Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Shendo le 06 Septembre 2025 à 12:09:18
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Bonjour,
Je précise qu'il s'agit d'un début de nouvelle.
La sempiternelle réunion parents-profs. Je ne sais pas ce qui est le plus déplaisant : entendre les interminables louanges des parents à l’endroit de leur progéniture ou se dire que la semaine n’est même pas finie. J’ai les sixième E demain matin, 8h. Une rangée de mains qui baillent, des verbes qui deviennent sujet et du passé simple qui s’apparente à la petite et presque jouissive torture matinale.
Mais cette réunion ne s’est pas du tout passée comme prévu. C’est ma… vingtième ? Je réfléchis. Quoi qu’il en soit, ce fut celle de trop. En temps normal, et il est important de préciser que le prof tient à sa routine autant qu’à ses fiches passablement âgées, je profite de la fin du cours pour corriger mes copies. J’ai une nette préférence pour la salle 403 : lumière tamisée, large bureau et surtout, la chaise du CDI. Je l’ai empruntée un jour où la mienne, une chaise on ne peut plus banale (celle des élèves en somme), avait disparu. Assis sur cette espèce de duvet moelleux, j’avais donc pris l’habitude d’afficher mon plus beau rouge en vue de surnoter les trois quarts des élèves. Une heure plus tard, la réunion commencerait. On entendrait le ronronnement inhabituel des voitures, toutes garées avec le plus de précautions possibles. Il faut dire que le parking du collège contenait, en ces temps de rassemblements trimestriels, les plus belles, les plus chics, les plus chères des automobiles. Ah ! parents ! Comme je vous comprends.
Entre deux s que je barrais et trois points d’interrogation que j’affichais sous une réponse dénuée de sens, je croquais dans le sandwich au chocolat dont mon épouse avait pris le soin de choisir la faible teneur en sucres. 90 %. À 100, je deviendrais un homme modèle.
Oui mais voilà, je sentis le ciel se couvrir, les portes du couloir claquer ; je sentis un vent de panique m’effleurer l’oreille, sensibiliser mes sens, à tel point que je dus me lever pour regarder par la fenêtre. Les parents arrivaient. Les mioches tiraient la tronche. Même si certains arboraient un sourire — ceux que je pouvais le moins encadrer. C’est étrange comme l’instinct humain est si développé, il nous envoie des messages. Mais je n’en fis rien, et rangeai mes copies raturées de rouge dans mon classeur vert pomme.
Suzanne, la professeur d’anglais, soixante-et-une années pour quarante de fonctionnariat, sortit dans le couloir venteux en même temps que moi. L’automne est bien là ! me dit la petite femme à l’allure de mi-secrétaire, mi-potiche. Son veston écossais m’hérissait le poil, j’avais toujours l’impression qu’il tomberait de son mètre cinquante-quatre mal proportionné. Ses yeux bleu-vert avaient quelque chose de beau, certes, ce fut le seul attrait physique que je pusse lui trouver.
Suzanne et moi convergions au même point confluent : la salle de réunion. Au moment où elle s’apprêtait à évoquer son voyage solitaire en Finlande, la directrice du collège commença son speech. Écharpe rouge enlacée autour du cou, Madame Devisheer prit d’abord le temps de questionner son équipe pédagogique. Tout le monde va bien ? Il fait un peu frisquet, on voit qu’on entre dans la période hivernale ! Et elle rit. Et les autres professeurs rirent. Suzanne, collée à moi, toussait en riant.
S’ensuivit la petite discussion réflexive d’avant-réunion. Pour ce faire, c’était Sébastien, le prof de maths, qui s’y collât avec pour rengaine : la sortie annuelle. Sébastien aurait pu parler de ses maths, que le système éducatif délaisse depuis bien trop d’années, mais non, Sébastien voulait aborder la sortie annuelle de chaque niveau de classe.
— Pour les troisième, cette année, comment on fait ? Parce que le budget, bon… Je veux pas faire mon rabat-joie, mais ça risque d’être ricrac.
— C’est intéressant que vous abordiez la question, dit tout sourire la chère dirlo, je crois que nous devrions compartimenter un peu plus… judicieusement, disons, le budget des troisième cette année.
— Compartimenter ? Ça veut dire quoi ?
— Eh bien… Nous aurons tout le loisir d’en parler lors d’une réunion dédiée au budget, mais je crois qu’il faudrait axer les dépenses sur les sorties plus courtes et plus pédagogiques.
Sébastien n’eut pas le temps de déballer le plaidoyer qu’il avait pris le temps d’étayer durant les deux mois de vacances, les parents étaient au portillon.
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n début de nouvelle prometteur, à la fois satirique et ironique, qui croque bien l’univers scolaire. Tu as déjà une voix narrative identifiable et une matière riche. Avec quelques coupes et une gestion plus tendue du suspense, tu peux donner plus d’impact et happer ton lecteur dès la première page.
En allégeant certaines descriptions pour accentuer le contraste entre la banalité (routine du prof) et l’événement perturbateur à venir.
En clarifiant le registre : soit tu assumes une ironie mordante mêlant langage parlé et érudit (ce qui est plaisant), soit tu homogénéises légèrement.
En augmentant la tension : pourquoi pas laisser filtrer un mot, une impression plus sombre dès les premières lignes, pour attiser la curiosité du lecteur ?
Mais globalement un début alerte et prometteur.
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Merci pour le partage de ton extrait
En le lisant, je me suis replongée à celle que j'avais connue lorsque j'étais au collège, et ce que tu décris est tellement différent.
Je sais qu'en général les profs voient les parents des élèves sans vrai problème et que pour nous élève, c'est relou.
On passe d'un prof à un autre, et des fois, on prend conscience qui ne savent même pas qui ont est, comme celui que j'avais en musique.
Tu as fait une faute de frappe ici, tu as oublié le M majuscule.
"L’automne est bien là ! me dit la petite femme à l’allure de mi-secrétaire, mi-potiche. "
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En tous points d'accord avec Hellian, un début prometteur qui mériterait qques retouches.
Oui mais voilà, je sentis le ciel se couvrir, les portes du couloir claquer ; je sentis un vent de panique m’effleurer l’oreille, sensibiliser mes sens, à tel point que je dus me lever pour regarder par la fenêtre. Les parents arrivaient. Les mioches tiraient la tronche. Même si certains arboraient un sourire — ceux que je pouvais le moins encadrer. C’est étrange comme l’instinct humain est si développé, il nous envoie des messages. Mais je n’en((en se rapporte à quoi?)) fis rien, et rangeai mes copies raturées de rouge dans mon classeur vert pomme.
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Bonjour à vous trois,
Merci de votre lecture attentive, c'est toujours un plaisir pour moi de lire vos ressentis. Et vos corrections, que je trouve particulièrement justes. Hormis celle-ci : le m reste minuscule, si je ne dis pas de bêtise. Quelqu'un peut-être pour confirmer ou infirmer ?
Quant au suspense, je suis vraiment d'accord. Je vais l'instiller de manière plus marquée, ce dès les premières lignes. Il suffit d'un mot, d'une expression... Je vais retoucher cela.
Merci encore !
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La "correction", c'était un exemple.
le m reste minuscule, si je ne dis pas de bêtise. Quelqu'un peut-être pour confirmer ou infirmer ?
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Bonjour !
J'aime beaucoup, j'attends la suite... Le côté désabusé du narrateur est attendu, mais pour l'instant ça fonctionne bien.
C'est drôle, j'ai pas écrit beaucoup, mais j'avais commis un truc un peu similaire (mais dans une école maternelle), quoique ça virait vite au grand-guignol graveleux. C'est ça, je trouve, qui est difficile dans ce genre (que je ne fais que pressentir dans ton texte) : rester sur la ligne de crête du pince-sans-rire sans sombrer dans la grosse farce ou le Houllebecq-bis.
Juste une petite précision lexicale : les directeurs n'exercent que dans l'enseignement primaire (public en tout cas). Au collège, ce devrait être une principale.
Bon courage !
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Hé j'ai cru perdre la boule << Mais je l'ai déjà lu celui-là en plus long >>
La suite est donc ici Textes mi-longs » Le prof à domicile [Nouvelle thriller] (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=45927.0)
J'avoue ne pas avoir compris pourquoi Shendo a fait 2 sujets pour le même texte
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Bonjour,
J'ai créé deux sujets parce que l'un des textes ne rentrait plus dans la catégorie de "textes courts". J'aurais dû attendre d'écrire un peu plus avant de poster ici et n'occuper que la catégorie "textes mi-longs".
Ce n'est pas bien grave ! Merci de votre lecture. Oui, tout à fait, je pense que l'humour pince-sans-rire est une ligne de crête. Je ne suis pas doté d'un grand équilibre, qui plus est... Mais le personnage change de ton en fonction de ce qu'il raconte. Et ce qu'il va raconter l'emmènera si profondément dans ses propres méandres qu'il ne sera pas toujours d'humeur à divaguer.