Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: LOF le 06 Novembre 2025 à 10:28:34
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Conversation-poème
Un miroir qu’on n’essuie n’efface pas son reflet
Normalement sur le mur danse l’ombre d’un papillon remarque Josiane
Banales deviennent les tempêtes qui emportent les ponts
On se passe alors la main dans les cheveux pour se vider les idées du crâne
Non dit Hubert en rentrant, des poussières jaunes de
Potasse saupoudrent les pare-brises
Les avions qui volent trop bas arrachent les voiles des bateaux
Annonce Léon rajustant ses lunettes
Tu en as mis du temps dit Josiane
Dans l’appartement ils se saluent de la main comme dans un désert
En période d’urgence pour voter les lois les députés se reposent le dimanche
Calmement les Gymnopédies de Satie résonnent sur les ondes quand Hubert
Allume le poste, Melissa a fait quarante morts
Dans l’île de la Jamaïque, lorsque Josiane tourne la soupe
Attention à ne pas la renverser dans le cou des enfants
Verbes transitifs sont souvent employer pour écrire
Reste que la phrase pourrait se passer de verbe
Encore le prince Andrew
S’est fait destituer son titre pour cause de viol
Explique Léon débouchant une bouteille de
Xérès
Quelqu’un qui ne cherche pas ses mots est suspect
Une machine à écrire sur une petite table
Installée jour et nuit reçoit les pensées
Sur le parquet la course du chat fait comme un galop
Subitement une feuille morte
Embarrassée sur le pas de la porte hésite à entrer
Cuba est la prochaine destination de l’ouragan Melissa
On accueille la feuille morte collée à la semelle de mes chaussures
Nettoyer les vitres oblige à ce constat la transparence ne
Se dépare pas de l’opacité nous apprend Josiane
Ordinairement
Moroses demeurent les orchidées sur le napperon de la commode
Même qu’éteindre une bougie
Est devenu un combat entre la lumière et le souffle des hommes
Concluant Hubert dit que les gens qui vous embrassent
Hâtivement dans la rue sont des voleurs
Au balcon l’oiseau emporte les biscuits posés
Un matin Josiane remplace son bol par un verre
De cognac.
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Cette collection de fragments sonne comme un collage surréaliste ou une partition d’images mentales.
On sent une écriture maîtrisée, qui joue avec la discontinuité du réel : les phrases courtes, les ruptures de ton, la juxtaposition de faits triviaux et de catastrophes mondiales (Melissa, le prince Andrew, Cuba…) créent un effet de vertige calme, un quotidien traversé par le monde.
À consommer chaud, de préférence…
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Bonjour Lof
Belle rétrospective des aléas actuelles dans le monde, des fragments qui sonnent comme un complainte mentale sur le temps des saisons en dérives. Aussi des hommes malsains détruisant l'humanité. Bravo. douce journée
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Bonjour LOF un texte profond qui me va bien
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Merci pour vos commentaires réconfortant.