Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Marcel Dorcel le 21 Octobre 2025 à 15:44:26

Titre: Suivez mon corbillard (contenu explicite)
Posté par: Marcel Dorcel le 21 Octobre 2025 à 15:44:26
" Une supposition que tu sois sale, tu te laveras, il n'y paraît plus- Mais contre l'idée d'être  sale- L'idée, comprends-tu ? Eh bien, contre l'idée, il n' y a rien."
Georges Bernanos

Et dans la porcherie de lumière, là où l'homme marqué de son excroissance naturelle, embrasse le cul de la mère maquerelle, il est dit que ma meilleure amie est ma mort.
Et tous les maquereaux, les putes, les voleurs, les violeurs, les criminels, la foule des veuves illégitimes, des filles de soie,  la foule des mauvais jours,  la foule de la nuit, celle des escrocs, le peuple du mal et des mauvais principes, la foule des illuminés, les tragiques, les fragiles, les humiliés...
Ne critique pas la vulgarité, car tu serais très vite capable d'y tomber à pieds joints !
Notre plénitude, comme le chiffre 7, nous aura conduit à hurler comme les loups. Comme l'achèvement du monde.

Suivez mon corbillard, mauvaises gens.
Colportons l'anémie, la famine, Le beau est le meutrier qui écrit l'horreur.
J'ai fondé une langue qui va de ton pubis jusqu'à tes seins. Une langue byzantine, demande-moi de te faire du mal, et je le ferai, demande-moi de t'aimer, et je le ferai, nunc stans, à l'imparfait des subjonctifs vers la mer de l'absurde, ne me promets plus l'eucharistie, je ne m'apaiserai pas, même le troisième jour.
Je ne suis pas le ressuscité,  le fils d'Abraham, ni celui de David, ni celui de Joseph.

A l'est du Jourdain, pense t-elle à moi, m'aime t-elle, elle si sereine ?  Le champagne coule entre ses seins tandis que la vérité me fait défaut, promettre le tout c'est ne rien donner.

" Tout ce sang sur mes mains ! "

Le bouche à bouche a assez  duré.
Le corbillard est attelé, les chevaux sont prêts. il serait temps de partir.
Donnez-moi encore de l'eau et quelques minutes.

" Des corps
des corps vidés
des corps sots
et saupoudrés
corps fracturés
radiés
corps soumis
torturés
affamés..."


C'est fini, fouette cocher ! Il va pleuvoir !

Rien n'est plus désirable que l'absence de désirs .
Mourir , c'est se débarrasser de soi-même.
 
Tandis que le long du parcours qui me mène à la fosse commune, certaines femmes au passage du corbillard urinent en relevant leurs robes, les enfants crachent par terre, insultent leurs mères, des hommes, des indiens, ivres, s'enivrent, avec un couteau à la main, le soleil prend mon destin en main.

Le cocher ordonne et fait taire la multitude.

" Les fidèles s'accouplent dans leur foi "

Les dernières paroles que j'entends avant l'oraison de Bossuet :

" On ne boit pas un verre mais ce qu'il y a dedans ! "