J’avance à contre-sens de la foule qui ne me voie pas.j'aime aussi que dans trois de nos textes, il y a une foule
lutte contre ce vide qu’elle s’évertue à me rappeler, contre ce non-sens, cette non-viej'aime bien cette phrase jusqu'ici, un peu moins sa fin généralisante
une plus petite ritpas trop compris, ça. C'est l'épaule qui rit?
Je ris de sentir les premières gouttes, les prémices d’une chorégraphie orchestrée dans un parfait désordre. Les mains s’enfoncent dans les manteaux, dans les sacs, sur les chapeaux.j'aime bien, ça, c'est cool
me sens presque héroïne à leur succomber sans ployer.beau, ça, presque sensuel
Ma voix tremble un peu. Il ne me répond pas, me conduit jusqu’au cimetière où le père offre un dernier foyer à deux orphelins. Ils sont là aussi. La pluie ne les atteint pas. Ils nous attendent. Mon frère murmure :oh mais c'est un texte triste, en fait, doux triste :(
« And the reason is you. »
Je lui adresse un dernier sourire.
Je lui souris. Nous nous figeons sans le monde ; le monde continue sans nous. Les cloches de l’église sonnent, sonnent pour nous que tous ont oubliés, hormis peut-être un vieil homme en soutane. Je devance mon frère dans l’église, ris de le voir se signer, me signer. Je dépasse les priants qui m’ignorent, danse entre les chaises, vis une dernière fois. Il m’appelle. Mon frère aussi le sent, son regard fixé vers ce point. Nous le redoutons peut-être un peu, cet instant :Les cloches de l'église sonnent. J'ai souvent l'impression que les sourires sont intangibles, dans les romans dans les miens dans les autres, il est rare que je réussisse à faire sourire un personnage, dans ma tête. J'essaie, souvent. Ce soir, tu y arrives. Merci.
j'aime bien cette phrase jusqu'ici, un peu moins sa fin généralisanteC'était voulu. Un personnage, une réflexion, généralisante et moralisatrice. C'est ce qu'elle était au début. À l'apparition du frère que j'ai compris mon erreur, mais il était 21h passés, et revenir dessus devenait délicat.
pas trop compris, ça. C'est l'épaule qui rit?Un peu comme l'épaule qui s'excuse juste avant : quelqu'un bouscule, quelqu'un s'excuse, quelqu'un rit (plus petit : un enfant), et comme elle voit une épaule qui la bouscule, ce seront des épaules. Mais c'est un des passages bancals que je relis ce matin : parce qu'ils n'auraient pas dû la bousculer.
chuis pas sûre sûre d'avoir compris la fin, s'ils sont morts, ou leurs parents, ou tous les quatre.Ah mince, je pensais que le texte était assez clair sur ce fait-là ><
Les cloches de l’église sonnent, sonnent pour nous que tous ont oubliés, hormis peut-être un vieil homme en soutane.Pour eux, pour eux deux.
Je devance mon frère dans l’église, ris de le voir se signer, me signer. Je dépasse les priants qui m’ignorent, danse entre les chaises, vis une dernière fois.Est-ce que tu penses que des priants ignoreraient quelqu'un qui rit et danse entre les chaises ;) ?
Il ne me répond pas, me conduit jusqu’au cimetière où le père offre un dernier foyer à deux orphelins.Les deux orphelins, ce nous que tous ont oubliés, hormis peut-être un vieil homme en soutane.
Les jumeaux, ça me touche.:calin:
Je suis un frère, moi aussi. J'ai une petite soeur, dont je n'ai pas pris soin et qui a souffert, à cause du monde dont je n'ai su me faire rempart, parce que je faisais confiance au monde et je ne comprendais rien de sa souffrance. Je ne comprends pas, aujourd'hui encore, un paquet immense de choses, et si je mesure mieux les sentiments de ma petite soeur qu'à l'époque où j'en étais moi-même la proie, qu'à l'époque où je nageais sans bras dans une mer huileuse, je ne la comprends toujours pas.:calin:
C'est normal, je sais.
Cela n'excuse rien.
Je n'ai pas grand-chose à dire de ton texte, Luna, je suis ingrat ce soir, et je parle de moi comme un narcissique, comme si c'était une excuse pour ne pas parler de toi. C'est ridicule, pardon.
Je me suis perdu dans ton gros pavé justifié, un peu énumérant, un peu vagabondant, pas mal détaillant, des gens. Je me suis perdu dans ses sons et dans ses gens et aussi dans ses questions, que je peinais à partager. Ce n'est pas faute de ne m'y être pas plongé, c'est que je me suis noyé.Le premier paragraphe est bancal, parce que je ne savais même pas où j'allais à ce moment-là, ni comment ajouter l'église ou le parapluie mouillé. Ca ne veut pas dire que tu seras plus à l'aise avec une version aboutie, parce qu'il restera un gros pavé justifié, un peu énumérant, un peu vagabond, pas mal détaillant, des gens, et qu'il posera les question de cette sœur. Mais les questions ont changé, ça j'en suis presque sûre. Parce que son frère.
Et je parle encore de moi.Ce n'est pas grave, hein, ça m'arrive aussi, je comprends un peu ce sentiment.
...
Des visages, l’espace d’un instant, concentrés, sur leurs pas, sur leurs téléphones, leurs journaux, leur vie.j'aime bien le rythme
Une épaule ne me bouscule pas, une autre s’excuse, une plus petite rit ; et je ris aussi.j'aime bien l'épaule qui rit
laisser durer cet instant où mon cœur se libère du poids qui est le sien…"qui est le sien" me semble lourd (tu vas me dire, normal pour un poinds !)
le père offre un dernier foyer à deux orphelins. Ils sont là aussi. La pluie ne les atteint pas. Ils nous attendent.y a dédoublement du "ils" avec le "ils sont là aussi", du coup, les deux frères, je capte pas que c'est eux qu'on enterre. (oui, il y a les corps et les âmes/esprits, mais c'est pas évident à comprendre).
pas trop compris, ça. C'est l'épaule qui rit?
j'aime bien l'épaule qui ritÀ la base, il devait vraiment y avoir une bousculade, mais comme la narratrice est passé à intangible, c'est un des passages que j'ai tenté de reprendre vite fait à 21h05. Je l'ai relu, et j'aime bien aussi l'épaule qui rit. Si on déroule la scène comme une scène de film, il faudrait imaginer un plan fixe sur la foule, à hauteur d'épaule. Des gens qui se croisent, se bousculent, s'excusent, des enfants qui rient.
"qui est le sien" me semble lourd (tu vas me dire, normal pour un poinds !)Vu que le poids venait de ses réflexions de vivante, j'ai quelque peu modifié le passage, pour le rendre moins lourd et peut-être un peu plus cohérent.
J'avais pas capté la fin avant de lire ton explication. Et du coup, oui, tout est là pour que l'on comprenne, mais il y a ces échanges entre les jumeaux (le fait qu'ils se parlent rend leur aspect fantomatique moins palpable) et aussi :
y a dédoublement du "ils" avec le "ils sont là aussi", du coup, les deux frères, je capte pas que c'est eux qu'on enterre. (oui, il y a les corps et les âmes/esprits, mais c'est pas évident à comprendre).C'est ce que j'ai tenté de rendre le plus clair. Je veux qu'on comprenne leur mort, leurs derniers instants, avec des réactions encore vivantes, parce que la rupture est assez récente pour que le père mette les cercueils en terre, mais un décor qui ne semble pas toujours d'accord avec ce désir de rester vivants un tout petit peu plus longtemps.
je suspens un instant mon doigtj'ai eu de la peine à tout de suite comprendre, sans contexte
à contre-sens d’une foule qui ne me voit pascomme ça, sans plus d'indices, il me semble étrange qu'une foule se meut dans une seule direction
les téléphones et les journaux.ça me fait aussi bizarre que des regards soient rivés sur des journaux. Personellement, je ne vois jamais personne lire le journal en marchant dehors (ni lire un journal tout court, de nos jours)
J’offre mon visage aux gouttes salvatrices, me sens presque héroïne à leur succomber sans ployer.si elle n'existe pas matériellement, comment peut-elle ressentir les gouttes?
ris de le voir se signer avec sérieux, me signer.j'aime bien ce passage, ce qu'il évoque des deux personalités ainsi que de leur relation
à deux orphelins.ça m'avait déjà perturbé à la première lecture, parce que du coup on ressent plusieurs morts l'une sur l'autre, celle des jumeaux que l'on avait déduite, et celle des parents qui ne sont évoqués vraiment qu'ici, avec le mot orphelin
Je n’arrive pas à lui répondre, entends ce couplet silencieux, sa souffrance. Perdue dans ses yeux, je lui adresse un sourire. Le tout dernier. Celui qui l’accompagnera le long de la fin. Sa fin. Et restera auprès de lui de l’autre côté. Pour toujours.j'aime bien cette fin :)
Une ombre obscurcit ma vue, subit avec moi les assauts devenus effrénés sans parvenir à m’épargner.les assauts "devenus effrénés" est un peu lourd ; et le "sans parvenir à m'épargner" s'applique à quoi ? J'arrive pas à voir la logique du truc.
Une ombre obscurcit ma vue, subit avec moi les assauts devenus effrénés sans parvenir à m’épargner. Les doigts de mon frère s’ouvrent à peine et le parapluie s’envole,du coup, l'ombre c'est le frère
Elle me traverse et ressort de l’église sans s’inquiéter.là, du coup ça donne la clé du texte pour qui n'aurait pas capté le truc jusqu'ici (on a des indices, hein, plein ! je ne les cite pas, mais le texte est plus facile à appréhender que la première version)
Mon frère aussi le sent, son regard fixé sur ce point.à quoi fait référence ce "le" ?
Il ne me répond pas, me conduit jusqu’au cimetière où le père offre un dernier foyer à deux orphelins.Je me rend compte qu'hier (et aujourd'hui pendant un instant), j'ai cru que le père était le géniteur ; alors que c'est le curé, bien sûr !
J'ai remis la première version de cette phrase. J'avais tenté quelque chose, mais c'est vrai que c'était plus alambiqué comme formulation.Citerje suspens un instant mon doigtj'ai eu de la peine à tout de suite comprendre, sans contexte
comme ça, sans plus d'indices, il me semble étrange qu'une foule se meut dans une seule direction
ça me fait aussi bizarre que des regards soient rivés sur des journaux. Personellement, je ne vois jamais personne lire le journal en marchant dehors (ni lire un journal tout court, de nos jours)
si elle n'existe pas matériellement, comment peut-elle ressentir les gouttes?
ça m'avait déjà perturbé à la première lecture, parce que du coup on ressent plusieurs morts l'une sur l'autre, celle des jumeaux que l'on avait déduite, et celle des parents qui ne sont évoqués vraiment qu'ici, avec le mot orphelinJ'ai retiré orphelins sur cette version courte. Pour moi, ils le resteront à jamais, une part importante de leur histoire, mais je comprends que ça peut perdre certains lecteurs.
voici voilou. Ça m'a en tout cas eu l'air plus propre que le premier jet, je ne me suis pas perdue, et seulement été surprise par certaines choses, je dirais.Une bonne nouvelle pour moi :) je vais pouvoir le laisser enfin reposer (j'espère :D).
les assauts "devenus effrénés" est un peu lourd ; et le "sans parvenir à m'épargner" s'applique à quoi ? J'arrive pas à voir la logique du truc.J'ai explicité :
du coup, l'ombre c'est le frèreMa logique ici, c'est que la narratrice (point de vue interne) est concentrée sur le ciel au moment où l'ombre arrive. Donc oui, le parapluie, la main, arrivent un peu comme ça.
Je me dis que c'est étrange qu'il apparaisse à ce moment là du texte, à partir de rien
à quoi fait référence ce "le" ?J'ai modelé. Pour le détail : les deux résistent à la mort (on l'aura compris, je crois, à force que je me répète ;D) et ils sont venus les chercher : des anges, des passeurs, des esprits, on peut y mettre l'étiquette qu'on veut, et ce ils traverse tout, attire ceux qu'ils cherchent, donc le frère et la sœur ressentent cet appel. Voilà pour l'explication. Là encore, texte court, et pour moi, frère comme sœur ne savent pas comment les définir, savent juste qu'ils les attirent vers un ailleurs.
et de quel point parle-t-on ?
Je me rend compte qu'hier (et aujourd'hui pendant un instant), j'ai cru que le père était le géniteur ; alors que c'est le curé, bien sûr !:D