La voix est instable parce que son état l’est aussi : je suis preneur de tout retour sur ce point. Le texte alterne plusieurs tons, si vous trouvez que quelque chose ne fonctionne pas (ou au contraire fonctionne), vous pouvez clairement en parler. ;)on sent bien la folie lovecraftienne mais du coup la fin est un peu confuse. On a du mal à suivre. J'ai compris qu'il tue le grand prêtre et que tous les autres meurent. j'imagine que c'est parce qu'il a modifié une rune. Au final tout le monde meurt d'horreur, classique.
Sanctium (je m'interroge sur le pluriel : sanctia ?)
de Awyn (pas de d' ?)
(je n'arrive pas à bien me figurer l'univers : med-fan humain ? moines occidentaux ? orientaux ? )
(très bien cette description du vaste monde, ignoré par le disciple reculé . J'aurais mis un saut de ligne ici)
m’apparaissait désormais en une marée de pierres qu’on éventrait (je ne suis pas convaincu par le "en")
(peut être un peu too much ?)
(tout ce passage avec Debout debout est assez incompréhensible mais j'imagine que c'est voulu)
en perles lourdes. (de trop amha)
(alors Nywa est une démone venue détruire le sanctuaire de la déesse ? très bon !)
(ponctuation ?)
(ok, mais j'ai le sentiment que la chute pourrait être + forte)
Si mon esprit est encore capable de quelques instants de clarté, alors je crois m’être résolu.
Je devais aussi renouveler l’eau claire du bénitier, qui gelait parfois au bord du récipient. Il fallait la briser d’un doigt, sans grimacer.
Je devais déposer également quelques airelles rouges sur l’autel mineur, et poser ma main sur la dalle froide devant la Porte pour prononcer la salutation du matin.
Au croisement de l’automne et de l’hiver, lorsque le vent mugissait dans la nuit, et que des nappes blanches recouvraient les monts,
J’entendais les murs trembler, un grognement lointain, et un vent froid caresser mon visage. Puis, plus rien. Et lorsque nous revint à nos tâches habituelles, ils n’étaient plus là. Ils étaient offerts à Awyn.(la, par contre, je crains qu'à vouloir écourter les images, ça ne provoque des incohérences niveau conjugaison [en souligné])
Je réservais mes conversations et moments de camaraderies avec seulement un ou deux.
Étrangement, elle était habillée plus légèrement que ce qu’exigeait habituellement la vie au sein des grandes cavités montagneuses, et semblait s’accommoder du froid et des hauteurs.
Elle était curieuse et me posait des questions sur mon quotidien, et me souriait d’une façon que je ne saurais décrire. Les jours qui suivirent, nous parlions de plus en plus, et nos échanges se firent plus intenses.
Sa présence me troublait d’une manière que je ne savais pas ordonner.
Elle me racontait des choses insensées. Des nappes d’eaux immenses, situées aux bords des terres, qui s’étendaient au-delà de l’horizon. Elle les appelait « mers » ou « océans ».
Elle me parla de grandes cités dans lesquelles vivaient des milliers d’âmes, entourées d’étendues de verdures, parfois baignées d’une douce rosée aux premières lueurs du matin. Elle nomma des bois près de là où elle a vécu, aux arbres si denses que les rayons du soleil y parvenaient difficilement. Une odieuse maladie avait ravagé sa région il y a des années de cela. Elle évoqua également des steppes arides battues par des vents glacés, des plateaux rougeoyants qui dominaient les terres du sud, ou un grand désert qu’un marchand de sa vallée avait traversé, très loin à l’est. Elle me dévoila peu à peu les contours d’un monde dont je soupçonnais à peine l’existence, ne connaissant que les hauteurs des montagnes et les vallées arides dans lesquelles serpentaient quelques rivières esseulées. De plus en plus, quelque chose en moi s’élargissait lorsque je la regardais. Je ne savais pas ce que c’était. Elle se tenait souvent sur la pointe des pieds pour observer les disciples, les mains dans le dos, les yeux emplis de curiosité. Lorsqu’elle était pensive, elle inclinait légèrement la tête, presque à l’horizontale, comme pour mieux sentir l’air. J’ai cru, une fois, qu’elle écoutait quelque chose que je ne percevais pas. Quand elle coupait du pain du Domaine, elle gardait toujours pour elle la croûte la plus dure.
Mais je ne suis jamais senti autant vivant qu’avec elle.
Ce fut un soir de neiges brunes. Le vent soufflait dans une frénésie continue et plongeait les hauteurs glacées sous un voile gris. Les Affiliés devaient être offerts à la déesse selon les rites consacrés. Ils devaient dans un premier temps être conduits dans l’antichambre extérieure. On leur remettait la tunique blanche, l’étoffe courte, et la corde tressée qu’ils devaient nouer eux-mêmes. Le Premier Prêtre devait vérifier la ligature au poignet droit, puis faire réciter la formule d’abandon : trois phrases, toujours les mêmes, sans pause entre elles. On les plaçait ensuite en file de deux, devant la Porte, avant d'avancer au signal du bâton de porphyre. Un pas après l’autre. Sans lever la tête. Le « Grand Saut » consistait à franchir le promontoire et à disparaître dans le nuage. On disait que la Déesse les accueillait. C’était tout ce que nous savions. C’était ce qu’on nous avait appris.(évidemment, je m'attendais à un "truc" de ce genre)
Un cri traversa la salle jusqu’à moi, un cri qui ne ressemblait à aucun autre, trop bref pour être un appel, trop déchirant pour être un simple effroi. Je reconnus sa respiration avant de reconnaître sa voix. Ils étaient cinq autours d’elle. Nywa était à genoux, les mains entravées par une étoffe blanche. Un prêtre tenait son visage entre ses doigts, comme on retient la tête d’un animal avant l’abattage. Ils disaient, étonnés, que ça ne fonctionnait pas avec elle, que Awyn n’en voulait pas et qu’elle était donc inutile. Il était en colère. Je ne comprenais pas leurs gestes : ils murmuraient des mots que je n’avais jamais entendus dans nos rites. Nywa tremblait. Et ils lui firent des choses que je ne pourrais décrire. Je n’ai pas réussi à bouger. Je ne comprenais pas. Je ne comprenais pas. Ils prirent des pierres et un couteau. Un coup. Puis deux. Puis un autre. Je ne vis plus que la flaque rouge sur la dalle et la chute de sa chevelure.
Je nettoyais les étoffes, mais les images tournaient encore, sans répit, comme si elles avaient pris un endroit précis derrière mes yeux.
Des semaines, des mois entiers, je crus apercevoir les vestiges silencieux de la présence de Nywa sous mes yeux asséchés et mon cœur orphelin.
Je vis son visage dans les fissures des murs, son sourire se révéler dans les lignes des montagnes, la chaleur de son corps m’effleurer depuis la torche centrale.
Elle était malgré tout encore là, dans les replis de mes rêves, belle et farouche.
J’entendais ici les échos de sa voix enlacer ma conscience défaite, avant de l’apercevoir s’allonger, riante et nue, dans le sanctuaire effondré de mon âme. Je crois qu’elle tentait de me dire quelque chose. Je voyais ses lèvres se mouvoir. Mais c’était comme si ses mots ne pouvaient m’atteindre. Puis, je me réveillais. Et je maudissais le Domaine. Je le maudissais… ! On me l’avait arraché. Et je le maudissais encore. Chaque jour qui suivit, la colère me gagna autant que l’amertume m’érodait.
Le bruissement de la grande porte d’Awyn,
Lorsque je passais tout près, le cliquetis des haillons en limailles des gardes aux regards nuageux me brûlait les oreilles.
Et je voyais la courbure des flammes, jaillies des torches brunes dans leur crépitement lugubre, comme d’impétueuses formes rouges qui m’irradiaient les yeux, me précipitant plus loin encore dans les abîmes de la mélancolie.
Des os brisés et des émanations argileuses à visage humains,
J’ai cru qu’un autre agissait à ma place. Mais ce fut moi. Je pris le couteau posé dans la salle des murmures, celle pour les offices. Je le cachai sous mon étoffe, et me dirigeai vers le vestibule sur lequel officiait le grand prêtre, prétextant un problème avec le bénitier.
Je le regardai. Et il me vit. Je ne sais ce qu’il pensa. Accroupi, il fut terrifié autant que je fus accroché au poignard que je tenais, soudé à ma chair comme au noyau ardent de ma rage. Alors, je lui assenai une volée de coup. Derrière ses mains décharnées naissait une pluie de larmes, tandis que ma robe grise s’abreuvait de son sang en perles lourdes. Je le maudissais, encore et encore. Je lui taillais le visage, dessiné d’horreur à mon égard. Et je le saccageais de ma haine. Je voulais qu’il souffre, autant que moi j’avais été déchiré. Il appela à l’aide. En vain. Ses cris devenaient un chant brisé, et parvenaient à mes oreilles en un délice noir. Je lui ai dit merci, je crois. À voix basse, ou en silence.
Alors, je sortis de la salle et me dirigeai, d’un pas lent et étouffé, en direction des longs couloirs menant à la salle des offices.
En le contemplant dominer les sommets blancs caressés par l’empire suspendu des nuages ondoyants,
les escaliers étroits de pierre menant aux Sanctiumsi tu suis le principe latin (par exemple le mot "sanctum", le pluriel est "sancta")
Et ils lui firent des choses que je ne pourrais décrire.ça m'a fait tiquer un peu, peut-être trop vague à mon goût
m’apparaissait désormais en une marée de pierres qu’on éventraitPour ma part ça ne m'a pas choqué, le "en" m'évoque comme une mutation plutôt qu'un simple changement.