Le Monde de L'Écriture
Encore plus loin dans l'écriture ! => L'Aire de jeux => Défis Tic-Tac => Discussion démarrée par: derrierelemiroir le 07 Octobre 2025 à 21:08:46
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Divergence
Il y aurait une fête. Une remise de prix littéraire remporté par son amie Claire. Des heures à l’avance, Anna se serait préparée, aurait hésité entre la courte robe rouge ou la combinaison en soie. Sur la balance du pour et du contre, de nombreuses raisons auraient tenu en équilibre. Le rouge rehaussant les tons chauds de sa peau, la soie agréable à porter, comme une caresse toute la soirée. Ses jambes nues, belles à voir, la combinaison épousant ses rondeurs. Des raisons qu’elle aurait ensuite faites s’écrouler d’un coup de coude imaginaire, car une seule chose, vraiment, lui importerait – l’admettre lui coûterait. Lui, il préférait la robe. Aimait que le carmin de l’habit se marie à celui de ses lèvres.
Avant de partir, elle endosserait son long manteau noir aux boutons dorés. Aux pieds, ses escarpins Louboutin. Elle se dandinerait devant la glace de son armoire, manquerait de se fouler la cheville. À vingt heures, le taxi arriverait.
Pendant que les rues de Berlin défileraient, les carrefours, d’autres voitures pressées, Anna se remémorerait par bribes le passé révolu. Un moment en particulier, une autre soirée. Elle saurait que ce jour-là, pas grand-chose, un regard différent, quelques paroles en plus, auraient pu bousculer le cours des évènements, faire bifurquer celui de sa vie. Elle tremblerait et se réjouirait, appréhenderait et se morfondrait.
La voiture la déposerait devant un palais officiel – l’Académie des Arts ? Anna hisserait son regard intimidé sur un bâtiment gris, rectangulaire, dont la fonction artistique, par contraste, accentuerait l’impression de laideur s’en dégageant. Elle soupirerait face aux choix d’architectes inconnus, avancerait sur des dalles anthracites, jusqu’à l’entrée.
Dedans, du monde serait éparpillé dans la salle de réception, des tables nappées de blanc, recouvertes de cristal et de mets resplendissants. Anna, le ventre soudain noué, chercherait avidement Claire des yeux. Elle la trouverait près d'un bar, discutant avec d’autres personnes célèbres. Anna ne comprendrait plus pourquoi elle est venue. Son insignifiance résonnerait dans sa poitrine comme une fausse note. Puis elle se souviendrait. Elle s’approcherait de Claire et un soulagement puissant inonderait son corps quand leurs regards se rencontreraient. Son amie, l’autrice récompensée, s’excuserait auprès des autres personnalités, viendrait à elle. Elles s’embrasseraient. Claire dirait une chose gentille, attentionnée, peut-être comme tu es belle, ce soir, ou alors j’attendais ta venue avec impatience. Anna oublierait la présence d’un ministre de la culture et d'une présentatrice de téléjournal. Elle oublierait même, momentanément, les autres embranchements de sa vie, lignées amputées par ses choix mais d’autres choses également. Aux côtés de Claire, les incertitudes s’évaporeraient. Ne subsisterait que l’éclat de l’évidence.
Elles trinqueraient en entrechoquant leurs coupes de champagne, puis Claire devrait s’en aller réviser son discours. Anna sentirait l’alcool atténuer les angles aigus de la salle, les regards indiscrets ou indifférents. Ses pensées se répandraient, désordonnées, à travers l’espace et le temps, de loin elle croiserait un regard, son regard. Il s’approcherait d’elle, accompagné de sa femme et de leurs enfants, elle se disjoindrait. Ici, elle serait, mais là-bas, aussi, devant le fantôme de l’homme qui, dans une autre salle et bien plus proche d’elle, tout près vraiment tout près, avait chuchoté contre son oreille, pendant que dehors, il pleuvait. Pendant qu’elle se trouvait immobilisée devant l’éventail des possibilités qui d’un coup, s’étaient déployées.
Anna, comment tu vas, il prononcerait, sa voix grave, caressante, mais elle ne l’entendrait pas, capturée dans l’autre salle aux vitres mouillées. Pourtant, elle acquiescerait à quelque chose, saluerait la femme et les enfants. Devant lui, elle ne sentirait plus les contours de son esprit, ni ceux de son corps. Elle s’imaginerait être sa femme, tenir la main de leur fille, et cette pensée ne la choquerait pas. Tout comme la pensée de sa solitude, leur séparation, ne la scandaliserait plus. Pendant un très court instant, elle serait ces deux possibilités, pleinement, puis l’instant se refermerait.
Elle rigolerait à un commentaire d’un des enfants, se retournerait, s’en irait.
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Hello,
Le rouge rehausse les tons chaud de sa peau, la soie est agréable à porter, comme une caresse toute la soirée.
Là je calle pas pourquoi on passe au présent. Je trouve ça super bizarre, mais bon, il est tard.
Aimait que le carmin de l’habit se marie à celui de ses lèvres.
Et pourquoi pas "aurait aimé" ?
Dedans, du monde serait éparpillé dans la salle de réception, des tables nappées de blanc, recouvertes de cristal et de mets resplendissants. Anna, le ventre soudain noué, chercherait avidement Claire des yeux. Elle la trouverait près du bar, discutant avec d’autres personnes célèbres. Anna se demanderait pourquoi elle est venue. Son insignifiance résonnerait dans sa poitrine comme une fausse note. Puis elle se souviendrait. Elle est la meilleure amie de Claire. Elle s’approcherait d’elle et un soulagement puissant inonderait son corps quand leurs regards se rencontreraient. Son amie, l’autrice récompensée, s’excuserait auprès des autres personnalités, viendrait à elle. Elles s’embrasseraient. Claire dirait une chose gentille, attentionnée, peut-être comme tu es belle, ce soir, ou alors j’attendais ta venue avec impatience. Anna oublierait la présence du ministre de la Culture et de la présentatrice du téléjournal. Elle oublierait même, momentanément, les autres embranchements de sa vie, lignées amputées par ses choix mais d’autres choses également. À côté de Claire, les incertitudes s’évaporeraient, ne subsisterait que, lumineuse, l’évidence de leur amitié.
Là du coup, bien joué, je trouve ça cohérent tout ce conditionnel !
Ses chuchotements, contre son oreille, pendant que dehors il pleuvait.
Là on repasse à l'imparfait alors que tu pouvais continuer sur la foulée, non ?
Au final, ouais, bien joué ! Chouette texte et t'as bien respecté la contrainte.
Merci pour ce tic-tac ! :)
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Salut !
Le rouge rehausse les tons chaud de sa peau, la soie est agréable à porter, comme une caresse toute la soirée.
Là je calle pas pourquoi on passe au présent. Je trouve ça super bizarre, mais bon, il est tard.
Je plussoie la question : le présent m'a surprise.
J'ai bien aimé la lecture. Vraiment beaucoup. La sensibilité, et aussi, par certains aspects, sans dire que je m'y suis vue, j'ai retrouvé certaines de mes réactions, donc beaucoup d'empathie pour ta narratrice. Mais, à lire le texte, comme ça, je me pose la question du conditionnel : pour moi, le conditionnel implique une condition, un si, et un champ des possibles (qui transparait un peu sur la fin de ton texte, mais pas en réponse à la condition). Est-ce que j'ai mal compris l'utilisation du conditionnel :-\ ?
Une bonne soirée à toi !
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Yo. J'ai tardé à commenter parce qu'un ami m'assailli dès 21h15. Me revoici.
comme une caresse toute la soirée.
Mon éventail de réactions fut agité et l'air brassé :
1. Kinky
1bis. Att je suis concerné ? Pourkoi
2. Très jolie, comme image, carrément vivant pour un costume
3. ça fait vraiment cet effet-là la soie ?
4. Je veux être dans un habit de soie dans une soirée
-> Et du coup en fait, comme invitation à être le personnage, j'ai trouvé ça tout à fait approprié.
Je ne critiques pas les Tic-Tac avec la même verve, mais ça :
par son amie Claire. Anna se serait
c'est juste dissonnant, à mon oreille. Et vu que ça arrive tôt ça m'a désorienté. (aussi je crois que "remporté" prend un -e)
Le rouge rehausse (et suite au présent)
tricherie, mensonges et duperie!
avancerait sur les dalles anthracites jusqu’à l’entrée.
l'article défini (les) me donne à penser qu'elle sait exactement ce qui va se passer, et donc déséquilibre l'idée que j'avais d'être avec le personnage en route vers cette soirée. Je l'accompagnais, mais désormais je la suis et je suis dans l'expectative de la suite, qu'elle semble connaître. De manière générale, je ne retrouve pas tout à fait le ton envolé et insouciant de ta plume habituelle. Il y a le tourment, la gangue et la force méchante que tu insuffles d'habitude, mais pas le contrepoint, l'anicroche dans laquelle je me déversais.
C'est dur :'(
Tu vois encore les couleurs de l'aube et du crépuscule, dlm ?
Câlin
Dedans, du monde serait éparpillé dans la salle de réception, des tables nappées de blanc, recouvertes de cristal et de mets resplendissants. Anna, le ventre soudain noué, chercherait avidement Claire des yeux. Elle la trouverait près du bar,
mais ceci, c'est très fluide et dansant, je me faisais peut-être des illusions.
À côté de Claire, les incertitudes s’évaporeraient, ne subsisterait que, lumineuse, l’évidence de leur amitié.
Le paragraphe est joli mais un peu démonstratif, tu comprendras que mes goûts m'inclinent vers plus abscons.
Anna sentirait l’alcool atténuer les angles aigus de la salle
trop cool
les regards indiscrets ou indifférents.
et ça aussi
Elle se perdrait dans le passé. Il s’approcherait d’elle, accompagné de sa femme et de leurs enfants ; elle
Yes ! C'est à moi de faire cette remarque injuste ! Le pronom 'Il', même si je le comprends, je ne ressens pas tout de suite à qui il se rapporte et cela me perd un peu.
Pendant qu’elle, en ce point précis de sa vie, se trouvait immobilisée devant l’éventail des possibilités qui d’un coup s’étaient déployées.
parlant ! pas sûr que je comprends, mais ça me parle pour sûr. c'est capiteux comme vision. je pense que le paragraphe pourrait être modelé pour mieux l'accueillir, mais hey c'est un tic-tac on n'a pas le temps géologique
capturée
cool
dans cet autre moment
moins cool
Elle s’imaginerait être sa femme, tenir la main de leur fille,
megacool
et cette pensée ne la choquerait pas
moins cool ; me semble pas nécessaire de dénéguer ta belle pensée. Tu peux la disperser sans autant d'efforts : parle juste d'autre chose et cela signifiera exactement cela, sans braquer le regard sur sa pauvre peau encore translucide
(je ne sais pas si je suis clair)
Tout comme la pensée de sa solitude, leur séparation, ne la scandaliserait plus.
aaaaah, c'est pour amorcer ça ! c'est vrai que c'est une belle phrase. Je pense qu'il y a moyen de faire les deux !
l’instant se refermerait.
j'trouve très chouette ce morceau, à la limite de regretter le "puis" qui l'ouvre.
Ben 'coute, il panque la patine mais y'a tout ce qu'il faut pour faire un grave chouette texte comme tu sais les faire. Préviens-moi quand tu voudras que je repasse.
Et rajoute de l'abscons !
Monstrement,
Nacas
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@Apo
Là je calle pas pourquoi on passe au présent. Je trouve ça super bizarre, mais bon, il est tard.
tout le monde trouvait ça bizarre, moi aussi, je crois que j'ai trouvé une solution beaucoup plus élégante, exprimant mieux ce que j'essayais de suggérer.
Et pourquoi pas "aurait aimé" ?
parce qu'il s'agit, ici, d'un moment dans le passé
Là du coup, bien joué, je trouve ça cohérent tout ce conditionnel !
merci :)
Là on repasse à l'imparfait alors que tu pouvais continuer sur la foulée, non ?
non non, c'est important, pour moi, ici, cet imparfait. Il s'agit de ses souvenirs, de ce moment dans la passé à partir duquel sa vie actuelle et celle qu'elle aurait peut-être aussi voulu vivre, ont divergé.
Au final, ouais, bien joué ! Chouette texte et t'as bien respecté la contrainte.
Merci pour ce tic-tac ! :)
merci à toi :)
@Luna
Je plussoie la question : le présent m'a surprise.
oui oui, du coup, j'ai répondu plus haut :)
J'ai bien aimé la lecture. Vraiment beaucoup. La sensibilité, et aussi, par certains aspects, sans dire que je m'y suis vue, j'ai retrouvé certaines de mes réactions, donc beaucoup d'empathie pour ta narratrice. Mais, à lire le texte, comme ça, je me pose la question du conditionnel : pour moi, le conditionnel implique une condition, un si, et un champ des possibles (qui transparait un peu sur la fin de ton texte, mais pas en réponse à la condition). Est-ce que j'ai mal compris l'utilisation du conditionnel :-\ ?
merci. Alors pour moi, la condition, et j'ai essayé de la rendre plus transparente en remaniant le texte, est ce moment dans le passé, où elle se trouvait avec cet homme dans une salle, cet homme qui chuchotait contre son oreil. Elle a pris une décision, celle de le quitter, probablement parce qu'il était marié (ce sont des suppositions que l'on peut faire, que j'aimerais qu'on fasse), mais ses regrets persistent depuis, comme une vie parallèle qui chemine à ses côtés depuis.
Merci Luna :)
@Nacas
Mon éventail de réactions fut agité et l'air brassé :
1. Kinky
1bis. Att je suis concerné ? Pourkoi
2. Très jolie, comme image, carrément vivant pour un costume
3. ça fait vraiment cet effet-là la soie ?
4. Je veux être dans un habit de soie dans une soirée
-> Et du coup en fait, comme invitation à être le personnage, j'ai trouvé ça tout à fait approprié.
hahaha j'adore. J'aimerais bien aussi une combinaison en soie qui me caresse toute la soirée (ou la journée, plutôt, la soirée je ne sors plus beaucoup)
Je ne critiques pas les Tic-Tac avec la même verve, mais ça :
ça ne me dérange pas, au contraire
c'est juste dissonnant, à mon oreille. Et vu que ça arrive tôt ça m'a désorienté. (aussi je crois que "remporté" prend un -e)
j'ai changé et c'est mieux
l'article défini (les) me donne à penser qu'elle sait exactement ce qui va se passer, et donc déséquilibre l'idée que j'avais d'être avec le personnage en route vers cette soirée. Je l'accompagnais, mais désormais je la suis et je suis dans l'expectative de la suite, qu'elle semble connaître. De manière générale, je ne retrouve pas tout à fait le ton envolé et insouciant de ta plume habituelle. Il y a le tourment, la gangue et la force méchante que tu insuffles d'habitude, mais pas le contrepoint, l'anicroche dans laquelle je me déversais.
C'est dur :'(
Tu vois encore les couleurs de l'aube et du crépuscule, dlm ?
Câlin
j'ai moins défini, il y a moins d'angles brutaux, et je pense, plus de flou apaisant, non ? Pour le contrepoint, l'anicroche, je pense que ce sont justement les éléments cruciaux qui souvent, me demandent plus de temps. D'autant plus que ce texte est long, pour moi, pour une heure, en général ils sont plus courts. J'avais une idée assez précise d'où je voulais terminer, et j'ai donc eu moins de temps de perfectionner.
mais ceci, c'est très fluide et dansant, je me faisais peut-être des illusions.
:)
Le paragraphe est joli mais un peu démonstratif, tu comprendras que mes goûts m'inclinent vers plus abscons.
haha je comprends et j'ai changé
Yes ! C'est à moi de faire cette remarque injuste ! Le pronom 'Il', même si je le comprends, je ne ressens pas tout de suite à qui il se rapporte et cela me perd un peu.
j'ai supprimé une petite phrase, et j'espère que c'est plus compréhensible. Je rechigne à rendre ça plus explicite, j'aimerais qu'on comprenne qu'il s'agisse de l'homme qui aimait sa robe rouge et le carmin de ses lèvres, et pour qui elle tremble depuis qu'elle se prépare
parlant ! pas sûr que je comprends, mais ça me parle pour sûr. c'est capiteux comme vision. je pense que le paragraphe pourrait être modelé pour mieux l'accueillir, mais hey c'est un tic-tac on n'a pas le temps géologique
est-ce mieux, à présent ? C'est un point assez central, crucial
moins cool
j'ai changé par la salle aux fenêtres mouillées et j'aime beaucooooooup
aaaaah, c'est pour amorcer ça ! c'est vrai que c'est une belle phrase. Je pense qu'il y a moyen de faire les deux !
mais oui, du coup je garde quand même la phrase précédente
j'trouve très chouette ce morceau, à la limite de regretter le "puis" qui l'ouvre.
merci. Le puis m'embête, mais vraiment, j'arrive pas à m'en passer
Ben 'coute, il panque la patine mais y'a tout ce qu'il faut pour faire un grave chouette texte comme tu sais les faire. Préviens-moi quand tu voudras que je repasse.
Et rajoute de l'abscons !
tu peux volontiers repasser me donner ton nouvel avis.
Merci, Nacas :coeur: ton coeur au regard d'aigle m'aide précieusement