Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: HELLIAN le 06 Septembre 2025 à 15:45:35
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Du bout des doigts
C'est enfin du dedans
que je verrai le monde,
déchiffrant sa substance
Au regard de mes doigts,
quand mes yeux finiront.
Elle rôde alentour,
la ténèbre écarlate,
comme un fleuve en silence inondant les reliefs,
et le ciel à l'envers y noiera l'infini
de ses bleus inutiles.
Les formes et couleurs ne me seront assaut,
dans ce donjon sans faille
où veillent les aveugles.
Je n'aurai des lumières que leur goût sur ma peau,
quand mes yeux finiront.
Qu'il me tarde d'enfouir en l'humus de vos corps
mon regard en racine
et vous étreindre alors,
délivré des surfaces,
Caressant la beauté en me souvenant d'elle.
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Ton poème m'a frappée immédiatement par sa tension entre vision et aveuglement, entre le dehors et le dedans. Ta voix poétique anticipe la fin de la vue et se projette dans une perception tactile du monde. Cela confère à ton texte une intensité existentielle et une profondeur métaphysique : l’expérience sensorielle devient une quête spirituelle, presque mystique.
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Un poème émouvant quand on connait ton déficit visuel, aux images fortes mais parfois un peu difficiles à bien saisir.
Une vision (si ce terme est ici bien approprié) puissante et quelque peu métaphysique du monde.
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Merci à mes aimables lecteurs..
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Un poème touchant fait d'une veine irréelle et d'une réalité difficile à vivre.
Apparemment tu aurais une perte de la vue, qui est, il me semble, inscrite dans ce poème qu'est impliqué.
Il est très bien imagé et j'ai eu du plaisir à le lire et relire.
Je trouve très beau ces vers aux métaphores précieuses.
''Je n'aurai des lumières que leur goût sur ma peau,
quand mes yeux finiront.''
Bien à toi avec mon respect poétique.
Pat
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Pat,
Je n'ai pas répondu à ton sympathique message et te prie de m'en excuser.
Il est vrai que ma vue n'est pas brillante, mais cela me donne l'occasion d'un autre rapport au monde…
Merci de ton amical passage.