Voici un début de roman : ces quelques lignes sont là uniquement pour être critiquées. Dites-moi ce qui, selon vous, ne fonctionne pas, ce que je dois épaissir ou non. Si mon écriture est trop simple. Et surtout, si le texte vous paraît trop pauvre. C’est pour un thriller, donc je ne m’attarde pas trop sur les descriptions pour garder un certain rythme. Je vous montre juste le début afin que vous me disiez comment l’améliorer. Merci d’avance.
Une petite vie ordinaire
Je m’appelle Élisabeth Durieux. Quarante-deux ans. Chef de service en psychiatrie à l’hôpital de Tulle. Oui, chef de service. Pas mal pour une femme seule avec un enfant. Pas mal du tout, même.
J’habite à cinq minutes à pied de l’hôpital, dans le centre. L’un des avantages de cette petite ville, et que tout est à portée de main. Pas de métro bondé, pas de klaxon. Juste le bruit apaisant de la rivière qui traverse Tulle, le sourire des habitants qui vous saluent en vous croisant, et le clocher qui sonne toutes les heures, même la nuit, quand tout le monde est endormi.
J’ai quitté Paris il y a cinq ans. Ma fille, Sarah, venait de souffler sa première bougie. Sans son papa, Marc Lavard. Un nom taillé sur-mesure.
Franchement, avec un nom pareil, j’aurais dû me méfier. Comme quoi… parfois, les signes sont là, en toutes lettres. Il suffit juste d’ouvrir les yeux. Mais quand on aime, on ne lit pas entre les lignes.
Il est parti un bon matin, une semaine avant sa naissance. Comme ça, sans un mot, sans un regard. Il a juste refermé la porte derrière lui avec ses deux valises. Je suis restée là, debout dans le couloir, avec mon ventre énorme et le silence pour seul compagnon.
J’ai dû faire sans lui. J’ai fait ce que font toutes les femmes dans ces cas-là : j’ai continué, seule. Comme si je n’étais pas en train de me noyer.
Il n’a jamais envoyé un mot pour prendre des nouvelles. Pas un texto. Rien. Il m’a fait une sansonnette*.
Donc, officiellement, Sarah n’a pas de père : il ne l’a jamais reconnue. Parfois, je me demande ce qui n’allait pas chez moi à cette époque pour avoir fait un enfant avec un type pareil. Il m’a complètement coupée de toute envie de me remettre en couple. Depuis, je n’arrive plus à faire confiance aux hommes.
Bref, qu’il aille au diable !
Alors j’ai dit oui. Oui à la province. Oui à ce poste qu’on m’offrait presque comme un cadeau. Un service à moi toute seule. Une équipe. Un bureau vitré. Une plaque avec mon nom.
Partir. Tourner la page. Ou plutôt, arracher une feuille froissée et la jeter au feu. Ça a été la meilleure décision que je n’aie jamais prise.
Sarah est en petite section. L’école est littéralement à deux pas de la maison. Le matin, je l’y dépose. Le soir, Dolores s’en charge.
Dolores est ma voisine. Ma nourrice improvisée. Ma roue de secours. En général, je rentre tôt. Mais si une réunion s’éternise, ou si j’ai un dîner — professionnel ou pas — Dolores prend le relais. Fait diner Sarah, lui lit une histoire, et la couche dans son petit lit. Sarah l’adore.
Dolores ne travaille pas. Son mari est maçon, il rentre tard et parle peu. Garder Sarah lui permet d’arrondir les fins de mois. C’est ce qu’elle dit. Mais je crois qu’il y a autre chose.
Elle aime les enfants. Elle m’a confié, un jour, à demi-mot, qu’elle n’avait jamais pu en avoir. Alors peut-être que, d’une certaine façon, Sarah comble un vide. De plus ils habitent juste à côté. À moins de 50 mètres de nous. Et puis… c’est pratique. Vraiment pratique. Parfois, je me demande ce que je ferais sans elle.