Une identité propre
Né d’un sang trop lourd pour mes épaules.
On m’a brisé avec des mots, sans un geste consolant,
Mais mon âme, elle, refusait qu’on la vole,
J’ai gravi des parois taillées dans la peur, les pleurs
Porté la nuit sur mon dos d’enfant, puis d’adulte,
Sentant dans ma chair, chaque heure, chaque heurt,
À chercher une issue, un souffle, l’urgence
Jusqu’à devenir respectueux et syncrétique.
Dans mes silences lourds comme des pierres,
J’ai appris à respirer davantage,
J’ai transformé l’abîme en lumière,
J’ai fais de mes blessures un ring.
L’enfant, l’adolescent que j’ai été
A trempé sa force dans l’inénarrable,
Je suis l’être unique qu’est mis à nu,
Je fais de ma vie un cœur invincible.
Dans l’ombre, j’ai rallumé
Une braise que plus rien ne promettait.
Puis l’Homme que je suis désormais
Marche droit vers la liberté.