre de la sorte.

Attends de lire des avis d'autre personne pour te forger une opinion. Je ne suis pas représentative de qui que ce soit, je suis juste moi, avec mes avis et mes opinions.
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Joachès le 05 Décembre 2025 à 15:53:36
Tu as raison je n’ai jamais entendu de femmes se vanter à ce niveau là.

J’ai commencé à retravailler le texte. Je mettais une V2 en ligne la semaine prochaine.
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Choumi le 06 Décembre 2025 à 06:21:00
Bonjour
Difficile dans le contexte des persécutions de se mettre à la place de ou des victimes
Certaines vont jusqu’au suicide pour y échapper.
Gros, grand, petit tout y passe la connerie est sans limite.
Être gros, était y-a pas si longtemps, signe d’opulence dans un monde où beaucoup crevait de faim ( toujours d’actualité)
Dans les pays dits civilisés pour faire le modèle stéréotype , en photo publicitaire fallait au moins 4/5 personnes
Aujourd’hui, faut faire du sport 🏀 courir vers un ballon ou après rien pour être en « en bonne santé « oubliant trop souvent qu’avant tout il faut aimer l’effort physique

À propos de la réaction «  masculine de la femme « la aussi signe des temps
Rare trop rare sont les femmes politiques et journalistes qui ne parlent pas comme les hommes
Rappellez vous Valerie Pecresse qui dans un medting pour les élections presidentielles était arrivée sur l’estrade les bras levés en signe de victoire faisant d’emblée penser à un homme illustre
Donc ça réponse est plausible
Ceci dit comme Cendres tu aurais pu lui garder sa féminité avec une réponse plus policée du style: c’est une question ou une demande de conseils ?
 Amicalement
Michel
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Joachès le 09 Décembre 2025 à 19:17:01
Désolé pour ma réponse tardive.
Tu as raison Choumi. D’ailleurs Georges Vigarello, un historien a fait « Histoire du gras » sur l’évolution des considérations sur la morphologie du Moyen Âge à nos jours.
Je vais y réfléchir.
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Joachès le 10 Décembre 2025 à 07:56:54
J'ai mis la V2 en ligne, en espérant avoir répondu aux attentes.
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Cendres le 11 Décembre 2025 à 17:06:12
Hello Joachés

Je l'ai lu en connaissant déjà la trame, donc l'effet de surprise et de nouveauté n'était plus la.

« Alors Grosjean, vous allez nous prendre combien de kilos cette année ? 25, comme chaque année depuis deux ans ? »
La phrase claque comme une gifle, tranchante dans l’air glacé du petit matin. Un homme, la cinquantaine flamboyante, un manteau en laine beige sur les épaules et un cigare collé aux lèvres, adresse à son employé un sourire goguenard.
Le patron est décrit physiquement comme un riche industriel de la bourse, surtout avec son cigare. Si son chef humilie son employé Grosjean, certain de ses employés ferot de même. Surtout que dans un rapport de domination, des gens pour plaire à leur chef feront comme lui. Comme a l'ecole par exemple.

Elle frappe la table du plat de la main — pas fort, mais assez pour qu’il sursaute.
Pourquoi "pas fort"? Ça fait bizarre. Tu devrais peut-être écrire : "Elle frappa sur la table assez fort pour qu'il sursaute", par exemple.
Je me trompe peut-être, mais Cindy, on dirait que tu imagines un genre de femme précise, un peu comme un idéal féminin : une jeune femme mince, jolie, souriante, pleine de vie... Mais tu pourrais sortir de ce cadre, car le sujet est la vie de M. Grosjean, et les autre personnages sont là pour servir le propos, je pense. Tu peux abîmer la perfection de Cindy.
Sinon le passage sur la sexualité de Cindy et de son conjoint, je t'ai déjà expliqué mon point de vue.
Cindy pourrait aller voir le patron du garage pour harcèlement sexuel et aussi des associations. Je ne pense pas que le patron laisserait un de ses employées parlé ainsi a ses clientes féminines.

« Non. C’est comme ça quand tu laisses faire. Tu n’es pas un punching-ball. Tu n’as pas à accepter ça sous prétexte que tu fais un 4XL. Ils n’ont pas à se servir de toi pour booster leur ego de minables. »
Elle se penche vers lui, les coudes sur la table, les yeux durs.
« Et tu sais ce qui me fait le plus mal ? Ce n’est pas ce qu’ils te disent. C’est ce que tu te dis à toi-même en l’acceptant. Tu vaux mieux qu’eux. Beaucoup mieux. Et tu restes là. »
Si monsieur Grosjean, a subi ce genre de comportement depuis l'école, il a une habitude (qui est mauvaise évidemment). Il va penser que c'est normal qu'on lui parle comme ça, car étant habitué depuis toujours.
Je pense que ce passage est fort juste, mais je ne me connais pas dans le sujet.


Je pense que le nom "M. Grosjean", indique bien sa corpulence, mais ça fait un peu bizarre, un peu burlesque aussi.
C'est comme si que tu appellerais sa copine Mlle Vénus.^^

Voila mon avis.
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Joachès le 11 Décembre 2025 à 17:36:20
Merci Cendres.

Au vu de tes commentaires et de ceux d'un ami scénariste semi-pro, qui pense à peu près la même chose que toi sur les dialogues de Cindy, je vais retravailler mon texte de manière plus approfondie. Je ne la mettrais donc pas en ligne avant quelques semaines, d'autant que j'ai vu que le concours était ouvert du 1er janvier au 31 mars.

Cet ami m'a également donné comme pistes, l'idée que M.Briatore critique son employé dans son dos, et que s'il n'avait pas d'allié dans le garage il n'avait aucune raison de rester, et qu'il pourrait rencontrer Cindy au garage lorsqu'elle vient pour la révision de sa Twingo.

Le personnage a toujours été enrobé mais ces dernières années il a pris plusieurs dizaines de kilos.

Quand au nom du personnage, en fait j'aime bien dans certains textes comme celui-ci donner des noms qui viennent de la F1, un de mes centres d'intérêts, mais en effet, j'aurais peut-être pu choisir un autre pilote français que Romain Grosjean pour le nom de mon personnage, il y en a plein d'autres, Vergne, Arnoux, Rosier, Jarier, ...
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Cendres le 12 Décembre 2025 à 09:55:28
Cela n'engage que moi, mais je trouve la première version plus intéressante, car faisant plus vrai. Surtout le début de ton texte.
On est directement dans ton récit, avec une phrase choc, alors que le second, tu as une introduction, c'est romancer.
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Joachès le 12 Décembre 2025 à 15:39:49
Merci pour ton retour Cendres.
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Joachès le 17 Décembre 2025 à 16:26:38
J'ai mis en ligne la V3.

J'ai remanié le texte en profondeur, il nécessite sans doute quelques améliorations, mais je pense que l'essentiel y est.
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Cendres le 17 Décembre 2025 à 22:15:25
Je suis intéressée à lire ta V3, mais là, je n'ai pas le temps ce soir, il est tard. Je suis un peu fatiguée pour bien lire ton texte, avec le temps qu'il mérite.
Titre: Re : Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Cendres le 18 Décembre 2025 à 13:13:47
C'est avec plaisir que j'ai découvert ta nouvelle version, même si à force l'effet de surprise et "d'intrigue ", c'est essoufflé. Mais c'est la troisième version que je lis.
Tu as choisi de faire de raconter un recit plus romancée. Donc je n'ai pas relevé certain passage avec Cindy.
Ce que j'exprime sont mes avis et mes opinions. Je peux me tromper.

Sitôt entré le jeune homme se dirige vers son casier pour enfiler sa combinaison de travail.  Sous les néons blafards qui s’allument, il traversa l’atelier à l’intérieur duquel il ne faisait guère plus chaud. Il pousse la porte du vestiaire. Il se dirige vers son casier, celui sur lequel où se côtoie des autocollants représentant une Renault Safrane et une Cadillac Eldorado. Il ouvre la porte métallique, prend sa blouse et la regarde en espérant intérieurement qu’après les repas de fêtes de fin d’année il pourra encore entrer dedans, car il y a dix jours il avait eu du mal à la fermer. Avec patience il fait glisser le tissu gris le long de ses épaisses cuisses, après avoir enfilé les manches, il entreprend de remonter la fermeture éclair doucement. Il remonte du bas de son ventre vers le haut, avec en point de mire le sommet de son abdomen, l’endroit où le tissu sera le plus tendu, il ralenti, il espère que les dents de chaque côté vont s’unir, la fermeture donne des signes de mécontentement, doucement, il tire davantage, elle obtempère et il parvient à la faire remonter encore. Le tissu se tend au fur et à mesure qu’il referme les deux pans de l’habit. Finalement il parvient à fermer sa combinaison. Il constate que s’il veut ne pas que la fermeture craque il va devoir jeûner ce midi et éviter de s’asseoir pour ne pas contraindre davantage les fibres. « Il n’y a pas à tortiller, il va falloir que je commande une nouvelle blouse. Ça va encore faire des histoires. » se dit le jeune homme en regardant la blouse épouser la forme de sa bedaine rebondie.
Cette partie raconte comment une personne de son gabarit est gênée pour s'habiller. Être dans des vêtements serrés, c'est inconfortable et ça doit le gêner pour travailler dans ses mouvements. C'est une chose qu'on ne pense pas forcément.

Car c’est bien là le souci du jeune homme, il pèse 140 kilos pour 1,80 m à seulement 22 ans. Depuis quatre ans qu’il travaille au garage Mercedes de Mandelieu-la-Napoule, il a pris soixante kilos. Ce qui conduit ses collègues à se moquer de lui chaque jour depuis un peu plus d’un an, lorsqu’il a atteint les 125 kilos.
Au début, cette personne pesait 80 kg pour 1,80 m. Mais pourquoi a-t-il autant grossit en 4 ans ? Que lui est t'il arrivé ?
Ce n'est pas le sujet du texte, mais c'est une question que je me pose en le lisant.

— J’ignorais qu’il était en couple … et plus encore avec une jolie femme.
Je dirais plutôt. "J’ignorais qu’il était en couple … et plus encore avec une si jolie femme."
Le mot "si" a mon importance, car souvent, cette expression est accompagnée de "si", surtout dans le cas que tu décris.

— Pardonnez ma surprise mademoiselle, mais vous seriez bien mieux, avec un homme plus … pardonnez-moi, mais on dirait un éléphant avec une gazelle.
Je trouve trop insultant, surtout sachant qui elle est. J'imagine qui veut la séduire, mais ce n'est pas en insultant ses choix de vie qui va l'attirer. Il va juste la braquer.
Insulter le compagnon d'une personne, c'est insulter indirectement cette personne. Donc il l'insulte aussi.
Il pourrait dire par exemple.
— Pardonnez ma surprise mademoiselle, mais votre couple est tellement étonnant que je n'avais pas imaginé cela.
Ca reste insultant, tout en restant plus nuancé.
C'est un exemple de phrase,  je pense que tu peux trouver mieux. C'est pour expliquer ce que je veux te dire.

Je trouve cela bien la création de la secrétaire, qui le défend,  et du patron distant, en général on ne le voit jamais


Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Joachès le 18 Décembre 2025 à 18:13:04
Sur le dernier point, je suis d’accord avec toi mais même si c’est un homme rusé, je voulais quelques choses de fort et direct, bien que je n’étais pas tout à fait satisfait.
Titre: Re : Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Cendres le 19 Décembre 2025 à 16:19:40
Sur le dernier point, je suis d’accord avec toi mais même si c’est un homme rusé, je voulais quelques choses de fort et direct, bien que je n’étais pas tout à fait satisfait.
Ca veut dire que sur les autre non  :) (C'est pour rigoler) :jubile:
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: HELLIAN le 04 Janvier 2026 à 16:39:03
Bonjour Joachim,

Juste pour te dire que j'avais lu et bien aimé ton texte, sur la forme autant que sur le fond.

Bien à toi,

Hellian
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Joachès le 12 Janvier 2026 à 12:35:47
Merci HELLIAN.
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Luna Psylle le 15 Janvier 2026 à 10:03:13
Salut,

On en a discuté et j'essaye de passer (peut-être en plusieurs fois, mais j'essaye de finir le texte pour ce soir) pour répondre à la question de l'expression des émotions de tes personnages.
Tu as une date butoir pour ce texte ?

Sur la forme :

Citer
« Punaise qu’est-ce que ça caille ce matin !
J'aurais tenté de démarqué le Punaise. En plus, c'est le tout premier mot de ton texte, vu le mot, autant lui permettre de claquer un peu :)

Citer
Et comme bien d’autres personnes le jeune homme qui sort de sa vieille Buick Roadmaster estate, à une mine bien triste en apercevant le garage Mercedes dans lequel il travaille.
Proposition : Et, comme bien d'autres personnes, le jeune
Ici, ta phrase est assez longue : démarquer les propositions par des virgules peut aider le lecteur à souffler un peu.
a une mine bien triste, a sans accent.

Citer
de l’absence de mouvement durant ces derniers jours.
Je trouve la formulation absence de mouvement un peu lourde, surtout que tu l'appuies juste après en expliquant les fêtes et la fermeture du garage.

Citer
Sitôt entré le jeune homme se dirige vers son casier pour enfiler sa combinaison de travail.
Vu que la porte lui résistait, ça pourrait être sympa d'exprimer l'action/réaction.
Après plusieurs minutes d'une lutte intempestive (un peu dramatique), par exemple.
Il y a aussi une petite répétition de se dirige avec deux phrases après :
Citer
Il se dirige vers son casier, celui sur lequel où se côtoie des autocollants représentant une Renault Safrane et une Cadillac Eldorado.

Citer
En effet le garage était fermé ces derniers jours en raison des fêtes de fin d’année.
Citer
Sous les néons blafards qui s’allument, il traversa l’atelier à l’intérieur duquel il ne faisait guère plus chaud.
Je remarque quelques imparfaits, qui détonnent avec le discours au présent.

Citer
celui sur lequel où se côtoie des autocollants représentant une Renault Safrane et une Cadillac Eldorado.
sur lequel se côtoient
où se côtoient

choisir entre les deux sur lequel et , et une petite faute de conjugaison.

Citer
qu’après les repas de fêtes de fin d’année il pourra encore entrer dedans,
Tu as déjà fêtes de fin d'année le paragraphe au-dessus. Les repas de Noël ? c'est une idée, et j'ai conscience que ça élime le jour de l'An.

Citer
Avec patience il fait glisser le tissu gris le long de ses épaisses cuisses, après avoir enfilé les manches, il entreprend de remonter la fermeture éclair doucement. Il remonte du bas de son ventre vers le haut, avec en point de mire le sommet de son abdomen, l’endroit où le tissu sera le plus tendu, il ralenti, il espère que les dents de chaque côté vont s’unir, la fermeture donne des signes de mécontentement, doucement, il tire davantage, elle obtempère et il parvient à la faire remonter encore. Le tissu se tend au fur et à mesure qu’il referme les deux pans de l’habit. Finalement il parvient à fermer sa combinaison. Il constate que s’il veut ne pas que la fermeture craque il va devoir jeûner ce midi et éviter de s’asseoir pour ne pas contraindre davantage les fibres.
Je suis un peu mauvaise langue, je sais bien que tous les mots n'ont pas de synonymes ou de manière élégante d'éviter la répétition, mais sur un seul paragraphe, ça fait lourd côté répétitions (sans mauvais jeu de mots).
il ralentit

Citer
« Il n’y a pas à tortiller, il va falloir que je commande une nouvelle blouse. Ça va encore faire des histoires. » se dit le jeune homme en regardant la blouse épouser la forme de sa bedaine rebondie.
Est-ce qu'il n'y a pas moyen d'exprimer ce qu'il ressent à ce moment-là ?
Un petit mot pour donner un état d'esprit, un début de quelque chose pour bien comprendre l'émotion qui le prend à cette pensée qu'il a.
Pour l'exemple (je fais exprès de prendre deux opposés complets, sans faire attention au contexte : c'est un exemple) :
« Il n’y a pas à tortiller, il va falloir que je commande une nouvelle blouse. Ça va encore faire des histoires. » ricane le jeune homme en tapotant sa bedaine rebondie.
ou
« Il n’y a pas à tortiller, il va falloir que je commande une nouvelle blouse. Ça va encore faire des histoires. » soupire le jeune homme en constatant, lassé, combien la blouse épouse le rebondi de sa bedaine.
Chaque exemple part de la même base, et pourtant, ils ne veulent pas exprimer la même chose du caractère du personnage.

Citer
Lorsqu’il sort de la petite pièce, il croise Yoan qui arrive de la salle de pause, un café à la main et son sourire arrogant collé au visage.
« Salut Obélix », lance-t-il, comme chaque matin, sans même le regarder vraiment.
Je me dis qu'à ce moment, il faut qu'on ait déjà en tête le prénom du personnage (Nico, je crois ?), pour bien prendre avec lui l'impact du surnom.
Pour l'instant, c'est "le jeune homme" et, naïvement, on peut croire qu'il s'appelle Obélix. Certes, ce serait un choix peut-être discutable de la part des parents, mais, comme on ne sait pas à ce moment-là, la question reste en suspens.
Surtout qu'à partir de cette première ligne de dialogue, tu intègres plusieurs collègues, donc plusieurs personnages/prénoms.

Citer
Soudain il entend derrière lui   
« Hé, Nico ! J’ai rapporté les croissants pour fêter la nouvelle année. J’ai pris un paquet de dix rien que pour toi !
- Arrête Marc, on n’est même pas sûr qu’après les fêtes il arrive encore à passer sous les voitures.
- Si sous un Hummer, réplique Marc, content de sa blague.
- Une voiture à sa taille, fait l’autre. »
Tu as oublié les tirets cadratins, ici ;) et la ponctuation finale sur la phrase du dessus.

Je reviens dès que possible pour la suite.



Citer
« Salut Obélix », lance-t-il, comme chaque matin, sans même le regarder vraiment.
Quel ton emploie-t-il ? Moqueur, enthousiaste, narquois ?
Moqueur et narquois montrent une forme de méchanceté volontaire, là où un ton enthousiaste montrerait plutôt une méchanceté involontaire. Bien des gens ne se rendent pas compte qu'ils sont blessants, usent de surnoms clichés comme des sobriquets affectifs.

Citer
Yoan est sec comme une arête de poisson, nerveux, toujours à gigoter. Comme à son habitude il ne dit rien, pourtant il en meure d’envie, mais il n’a jamais eu le courage de dire quoi que ce soit.
Ici, le doute est permis sur le il de la seconde phrase. La logique fait dire le narrateur, mais un lecteur peut s'y perdre. Surtout que les autres collègues vont aussi faire leur entrée.

Citer
Hé, Nico ! J’ai rapporté les croissants pour fêter la nouvelle année. J’ai pris un paquet de dix rien que pour toi !
- Arrête Marc, on n’est même pas sûr qu’après les fêtes il arrive encore à passer sous les voitures.
Là, on commence à s'y perdre : qui est Nico ? Marc est- bien celui qui a lancé ce bout de dialogue ?

En fait, ici, si on suit bien Nico, il faut que son nom apparaisse plus haut, quand il est seul, afin qu'on situe le personnage comme étant Nico. Comme ça, l'apostrophe marche mieux. Et ce qui manquerait dans ce bout de dialogue, ce serait quelques bouts de narration pour situer les personnages : tout ce que j'ai compris, avant la suite de tirets, c'est "Yoan arrive de la salle de pause.", j'imagine vers le vestiaire.

Pendant ce dialogue, ils sont où ? derrière lui, c'est plutôt vague. Il se tourne vers eux ? s'enfuit ? et eux, ils font quoi (s'il s'enfuit, on ne sait pas, mais ça reste un indice à proposer, sur le personnage cible) ?
 
Citer
- Si sous un Hummer, réplique Marc, content de sa blague.
- Une voiture à sa taille, fait l’autre. »
Fier de sa blague : il a employé un ton de blague pendant sa réplique ?
fait l'autre, ça manque d'émotion : comment l'autre le fait ?

Bon, après, on a écrit, ils éclatent de rire, mais cet éclat pourrait devenir une apothéose de leur dialogue, un premier qui ricane, un second qui s'esclaffe, avec une tape sur l'épaule. Que la gestuelle suive le dialogue.

Citer
Ils éclatent de rire, comme si c’était normal, comme si c’était drôle. Il avance, le regard fixé devant lui, comme s’il n’avait rien entendu.
Répétition comme si

Citer
Nico ne dit rien, mais cela le blesse d’être vu uniquement comme un gros, d’être affublé des clichés de paresse, de mollesse, de laisser-aller, … de ne pas être regardé pour ce qu’il est, c’est-à-dire comme un homme gentil, un homme passionné, un bosseur, doué dans son domaine. Il s’en fiche d’être gros et se sent bien comme ça. Oui, il mange beaucoup, parfois trop, mais il est gourmand et goinfre, et il ne peut s’empêcher de dévorer, de grignoter, c’est plus fort que lui.
Vu qu'on parlait d'exprimer plutôt que montrer, ça peut être intéressant de montrer l'émotion de ton personnage à travers le texte, qu'on le vive en même temps que lui : des exclamations agacées, par exemple : Oui : il est gros ! et alors ? il se fiche bien de son poids et se sent à l'aise. Oui : il mange beaucoup, parfois trop ! Il est gourmand et goinfre ! et alors... il ne peut s'empêcher de dévorer, de grignoter... c'est plus fort que lui...
(pas besoin de la virgule avant les points de suspension, à laisser-aller)

Citer
Mais il ne peut s’empêcher d’entendre Marc dire à Yoan qui passait à côté.
Quel ton il a employé ?

Citer
— Vous rien, mais l’un de vos mécaniciens, oui.
Je l'imagine tellement sèche, voir limite hautaine ! Elle a l'air plus caractérielle, peut-être rancunière, au vu de comment elle l'enjoint à réagir (parler au patron des moqueries répétées, ouvrir son propre garage, etc...). Quel ton elle a employé ???

Citer
Nico toujours affairé sur le moteur de la vénérable auto, avait sans se retourner reconnu la voix de la femme qui avait répondu à son patron. C’était la voix de Cindy. Il se demandait bien ce qu’elle faisait ici. Elle n’était venue qu’une seule fois au garage, il y a de cela près de quatre ans. Il n’osait pas se retourner, attendant d’entendre ce qu’elle voulait.
Il vient d'entendre sa copine et il ne réagit pas ? Au-delà de ce qui est entendu, il entend la voix de sa copine, il aurait pu se figer, en mode "Qu'est-ce qu'elle vient faire au garage ?". Ou alors, avoir peur des réactions et se forcer à continuer le boulot sans prêter attention, à paraître naturel. Mais j'ai l'impression qu'il manque une réaction ici, un truc qui exprime comment il entend une voix qu'il connait et que nous on découvre. Exemple : La clef à molette manque un tour : Nico reconnait cette voix pétillante.

Citer
attendant d’entendre ce qu’elle voulait.
— Je viens d’hériter de la W124 de mon grand-père, seulement elle n’a pas roulé depuis des années et je voulais rapidement voir avec mon compagnon, s’il fallait que je m’en sépare ou s’il pensait qu’elle pouvait de nouveau rouler un jour.
Ca m'a presque déçue, après ce Vous rien. S'il ne peut rien pour elle, je la vois tellement lui passer devant et chercher celui qu'elle souhaite voir. Bon, ça casse un peu la suite, la question mal placée, mais le sans-gêne existe aussi.

Citer
Il quitte le garage, les mains encore un peu tremblantes, suivi de Cindy, qui prend sa main.
Répétition main

Une bonne journée à toi,
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Joachès le 22 Janvier 2026 à 12:00:27
Je vois de voir ta réponse Luna Psylle, alors que j'allais poster une version avec une seconde partie alternative.

Du coup je vais reprendre tes commentaires pour les passages que j'ai conservé, avant de poster la nouvelle version, je l'espère demain. Elle fait 10 pages et près de 24 000 caractères espaces compris sur les 25 000 autorisés.

J’ai jusqu’au 31 mars pour envoyer le texte.

Titre: [AT - Concours LICRA 2026] V4
Posté par: Joachès le 23 Janvier 2026 à 14:17:02
Comme je crois qu'il y aune limite de caractère à chaque poste et que je crains de ne l'avoir atteint, la V4 se trouve ci-après.

V4

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


V5

La grossophobie [titre provisoire]

2 janvier
« Punaise ! Qu’est-ce que ça caille ce matin ! Je serais bien resté au chaud, plutôt que bosser toute une journée dans cette glacière. »
Même sur la Côte d’Azur, il fait froid en ce début janvier. Et comme bien d’autres habitants ici, le jeune homme qui s’extirpe de sa vieille Buick Roadmaster Estate a une mine bien triste en apercevant le garage Mercedes dans lequel il travaille. Il ajuste sa doudoune noire et s’avance vers le bâtiment. Celui-ci semble désert. Le jeune homme ne s’en émeut pas, il est habitué à arriver le premier. À vrai dire, les jours où il ne l’est pas sont exceptionnels. Il prend la clé pour ouvrir la porte, celle-ci résiste à cause du froid. Après plusieurs minutes d'une lutte acharnée, il parvient à l’ouvrir.
Sitôt entré, le jeune homme se dirige vers son casier pour enfiler sa combinaison. Sous les néons blafards qui s’enclenchent en grésillant, il traverse l’atelier à l’intérieur duquel il ne fait guère plus chaud. Il pousse la porte du vestiaire, se rend à son casier, celui sur lequel se côtoient des autocollants représentant une Renault Safrane et une Cadillac Eldorado. Il ouvre la porte métallique, attrape sa blouse et l’examine, en espérant intérieurement qu’après les repas de fêtes il pourra encore entrer dedans – car dix jours plus tôt il avait eu du mal à la fermer. Avec patience, il fait glisser le tissu gris le long de ses épaisses cuisses, après avoir enfilé les manches, il entreprend de remonter doucement la fermeture Éclair. Il rabat les pans de la combinaison du bas de son ventre vers le haut, avec en point de mire le sommet de son abdomen, l’endroit où le tissu sera le plus tendu. Il ralentit, espère que les dents de chaque côté vont s’unir. La tirette donne des signes de mécontentement ; délicatement, il tire davantage, elle obtempère et il parvient à la faire remonter encore. Le coton se tend au fur et à mesure qu’il referme les deux côtés de la tenue. Finalement il parvient à clore sa combinaison. Mais la journée s’annonce compliquée, il est serré de partout dans son vêtement, il a du mal à bouger. Travailler ainsi ne va pas être agréable, se dit-il. De plus, il constate que s’il ne veut pas que la fermeture craque, il va devoir jeûner ce midi et éviter de s’asseoir pour ne pas contraindre plus les fibres. Il n’y a pas à tortiller, il va falloir que je commande une nouvelle blouse. Ça va encore faire des histoires, songe le jeune homme en regardant la blouse épouser la forme de sa bedaine rebondie.
« Salut Obélix … pardon Mika. », lance un de ses collègues, comme chaque matin, sans même le regarder vraiment, tout en laissant éclater un petit rire.
Yoan est sec comme une arête de poisson, nerveux, toujours à gigoter. Comme à son habitude Mika ne dit rien, même s’il en meurt d’envie, mais il n’a jamais eu le courage de répliquer quoi que ce soit. Ses amis lui ont souvent répété d’arrêter de se laisser faire, de répondre, de porter plainte, voire de démissionner, mais il n’a jamais osé. C’est un jeune homme timide, qui a toujours fait ce qu’on lui a dit de faire, qui n’a jamais fait de vague et a fini par s’habituer au comportement de ses collègues, au grand désarroi de sa famille et de ses amis.
Mika aimerait être plus mince, mais d’aussi loin qu’il se rappelle, il a toujours eu un appétit d’ogre. Et même s’il a toujours beaucoup mangé, il se nourrissait de manière équilibrée chez ses parents, se remémore-t-il. Or, depuis qu’il vit seul dans son studio, les choses ont radicalement changé. La contrainte des horaires, la fatigue du travail, et surtout la facilité ont peu à peu dicté ses habitudes alimentaires. Il ne compte plus les soirs de semaine où il se contente d’une pizza avalée devant la télévision, d’un kebab acheté sur le chemin du retour ou d’un burger dégoulinant de sauce. À cela s’ajoutent les boîtes de cookies englouties sans y penser, les tablettes de chocolat ouvertes « juste pour un carré » et terminées quelques minutes plus tard. Manger est un plaisir immédiat auquel il ne voit aucune raison de renoncer. Mika nourrit aussi un désintérêt profond pour le sport. Toute activité physique lui paraît pénible, inutilement fatigante, presque hostile. Il a bien essayé, une ou deux fois, mais sans jamais y trouver la moindre satisfaction. Résultat : les kilos se sont accumulés, sans qu’il cherche vraiment à les combattre. Et bien qu’il mesure un mètre quatre-vingts, ses formes se sont arrondies, en particulier au niveau du ventre. Celui-ci est désormais imposant, et il n’a cessé de gonfler depuis quatre ans qu’il travaille au garage Mercedes de Mandelieu-la-Napoule. Ce qui conduit ses collègues à se moquer de lui quotidiennement depuis un peu plus deux ans. Même s’il reconnaît que sa prise de poids est de son fait, au fond il se fiche de peser 122 kilos. Il se sent même mieux dans sa peau que quand il était mince. Il n’a pas la moindre honte de ses rondeurs et notamment de sa bedaine lorsqu’il se regarde dans une glace. Il ne se trouve pas plus laid que lorsqu’il ne pesait que 77 kilos. Même s’il sait pertinemment que ce n’est pas le point de vue de l’immense majorité des jeunes femmes de son âge. Il ressentirait même une certaine fierté à être différent, à ne pas être dans la norme, malgré le coût que représente le renouvellement régulier de ses habits. Bien qu’il eût préféré ne pas subir les quolibets de ses collègues. Il aimerait partir, quitter le garage et trouver un autre poste de mécanicien, mais il craint que ce ne soit la même chose ailleurs. Il a aussi peur de ne pas être recruté en raison de son apparence. Or il a un petit salaire et les loyers sont élevés dans la région. Il ne peut pas se permettre de rester au chômage.
Tandis qu’il se dirige vers l’atelier une voix venue de l’entrée du garage résonne derrière lui :
« Hé, Mika ! J’ai rapporté les croissants pour fêter la nouvelle année. J’ai pris un paquet de dix rien que pour toi ! Lance-t-il avec un grand sourire.
— Arrête, Marc, on n’est même pas sûr qu’après les fêtes il arrive encore à passer sous les voitures.
— Si, sous un Hummer, réplique Marc, content de sa blague.
— Une voiture à sa taille », fait l’autre.
Les deux hommes s’approchent de leurs collègues et Marc pose sa main libre sur le ventre de Mika et dit : « Tu accouche quand ? ». Ils éclatent de rire, comme si cela était normal, comme si c’était drôle. Mika avance, le regard fixé devant lui, comme s’il n’avait rien entendu. Il aimerait que ce soit le cas, ne rien voir des gestes moqueurs de ses collègues mimant son ventre, un éléphant ou un objet cassant sous son poids. Hélas, il n’y a que quand il travaille sur une voiture qu’il parvient à se mettre dans une bulle. Mika ne dit rien, mais cela le blesse d’être vu uniquement comme un gros, d’être affublé des clichés de paresse, de mollesse, de laisser-aller… attribués aux obèses. De ne pas être regardé pour ce qu’il est, c’est-à-dire un homme gentil, passionné, un bosseur, doué dans son domaine. Même s’il se fiche d’être en surpoids, il a essayé de faire attention, de perdre quelques kilos, pour ne plus subir les moqueries à répétition des autres mécanos. Mais cela ne fonctionne jamais. Il s’affame, perd un ou deux kilos et sa motivation l’abandonne. Alors il reprend le poids perdu et même plus. Aussi, depuis quelques mois il a décidé d’arrêter de se prendre la tête avec les régimes et le sport qu’il honnit. Les seules activités physiques qu’il apprécie sont la marche et la natation. Ainsi a-t-il pris l’habitude depuis un mois d’aller nager une heure le vendredi soir et de marcher cette même durée le dimanche. Même si c’est peu et que ça ne lui fait pas perdre de poids, au moins cela devrait lui permettre de le stabiliser, espère-t-il.
La secrétaire du garage, qui arrive engoncée dans son manteau, ayant entendu ce que les deux mécanos avaient dit, les réprimande. Elle est bien la seule à le défendre dans le garage, mais Marc et son collègue reprennent de plus belle : « On avait oublié que t’avais besoin de maman pour te défendre. » Le jeune homme la remercie, il dit que ça va et lui conseille d’aller se mettre rapidement au chaud dans son bureau.
Il reprend son chemin vers la vieille Classe S sur laquelle il travaille depuis quelque temps. Mais il ne peut s’empêcher d’entendre Marc dire à Yoan, qui passait à côté :
« D’après toi, il va prendre encore combien de kilos cette année, quinze, ou plus ? Demande-t-il du ton de la curiosité.
— Il est plutôt régulier, je parie sur quinze. Et toi ?
— Je dis vingt… fait-il songeur. »
Mika n’entend pas le reste de leur conversation, mais il le devine. Le jeune homme est penché sous le capot de la berline allemande, le froid lui mord les doigts malgré les gants épais, le métal glacé lui brûle presque la peau. À chaque mouvement, sa combinaison de travail tire sur son ventre, comprime ses flancs, et rappelle cruellement les kilos qu’il a pris. Lorsqu’il se redresse légèrement pour attraper une clé, le tissu se tend dangereusement au niveau de la fermeture Éclair, comme un avertissement silencieux.
Il entend soudain des chaussures à talons claquer sur le sol de béton. Un son net, régulier, qui se détache du vacarme habituel du garage. Presque aussitôt, un sifflement retentit derrière lui, le silence se fait et d’autres lui répondent. Mika ne se retourne pas. Il sait parfaitement ce qu’il signifie. Ses collègues sifflent systématiquement la moindre jeune femme qui met un pied ici. Cela fait partie du comportement naturel des mécaniciens du garage pourrait-on dire, comme l’odeur d’huile ou les bruits d’outils. Aussi Mika préfère-t-il se replonger dans le moteur, loin de ses collègues dont le comportement ne lui plaît pas. À ce moment précis, il entend la voix au fort accent italien de M. Flaviano, théâtrale, mielleuse, suivie d’une voix féminine, posée, légèrement hésitante.
« Bonjour mademoiselle, que puis-je faire pour une aussi belle jeune femme ? » demande le quinquagénaire grisonnant.
M. Flaviano passe rarement au garage, il est bien trop occupé avec ses autres affaires, trop pressé de faire fructifier ses boutiques de prêt-à-porter, à recevoir des soins esthétiques, à s’entourer de jeunes et jolies femmes, parfois deux ou trois en même temps. Mais lorsqu’une jolie cliente apparaît, il surgit comme par magie.
« Bonjour… excusez-moi. On m’a dit qu’il y avait ici un très bon mécanicien. Un spécialiste des voitures anciennes.
— Nous en avons un, en effet », répond Flaviano sans hésiter. Il marque une pause, puis ajoute, comme s’il désignait un objet : « C’est le gros, avec un cul d’hippopotame, penché sous le capot de cette vieille Classe S », dit-il en désignant Mika d’un air dédaigneux.
Le mot claque, il est brutal, gratuit. Mika sent son estomac se nouer. Il a beau être habitué aux remarques de ses collègues, l’entendre de la bouche de son patron revêt quelque chose de différent. Il ne s’y attendait pas et jusqu’ici, il s’était naïvement persuadé que Flaviano se fichait de son physique, qu’il fermait les yeux tant que le travail était fait. Il comprend, à cet instant précis, qu’il se trompait. Pour son patron aussi, il n’est qu’un corps encombrant, lent, disgracieux.
La jeune femme fronce légèrement les sourcils. Elle n’aime pas la manière dont le patron parle de son employé, mais elle ne dit rien. Elle se contente de s’approcher du jeune homme. Mika entend ses pas se rapprocher. Il sent sa présence avant même de la voir. Comme toujours avec les femmes, il hésite à se retourner. Une timidité ancienne, tenace, renforcée par des années de regards moqueurs. Puis elle s’adresse à lui, il n’a plus le choix. Il se redresse, lentement, essuie ses mains sur un chiffon. Devant lui se tient une jeune femme élégante, enveloppée dans un manteau beige, aux lignes simples mais raffinées. Ses cheveux châtains sont relevés à la hâte, quelques mèches encadrent son visage. Elle a des yeux bleus magnifiques, et elle me regarde dans les yeux, songe-t-il surpris.
« C’est moi, répond-il simplement. De quel modèle s’agit-il ? »
Sa voix est calme et posée.
« Une Mercedes W124, explique-t-elle. Celle de mon grand-père. Il est décédé récemment et son notaire m’a informé qu’il me léguait sa voiture. Mais elle n’a pas roulé depuis presque dix ans. Et même si j’adorais mon grand-père, que j’ai des souvenirs avec cette voiture, j’avoue que j’hésite à la garder. Je n’ai pas vraiment l’utilité d’une aussi grosse voiture. Aussi, même si ça me fend le cœur, si elle n’est pas réparable ou si le coût de la réparation est prohibitif, je m’en séparerais. »
Touché par le discours plein de sensibilité de la jeune femme, Mika prend son courage à deux mains, pour lui répondre autrement que par une simple phrase.
« Mademoiselle, ces voitures sont fiables, elles peuvent rouler des centaines de milliers de kilomètres si elles sont bien entretenues. Si votre grand-père en a pris soin, qu’elle a été relativement bien conservée, elle devrait pouvoir redémarrer. Si cette voiture à une valeur sentimentale, cela me ferait d’autant plus plaisir de la remettre en état. »
Avant même que la jeune femme n’ait le temps de répondre quoi que ce soit, la voix nasillarde de Flaviano fend l’air.
« Mademoiselle, je préfère être honnête : ce genre de restauration coûte cher, très cher.
— Flaviano a raison, il faudra sans doute du temps et des pièces, or celles-ci sont assez rares et coûteuse.
— Je m’en doute, mais comme je vous l’ai dit, elle a une valeur sentimentale et je suis prête à y mettre le prix. »
Flaviano sourit, ravi, le client est solvable se dit-il. Le reste n’a plus d’importance pour lui. Aussi invite-t-il la jeune femme dans son bureau pour lui établir une rapide estimation du prix du chantier. Face au chiffre ahurissant annoncé par le patron du garage, la jeune femme reste stoïque. J’aurais dû prévoir un chantier plus long, si ça ne lui fait pas peur de payer 10 000 euros. Avant de laisser la jeune femme repartir, il lui demande à quel nom il devra faire le devis.
« Lara Kubica, fait-elle. »
Dès le lendemain matin, la W124 arrive sur une vieille dépanneuse Renault, bringuebalante, qui semble elle-même d’un autre âge. Mika aide le dépanneur à pousser la voiture jusqu’à son emplacement. En les voyant ainsi faire, les autres mécanos pouffent de rire. Lorsque la voiture est en place, le jeune homme ouvre le capot de la vieille allemande, avant de la mettre sur le pont élévateur, afin d’inspecter le dessous à l’aide d’une lampe torche. Le diagnostic de Mika est assez simple et rapide.
« Une partie des pièces sont usées, d’autres sont encrassées et doivent être nettoyées, ce qui nécessite de déposer le moteur et la boîte de vitesses, de les démonter entièrement, pour décrasser et remplacer ce qui doit l’être, avant de réassembler et de remonter les deux éléments. »
En revanche, comme il l’indique à la jeune femme qu’il a fait venir pour lui expliquer la situation, grâce au climat sec de la région, il n’y a guère de rouille.
« Je ne suis pas carrossier, et je ne pourrais pas m’en occuper. Je ne devrais pas vous le dire, ajoute-t-il à voix basse, mais je connais un bon carrossier, spécialiste des voitures anciennes. Parce qu’ici, ils ne vous le feront pas ou alors ils vous feront payer une fortune. »
La jeune femme le remercie d’un grand sourire. Yoan qui passe à côté d’eux s’arrête un instant et dit « C’est bien ce que je pensais, t’as plus de sein qu’elle. » Content de son observation, il part dans un éclat de rire, qui ne fait rire ni son collègue, ni sa cliente. Lara est abasourdie et outrée par ce qu’elle vient d’entendre et se tourne vers Mika, qui lui fait « C’est comme ça tous les jours. On s’habitue à force. ». La jeune femme stupéfaite par la réponse du jeune homme part à grande enjambées, en déclarant à haute voix « Vous ne devriez pas vous habituer. ». Sitôt Lara partie, le silence se fait dans le garage, seul résonne le bruit des outils. Mika entreprend la dépose de l’ensemble moteur-boîte de manière précautionneuse, avant d’entamer le démontage minutieux de chacun des deux éléments mécaniques, sans repenser à l’observation malvenue de son collègue. Il ausculte chaque pièce, fait la liste de celles usées par le temps et qu’il est nécessaire de changer : durites, coussinets de bielles, joint de culasse… et vérifie s’il n’en a pas certaines en stock. Évidemment, avec Flaviano, qui cherche à rentabiliser son garage au maximum, il ne trouve aucune des pièces dont il a besoin ; celles disponibles en stock sont toutes pour des modèles ayant moins de dix ans. Il transmet donc sa liste à la secrétaire, avant de retourner nettoyer les pièces encrassées avec des produits spécifiques.
Le jour où la W124 redémarre enfin, dans un ronronnement grave, feutré, presque noble, Lara a les yeux brillants.
« Elle est parfaite… Merci, dit-elle en admirant sa voiture.
— Elle l’a toujours été, corrige Mika en souriant. Elle avait juste besoin qu’on s’occupe d’elle. »
Elle rit.
« Est-ce que je peux vous inviter au restaurant pour vous remercier ? » demande-t-elle.
Il rougit franchement lorsqu’elle prononce ces mots. Un rouge qui lui monte aux joues, presque adolescent, contrastant avec sa carrure massive et ses mains encore marquées de cambouis.
« Je… oui. Enfin… d’accord », finit-il par dire, maladroitement.
Ils se donnent rendez-vous deux jours plus tard, dans un petit restaurant discret du centre-ville. Tandis qu’il observait la salle du restaurant avant d’entrer, non pour en apprécier l’ambiance, mais pour y repérer les pièges : les chaises étroites, les tables trop proches, les banquettes où il fallait glisser son ventre avant ses jambes. Il grimaça, à première vue le bord des chaises remontait et risquaient d’être trop petites pour lui. Lorsque Mika pousse la porte de Chez Maman, il est mal à l’aise dès qu’il franchit l’entrée. Il a troqué sa combinaison pour un jean sombre et une chemise noire qui peine à contenir son ventre généreux.
Lara est déjà là, ce qui ajoute à sa gêne, et il se maudit de ne pas avoir repassé sa chemise plus tôt, surtout de ne pas en avoir racheté une plus grande, les boutons étant à la limite de craquer. Lorsque la jeune femme le voit, elle se lève avec un sourire franc. Il vint à sa rencontre et il s’assit lentement, pourvu qu’elle ne craque pas ou ne grince pas, se dit-il. Un léger craquement se fit entendre. En revanche, bien qu’il soit serré, il avait pu s’asseoir. Il sentit le tissu de son pantalon tendre comprimant ses cuisses. Les tables étant rapprochées, il avait dû coller son ventre à la table, ce qui le gênait et qu’allait sans nul doute remarquer tous ceux qui se trouvaient là. Elle le trouve différent, aussi intimidé que lors de leur première rencontre au garage. Pourtant très vite, la conversation s’installe naturellement, même si Mika parle peu d’abord. Puis au fil de la soirée, il se détend, encouragé par les sourires et la gentillesse de sa convive qui lui pose un grand nombre de question sur lui, ce qui le surprend. Peu à peu ses sourires timides deviennent larges et francs. Lara attentive à ses réponses, est peu à peu séduite par l’homme qu’il est et l’encourage à ne plus se laisser malmener par ses collègues. Absorbée par leur tête-à-tête Mika en oublie les autres clients et le serveur, leurs regards sur lui, sur eux. Il se sent bien en sa compagnie. À la fin du repas, aucun des deux n’a envie de se lever, alors ils prolongent la soirée autour d’un café. Malgré tout ils doivent sortir lorsque la patronne du restaurant leur annonce qu’elle doit fermer. Ils marchent ensuite longuement, parlant de tout et de rien, comme s’ils se connaissaient depuis toujours, puis ne voulant pas le laisser partir, Lara invite Mika à boire un dernier verre, la soirée s’achevant dans le studio de la jeune femme.
12 octobre
Mika a encore pris un peu plus de dix kilos. Il a dû changer une nouvelle fois sa combinaison, subissant les remarques acerbes de ses collègues et de son patron, qui s’était plaint à la secrétaire de devoir acheter une combinaison neuve par an à Mika. Il avait même ajouté que, s’il n’avait pas son talent pour réparer les vieilles voitures, il l’aurait viré. Ce que la quinquagénaire indignée avait répété au jeune mécanicien.
À défaut, Flaviano avait volontairement omis de prendre une place pour la « journée de cohésion » comme il l’appelait, prévue en décembre au parc d’attraction locale. La raison invoquée, le poids maximum autorisé dans les manèges.
De son côté, Yoan avait discrètement pris Mika en photo, attablé à un fast-food le midi et il avait posté l’image sur les réseaux sociaux avec un commentaire dégradant. Tandis que Marc avait défié Mika. « Si t’es capable de finir le menu Obélix du nouveau buffet à volonté, je te le paie. » Le menu l’intéressait, il se composait de tranches de pâté, d’une pièce de viande de bœuf d’un kilo accompagnée de frites et d’une demi-tarte aux pommes ; même s’il n’était pas certain de pouvoir tout manger, il avait accepté le défi. Et à leur grande surprise à l’un comme à l’autre Mika n’avait pas laissé une miette de son repas. Marc tint parole, mais ce qu’il ne dit pas à son collègue, c’est qu’il allait poster sur les réseaux sociaux des photos de Mika en train de manger, avec des commentaires malveillants, le traitant de « gros cochon », « d’éléphant », de « baleine » et de toutes sortes de noms d’animaux hors normes.
Lorsqu’il découvre cela, Mika encaisse sans broncher, ce qui fait encore plus rire ses collègues qui jugent « normal qu’il n’ait aucune réaction, c’est un gros tout mou. ».
15 octobre
Ce soir-là, une vieille Mercedes W124, impeccable, se gare devant le garage. Les conversations se figent. La portière s’ouvre. Lara, qui n’était pas revenue au garage depuis la remise en état de sa voiture, émerge de la berline, radieuse, une main posée sur son ventre rond.
Au même instant, Mika arrive de l’atelier. Ils se regardent, se sourient.
« Salut », dit-elle simplement.
Le silence est total. Flaviano, figé, comprend le premier. Puis les autres mécanos suivent, incrédules.
« Attendez… balbutie Marc. Elle est enceinte ! »
Lara s’avance vers Mika, l’embrasse sans se soucier des témoins. Puis elle prend sa main et la pose délicatement sur son ventre.
« De cinq mois, précise-t-elle. On voulait vous l’annoncer, ajoute-t-elle en regardant l’assemblée. Nous allons bientôt avoir un enfant.
— Aussi rapidement ? Interrogea un autre mécanicien.
— Ce n’était pas prévu qu’il arrive aussi vite. »
Flaviano et les mécaniciens ne peuvent détacher leur regard de ce couple improbable pour eux. Un silence qui en dit plus que des mots s’est emparé d’eux.
 « Je n’aurai jamais cru qu’une aussi belle jeune femme puisse tomber amoureuse d’un hippopotame, lâche faiblement Flaviano.
— Aussi étrange que cela vous paraisse, je trouve que son surpoids lui donne du charme, rétorque Lara en souriant.
— Je croyais que, contrairement aux autres, mon poids ne vous importait pas, Flaviano, mais j’ai compris ces derniers mois que je m’étais trompé. Je suis gros. Et alors ? Je ne suis pas que gros. Oui, j’ai en partie choisi d’être en surpoids. Ça vous paraît peut-être curieux, mais je me sens mieux dans ma peau à 135 kilos qu’à 85. Je me trouve même beau.
— Beau ? rétorque Yoan, surpris.
— Oui. Et ma copine m’aime comme je suis. Je n’aime pas le sport, je suis vite essoufflé, je suis gêné dans certains mouvements. Est-ce que ça vous pose un problème ? Est-ce que mon travail en a pâti ?
— Non, doit reconnaître Flaviano.
— Posez-vous la question honnêtement. Ce que je fais de ma vie, de mon corps, ça me regarde. Je sais que j’aurai peut-être des problèmes de santé plus tard. Je l’accepte. Je veux vivre comme je l’entends, pas comme vous pensez que je devrais le faire. Et surtout… Vos blagues, vos sarcasmes, vos surnoms dédaigneux… Je n’en peux plus. C’est méchant. C’est gratuit. C’est injuste. Vous me traitez d’Obélix, d’éléphant, de baleine, de gros porc… à longueur de temps. C’est du harcèlement. On oublie vite qu’au-delà du racisme, de l’antisémitisme, de la misogynie ou de l’homophobie existe la grossophobie. Et elle fait aussi mal. Je vous le dis maintenant parce que je suis quelqu’un de gentil, que j’aurais voulu continuer à travailler ici, mais j’ai bien compris que ce n’est pas possible. Je démissionne et je vais porter plainte pour harcèlement, contre vous et vos mécanos Flaviano. Et avec l’argent des dommages et intérêts que vous me devrez me verser, j’ouvrirai mon propre garage. Un bon nombre de clients qui ont une Mercedes de plus de dix ans m’ont même dit qu’ils seraient mes premiers clients. »
Il regarde Lara, puis la Mercedes.
« Tu viens ?
— Oui. »
Il quitte le garage, les mains encore un peu tremblantes, mais ses doigts s’entrecroisent aux doigts de Lara. Malgré son poids il se sent aussi léger qu’une plume, et sourit.
Ils montent dans la voiture. Celle-ci s’éloigne lentement, et en regardant dans le rétroviseur Mika, peut voir son ex-patron et ses anciens collègues muets de sidération.


Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Cendres le 25 Janvier 2026 à 10:13:44
Hello Joaches

Je ne vais pas réciter ce que j'ai déjà dit, mais plutôt dire des choses nouvelles. Ce que j'exprime sont mes goûts et non une vérité.

« Salut Obélix … pardon Nico. », lance un de ses collègues, comme chaque matin, sans même le regarder vraiment, tout en laissant éclater un petit rire.
Le début de ton récit nous présente la situation de ton personnage et au fil de la lecture, on découvre qu'il est en surpoids, et à partir de ce passage qu'on se moque de son poids.
C'est plus subtil et on rentre dans le sujet du texte.

Il ne se trouve pas plus laid que lorsqu’il ne pesait que 77 kilos. Même s’il sait pertinemment que ce n’est pas le point de vue de l’immense majorité des jeunes femmes de son âge.
Pourquoi des femmes? C'est aussi celui de ses collègues, hommes.
Tu décris Cindy comme une belle jeune femme mince, et c'est pourquoi ton personnage est attiré par elle.
Il est sensible a la beauté, comme tout le monde.

Si elle souffrait comme lui d'être en surpoids, je pense qu'il n'aurait pas été attirés par elle.
Dire que les jeunes femmes regardent le physique , c'est vrai, mais tout comme les jeunes hommes, comme ton personnage.
Critiquer un comportement que l'on fait, je trouve cela un peu hypocrite.
Je ne dis pas cela pour provoquer ou autre


Tandis qu’il se dirige vers l’atelier une voix venue de l’entrée du garage résonne derrière lui :
« Hé, Nico ! J’ai rapporté les croissants pour fêter la nouvelle année. J’ai pris un paquet de dix rien que pour toi ! Lance-t-il avec un grand sourire.
— Arrête, Marc, on n’est même pas sûr qu’après les fêtes il arrive encore à passer sous les voitures.
— Si, sous un Hummer, réplique Marc, content de sa blague.
— Une voiture à sa taille », fait l’autre.
Ce dialogue qui commence comme une phrase qui pourrait être gentille, et en fait une vexation faite pour amuser les gens, rire aux dépens de ton héros
Cette phrase, qui pourrait être gentille, est dite pour vexer le personnage encore plus profondément, car au début, elle semblait gentille. Ils l'ont "cassé", alors qu'il en disait rien en plus. Il faisait son travail sans embêter personne.

Ils éclatent de rire, comme si cela était normal, comme si c’était drôle. Nico avance, le regard fixé devant lui, comme s’il n’avait rien entendu. Il aimerait que ce soit le cas, ne rien voir des gestes moqueurs de ses collègues mimant son ventre, un éléphant ou un objet cassant sous son poids. Hélas, il n’y a que quand il travaille sur une voiture qu’il parvient à se mettre dans une bulle. Nico ne dit rien, mais cela le blesse d’être vu uniquement comme un gros, d’être affublé des clichés de paresse, de mollesse, de laisser-aller… attribués aux obèses. De ne pas être regardé pour ce qu’il est
Ton personnage garde en lui les insultes, en se disant que ce n'est pas si grave, qu'il n'a rien entendu, alors que a chaque nouvelle phrase, on le rabaisse et on l'oblige à devoir accepter ses propos. On ne le juge pas sur qui il est, ce qu'il fait, mais de comment des personnes le voient et estiment qu'il est. Il est devenu le "clown" du garage, la victime.

Dès le lendemain matin, la W124 arrive sur une vieille dépanneuse Renault, bringuebalante, qui semble elle-même d’un autre âge. Nico aide le dépanneur à pousser la voiture jusqu’à son emplacement. En les voyant ainsi faire, les autres mécanos pouffent de rire. Lorsque la voiture est en place, le jeune homme ouvre le capot de la vieille allemande, avant de la mettre sur le pont élévateur, afin d’inspecter le dessous à l’aide d’une lampe torche. Le diagnostic de Nico est assez simple et rapide.
(...)
Ils se donnent rendez-vous deux jours plus tard, dans un petit restaurant discret du centre-ville. Lorsque Nico pousse la porte de Chez Maman, il est mal à l’aise, malgré la bonne odeur de cuisine qui s’immisce dans ses narines dès qu’il franchit l’entrée. Il a troqué sa combinaison pour un jean sombre et une chemise noire qui peine à contenir son ventre généreux.
(...)
Malgré tout ils doivent sortir lorsque la patronne du restaurant leur annonce qu’elle doit fermer. Ils marchent ensuite longuement, parlant de tout et de rien, comme s’ils se connaissaient depuis toujours, puis ne voulant pas le laisser partir, Cindy invite Nico à boire un dernier verre, terminant la nuit dans le studio de la jeune femme.
Je trouve le parti-là un peu long et sortant du sujet. Avant, c'était tout simplement sa copine, je pense que tu n'as pas besoin de raconter leur rencontre.
Le theme c'est la grossophobie. Parler un peu de mecanique et d'amour, pourquoi pas, mais peut être pas plusieurs paragraphes, ça me semble long.

De son côté, Yoan avait discrètement pris Nico en photo, attablé à un fast-food le midi et il avait posté l’image sur les réseaux sociaux avec un commentaire dégradant
Marc tint parole, mais ce qu’il ne dit pas à son collègue, c’est qu’il allait poster sur les réseaux sociaux des photos de Nico en train de manger, avec des commentaires malveillants, le traitant de « gros cochon », « d’éléphant », de « baleine » et toutes sortes d’animaux hors normes.

Lorsqu’il découvre cela, Nico encaisse sans broncher, ce qui fait encore plus rire ses collègues qui jugent « normal qu’il n’ait aucune réaction, c’est un gros tout mou. ».
Cette partie avec les photos et les réseaux sociaux est intéressante. Ça montre que même hors de son travail, le harcèlement de ses collègues continuent. Il est dans une pression et une humiliation répété et continue, juste lorsqu'il mange par exemple.


Personnellement, ton texte est plus romancé, ce qui fait qu le sujet est des fois un peu perdu. Mais un texte ne peut pas plaire à tout le monde.
Tes anciennes version était plus courte, parlant surtout du sujet.
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Joachès le 25 Janvier 2026 à 11:31:07
Merci pour ton retour.

Donc globalement c’est positif. Il faut retoucher quelques passages. Il faut que je trouve de nouvelles idées pour ré appuyer sur la grossophobie. Sauf que je n’ai plus que 1500 caractères espaces compris.

En fait il trouve qu’elle a un jolie visage et il la trouve gentille.
Je pourrais ajouter une ex-copine, ronde (environ 90 kilos pour 1,65 m) qui la quitté quelques mois plus tôt notamment en raison de son poids qu’elle trouvait tout de même excessif.

J’ai une question Cendres. Avec cette version alternative de l’histoire de Nico et Cindy, qu’est-ce qui est le plus efficace : Cindy qui avec lui depuis des années et avec lui malgré sa prise de poids ou Cindy séduite malgré son poids ?
Titre: Re : Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Cendres le 25 Janvier 2026 à 16:41:02
Ce que j'exprime reflète mes goûts. Je peux être dans l'erreur, et je dois l'être certainement.

J’ai une question Cendres. Avec cette version alternative de l’histoire de Nico et Cindy, qu’est-ce qui est le plus efficace : Cindy qui avec lui depuis des années et avec lui malgré sa prise de poids ou Cindy séduite malgré son poids ?
Pour sa copine, je  trouve que le passage de la romance un peu long, et sortant du sujet. Pourquoi ne pas faire qu'ils sont ensemble depuis longtemps ? Il a pris du poids avec le temps, chose qui arrive souvent.
Si tu veux faire des passages de vie privée, du couple, pourquoi ne pas plutôt raconter des problèmes du quotidien qu'ils peuvent vivre ?
Leur histoire d'amour, est jolie, mais ne nous permet pas d'apprendre des choses sur la grossophobie.

En fait il trouve qu’elle a un jolie visage et il la trouve gentille.
Je pourrais ajouter une ex-copine, ronde (environ 90 kilos pour 1,65 m) qui la quitté quelques mois plus tôt notamment en raison de son poids qu’elle trouvait tout de même excessif.
Je ne pense pas que ce soit utile, ou alors que sa serait pour dire qu'il se comporte d'une façon qu'il critique? Mais je pense que pour faire comprendre un message, il vaut mieux des personnages manichéens, même si dans la vie rien n'est blanc ou noir.


Sinon j'ai pensé a une idée, au lieu que ce soit sa femme, ça pourrait être aussi sa sœur qui viendrait au garage et se ferait draguer(.Tout en gardant le personnage se son épouse, une jolie femme enceinte).
"Regarde comme elle est belle alors que son frère, c'est ceci ou cela." Et qu'elle découvrirait l'ambiance mauvaise du garage, qu'il cache à sa famille. La honte d'être méprisé, ça serait aussi un autre thème, tout comme le fait qu'il ne veut pas faire du mal à ses proches en leur disant.

Ton texte me fait beaucoup penser aux harcèlements scolaires. Peut-être en t'inspirant de ce sujet, tu trouverais des autres idées.

Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Joachès le 25 Janvier 2026 à 20:04:38
Même si ce n’est que ton avis, il est intéressant et je vais réfléchir à tes propositions.
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Joachès le 26 Janvier 2026 à 18:08:48
Cendres, j’ai réfléchi à tes idées, qui rejoignent sur un point celles de Luna, et j’ai retravaillé la partie sur le restaurant. J’ai coupé ce allongeait inutilement et je suis en train de remplacer ces éléments par d’autres sur les réactions de Nico, qui a peur que les chaises soient trop étroites, trop fragiles, le regard du serveur et des clients…
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Joachès le 29 Janvier 2026 à 13:16:46
La V5 est en ligne.

J'en suis à 24 1918 caractères espaces compris pour 25 000.
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Cendres le 30 Janvier 2026 à 17:48:27
Me voici, me voilà, pour ta V5. Je fais mes commentaires au fil de ma lecture, et je ne vais pas réciter ce que je t'ai déjà dit.


Les deux hommes s’approchent de leurs collègues et Marc pose sa main libre sur le ventre de Mika et dit : « Tu accouche quand ? ». Ils éclatent de rire, comme si cela était normal, comme si c’était drôle. Mika avance, le regard fixé devant lui, comme s’il n’avait rien entendu.
Le fait qu'il lui touche le ventre, sans son accord, montre encore plus le mépris qu'il a envers ton héros (qui a changé de prénom entre tes versions). On touche une personne si on est proche d'elle, si on est attirés par elle... Ou alors du mépris. Ça souligne mieux le mépris. Marc n'aurait pas touché le ventre de la secrétaire.


Il marque une pause, puis ajoute, comme s’il désignait un objet : « C’est le gros, avec un cul d’hippopotame, penché sous le capot de cette vieille Classe S »,
Je trouve cela trop agressif, le client peut avoir peur. Elle peut se dire s'il parle comme ça de ses employés, ils parlent aussi ainsi de ses clients.
De plus insulter un subordonné est mauvais pour son image. Le client peut se braquer. Ils ne respectent pas ses employés, ca choc la clientèle en générale.
Il pourrait dire, par exemple "C'est le gros monsieur là-bas, ou, c'est notre sosie d'Obélix.". C'est trop violent ses propos, il faut un cote comique et rigolo.

. Yoan qui passe à côté d’eux s’arrête un instant et dit « C’est bien ce que je pensais, t’as plus de sein qu’elle. » Content de son observation, il part dans un éclat de rire, qui ne fait rire ni son collègue, ni sa cliente. Lara est abasourdie et outrée par ce qu’elle vient d’entendre et se tourne vers Mika, qui lui fait « C’est comme ça tous les jours. On s’habitue à force. ». La jeune femme stupéfaite par la réponse du jeune homme part à grande enjambées, en déclarant à haute voix « Vous ne devriez pas vous habituer. ».
Cette expression ne va pas. Elle insulte ton héros, mais aussi Lara. (qui comme ton héros a aussi change de prénom dans les versions^^). Dire à une femme qu'elle n'a pas beaucoup de poitrine (ou l'inverse), c'est un jugement de valeur sur son apparence, mais aussi sexuelle. Il insulte la femme.
Je suppose que Lara doit être mince, donc avec une petite poitrine, mais cette expression ne va pas. Même si une fille peut dire cela d'elle, un homme, surtout qu'elle ne connaît pas, n'a pas à le dire.
Lara est agressée, mais aussi sexuellement par les paroles.

À défaut, Flaviano avait volontairement omis de prendre une place pour la « journée de cohésion » comme il l’appelait, prévue en décembre au parc d’attraction locale. La raison invoquée, le poids maximum autorisé dans les manèges.
Son patron est encore pire qu'avant. Car en plus de le mépriser, il l'exclut tout en l'insultant. Je trouve cela trop caricaturale.


Voilà mon humble avis. Je vois que tu veux faire toujours une jolie jeune femme mince. Ceci dit, c'est le coup de foudre et ils sont rapides pour avoir un projet d'enfant. Normalement, on attend un peu.
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Joachès le 30 Janvier 2026 à 22:41:26
Merci pour ta lectures Cendres. Pour les prénoms et le nom du patron, j'ai changé pour une raison simple, ce dernier était à un clin d'oeil à une personnalité, les prénoms c'est parce que je me suis inspiré d'une histoire vraie. C'est pour ça que je les ais changer.

Je ne comprends pas si ta première critique est une remarque négative ou pas.

Pour le cul d'hippopotame, je suis d'accord, j'ai hésité, je voulais renforcer le côté discriminant, mais en effet c'est peut-être trop.

Pour la journée, en fait j'ai essayé de faire la liste des différentes manières de discriminer et ne pas inviter une personne à un évènement de groupe en est une, mais je l'ai peut-être mal formulé.

Vu le comportement de Yoan avec son collègue, il n'est pas surprenant qu'il se comporte mal avec Lara. Je ne comprend quand tu dis qu'elle insulte Mika.

J'avais pensé qu'une grossesse serait la meilleure preuve de leur amour. Je peux néanmoins changer la date, cela serait par exemple en janvier, un an après leur rencontre. Le couple dont je me suis inspiré a eu son premier enfant à 20 ans, après seulement trois ans et là aussi ce n'était pas vraiment prévu.

Sinon au global que penses-tu tu texte, c'est mieux, il est bien, ... ? Parce que j'ai quasiment plus aucun caractères pour l'allonger et même si le sujet me tiens à coeur, je commence à saturer, notamment pour lire vos derniers textes. 
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Cendres le 01 Février 2026 à 09:49:01
Ma première remarque n'est pas une critique négative. Je te disais que ça montrait encore plus le mépris qu'ils ont envers ton héros. Ils ont encore plus (+) d'ascendant sur lui. Ton héros ne se permettrait pas de faire cela, alors qu'eux si.

Vu le comportement de Yoan avec son collègue, il n'est pas surprenant qu'il se comporte mal avec Lara. Je ne comprend quand tu dis qu'elle insulte Mika.
Je n'ai pas dit cela, ou alors je me suis mal expliquée. C'est par rapport à quoi?
Je n'ai pas dit que Laura insulte Mika.
Par contre le collègue qui parle mal de Mika en faisant référence à la poitrine de Laura, ça ne se fait pas. Il peut le penser, le dire avec un collègue, mais pas devant Laura.
C'est comme si que Mika et Laura vont acheter du pain, et la boulangère dit, en regardant Laura, pour l'insulter "vous n'avez vraiment pas de fesses, alors que votre mari a un joli gros fessier" . Elle insulte Laura, mais juge son conjoint aussi d'une manière sexuelle. Elle insulte les deux.


Sinon au global que penses-tu tu texte, c'est mieux, il est bien, ... ? Parce que j'ai quasiment plus aucun caractères pour l'allonger et même si le sujet me tiens à coeur, je commence à saturer, notamment pour lire vos derniers textes.
Je ne sais pas si certain passage sont indispensable, comme celui du restaurant. Ce n'est pas parce que tu as un nombre maximum de mots, que tu dois en mettre ce nombre là.
J'ai lu et relus plusieurs versions de ton récit, l'effet de découverte était absent à force, mais je pense, que peut-être moins long, il serait mieux. Le passage du restaurant, la romance, c'est un peu hors du sujet selon moi.
Mais c'est tellement subjectif un avis, et aussi, à force, je connaissais certains passages, l'effet surpris n'était plus là.
Le mieux, c'est de faire le texte qui te plaît, comme ça, tu donneras ce que toi, tu voulais faire, et non une personne, externe qui ne connaît rien.

Je ne comprends pas pourquoi tu dis que tu commences à saturer, surtout pour lire mes derniers textes ? Tu veux dire mes réponses ? Surtout que tu me vouvoies là, je ne comprends pas ^^
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Joachès le 02 Février 2026 à 09:18:42
Je pense que l'on ne s'est pas compris.

Pour ce qui est du collègue, oui il n'a pas à faire ça. Mais étant donné qu'il la siffle lorsqu'elle entre dans le garage la première fois, il pourrait très bien faire ce genre de remarques. Et même il pourrait aussi être maladroit ou sans filtre. Personnellement, je suis maladroit et direct0 parfois. Donc je pense que je vais garder ce passage.

J'ai tendance à être trop direct dans mes textes, à ne pas décrire assez. Peut-être qu'en effet ce passage là n'est pas utile, du moins dans sa seconde partie, car dans la première, avant d'entrer il observe l'intérieur du restaurant pour s'assurer qu'il n'y a pas de "pièges". Et du du coup faire une ellipse, qui permet la surprise finale.

J'ai du mal à revenir x fois sur un texte, au bout de la 3e je sature. Quand je disais "vos textes" je parlais des tiens, mais aussi ceux de nos camarades.
Entre le boulot, l'écriture et la maison, je n'ai pas beaucoup de temps, ni l'esprit. Mais maintenant que le texte est quasiment finalisé, je vais pouvoir lire les dernières œuvres courtes.
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Luna Psylle le 02 Février 2026 à 10:49:28
Salut,

Sur la forme :

Citer
Il n’y a pas à tortiller, il va falloir que je commande une nouvelle blouse.
Une pensée en je sans démarcation avec la narration en il.

Citer
« Salut Obélix … pardon Mika. »
J'y aurais mis deux points, pour bien comprendre.
Salut Obélix... pardon : Mika.

Citer
Même s’il sait pertinemment que ce n’est pas le point de vue de l’immense majorité des jeunes femmes de son âge.
Je trouve cette phrase sortie de nulle part. Il exprime son ressenti personnel sur son poids, celui de son entourage, déjà un peu présenté, et d'un coup, l'avis des jeunes femmes, qui n'est même pas explicité, juste "ce n'est pas le point de vue de l'immense majorité". J'ai envie de dire : Oui, et ? Surtout que, juste après, on repart sur son malaise au travail. Pour moi, cette phrase ici est de trop, ou alors elle n'en dit pas assez.
Comme tu parle de son ressenti personnel, de celui des collègues, peut-être une entrée en matière pour ce qui est des femmes : en quoi, pourquoi, l'avis des femmes l'intéresse particulièrement ?

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Il entend soudain des chaussures à talons claquer sur le sol de béton. Un son net, régulier, qui se détache du vacarme habituel du garage. Presque aussitôt, un sifflement retentit derrière lui, le silence se fait et d’autres lui répondent. Mika ne se retourne pas. Il sait parfaitement ce qu’il signifie. Ses collègues sifflent systématiquement la moindre jeune femme qui met un pied ici. Cela fait partie du comportement naturel des mécaniciens du garage pourrait-on dire, comme l’odeur d’huile ou les bruits d’outils. Aussi Mika préfère-t-il se replonger dans le moteur, loin de ses collègues dont le comportement ne lui plaît pas. À ce moment précis, il entend la voix au fort accent italien de M. Flaviano, théâtrale, mielleuse, suivie d’une voix féminine, posée, légèrement hésitante.
« Bonjour mademoiselle, que puis-je faire pour une aussi belle jeune femme ? » demande le quinquagénaire grisonnant.
M. Flaviano passe rarement au garage, il est bien trop occupé avec ses autres affaires, trop pressé de faire fructifier ses boutiques de prêt-à-porter, à recevoir des soins esthétiques, à s’entourer de jeunes et jolies femmes, parfois deux ou trois en même temps. Mais lorsqu’une jolie cliente apparaît, il surgit comme par magie.
« Bonjour… excusez-moi. On m’a dit qu’il y avait ici un très bon mécanicien. Un spécialiste des voitures anciennes.
— Nous en avons un, en effet », répond Flaviano sans hésiter. Il marque une pause, puis ajoute, comme s’il désignait un objet : « C’est le gros, avec un cul d’hippopotame, penché sous le capot de cette vieille Classe S », dit-il en désignant Mika d’un air dédaigneux.
Le mot claque, il est brutal, gratuit.

Est-ce qu'on est d'accord qu'on décrit un commerce "1 étoile parce que je ne peux pas mettre 0 sinon j'aurais mis 0" sur n'importe quel site ?
Parce qu'on ne parle plus seulement de harcèlement envers un collègue, mais bien envers des clients.
Siffler une cliente, ça peut leur faire perdre le contrat, pour peu que la femme prenne mal le comportement et décide de se tourner vers la concurrence.
Décrire son employé de la sorte, à cette même cliente, ajoute au malaise ambiant, surtout qu'elle peut témoigner en faveur de Mika lors d'un procès : "Je déclare sous serment avoir entendu [etc...]".

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Comme toujours avec les femmes, il hésite à se retourner. Une timidité ancienne, tenace, renforcée par des années de regards moqueurs.
C'est peut-être ici que tu peux décaler l'avis des femmes sur son poids. Une femme entre dans la scène, c'est un peu comme le moment de sa confrontation avec les femmes dans la narration.

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Elle a des yeux bleus magnifiques, et elle me regarde dans les yeux, songe-t-il surpris.
encore ce petit décalage je/il.

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Si cette voiture à une valeur sentimentale,
a

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or celles-ci sont assez rares et coûteuse.
coûteuses

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Aussi, même si ça me fend le cœur, si elle n’est pas réparable ou si le coût de la réparation est prohibitif, je m’en séparerais.
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Je m’en doute, mais comme je vous l’ai dit, elle a une valeur sentimentale et je suis prête à y mettre le prix.
Les deux me semblent entrer en collision : si trop cher, elle s'en sépare, mais elle est prête à y mettre le prix. Après, le terme prohibitif est vraiment excessif, donc on comprend qu'elle mettra le prix, mais pas non plus un tarif complètement exorbitant, mais il reste quand même une forme de contradiction.

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J’aurais dû prévoir un chantier plus long, si ça ne lui fait pas peur de payer 10 000 euros.
Ces petits je un peu partout me perdent : on est dans la tête de Mika ? C'est un dialogue prononcé ?

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Lara est abasourdie et outrée par ce qu’elle vient d’entendre et se tourne vers Mika, qui lui fait « C’est comme ça tous les jours. On s’habitue à force. ».
En fait, dans son cas à elle, non : elle est la cliente, elle paye tout ça. Pour appuyer ma question au-dessus : "On est sur un garage 0 étoiles sur Google Avis ?"

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Lorsque Mika pousse la porte de Chez Maman, il est mal à l’aise dès qu’il franchit l’entrée.
Les deux propositions font doublon sur la phrase : je pense que tu peux en retirer une au choix.

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de sa convive qui lui pose un grand nombre de question sur lui
questions

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Absorbée par leur tête-à-tête Mika en oublie les autres clients et le serveur
Absorbé

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prévue en décembre au parc d’attraction locale
local

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— Aussi rapidement ? Interrogea un autre mécanicien.
— Ce n’était pas prévu qu’il arrive aussi vite. »
J'aurais été plus mesquine, en répondant que ça ne les regarde pas. Je comprends que tu essayes de justifier, suite aux remarques faites lors des différentes lectures, mais c'est aussi ça de caractériser un personnage ;) tu n'as pas constamment à justifier ce qu'on remarque, mais plutôt à affirmer les caractères de tes personnages. Ici, Lara a subi les commentaires désobligeants à ses premières visites, et elle a précisé à Mika de ne pas se laisser faire. Mais en même temps, elle a été timide pendant sa première discussion avec le patron, donc la question est : est-ce qu'elle répond comme ça pour se justifier ? est-ce qu'elle n'aurait pas plutôt envie de leur rabaisser le caquet ? et si oui, comment ?
Après, elle montre aussi une certaine franchise, à aucun moment elle ne paraît cacher ses intentions, donc sûrement que cette réponse colle au personnage.

Citer
— Je croyais que, contrairement aux autres, mon poids ne vous importait pas, Flaviano, mais j’ai compris ces derniers mois que je m’étais trompé. Je suis gros. Et alors ? Je ne suis pas que gros. Oui, j’ai en partie choisi d’être en surpoids. Ça vous paraît peut-être curieux, mais je me sens mieux dans ma peau à 135 kilos qu’à 85. Je me trouve même beau.
Cette tirade sort de nulle part. Enfin, émotionnellement. Ton personnage garde tout pour lui depuis le début. Est-ce qu'il a un craquage, ici ? un ras-le-bol qui justifie ?
Sur la première version que j'en avais lu (la V3), on avait ce crescendo :
Citation de: V3
Et là, les propos de son patron, qui plus est, devant sa compagne, c’était la goutte qui faisait déborder le vase. Il s’approcha de du groupe, doucement, sans faire de bruits
— Pardonnez ma surprise mademoiselle, mais vous seriez bien mieux, avec un homme plus … pardonnez-moi, mais on dirait un éléphant avec une gazelle.
Et alors que personne ne s’y attendait Nico prend la parole. Sa voix est posée et ferme.

Citer
Le harcèlement ce n’est pas juste le racisme, l’antisémitisme, la misogynie ou l’homophobie. Il y a aussi la grossophobie. Et elle fait aussi mal.
Je sais qu'on s'intéresse ici à la grossophobie, que c'est le thème principal, mais ils font aussi preuve de misogynie en un sens, avec toutes les réactions qu'ils ont eu envers Lara de sa première visite à la fin.

Sur le fond :

L'histoire est mieux ficelée, et j'ai bien senti tes efforts et la progression sur le sujet qui m'avait amenée à la lecture soit l'expression des sentiments, faire un texte plus expressif et moins descriptif.

Une bonne journée à toi,
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Joachès le 06 Février 2026 à 15:17:35
J'espère que cette version sera la bonne.

V6

Je suis gros et alors

2 janvier
« Punaise ! Qu’est-ce que ça caille ce matin ! Je serais bien resté au chaud, plutôt que bosser toute une journée dans cette glacière. »
Même sur la Côte d’Azur, il fait froid en ce début janvier. Et comme bien d’autres habitants ici, le jeune homme qui s’extirpe de sa vieille Buick Roadmaster Estate a une mine bien triste en apercevant le garage Mercedes dans lequel il travaille. Il ajuste sa doudoune noire et s’avance vers le bâtiment. Celui-ci semble désert. Le jeune homme ne s’en émeut pas, il est habitué à arriver le premier. À vrai dire, les jours où il ne l’est pas sont exceptionnels. Il prend la clé pour ouvrir la porte, celle-ci résiste à cause du froid. Après plusieurs minutes d'une lutte acharnée, il parvient à l’ouvrir.
Sitôt entré, le jeune homme se dirige vers son casier pour enfiler sa combinaison. Sous les néons blafards qui s’enclenchent en grésillant, il traverse l’atelier à l’intérieur duquel il ne fait guère plus chaud. Il pousse la porte du vestiaire, se rend à son casier, celui sur lequel se côtoient des autocollants représentant une Renault Safrane et une Cadillac Eldorado. Il ouvre la porte métallique, attrape sa blouse et l’examine, en espérant intérieurement qu’après les repas de fêtes il pourra encore entrer dedans – car dix jours plus tôt il avait eu du mal à la fermer. Avec patience, il fait glisser le tissu gris le long de ses épaisses cuisses, après avoir enfilé les manches, il entreprend de remonter doucement la fermeture Éclair. Il rabat les pans de la combinaison du bas de son ventre vers le haut, avec en point de mire le sommet de son abdomen, l’endroit où le tissu sera le plus tendu. Il ralentit, espère que les dents de chaque côté vont s’unir. La tirette donne des signes de mécontentement ; délicatement, il tire davantage, elle obtempère et il parvient à la faire remonter encore. Le coton se tend au fur et à mesure qu’il referme les deux côtés de la tenue. Finalement il parvient à clore sa combinaison. Mais la journée s’annonce compliquée, il est serré de partout dans son vêtement, il a du mal à bouger. Travailler ainsi ne va pas être agréable, se dit-il. De plus, il constate que s’il ne veut pas que la fermeture craque, il va devoir jeûner ce midi et éviter de s’asseoir pour ne pas contraindre plus les fibres. Il n’y a pas à tortiller, je vais devoir commander une nouvelle blouse. Ça va encore faire des histoires, songe le jeune homme en regardant la blouse épouser la forme de sa bedaine rebondie.
« Salut Obélix … pardon : Mika. », lance un de ses collègues, comme chaque matin, sans même le regarder vraiment, tout en laissant éclater un petit rire.
Yoan est sec comme une arête de poisson, nerveux, toujours à gigoter. Comme à son habitude Mika ne dit rien, même s’il en meurt d’envie, mais il n’a jamais eu le courage de répliquer quoi que ce soit. Ses amis lui ont souvent répété d’arrêter de se laisser faire, de répondre, de porter plainte, voire de démissionner, mais il n’a jamais osé. C’est un jeune homme timide, qui a toujours fait ce qu’on lui a dit de faire, qui n’a jamais fait de vague et a fini par s’habituer au comportement de ses collègues, au grand désarroi de sa famille et de ses amis.
Mika aimerait être plus mince, mais d’aussi loin qu’il se rappelle, il a toujours eu un appétit d’ogre. Et même s’il a toujours beaucoup mangé, il se nourrissait de manière équilibrée chez ses parents, se remémore-t-il. Or, depuis qu’il vit seul dans son studio, les choses ont radicalement changé. La contrainte des horaires, la fatigue du travail, et surtout la facilité ont peu à peu dicté ses habitudes alimentaires. Il ne compte plus les soirs de semaine où il se contente d’une pizza avalée devant la télévision, d’un kebab acheté sur le chemin du retour ou d’un burger dégoulinant de sauce. À cela s’ajoutent les boîtes de cookies englouties sans y penser, les tablettes de chocolat ouvertes « juste pour un carré » et terminées quelques minutes plus tard. Manger est un plaisir immédiat auquel il ne voit aucune raison de renoncer. Mika nourrit aussi un désintérêt profond pour le sport. Toute activité physique lui paraît pénible, inutilement fatigante, presque hostile. Il a bien essayé, une ou deux fois, mais sans jamais y trouver la moindre satisfaction. Résultat : les kilos se sont accumulés, sans qu’il cherche vraiment à les combattre. Et bien qu’il mesure un mètre quatre-vingts, ses formes se sont arrondies, en particulier au niveau du ventre. Celui-ci est désormais imposant, et il n’a cessé de gonfler depuis quatre ans qu’il travaille au garage Mercedes de Mandelieu-la-Napoule. Ce qui conduit ses collègues à se moquer de lui quotidiennement depuis un peu plus deux ans. Même s’il reconnaît que sa prise de poids est de son fait, au fond il se fiche de peser 122 kilos. Il se sent même mieux dans sa peau que quand il était mince. Il n’a pas la moindre honte de ses rondeurs et notamment de sa bedaine lorsqu’il se regarde dans une glace. Il ne se trouve pas plus laid que lorsqu’il ne pesait que 77 kilos. Il ressentirait même une certaine fierté à être différent, à ne pas être dans la norme, malgré le coût que représente le renouvellement régulier de ses habits. Bien qu’il eût préféré ne pas subir les quolibets de ses collègues. Il aimerait partir, quitter le garage et trouver un autre poste de mécanicien, mais il craint que ce ne soit la même chose ailleurs. Il a aussi peur de ne pas être recruté en raison de son apparence. Or il a un petit salaire et les loyers sont élevés dans la région. Il ne peut pas se permettre de rester au chômage.
Tandis qu’il se dirige vers l’atelier une voix venue de l’entrée du garage résonne derrière lui :
« Hé, Mika ! J’ai rapporté les croissants pour fêter la nouvelle année. J’ai pris un paquet de dix rien que pour toi ! Lance-t-il avec un grand sourire.
— Arrête, Marc, on n’est même pas sûr qu’après les fêtes il arrive encore à passer sous les voitures.
— Si, sous un Hummer, réplique Marc, content de sa blague.
— Une voiture à sa taille », fait l’autre.
Les deux hommes s’approchent de leurs collègues et Marc pose sa main libre sur le ventre de Mika et dit : « Tu accouche quand ? ». Ils éclatent de rire, comme si cela était normal, comme si c’était drôle. Mika avance, le regard fixé devant lui, comme s’il n’avait rien entendu. Il aimerait que ce soit le cas, ne rien voir des gestes moqueurs de ses collègues mimant son ventre, un éléphant ou un objet cassant sous son poids. Hélas, il n’y a que quand il travaille sur une voiture qu’il parvient à se mettre dans une bulle. Mika ne dit rien, mais cela le blesse d’être vu uniquement comme un gros, d’être affublé des clichés de paresse, de mollesse, de laisser-aller… attribués aux obèses. De ne pas être regardé pour ce qu’il est, c’est-à-dire un homme gentil, passionné, un bosseur, doué dans son domaine. Même s’il se fiche d’être en surpoids, il a essayé de faire attention, de perdre quelques kilos, pour ne plus subir les moqueries à répétition des autres mécanos. Mais cela ne fonctionne jamais. Il s’affame, perd un ou deux kilos et sa motivation l’abandonne. Alors il reprend le poids perdu et même plus. Aussi, depuis quelques mois il a décidé d’arrêter de se prendre la tête avec les régimes et le sport qu’il honnit. Les seules activités physiques qu’il apprécie sont la marche et la natation. Ainsi a-t-il pris l’habitude depuis un mois d’aller nager une heure le vendredi soir et de marcher cette même durée le dimanche. Même si c’est peu et que ça ne lui fait pas perdre de poids, au moins cela devrait lui permettre de le stabiliser, espère-t-il.
La secrétaire du garage, qui arrive engoncée dans son manteau, ayant entendu ce que les deux mécanos avaient dit, les réprimande. Elle est bien la seule à le défendre dans le garage, mais Marc et son collègue reprennent de plus belle : « On avait oublié que t’avais besoin de maman pour te défendre. » Le jeune homme la remercie, il dit que ça va et lui conseille d’aller se mettre rapidement au chaud dans son bureau.
Il reprend son chemin vers la vieille Classe S sur laquelle il travaille depuis quelque temps. Mais il ne peut s’empêcher d’entendre Marc dire à Yoan, qui passait à côté :
« D’après toi, il va prendre encore combien de kilos cette année, quinze, ou plus ? Demande-t-il du ton de la curiosité.
— Il est plutôt régulier, je parie sur quinze. Et toi ?
— Je dis vingt… fait-il songeur. »
Mika n’entend pas le reste de leur conversation, mais il le devine. Le jeune homme est penché sous le capot de la berline allemande, le froid lui mord les doigts malgré les gants épais, le métal glacé lui brûle presque la peau. À chaque mouvement, sa combinaison de travail tire sur son ventre, comprime ses flancs, et rappelle cruellement les kilos qu’il a pris. Lorsqu’il se redresse légèrement pour attraper une clé, le tissu se tend dangereusement au niveau de la fermeture Éclair, comme un avertissement silencieux.
Il entend soudain des chaussures à talons claquer sur le sol de béton. Un son net, régulier, qui se détache du vacarme habituel du garage. Presque aussitôt, un sifflement retentit derrière lui, le silence se fait et d’autres lui répondent. Mika ne se retourne pas. Il sait parfaitement ce qu’il signifie. Ses collègues sifflent systématiquement la moindre jeune femme qui met un pied ici. Cela fait partie du comportement naturel des mécaniciens du garage pourrait-on dire, comme l’odeur d’huile ou les bruits d’outils. Aussi Mika préfère-t-il se replonger dans le moteur, loin de ses collègues dont le comportement ne lui plaît pas. À ce moment précis, il entend la voix au fort accent italien de M. Flaviano, théâtrale, mielleuse, suivie d’une voix féminine, posée, légèrement hésitante.
« Bonjour mademoiselle, que puis-je faire pour une aussi belle jeune femme ? » demande le quinquagénaire grisonnant.
M. Flaviano passe rarement au garage, il est bien trop occupé avec ses autres affaires, trop pressé de faire fructifier ses boutiques de prêt-à-porter, à recevoir des soins esthétiques, à s’entourer de jeunes et jolies femmes, parfois deux ou trois en même temps. Mais lorsqu’une jolie cliente apparaît, il surgit comme par magie.
« Bonjour… excusez-moi. On m’a dit qu’il y avait ici un très bon mécanicien. Un spécialiste des voitures anciennes.
— Nous en avons un, en effet », répond Flaviano sans hésiter. Il marque une pause, puis ajoute, comme s’il désignait un objet : « C’est le gros, penché sous le capot de cette vieille Classe S », dit-il en désignant Mika d’un air dédaigneux.
Le mot claque, il est brutal, gratuit. Mika sent son estomac se nouer. Il a beau être habitué aux remarques de ses collègues, l’entendre de la bouche de son patron revêt quelque chose de différent. Il ne s’y attendait pas et jusqu’ici, il s’était naïvement persuadé que Flaviano se fichait de son physique, qu’il fermait les yeux tant que le travail était fait. Il comprend, à cet instant précis, qu’il se trompait. Pour son patron aussi, il n’est qu’un corps encombrant, lent, disgracieux.
La jeune femme fronce légèrement les sourcils. Elle n’aime pas la manière dont le patron parle de son employé, mais elle ne dit rien. Elle se contente de s’approcher du jeune homme. Mika entend ses pas se rapprocher. Il sent sa présence avant même de la voir. Comme toujours avec les femmes, il hésite à se retourner. Une timidité ancienne, tenace, renforcée par des années de regards moqueurs. Il a en souvenirs les refus de plusieurs filles, qui l’avaient renvoyées à son surpoids. Puis elle s’adresse à lui, il n’a plus le choix. Il se redresse, lentement, essuie ses mains sur un chiffon. Devant lui se tient une jeune femme mince, élégante, enveloppée dans un manteau beige, aux lignes simples mais raffinées. Ses cheveux châtains sont relevés à la hâte, quelques mèches encadrent son visage. Elle a des yeux bleus magnifiques, et elle me regarde dans les yeux, songe-t-il surpris.
« C’est moi, répond-il simplement. De quel modèle s’agit-il ? »
Sa voix est calme et posée.
« Une Mercedes W124, explique-t-elle. Celle de mon grand-père. Il est décédé récemment et son notaire m’a informé qu’il me léguait sa voiture. Mais elle n’a pas roulé depuis presque dix ans. Et même si j’adorais mon grand-père, que j’ai des souvenirs avec cette voiture, j’avoue que j’hésite à la garder. Je n’ai pas vraiment l’utilité d’une aussi grosse voiture, mais elle a une valeur sentimentale pour moi. »
Touché par le discours plein de sensibilité de la jeune femme, Mika prend son courage à deux mains, pour lui répondre autrement que par une simple phrase.
« Mademoiselle, ces voitures sont fiables, elles peuvent rouler des centaines de milliers de kilomètres si elles sont bien entretenues. Si votre grand-père en a pris soin, qu’elle a été relativement bien conservée, elle devrait pouvoir redémarrer. Si cette voiture a une valeur sentimentale, cela me ferait d’autant plus plaisir de la remettre en état. »
Avant même que la jeune femme n’ait le temps de répondre quoi que ce soit, la voix nasillarde de Flaviano fend l’air.
« Mademoiselle, je préfère être honnête : ce genre de restauration coûte cher, très cher.
— Flaviano a raison, il faudra sans doute du temps et des pièces, or celles-ci sont assez rares et coûteuses.
— Je m’en doute, mais comme je vous l’ai dit, elle a une valeur sentimentale et je suis prête à y mettre le prix. »
Flaviano sourit, ravi, le client est solvable se dit-il. Le reste n’a plus d’importance pour lui. Aussi invite-t-il la jeune femme dans son bureau pour lui établir une rapide estimation du prix du chantier. Face au chiffre ahurissant annoncé par le patron du garage, la jeune femme reste stoïque. J’aurais dû prévoir un chantier plus long, si ça ne lui fait pas peur de payer 10 000 euros se dit le patron. Avant de laisser la jeune femme repartir, il lui demande à quel nom il devra faire le devis.
« Lara Kubica, fait-elle. »
Dès le lendemain matin, la W124 arrive sur une vieille dépanneuse Renault, bringuebalante, qui semble elle-même d’un autre âge. Mika aide le dépanneur à pousser la voiture jusqu’à son emplacement. En les voyant ainsi faire, les autres mécanos pouffent de rire. Lorsque la voiture est en place, le jeune homme ouvre le capot de la vieille allemande, avant de la mettre sur le pont élévateur, afin d’inspecter le dessous à l’aide d’une lampe torche. Le diagnostic de Mika est assez simple et rapide.
« Une partie des pièces sont usées, d’autres sont encrassées et doivent être nettoyées, ce qui nécessite de déposer le moteur et la boîte de vitesses, de les démonter entièrement, pour décrasser et remplacer ce qui doit l’être, avant de réassembler et de remonter les deux éléments. »
En revanche, comme il l’indique à la jeune femme qu’il a fait venir pour lui expliquer la situation, grâce au climat sec de la région, il n’y a guère de rouille.
« Je ne suis pas carrossier, et je ne pourrais pas m’en occuper. Je ne devrais pas vous le dire, ajoute-t-il à voix basse, mais je connais un bon carrossier, spécialiste des voitures anciennes. Parce qu’ici, ils ne vous le feront pas ou alors ils vous feront payer une fortune. »
La jeune femme le remercie d’un grand sourire. Yoan qui passe à côté d’eux s’arrête un instant et dit « C’est bien ce que je pensais, t’as plus de sein qu’elle. » Content de son observation, il part dans un éclat de rire, qui ne fait rire ni son collègue, ni sa cliente. Lara est abasourdie et outrée par ce qu’elle vient d’entendre et se tourne vers Mika, qui lui fait « C’est comme ça tous les jours. On s’habitue à force. ». La jeune femme stupéfaite par la réponse du jeune homme part à grande enjambées, en déclarant à haute voix « Vous ne devriez pas vous habituer. C’est du harcèlement. ». Sitôt Lara partie, le silence se fait dans le garage, seul résonne le bruit des outils. Mika entreprend la dépose de l’ensemble moteur-boîte de manière précautionneuse, avant d’entamer le démontage minutieux de chacun des deux éléments mécaniques, sans repenser à l’observation malvenue de son collègue. Il ausculte chaque pièce, fait la liste de celles usées par le temps et qu’il est nécessaire de changer : durites, coussinets de bielles, joint de culasse… et vérifie s’il n’en a pas certaines en stock. Évidemment, avec Flaviano, qui cherche à rentabiliser son garage au maximum, il ne trouve aucune des pièces dont il a besoin ; celles disponibles en stock sont toutes pour des modèles ayant moins de dix ans. Il transmet donc sa liste à la secrétaire, avant de retourner nettoyer les pièces encrassées avec des produits spécifiques.
Le jour où la W124 redémarre enfin, dans un ronronnement grave, feutré, presque noble, Lara a les yeux brillants.
« Elle est parfaite… Merci, dit-elle en admirant sa voiture.
— Elle l’a toujours été, corrige Mika en souriant. Elle avait juste besoin qu’on s’occupe d’elle. »
Elle rit.
« Est-ce que je peux vous inviter au restaurant pour vous remercier ? » demande-t-elle.
Il rougit franchement lorsqu’elle prononce ces mots. Un rouge qui lui monte aux joues, presque adolescent, contrastant avec sa carrure massive et ses mains encore marquées de cambouis.
« Je… oui. Enfin… d’accord », finit-il par dire, maladroitement.
Ils se donnent rendez-vous deux jours plus tard, dans un petit restaurant discret du centre-ville. Tandis qu’il observait la salle du restaurant avant d’entrer, non pour en apprécier l’ambiance, mais pour y repérer les pièges : les chaises étroites, les tables trop proches, les banquettes où il fallait glisser son ventre avant ses jambes. Il grimaça, à première vue le bord des chaises remontait et risquaient d’être trop petites pour lui. Dès qu’il franchit l’entrée de Chez Maman, Mika est mal à l’aise. Il a troqué sa combinaison pour un jean sombre et une chemise noire qui peine à contenir son ventre généreux.
Lara est déjà là, ce qui ajoute à sa gêne, et il se maudit de ne pas avoir repassé sa chemise plus tôt, surtout de ne pas en avoir racheté une plus grande, les boutons étant à la limite de craquer. Lorsque la jeune femme le voit, elle se lève avec un sourire franc. Il vint à sa rencontre et il s’assit lentement, pourvu qu’elle ne craque pas ou ne grince pas, se dit-il. Un léger craquement se fit entendre. En revanche, bien qu’il soit serré, il avait pu s’asseoir. Il sentit le tissu de son pantalon tendre comprimant ses cuisses. Les tables étant rapprochées, il avait dû coller son ventre à la table, ce qui le gênait et qu’allait sans nul doute remarquer tous ceux qui se trouvaient là. Elle le trouve différent, aussi intimidé que lors de leur première rencontre au garage. Pourtant très vite, la conversation s’installe naturellement, même si Mika parle peu d’abord. Puis au fil de la soirée, il se détend, encouragé par les sourires et la gentillesse de sa convive qui lui pose un grand nombre de questions sur lui, ce qui le surprend. Peu à peu ses sourires timides deviennent larges et francs. Lara attentive à ses réponses, est peu à peu séduite par l’homme qu’il est et l’encourage à ne plus se laisser malmener par ses collègues. Absorbé par leur tête-à-tête Mika en oublie les autres clients et le serveur, leurs regards sur lui, sur eux. Il se sent bien en sa compagnie.
2 janvier
Mika a encore pris un peu plus de dix kilos. Il a dû changer une nouvelle fois sa combinaison, subissant les remarques acerbes de ses collègues et de son patron, qui s’était plaint à la secrétaire de devoir acheter une combinaison neuve par an à Mika. Il avait même ajouté que, s’il n’avait pas son talent pour réparer les vieilles voitures, il l’aurait viré. Ce que la quinquagénaire indignée avait répété au jeune mécanicien.
À défaut, Flaviano avait volontairement omis de prendre une place pour la « journée de cohésion » comme il l’appelait, prévue en décembre au parc d’attraction local. La raison invoquée, le poids maximum autorisé dans les manèges.
De son côté, Yoan avait discrètement pris Mika en photo, attablé à un fast-food le midi et il avait posté l’image sur les réseaux sociaux avec un commentaire dégradant. Tandis que Marc avait défié Mika. « Si t’es capable de finir le menu Obélix du nouveau buffet à volonté, je te le paie. » Le menu l’intéressait, il se composait de tranches de pâté, d’une pièce de viande de bœuf d’un kilo accompagnée de frites et d’une demi-tarte aux pommes ; même s’il n’était pas certain de pouvoir tout manger, il avait accepté le défi. Et à leur grande surprise à l’un comme à l’autre Mika n’avait pas laissé une miette de son repas. Marc tint parole, mais ce qu’il ne dit pas à son collègue, c’est qu’il allait poster sur les réseaux sociaux des photos de Mika en train de manger, avec des commentaires malveillants, le traitant de « gros cochon », « d’éléphant », de « baleine » et de toutes sortes de noms d’animaux hors normes.
Lorsqu’il découvre cela, Mika encaisse sans broncher, ce qui fait encore plus rire ses collègues qui jugent « normal qu’il n’ait aucune réaction, c’est un gros tout mou. ».
15 février
Ce soir-là, une vieille Mercedes W124, impeccable, se gare devant le garage. Les conversations se figent. La portière s’ouvre. Lara, qui n’était pas revenue au garage depuis la remise en état de sa voiture, émerge de la berline, radieuse, une main posée sur son ventre rond.
Au même instant, Mika arrive de l’atelier. Ils se regardent, se sourient.
« Salut », dit-elle simplement.
Le silence est total. Flaviano, figé, comprend le premier. Puis les autres mécanos suivent, incrédules.
« Attendez… balbutie Marc. Elle est enceinte ! »
Lara s’avance vers Mika, l’embrasse sans se soucier des témoins. Puis elle prend sa main et la pose délicatement sur son ventre.
« De cinq mois, précise-t-elle. On voulait vous l’annoncer, ajoute-t-elle en regardant l’assemblée. Nous allons bientôt avoir un enfant. »
Flaviano et les mécaniciens ne peuvent détacher leur regard de ce couple improbable pour eux. Un silence qui en dit plus que des mots s’est emparé d’eux.
 « Je n’aurai jamais cru qu’une aussi belle jeune femme puisse tomber amoureuse d’un hippopotame, lâche faiblement Flaviano.
— Aussi étrange que cela vous paraisse, je trouve que son surpoids lui donne du charme, rétorque Lara en souriant.
— Je croyais que, contrairement aux autres, mon poids ne vous importait pas, Flaviano, mais j’ai compris ces derniers mois que je m’étais trompé. Qu’en plus d’être sexiste et raciste vous étiez grossophobe comme les autres. Je suis gros. Et alors ? Je ne suis pas que gros. Oui, j’ai en partie choisi d’être en surpoids. Ça vous paraît peut-être curieux, mais je me sens mieux dans ma peau à 135 kilos qu’à 85. Je me trouve même beau.
— Beau ? rétorque Yoan, surpris.
— Oui. Et ma copine m’aime comme je suis. Je n’aime pas le sport, je suis vite essoufflé, je suis gêné dans certains mouvements. Est-ce quoi cela vous pose un problème ? Est-ce que mon travail en a pâti ?
— Non, doit reconnaître Flaviano. Mais votre physique nuit à la réputation du garage.
— Dans une bijouterie d’accord, mais dans un garage c’est le savoir-faire que les gens cherchent.
— Pas seulement dans un garage Mercedes, qui plus est dans le mien, je ne peux pas me permettre d’avoir une baleine dans mes rangs. Tout doit être beau et bien.
— Posez-vous la question honnêtement. Ce que je fais de ma vie, de mon corps, ça me regarde. Je sais que j’aurai peut-être des problèmes de santé plus tard. Je l’accepte. Je veux vivre comme je l’entends, pas comme vous pensez que je devrais le faire. Et surtout… Vos blagues, vos sarcasmes, vos surnoms dédaigneux… Je n’en peux plus. C’est méchant. C’est gratuit. C’est injuste. Vous me traitez d’Obélix, d’éléphant, de baleine, de gros porc… à longueur de temps. C’est du harcèlement. On oublie vite qu’au-delà du racisme, de l’antisémitisme ou de l’homophobie existe la grossophobie. Et elle fait aussi mal. Je vous le dis maintenant parce que je suis quelqu’un de gentil, que j’aurais voulu continuer à travailler ici, mais j’ai bien compris que ce n’est pas possible. Je démissionne et je vais porter plainte pour harcèlement, contre vous et vos mécanos Flaviano. Et avec l’argent des dommages et intérêts que vous me devrez me verser, j’ouvrirai mon propre garage. Un bon nombre de clients qui ont une Mercedes de plus de dix ans m’ont même dit qu’ils seraient mes premiers clients. »
Il regarde Lara, puis la Mercedes.
« Tu viens ?
— Oui. »
Il quitte le garage, les mains encore un peu tremblantes, mais ses doigts s’entrecroisent aux doigts de Lara. Malgré son poids il se sent aussi léger qu’une plume, et sourit.
Ils montent dans la voiture. Celle-ci s’éloigne lentement, et en regardant dans le rétroviseur Mika, peut voir son ex-patron et ses anciens collègues muets de sidération.
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Cendres le 07 Février 2026 à 20:28:45
Hello Joachés, je n'ai lut que les nouvelles parties en bleu. Ca sera assez court.


Il a en souvenirs les refus de plusieurs filles, qui l’avaient renvoyées à son surpoids.
En amour, que ce soit les hommes ou les femmes, si tu es beau/belle, tu auras plus de succès. Mais en général, la fille (enfin, ça dépend de qui.) ne va pas argumenter cela (Si je ne veux pas sortir avec toi, c'est que tu es gros.). De plus, déjà, il devait ressentir une certaine distance entre eux.
C'est peut-être son comportement, son manque d'assurance... pas forcément cela, ou que cela.
Devant lui se tient une jeune femme mince, élégante, enveloppée dans un manteau beige, aux lignes simples mais raffinées. Ses cheveux châtains sont relevés à la hâte, quelques mèches encadrent son visage. Elle a des yeux bleus magnifiques, et elle me regarde dans les yeux, songe-t-il surpris.
Il critique un comportement que lui-même applique. Il regarde les filles minces (ce qui n'est pas un mal), et non les filles en surpoids.
Comme je le disais, je le trouve assez hypocrite dans sa réflexion précédente.

— Pas seulement dans un garage Mercedes, qui plus est dans le mien, je ne peux pas me permettre d’avoir une baleine dans mes rangs. Tout doit être beau et bien.
Il est très insultant. Il tient vraiment à ce qu'il parte de son garage. Déjà avec la journée de cohésion ou il n'était pas invité.
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Luna Psylle le 09 Février 2026 à 18:16:48
Salut,

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Les deux hommes s’approchent de leurs collègues et Marc pose sa main libre sur le ventre de Mika et dit : « Tu accouche quand ? »
répétition et. Tu peux remplacer le premier par une virgule.

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Il a en souvenirs les refus de plusieurs filles, qui l’avaient renvoyées à son surpoids.
souvenir
renvoyé


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Elle a des yeux bleus magnifiques, et elle me regarde dans les yeux, songe-t-il surpris.
répétition yeux

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La jeune femme stupéfaite par la réponse du jeune homme part à grande enjambées,
répétition jeune

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Lara est déjà là, ce qui ajoute à sa gêne,
Le reste autour est au passé simple, mais ici, c'est au présent.
Je me dis qu'une fois le texte terminé, que tu ne voudras plus le modifier, il faudra une dernière relecture pour réharmoniser les temps.

Une bonne soirée,
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Joachès le 20 Février 2026 à 18:26:37
Désolé pour la réponse tardive mais j’ai eu des soucis d’ordinateur.
En tout cas je viens de corriger. J’espère que cette fois-ci c’est la bonne.
Titre: Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Joachès le 13 Avril 2026 à 15:29:00
Juste pour dire que le texte a été refusé par la LICRA 😭
Titre: Re : Re : [AT - Concours LICRA 2026]
Posté par: Cendres le 14 Avril 2026 à 09:36:29
Juste pour dire que le texte a été refusé par la LICRA 😭

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