Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes mi-longs => Discussion démarrée par: XB2000 le 31 Août 2025 à 12:33:38

Titre: Bestia ex machina - La Bête de l'évènement
Posté par: XB2000 le 31 Août 2025 à 12:33:38
Bonjour,
c'est une histoire que je muris depuis pas mal d'années maintenant. Je m'y suis récemment remis sérieusement. Je me suis aussi aidé de ChatGPT d'abord comme d'un outils de prises de notes intelligent, pour explorer des idées, donnée vie à l'univers avec des rapports fictifs, des fiches techniques. Les conversations dans le même "Projet" ce qui permet de mettre leurs infos en commun. Par contre pour les idées en elle-même ChatGPT n'est pas terrible, évidemment quand il propose quelque chose c'est des éléments vu et revu et pas forcément aligné avec ce que je veux faire. Pour l'organisation même des écrits et de la documentation j'utilise Obsidian avec le plug-in LongForm. ça permet aussi de facilement changé l'ordre des scènes pour générer des manuscrits (concaténation des scènes).
Et enfin j'utilise aussi ChatGPT et Grok dans une conversation hors du projet d'écriture comme alpha lecteur.

(https://i50.servimg.com/u/f50/18/00/52/74/bestia10.png)(https://i50.servimg.com/u/f50/18/00/52/74/image_10.png)

Si vous avez envie de découvrir le récit sans aucune clé, ne lisez pas les spoilers ci-dessous.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

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J'ai pour le moment une vingtaine de scènes dans Obsidian. Voilà les 4 premières.

La toute première scène est inspiré d'une publicité Renault des années 80, elle dure environ 4 minutes : https://www.dailymotion.com/video/xh7ns (https://www.dailymotion.com/video/xh7ns)
La version longue de 19 minutes : https://www.dailymotion.com/video/x89mui (https://www.dailymotion.com/video/x89mui)

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Sommaire
Titre: Re : Bestia ex machina : La Bête de l'évènement
Posté par: Cendres le 31 Août 2025 à 21:37:24
Merci pour ton texte.

Normalement, on écrit une histoire pas des scènes... Surtout que lorsque l'on fait des liens, ça peut devenir incohérent ou perdre en intensité... Sans parler de situation illogique.

Un démon, si tu te bases sur les cultes du "livre", c'est-à-dire juif, chrétien et musulman, sont des anges déchus. Puisque Dieu a tout crée, il a aussi créé les démons.

Normalement, ils sont là pour éprouver l'homme, pas pour détruire la terre et les humains.

Je trouve qu'un contexte extra-terrestre serait mieux pour ton récit.

Sachant que tu as écrit avec chat GPT, j'ai lut que ton premier extrait. Je ne dis pas cela pour dénigrer ton travail et tes efforts, mais je trouve ton récit trop haché.
On ne sait pas trop ou on est, ce qui se passe.

La Citroën CX longea une file de d'avions de chasse au garde-à-vous, tôle mate, cocardes fraîches.
Des avions au garde-à-vous ? Un avion ne peut pas faire cela, sauf si c'est un personnage du dessin animé "super wings"

Deux blouses blanches, plus bas, veillaient sur des consoles grises qui ressemblaient à des Minitels hypertrophiés.
Deux blouses blanches, pourquoi ne pas dire deux scientifiques. Ça fait bizarre et un peu méprisant. En plus, ça donnerait plus de vie et de détails à ton texte si tu disais par exemple.
"Deux scientifiques/Specialiste de la DGSE/DST"

— Non, répondit le costume sans sourire. Mais ça va lui permettre d'analyser, de décider.
— On lance ? demanda l’une des blouses sans lever les yeux.
Tu désignes tes personnages par leurs vêtements. Tu as monsieur costume et monsieur blouse. Ça fait drôle.
Tu devrais leur donner des noms peut être.

Sous l’aile d’un Mirage III, au bord du terrain, attendait une Renault 11 Electronic Turbo, vide.
Regarde cette photo d'Internet la hauteur d'une aile d'un mirage 3, je ne pense pas que l'on puisse y garer dessous une voiture.
(https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTaAETxF8-EakIUGg13HQCNiOvh_lyMT6jMZzYp3vwlJyBb31bWYi325zc9NaIymiVpdlc&usqp=CAU)


Le tableau de bord s’alluma, chiffres en cristaux liquides verts au compteur. Le moteur toussa, prit. Le sélecteur glissa sur D tout seul.

Le moteur tousse, prit. Mais il prit quoi?


Je vais arrêter avec mes remarques. Ton texte a des défauts. Je ne dis pas cela pour être vexante, car je serais bien incapable d'écrire un texte comme le tien. Je pense que si tu retravaillais cette partie, ca serait plus qualitatif ;)
À la fin, tu parles de cheval de troie et des 4 montures. Tu pourraient faire les 4 chevaliers de l'apocalypse : Guerre, Famine, Conquête et Mort
Titre: Re : Re : Bestia ex machina - La Bête de l'évènement
Posté par: XB2000 le 01 Septembre 2025 à 00:42:14
Merci pour tes commentaires  :)

Je me rend compte que la citation d'Albert Camus, "Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou." dans ta signature pourrais convenir à mon récit.

Normalement, on écrit une histoire pas des scènes… Surtout que lorsque l'on fait des liens, ça peut devenir incohérent ou perdre en intensité… Sans parler de situation illogique.
Pour ça je dirais que c'est un peu la nature de la Bête qui veut ça, dans le sens où elle agit par petites opérations et parfois par proxys. Ca s'estompe plus tard. Dans les scène que j'ai publié plus haut. Il y a la deuxième et troisième scènes qui se suivent, la quatrième est une conséquence de la troisième et rappelle la première.
En fait dans ce sens le point dur, le principe de la narration pour ce récit est de mettre des pièces de puzzles. Par exemple dans la troisième scène (Bête de la terre) Lucie suggèrent au militaire que les herbes hautes devant l'entrepôt sont la source de leur problème. Puis dans la scène suivante (Sauvetage), l'herbe est coupé. On sous entend que le militaire a rapporté la source de problèmes indiqué par Lucie et que les militaires ont donc tondus autour de l'entrepôt.
Pareil quand dans la deuxième scène (Lucie), Lucie dit que Jeudi soir à Washington c'était le "foutoir", puis dans la scène Sauvetage, le lecteur apprend que le "foutoir" était l'assassinat du Président.
Je ne sais pas si c'est clair ?

Un démon, si tu te bases sur les cultes du "livre", c'est-à-dire juif, chrétien et musulman, sont des anges déchus. Puisque Dieu a tout crée, il a aussi créé les démons.

Normalement, ils sont là pour éprouver l'homme, pas pour détruire la terre et les humains.

Je trouve qu'un contexte extra-terrestre serait mieux pour ton récit.
Tu pourras juger de ça à la fin, et puis sans danger réel, pas d'épreuve. Je voulais un contexte qui peut avoir une explication rationnelle, tout ce qui se passe est possible, c'est juste les potards qui sont au max. En fait le but est qu'on puisse avoir une vision ésotérique du récit, ou une vision rationnelle. Je suis plutôt content du résultat en ce sens.
Peut-être qu'avec des extra-terrestre ça aurait pu marcher dans un style un peu X-Files, mais je trouve le démon plus intime.

Sachant que tu as écrit avec chat GPT, j'ai lut que ton premier extrait. Je ne dis pas cela pour dénigrer ton travail et tes efforts, mais je trouve ton récit trop haché.
On ne sait pas trop ou on est, ce qui se passe.
Pour le coup c'est un soucis que j'avais déjà à l'époque de mes fan-fictions, je n'ai pas beaucoup écrit depuis. Peut-être qu'en lisant les récits d'autres membres, et davantage de remarques je pourrais améliorer.

La Citroën CX longea une file de d'avions de chasse au garde-à-vous, tôle mate, cocardes fraîches.
Des avions au garde-à-vous ? Un avion ne peut pas faire cela, sauf si c'est un personnage du dessin animé "super wings"
C'est plutôt pour le coté militaire et solennel, si c'était filmé ce serait en contre-plongée, cocardes fraîches pour dire qu'ils ont l'air neufs.

Deux blouses blanches, plus bas, veillaient sur des consoles grises qui ressemblaient à des Minitels hypertrophiés.
Deux blouses blanches, pourquoi ne pas dire deux scientifiques. Ça fait bizarre et un peu méprisant. En plus, ça donnerait plus de vie et de détails à ton texte si tu disais par exemple.
"Deux scientifiques/Specialiste de la DGSE/DST"

— Non, répondit le costume sans sourire. Mais ça va lui permettre d'analyser, de décider.
— On lance ? demanda l’une des blouses sans lever les yeux.
Tu désignes tes personnages par leurs vêtements. Tu as monsieur costume et monsieur blouse. Ça fait drôle.
Tu devrais leur donner des noms peut être.
C'est un narrateur interne un peu méprisant, peut-être que je devrais écrire plutôt "Deux ingénieurs Dassault, des blouses blanches" ?

Le tableau de bord s’alluma, chiffres en cristaux liquides verts au compteur. Le moteur toussa, prit. Le sélecteur glissa sur D tout seul.

Le moteur tousse, prit. Mais il prit quoi?
C'est une expression que j'ai dû trop lire dans des magazines automobiles, il prend des tours, il est démarré.

Je vais arrêter avec mes remarques. Ton texte a des défauts. Je ne dis pas cela pour être vexante, car je serais bien incapable d'écrire un texte comme le tien. Je pense que si tu retravaillais cette partie, ca serait plus qualitatif ;)
Pas de soucis, je suis développeur Cobol et j'ai parfois tendance à pointer des défauts et à vexer parfois…
J'accepte la réciproque, pour ça que je suis là aussi. J'aurai été étonné qu'on me dise le texte sans défauts. A l'époque de mes fan-fictions mes deux gros défauts c'était les actions hachée déjà, et le manque d'expressions des personnage, ça j'espère l'avoir amélioré.

À la fin, tu parles de cheval de troie et des 4 montures. Tu pourraient faire les 4 chevaliers de l'apocalypse : Guerre, Famine, Conquête et Mort
Le cavalier blanc est le cavalier de la conquête, en fait j'ai hésité entre les qualifier de montures (ce sont des véhicules) ou de cavaliers. Avec le terme de monture tu as quand même saisis que pour la Bête, la R11 est son équivalent du cavalier blanc.
Titre: Re : Bestia ex machina - scène 1 Le Cavalier Blanc
Posté par: XB2000 le 13 Septembre 2025 à 03:24:01
J'ai réécrit la première scène en espérant que c'est mieux :

Citer
Le cavalier blanc

(https://i50.servimg.com/u/f50/18/00/52/74/cavali10.jpg)

J'ai réussi à reconstituer l'un des essais, semble-t-il le plus réussi.

Istres, base aérienne 125 le 19 Octobre 1985, 14 h 37. Le vent soulevait une poussière froide sur le béton. Une Citroën CX à la carrosserie lisse et fuselée longea une file d'avions de chasse Mirage comme si elle passait en revue des soldats au garde-à-vous. La tôle mate et les cocardes fraîches. La limousine arriva jusqu’à une estrade, les phares comme des yeux mi-clos, puis elle freina net. Le silence était lourd.
Un officier descendit, moustache taillée, cheveux courts sous le képi, caricature de l'officier typique. Il y avait déjà du monde sur l'estrade, des militaires de la DGSE ; le service de renseignement extérieur de la France ; ainsi que des hommes en civil de la DST ; le service de renseignement sur le territoire français. L'officier monta sur l'estrade, salua un homme en costume. On aurait pu croire qu'ils allaient jouer un spectacle ou une pièce de théâtre.

En réalité l'estrade dominait en bordure de la véritable scène qui recouvrait, sur une grande partie, une large piste de décollage. Elle avait été grimée pour l'occasion en rues composées de façades de bois mimant des bâtiments et peuplées de silhouettes de carton. Quelques voitures à l'arrêt singeaient une circulation figée. Assis à l'écart, deux ingénieurs Dassault ; des blouses blanches ; veillaient sur des consoles grises qui ressemblaient à des Minitels.

— Très intéressant ce mini-film Renault de 1983, la voiture de l'avenir (https://www.dailymotion.com/video/x89mui). Même si à l'étranger, un agent avec une voiture qui parle aux voleurs, ce n'est pas très discret, ironisa l'officier.
— On lui demandera de ne pas parler trop fort, plaisante le responsable du projet.
— Mais alors, demanda l’officier, et ces équipements d'avionique, ça va la faire décoller comme chez Fantômas ?
— Non, répondit le responsable sans sourire. Ils lui permettent d’intégrer les données de nombreux capteurs, comme sur un avion moderne, similaire au Rafale A. Mais à l'échelle d'une automobile, cela va lui permettre d'analyser, de prendre des décisions.
— On lance le test d'extraction automatique d'agent ? demanda l’une des blouses sans lever les yeux.

À deux cents mètres, un homme en longue veste, négligé, faisait les cent pas. Les rapports ne mentionnent pas si c'était véritablement un agent du renseignement, ou un employé de Dassault. Devant l’aile d’un Mirage III, au bord opposé du terrain, attendait une Renault 11 aux lignes anguleuses, typiques des années 80 qui lui donnaient un air trapu. Il s'agissait d'une version unique Electronic Turbo, coloris blanc panda d'après le constructeur. Peut-être à cause de son masque noir, mais les pandas n'ont pas quatre yeux carrés. Une commande spéciale de Dassault que leurs techniciens et ingénieurs s'étaient empressés de désassembler à réception.

— Allez-y, commanda l’homme en costume. On simule l'extraction d'un agent DGSE ou DST en mauvaise posture.

Malgré l'absence de présence humaine à son bord, le tableau de bord de la voiture s’alluma, chiffres lumineux verts composés de sept segments au compteur. Une voix synthétique annonça :

— Allumage moteur.

Le moteur toussa, prit des tours jusqu'à son régime de ralenti, la voix continua.

— Moteur allumé. Radars en action.

Le sélecteur de la boîte de vitesses glissa sur « D » tout seul. La pédale s’abattit seule, le turbo siffla, les pneus avant crissèrent. La R11 s’arracha, jaillit entre deux façades, évita les silhouettes d’écoliers de carton, slaloma en frôlant les voitures à l'arrêt feignant une circulation routière. Elle surgit à hauteur de l’homme à la longue veste, dérapa et s'arrêta devant lui comme un animal dressé. La portière passager s’ouvrit d’elle-même, comme une invitation. L’homme hésita un instant, puis se précipita sur le siège passager. Au moment où il voulut attraper l'accoudoir pour refermer la portière, elle se rabattit d'elle-même, le surprenant, il eut peur pour sa main.

La deuxième phase fut lancée, le passager agrippa la poignée de pavillon. Une Peugeot 505 déboula, berline aux lignes tendues et au regard froncé, s'amusant à faire des appels de phare, un agent de la DST bien humain au volant. L’accélérateur de la Renault 11 plongea de nouveau provoquant le sifflement du turbo-compresseur gavant en air le moteur, couplé au crissement des pneus "l'agent" extrait crut avoir un animal sauvage aux commandes. Le conducteur de la DST de son côté était bon, lourd sur le frein, propre sur les trajectoires. On lui avait dit de pousser, la 505 collait, insistante. La conduite de l'informatique de la R11 était moins agressive mais très efficace, son poursuivant parvint à lui donner un violent coup de parechoc, mais l'ordinateur maintint le cap dans la rue factice. Se présenta ensuite devant eux un virage long, à gauche, la Renault entra en appui, charge sur l’avant faisant très légèrement pencher le nez de l'auto, moteur hurlant. Au point de corde, les spectateurs virent briller une chose sombre au ras du bitume, une flaque d’huile, cadeau d'un logiciel via un petit réservoir dédié.
Le conducteur de la DST jeta sa 505 sur la même ligne, confiant. En passant sur la flaque, il perdit le contrôle de sa direction, puis c'est l'arrière qui fit pivoter la berline. L'humain chercha une route qui n’existait plus... il tenta de corriger... trop tard. La Peugeot embrassa une façade de bois et s’immobilisa, coincée, moteur encore tournant. Cet homme censé être bien entraîné venait de se faire avoir par des microprocesseurs.

À l'étonnement des spectateurs, la R11 arriva vers eux toujours en trombe, avant de piler net devant l’estrade, bloquant les roues dont les pneus râpèrent sur le tarmac. Moteur au ralenti pour laisser reposer le turbo-compresseur que l'ordinateur n'avait pas ménagé.

— Impressionnant, fit l’officier.
— Spectaculaire, corrigea le responsable projet en costume.

Les spectateurs étaient épatés, ils rejoignirent « l'agent », recueillir ses impressions. Cette Renault 11 Electronic était destinée à tester des équipements automobile pour des véhicules de soutien aux missions des agents de la DST et éventuellement de la DGSE. Certains systèmes de surveillance virent le jour sur le terrain, mais la conduite automatique ne fut jamais concluante avec une circulation en mouvement. Soit l'informatique hésitait à s'engager, soit au contraire sa conduite était dangereuse, des écoliers en carton finirent par voler sur son capot. Les technologies de l'époque ne permirent jamais d'exploiter tout le potentiel de ce concept…

C'est en me faisant Bête dans la mer des données, que j’ai trouvé ce tournage, ces relevés, ces rapports. Cette technologie est obsolète depuis longtemps, son cœur est une formidable opportunité.

Je vais ranimer son cœur, ce sera un cheval de Troie.
Le premier de mes quatre cavaliers.
Titre: Re : Re : Bestia ex machina : La Bête de l'évènement
Posté par: Cendres le 14 Septembre 2025 à 09:40:00
Bonjour XB2000

Ce que je te dis, sont des avis personnels qui ne reflètent que mes gouts. Je ne suis pas Victor Hugo;)


Istres, base aérienne 125 le 19 Octobre 1985 à partir de 14 h 37.
Dis juste "le 19 Octobre 1985 à 14 h 37", tu énumères des données, ça fait mieux. Surtout que tu veux être précis.

une file d'avions de chasse Mirage III et Mirage 2000
Peut être juste dire une fille d'avions de chasse Mirage sans être précis sur les modèles.

— Très intéressant ce mini-film Renault de 1983, la voiture de l'avenir (https://www.dailymotion.com/video/x89mui). Même si à l'étranger, un agent avec une voiture qui parle aux voleurs, ce n'est pas très discret, ironisa l'officier.
— On lui demandera de ne pas parler trop fort, plaisante le responsable du projet.
— Mais alors, demanda l’officier, et ces équipements d'avionique, ça va la faire décoller comme chez Fantômas ?
— Non, répondit le responsable sans sourire. Ils lui permettent d’intégrer les données de nombreux capteurs, comme sur un avion moderne, similaire au Rafale A. Mais à l'échelle d'une automobile, cela va lui permettre d'analyser, de prendre des décisions.
— On lance le test d'extraction automatique d'agent ? demanda l’une des blouses sans lever les yeux.
Le dialogue donne de la vie à ton texte, qui est très descriptif.
Ce dialogue est sur un ton léger. Tes personnages blaguent entre eux en faisant de références à des choses pas très sérieuses.

Ton histoire est mieux écrite et aussi plus lisible. Avant, c'était très haché.

Pour un véhicule autonome, tu as l'IA, mais surtout les capteurs et il en faut plein.
Regarde cette vidéos YT avec la Tesla qui est trompé, alors qu'elle est homologuée pour rouler sur la route .
https://www.youtube.com/watch?v=IQJL3htsDyQ

En le lisant ton récit, on dirait que tu veux faire une pub pour la Renault 11 ^^
Titre: Re : Bestia ex machina : La Bête de l'évènement
Posté par: Basic le 14 Septembre 2025 à 10:02:48
Bonjour

j'ai trouvé ta façon de présenter ton texte par citation, un peu gênante, surtout si tu veux faire un  sommaire plus tard.

Par contre j'ai trouvé la façon de raconter super intéressante (jusqu'à l'inclusion du lien internet). On a parfois l'impression d'^étre dans un script plus que dans un récit jusqu'à ce qu'apparaissent des fragments justes et beaux comme celui-ci "Elle aime les choses nettes, sucrées, qui ne posent pas de questions."

quelques suggestions :

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.



et le troisième extrait
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Titre: Re : Bestia ex machina - La Bête de l'évènement
Posté par: XB2000 le 16 Septembre 2025 à 20:57:06
Merci beaucoup à vous pour vos commentaires !

Pour répondre à ta question Basic :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.



Merci Cendres, pour tes deux premières remarques c'est vrai que ça alourdit un peu pour rien. Je les ai mis en barré.
 
Peut être juste dire une fille d'avions de chasse Mirage sans être précis sur les modèles.
:mrgreen:

Pour l'anecdote c'est en faisant relire une version de la scène à Grok qu'il m'a demandé mes inspirations, ça à fait tilt et j'ai rajouté la mention au film publicitaire, si déjà je m'inspire d'un élément réel, autant le mentionner.

Pour un véhicule autonome, tu as l'IA, mais surtout les capteurs et il en faut plein.
Regarde cette vidéos YT avec la Tesla qui est trompé, alors qu'elle est homologuée pour rouler sur la route.
Cela peut paraitre contre-intuitif, mais "ma" R11 de 1985 ce serait arrêté devant le mur. Elle est équipé de radars, alors que la Tesla n'en utilise pas, ni même de lidar (même principe qu'un radar, mais avec de la lumière). C'est sans doute l'unique point où elle serait supérieure.
C'est souvent un reproche sur la conduite semi-autonome chez Tesla, tout est basé sur la vision par ordinateur, ce qui peut provoquer des problèmes car il y a un manque de redondance dans les infos que l'ordinateur traite.

En le lisant ton récit, on dirait que tu veux faire une pub pour la Renault 11 ^^
En même temps la scène est extrapolée du film publicitaire d'époque (https://www.dailymotion.com/video/x89mui) qui est mentionné  :D


j'ai trouvé ta façon de présenter ton texte par citation, un peu gênante, surtout si tu veux faire un  sommaire plus tard.
En quoi ça serait gênant pour un sommaire ? J'aime bien comme présentation, je préfère ça au spoiler.
C'est gênant dans quel sens ? Pour la lecture ?

circulation de voitures factices à l’arrêt ( ça je ne vois pas trop… circulation à l’arrêt).
Dans la nouvelle version de cette scène (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=45893.msg694015#msg694015), j'ai remplacé ça par "Quelques voitures à l'arrêt singeaient une circulation figée" et plus loin "La R11 [...] slaloma en frôlant les voitures à l'arrêt feignant une circulation routière.". Est-ce que c'est plus claire ? Au lieu d'avoir des voitures qui circulent dans les rues du test, elle sont à l'arrêt sur la chaussée et sont des obstacles pour la R11 et la 505.

La première de mes quatre montures. ( je me demande comment, dans la forme) tu peux détacher ce commentaire du reste… parce que on y entre par une date, on en ressort par le commentaire d’un personnage… du coup on placerait les deux sur le même plan alors qu’il ne s’agit pas de ça du tout.
Dans la nouvelle version de la scène (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=45893.msg694015#msg694015) j'ai essayé d'adoucir ça en commençant justement par un commentaire d'introduction "J'ai réussi à reconstituer l'un des essais, semble-t-il le plus réussi.".

Elle est entrée parmi les premières […] (premières ? il n’y a que des techniciennes ou c’est volontaire?)
J'ai mis au féminin parce que c'est une femme, mais en fait j'aurais dû accorder avec le "les (employés)".

Le premier s’avance dans les allées, lampe à la main, le faisceau fouille de haut en bas. Il fait comme je scannerais à sa place, mais sans comprendre. ( le premier homme, peut être… l’expression soulignée me titille, j’ai l’impression qu’elle ne va pas)
C'est un peu le but recherché  :D.
Titre: Re : Bestia ex machina - La Bête de l'évènement
Posté par: Basic le 17 Septembre 2025 à 07:03:07


salut matinal
par rapport à la présentation, c'est pas tellement les citations c'est plutôt les trucs les uns à la suite sur le même post avec les versions propulsées... pour l'instant il n'y a pas beaucoup de chapitres ( et je me suis déjà planté en commentant une première version alors qu'il y en avait une seconde et qu'en je parle de sommaire c'est un truc comme ça (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=45589.0)donne à voir l'entièreté des posts sans que le commentateur se fade toute la lecture des pages pour retrouver ses petits. Ce qui peut se faire avec les citations bien entendu ( et tu sembles bien plus à l'aise que moi avec la machine)

B
Titre: Re : Bestia ex machina - La Bête de l'évènement
Posté par: XB2000 le 17 Septembre 2025 à 14:29:31
Ah oui, je vois. J'aviserais en publiant la V2 de la suite, je vais peut-être réorganisé un peu le premier message pour permettre un sommaire clair.
Titre: Re : Re : Bestia ex machina - La Bête de l'évènement
Posté par: Auteur le 22 Septembre 2025 à 15:58:41
Salut XB2000  :)

La Monture blanche

Citer
Istres, base aérienne 125 le 19 Octobre 1985 à partir de 14 h 37. Le vent soulevait une poussière froide sur le béton. Une Citroën CX à la carrosserie lisse et fuselée longea une file d'avions de chasse Mirage III et Mirage 2000 comme si elle passait en revue des soldats au garde-à-vous.
pourquoi les termes rayés ?

Citer
La limousine arriva jusqu’à une estrade,
je ne m'y connais pas en bagnole mais la Citroën CX c'est une berline

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Cet homme censé être bien entraîné venait de se faire avoir par des microprocesseurs.
très bien la scène, on voit bien l'action. On sent au vocabulaire que tu es calé.

Citer
C'est en me faisant Bête dans la mer des données, que j’ai trouvé ce tournage, ces relevés, ces rapports. Cette technologie est obsolète depuis longtemps, son cœur est une formidable opportunité.
On a manifestement changé de narrateur et de temporalité, il faudrait peut-être le signaler ?

Citer
Je vais ranimer son cœur, ce sera un cheval de Troie.
Le premier de mes quatre cavaliers.
intéressant cliffhanger, tu m'intrigues

On assiste donc à un test militaire de voiture à pilotage automatique dans les années 80
C'est bien,  :) ce n'est pas du tout ma came la bagnole et tu as réussi à m'embarquer dans le récit !  ;)
Titre: Re : Re : Re : Bestia ex machina - La Bête de l'évènement
Posté par: XB2000 le 23 Septembre 2025 à 00:25:39
Merci beaucoup !

Citer
Istres, base aérienne 125 le 19 Octobre 1985 à partir de 14 h 37. Le vent soulevait une poussière froide sur le béton. Une Citroën CX à la carrosserie lisse et fuselée longea une file d'avions de chasse Mirage III et Mirage 2000 comme si elle passait en revue des soldats au garde-à-vous.
pourquoi les termes rayés ?
C'est suite aux commentaires de Cendres.

Citer
La limousine arriva jusqu’à une estrade,

je ne m'y connais pas en bagnole mais la Citroën CX c'est une berline
C'est une grosse berline haut de gamme, on peut considéré comme une limousine.

Citer
C'est en me faisant Bête dans la mer des données, que j’ai trouvé ce tournage, ces relevés, ces rapports. Cette technologie est obsolète depuis longtemps, son cœur est une formidable opportunité.
On a manifestement changé de narrateur et de temporalité, il faudrait peut-être le signaler ?
C'est toujours le même narrateur tout le long du récit, c'est pour ça que je commence la scène par le narrateur qui dit "J'ai réussi à reconstituer l'un des essais, semble-t-il le plus réussi."

Mais j'avoue que j'ai peut-être du mal à gérer ce narrateur observateur (dans cette première scène il a reconstitué un évènement passé) et qui en même temps fait des remarques.
Titre: Re : Bestia ex machina - scène 2 Lucie
Posté par: XB2000 le 23 Septembre 2025 à 00:32:35
V2 de la seconde scène.

MàJ du 5 Mars 2026, j'ai changé la dernière phrase dans le tram. (#post_valeur)
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Citer
Lucie

Octobre 2026. Le réveil chuchote, puis insiste d'une alarme de plus en plus forte et stridente. Elle le rendort d’un coup sec.

Elle, c'est Lucie, une jeune ingénieure informatique de 27 ans, brillante et instinctive.
Elle sait bien de qui elle tient ça.

Lucie reste un instant roulée dans la couverture, comme si le jour ne peut pas l’atteindre tant qu’elle s’y blottit. Puis elle s’étire, docile à sa propre rigueur pour se redresser et quitter ce lit trop accueillant.
Elle se dirige, le pas traînant, vers le coin cuisine de son studio. Comme quasiment tous les matins, un petit déjeuner simple avec un bol de lait, une pomme, un petit gâteau au chocolat en forme d’ourson. Dans du papier aluminium qu’elle lisse avant de finalement le froisser brutalement et de le jeter à la poubelle sous le plan de travail. Le silence est de rigueur quand elle se nourrit. L'amour des choses nettes, sucrées, qui ne posent pas de questions.
Parfois elle fait même des folies, elle va chercher des viennoiseries ou des pâtisseries dans une boulangerie.
Une fois sa bouche essuyée et l'estomac plein, c'est vers la salle de bains qu'elle se dirige pour un brossage de dents appliqué, puis de l'eau trop froide sur les joues pour se débarbouiller. C'est important qu'elle prenne soin de ce corps.
Enfin vient le moment de mettre quelque chose par-dessus ses sous-vêtements, jean, pull léger, baskets. Rien qui accroche l’œil. Elle s’est forgée une vie sans angles. Sur le chemin de la sortie de son appartement elle agrippe son sac à dos dans lequel elle met une boîte plastique sortie du réfrigérateur.

Elle finit par sortir dans la rue, prête attention aux passants, aux véhicules qui passent. Arrivée près de l'arrêt de tram, elle jette un coup d'œil à une caméra de feu rouge. L'expression de son visage est difficile à lire.

Le tram arrive, s'arrête. Lucie attend qu'un autre appuie sur le bouton pour ouvrir la porte de la rame. À l'intérieur elle s’accroche en enroulant l’avant-bras autour de la barre pour ne pas y poser les doigts. Les autres laissent des traces de peau, de souffle, de saleté. Des traces impures de leur passage avec lesquelles elle ne doit pas se souiller. Lucie le rejette, mais je sais qu'elle vaut bien mieux qu'eux.
Lucie, comme souvent, adresse un regard à la caméra de surveillance de la rame où elle se trouve. Ensuite ses yeux se portent sur les autres passagers, quelques-uns regardent à travers les vitres, beaucoup regardent leur téléphone, des vidéos, écrivent des messages ou écoutent de la musique. Un de ces voisins de tram dispose d'écouteurs mais sa musique est si forte que les basses perceptibles la dérangent.

Au bout de cinq arrêts, elle descend. Elle marche d'un pas soutenu cent mètres de trottoir. Puis rentre dans le bâtiment sans charme d’une grande banque. Lucie badge au portique qui l'accueille d'un bip aigu et du déverrouillage du tourniquet tripode. Elle salue du regard la caméra du hall.
Ensuite c'est direction l'escalier vers le deuxième étage, la division informatique. On l’y connaît sans la connaître, elle procède à des maintenances Assembleur ou Cobol, correctifs et évolutions sur des programmes plus vieux qu’elle. Elle excelle à débusquer des bugs dans ces reliques, comme si elle parlait aux machines. On lui confie ce qui tient encore mais que personne ne veut porter. C’est très bien, l’humilité des fondations lui convient. Lucie n'invente rien, elle perpétue.

Les bureaux en espace ouvert sont presque vides, l’heure est matinale. Elle ouvre son casier, récupère son PC. Au fond de la salle, son poste l’attend. Personne ne vient jamais s’asseoir à côté, il y a des territoires que les autres apprennent à respecter sans savoir pourquoi.

Lucie allume son outil, travaille. Les premiers collègues arrivent par vagues, bruyants, rient de peu. Les pauses café s’enchaînent, les pauses clope aussi. Ils confondent la chaleur de la tasse et le sens de leur journée. Ça les occupe. C’est bien ainsi, tant qu’ils bavardent, ils la laissent en paix.

Midi trente. Lucie ouvre son sac, sort une salade industrielle dans sa boîte plastique. Salle de réunion déserte, lumière blanche. Elle mange seule, posée et silencieuse. Elle sait qu'elle ne doit pas se mêler à eux. Elle les trouve bizarres. Ils la trouvent bizarre. Chacun garde sa gêne. Elle referme la boîte vide, la glisse dans le sac. Elle la jettera chez elle.

Retour au poste. Elle rallume la machine, pose son casque audio sur ses oreilles. Une musique électronique régulière, qui lui rythme la nuque. Elle se cale dans le battement. Le monde devient mesuré. C’est ainsi qu’elle avance le mieux.

Les autres reviennent, cafés en main. Les deux collègues installés en face de Lucie la regardent. Elle pousse le casque pour les ouïr d'une oreille, courtoisie minimale.

— Alors, Lucie, je ne t’ai pas encore demandé, ces vacances à Washington ?
— C’était bien, répond-elle avec un petit sourire gêné. Jusqu’à Jeudi soir… c’était devenu un peu le foutoir.
Elle baisse les yeux. Ils ne voient pas son malaise.
— Tu m’étonnes, dit le second. Tu as quand même pu faire des choses ?

Elle attendait ce moment, pour la récitation de son séjour.

— Oui, j’ai visité quelques musées, celui de l'air et de l'espace, celui des femmes dans l'art et j’ai fait une randonnée dans un parc naturel. Par contre je n'ai pas pu voir le musée national de l'histoire américaine. Mais j'ai quand même pu voir le Washington Monument juste à côté avec les différents mémoriaux. Après Jeudi plus rien n'était accessible.
— Bon, au moins tu as pu visiter un peu. Tu as fait des photos ?
— Ah euh… oui bien sûr, mais je ne les ai pas sur moi, bégaie-t-elle. C'est sur mon ordi chez moi.
— Tu y es allée avec quelqu’un ? s'intéresse le premier.
— Euh… Oui, ma mère…

Le mot “mère” la traverse et la fige une seconde. C’est mignon, mais naïf. Lucie, déjà, a remis le casque pour couper court à la conversation et sa gêne. Elle retourne à la musique. Ils s’assoient, pianotent, ils ont l'habitude. Le bruit redevient utile.

Lucie est entrée parmi les premiers ; elle part parmi les premiers. Elle emporte son PC de travail, sac à dos sur l’épaule. Elle salue d’un signe bref, s’éclipse, elle passera le reste de la semaine chez elle en télétravail. Elle ne laisse derrière elle ni anecdotes, ni odeurs. Seulement du travail fait.

La pluie l'a accompagné durant le trajet de retour. Chez elle. La porte se referme. Elle s’y appuie, fixe le sol quelques secondes, des gouttes d'eau tombent de son nez. Le souffle sort enfin, elle se sent mieux.
Elle retire ses chaussures avec les pieds, un geste d’habitude, puis s’allonge sur le canapé. La télévision s’allume, lumière mouvante sur un visage. Elle ferme les yeux. Elle sait qu’elle doit se coucher tôt.

Une longue nuit l’attend. La télévision s'éteint quand le sommeil emporte Lucie.
Titre: Re : Bestia ex machina - La Bête de l'évènement
Posté par: Cendres le 23 Septembre 2025 à 14:31:31
Elle, c'est Lucie, une jeune ingénieure informatique de 27 ans, brillante et instinctive.
Elle sait bien de qui elle tient ça.
Comme ton texte précèdent, tu es dans une écriture comme si que tu détailles une scène que l'on voit, comme un film, avec "Elle, c'est Lucie"
La phrase suivante "Elle sait bien de qui elle tient ca" . Elle le sait, mais pas nous. ça fait drôle. Peut-être que c'est pour créer une interrogation, mais en général, on explique, par exemple, ca viendrait de son père ou de sa mère.

Lucie reste un instant roulée dans la couverture, comme si le jour ne peut pas l’atteindre tant qu’elle s’y blottit. Puis elle s’étire, docile à sa propre rigueur pour se redresser et quitter ce lit trop accueillant.
(...)
Retour au poste. Elle rallume la machine, pose son casque audio sur ses oreilles. Une musique électronique régulière, qui lui rythme la nuque. Elle se cale dans le battement. Le monde devient mesuré. C’est ainsi qu’elle avance le mieux.

Les autres reviennent, cafés en main. Les deux collègues installés en face de Lucie la regardent. Elle pousse le casque pour les ouïr d'une oreille, courtoisie minimale.
Ce que je vais te dire n'a pas pour but d'être vexante ou méchante. Cela ne reflète que mes gouts.
C'est très descriptif. On a l'impression de la regarder a travers une camera de surveillance.


La suite de ton récit avec le diadoque on apprend que l'héroïne a une vie secrète et qu'elle ment. Mais en même temps qu'elle a une vie vide, et aucun amis a son travail. Elle semble isolée et vivre sa vie sans s'y épanouir, en subissant les jours qui se suivent.

Ce que j'exprime reflète mes gouts et je peux  me tromper, comme avec les avions de chasse mirages. Ca peut être important de donner les différents modèles. Tu n'es pas obligé de suivre mes avis.
Titre: Re : Bestia ex machina - La Bête de l'évènement
Posté par: XB2000 le 02 Novembre 2025 à 23:28:46
Ce n'est peut-être pas tes goûts mais ce qui est bien c'est qu'il semble que tu saisisse ce que je veux retransmettre.

[...]
La phrase suivante "Elle sait bien de qui elle tient ca" . Elle le sait, mais pas nous. ça fait drôle. Peut-être que c'est pour créer une interrogation, mais en général, on explique, par exemple, ca viendrait de son père ou de sa mère.
[...]
C'est très descriptif. On a l'impression de la regarder à travers une caméra de surveillance.
Titre: Re : Bestia ex machina - scène 3 La Bête de la terre
Posté par: XB2000 le 06 Novembre 2025 à 00:03:43
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La Bête de la terre

Allô ? Ici…

— … le service de maintenance d'Aéris Sécurité.
— Allô ? Service maintenance ? Ici… euh… poste de garde Delta, caserne Kellermann de Châteaudun, caporal-chef Martin à l’appareil. Le PC sécurité à des brouillages sur les systèmes de surveillance. On a dû augmenter les rondes à pied pour compenser.
— Vous avez bien fait d’appeler, répond-je d'une voix stéréotypique de secrétaire. Hum… attendez une minute…
— Oui ?
— Euh je vais pouvoir vous envoyer quelqu’un très rapidement.
— Ce soir ? Cette nuit encore ?
— Oui. J'ai une technicienne de garde dans votre secteur. Je vais vous la mettre en route. Ne touchez à rien d’ici là.
— Euh… OK, merci.

La pénombre et le silence règnent dans l'appartement de Lucie, elle est assoupie dans le canapé. Son téléphone portable fait vibrer sa table basse. L’alarme tinte. Un SMS d'un numéro identifié comme "Maman" et qui lui indique qu'il est l'heure, que son travail de cette nuit l'attend. C'est elle qui a choisi cet identifiant pour ce numéro, quasiment tout le monde a une "Maman" dans son téléphone. Elle déverrouille son téléphone, lit le message sans sourciller puis l’éteint d’un coup sec, se redresse, quitte le canapé pour allumer la lumière.

Elle rejoint la salle de bain en baillant, pieds nus sur le carrelage froid. Lucie s'appuie sur le lavabo, tête baissée, puis la redresse pour s'observer dans le miroir quelques secondes. Son regard porte ensuite vers un paquet de lingettes. Elle se démaquille, patiemment avec l'eau froide.
Elle camoufle ses yeux bruns avec des lentilles vertes : elle change d’iris comme une première étape de sa mue. Elle ajuste son chignon avec la précision d’une technicienne qui manipule un instrument. Perruque châtain très clair, posée avec soin qui contraste par rapport à la couleur très sombre de sa véritable chevelure. Ce corps n’est pas intime, il est son outil.

Lucie passe ensuite dans sa chambre pour poser sur son lit un colis déjà ouvert. Elle en sort une veste au logo d'Aéris Sécurité. Elle sent encore le plastique neuf : ce n’est pas un uniforme, c’est un laisser-passer. Elle contrôle sa transformation dans le miroir sur la porte de son armoire. Puis enfin elle lâche un sourire avant de quitter la chambre et de rejoindre l'entrée de l'appartement. Elle prend les clés de la porte qu'elle vient de déverrouiller, sort et la claque doucement.

La nuit endort une petite base militaire, les effectifs sont peu nombreux. Une partie du site se reconvertit lentement en musée, mais l’Armée de l’air garde la main sur les hangars de stockage.
À la guérite, un soldat relève à peine la tête lorsqu'il est rejoint par son caporal-chef. Ils se saluent, sa voix, plus tôt au téléphone, tremblait. Avec le soldat de la guérite elle est ferme. Il croit avoir appelé une permanence. Il a eu l'honneur de parler à ce qu’il ne comprend pas.

Ils attendent plusieurs dizaines de minutes dans le froid de la nuit. C'est là que Lucie les prend dans les phares d'une voiture citadine banale, perçant un brouillard bas. Les ailes avant sont flanquées d'autocollants d'Aéris Sécurité. Lucie arrête le véhicule devant la barrière après avoir baissé la vitre conducteur.

— Bonsoir, dit-elle. Je suis Lucie Delauney, la technicienne envoyée par Aéris Sécurité.

Elle aime les masques, elle ment avec une assurance que ses collègues de banque ne peuvent pas imaginer. Elle préfère jouer le rôle d'une autre plutôt que le sien. Le caporal-chef s'avance à la fenêtre de la portière.

— Bonsoir, on vous attendait, je suis le caporal-chef Martin.
— Ordre de mission, répond-elle. On m’a appelée pour une panne, des parasites dans les connexions d'après ce que j'ai compris pour l'instant.
— Oui, euh… je n’ai pas l’habitude.

Il ravale sa salive puis tamponne l'ordre de mission qu'il rend. Le soldat de la guérite prend des notes dans un carnet. Elle esquisse un petit sourire en disant merci.
— C’est normal, dit-elle. On nous appelle à des heures improbables.
Elle dit cela comme on rassure un enfant qui a peur du noir. Il la croit. Elle a été faites pour incarner l'innocence.

La barrière se lève, Lucie gare la voiture sur le parking un peu plus loin. Le caporal-chef la rejoint et lui tend un badge visiteur puis ils se mettent en marche, côte à côte dans le froid.
Ils marchent un petit moment, d'abord sur un sol dur, puis ils passent une porte grillagée et enchainent quelques pas dans du gravier avant de pousser enfin la porte d'un bâtiment.

Le local technique les reçoit, respire mal : bruits de néons tremblants qui s'allument, cliquetis de relais, souffle régulier d’un système qui s’étouffe. Littéralement, probablement mal dépoussiéré.
Lucie sort discrètement de sa poche un morceau de gaine mordillée au moment où le caporal-chef tente de retenir un bâillement.

— Vous voyez ? Rien de grave. Probablement une connexion abîmée. Je vais poser un boîtier de dérivation, temporaire. 
— Temporaire ? 
— Le temps qu’on remplace la section, oui.
— En quoi un boitier permet de remplacer des câbles ?

Lucie suspend son geste.

— Pas remplacer, caporal. _Contourner_. Imaginez : câble abîmé, comme une route barrée. Ce boîtier, c’est un pont temporaire. Il redirige le signal sans toucher l’ancien – propre, rapide. Puis on reviendra avec les bons câbles. Jusque-là, vos caméras tourneront nickel.
— Vous n'avez pas ce genre de câble dans votre voiture ?

Elle rit doucement, gênée, pose le boîtier. Clic. Connexion 5G établie, invisible, vorace.
Je vois toute la zone.

— Des câbles ? Trop lourds, trop voyants. Moi, je voyage léger en astreinte.

Martin hoche la tête, yeux plissés sur le boîtier gris, anonyme. Trop simple pour être vrai ? Il ravale sa question.

— Ah… OK. Les bestioles dans les ronces, hein ?
— Exactement. Souris, rongeurs… Classique. Les bestioles ont dû s’amuser ici, ajoute-t-elle. À mon avis, elles logent dans les herbes hautes qu’on a vues.

Le boîtier a pris sa place, minuscule dérive dans un fleuve d’octets. Une ouverture. Elle referme la mallette.
Elle essuie une trace invisible sur la veste. Sourit encore, un peu gênée, comme si la politesse pouvait effacer ce qu’elle vient de faire.

Ils ressortent. Le froid leur mord les joues, Lucie se contracte.
Le caporal-chef parle de sa nuit, de la relève, de la machine à café. Elle écoute, incline la tête. Elle n'en a rien à faire, trouve ça bizarre, mais n'en montre rien. Elle secoue la tête machinalement. Il se plaint des rondes dû aux défauts du système et remercie Lucie de lui avoir réglé ce problème.

À main gauche, un entrepôt massif. Abandonné. Les ronces et les herbes hautes barrent presque l’accès.
Le soldat détourne les yeux : ce bâtiment ne concerne plus personne. Un bâtiment plein de vieilleries.
Au contraire de Lucie, elle, elle l'observe longuement. Elle voit les ronces comme un obstacle.

Retournés vers le parking, elle sert la main du caporal-chef, qui par zèle lui demande :

— Vous pensez que c'est des vermines dans les herbes hautes qui ont pourri les câbles ?
— Oui, c'est plus courant qu'on pourrait le croire. Vous devriez vous en occuper.
— Merci et bonne nuit… Et merci d’être venue, baille t'il déjà soulagé d’avoir une panne avec une cause et une fin.

Lucie rend le badge visiteur, remonte dans la voiture puis roule jusqu'à barrière.

— Bonne fin de nuit, souhaite-t-elle à la guérite.
— Merci…

Elle repart. La voiture s’éloigne. Elle pense à sa nuit méritée.
Moi, je veille encore. Le travail commence quand les humains croient qu’il est terminé.
Lucie ne peut pas tout faire...
Titre: Bestia ex machina - scène 4 Sauvetage
Posté par: XB2000 le 28 Novembre 2025 à 22:51:11
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Sauvetage

Je les ai recrutés sous faux-visage, par relais et promesses creuses. Ce qu'ils voulaient entendre. Idéologie et argent.

Une petite dépanneuse à plateau arrive par un chemin de forêt, phares étouffés, diesel légèrement bruyant. Elle longe le grillage avant de s'arrêter. Trois hommes descendent, cagoules, gants. 
À l'aide de petites cisailles à tôle, ils mordent le métal. Ils découpent un large passage, l'empruntent.

Je leur ai défini le tracé : même hangar que celui que Lucie a repéré hier. 
L’herbe est fraîchement coupée. La porte coulissante est dégagée mais reste haute, lourde et surtout cadenassée. Une énorme pince-monseigneur est prévue pour y remédier, puis un levier, un pied-de-biche, la porte se décoince pour s'ouvrir.
Ils glissent à l’intérieur. Pénombre. Odeur de stockage d'éléments mécaniques et électroniques, huile vieille et poussière d’aluminium.

L'un des hommes brise le silence.

— AAAhh !
— Ta gueule putain… grince le second.
— J'ai marché sur un vieux piège à souris, se justifie la pipelette. Matte, il y a au moins un centimètre de poussière dessus. Heureusement que j'ai pas des petits pieds.

C’est un cimetière ordonné : pièces d’avions, capots, trains d’atterrissage, instruments hors d’usage, le tout empilé sur des étagères géantes.
Le pion qui s'est tu s’avance dans les allées, lampe à la main, le faisceau fouille de haut en bas. Il fait comme je scannerais à sa place, mais sans comprendre tout ce qu'il voit.

— Vous pensez qu'il y a des guns dans tout ça ? demande tout bas le bavard.
— J'sais pas, on suit les indications du gars, répond le râleur.
— Commanditaire on dit…

Au fond, sous des bâches, des simulateurs de vol d'un autre âge sont abandonnés.
Parmi eux, une bâche forme une ligne qui n’est pas d’avion. Une silhouette basse, nette. Une voiture. 
Ils la tirent hors de l’ombre, arrachent la bâche. La R11 apparaît, nerveuse même immobile, allure sportive sous sa poussière.

— Bingo… lâche enfin le discret.

Il ouvre la portière avant, baisse le pare-soleil comme je lui ai soufflé et la clé tombe dans sa main. Dans le Neiman, un quart de tour, colonne de direction libérée. Ils peuvent diriger le Cavalier endormi. Ils ont chacun emporté une pompe à vélo pour regonfler les pneus à trois bars. Ils doivent faire vite et sans bruits.

— C'est un peu long quand même, on aurait dû prendre des pompes électriques, se plaint le braillard.
— Ouais je suis même pas sûr que ça aurait couvert le bruit de ta gueule, râle le réprimandeur.
— Chut vous deux, contrôle le troisième.

Ils poussent, ils doivent s'y reprendre plusieurs fois avec un peu d'élan pour faire tourner les roues gênées par les freins qui collent et les pneus qui ont un côté légèrement aplati, malgré le surgonflage normalement à trois bars, en restant des décennies dans la même position. Le Cavalier blanc bouge, il va bientôt sortir de sa torpeur.

Dehors, herbe sous les pneus. Ils referment la porte, remettent le cadenas cassé pour faire illusion sur les distraits.
Deux cents mètres jusqu’au trou dans le grillage. C'est une chose de le faire en se faufilant discrètement, c'en est une autre de le faire en poussant un engin blanc de neuf cents kilogrammes. Pourtant je leur ai promis que tout se passerait sans accro.

— Ah c'est lourd quand même…

Il se prend une tape sur la tête pour seule réponse.

La rampe de la dépanneuse est inclinée. Ils hissent la voiture, sanglent, remontent. Tout est simple quand on a répété.
La caméra qui regarde l’entrepôt a pourtant tout vu. 
Le responsable de la sécurité, lui, ne voit que l’heure précédente qui recommence. Je lui ai fait cadeau d’une nuit paisible.

La dépanneuse sort du bois, rejoint la nationale. Le diesel ronronne bas. La route est vide. 
Le trajet s’étire sans encombre. À chaque feu rouge, il passe au vert pour eux. C’est pratique, la ville, quand on lui parle poliment.

Ils allument la radio. Musique molle. Puis la voix d’une journaliste anime la nuit avec les sujets d'actualités. Celui tout à droite sort un briquet de la boite à gant et allume une cigarette.

— C'est pas un pétard au moins ?
— Non c'est juste une roulée.
— Et à l’international : le vice-président américain a annoncé que, pour l’heure, l’assassinat du président des États-Unis, jeudi soir, n’a toujours pas été revendiqué, ni l’arme utilisée…

Le monde croit à l’ombre de Moscou ou de Pékin.

— Il est mort, le facho ! lance le gueulard, hilare. Et en plein direct !

Les deux autres rient bête, détendus. Heureusement, je leur ai prémâché le travail.
La dépanneuse circule maintenant sur une nationale, un axe où les contrôles sont fréquents. Sur le plateau, la Renault 11 se balance doucement, comme si le Cavalier Blanc était impatient de se réveiller enfin.
Au loin, un halo bleu, des silhouettes, des cônes oranges. La silhouette d'un gendarme leur fait signe, sans faire de vagues le chauffeur arrête la dépanneuse sur le côté de la route comme il lui a été indiqué.
Le gendarme leur pointe une lampe torche, vitre conducteur baissée.

— Bonsoir, messieurs. Contrôle d'alcoolémie.
— Bonsoir, répondent les pions de concert à la surprise de l'officier.
— Vous transportez quoi là ?

Il pointe la R11 avec sa lampe, un des passager à la présence d'esprit d'allumer les lumières de l'habitacle de la dépanneuse. Le conducteur sort du silence et force un sourire. 
— Une voiture, monsieur l’agent. On la ramène au garage, dépannage. 
— D’accord, papiers du véhicule ? Et les vôtres, s’il vous plaît. Vous n'êtes pas alcoolisé ?
— Bien sûr que non monsieur l'agent.

Il lui tend les photocopies des cartes grises de la dépanneuse et d'une Renault 11 Turbo, provoquant une grimace du gendarme qui intrigue son collègue qui lance.

— Vous savez que vous devez avoir les originaux avec vous ? Et votre permis ?
— Oui, le patron garde les originaux, répond le conducteur. C’est juste pour ce soir.
— Et votre permis ?
— Euh… oui, je l'ai oublié chez moi…

Le gendarme effectuant le contrôle soupire et échange un regard avec son homologue.

— Vous avez une carte d'identité, ou elle est chez vous ? A moins que c'est votre patron qui l'a ?
— Non monsieur l'agent, tenez.

Il tend les papiers à son collègue qui se dirige vers leur fourgon sombre qui se fondrait dans la nuit sans sa sérigraphie réfléchissante.

— Mon collègue va faire les contrôles pour confirmer que tout est en règle. Vous n'avez rien d'autre à déclarer ?
— Non monsieur…
— Soufflez dans l'éthylotest.

Le chauffeur s'exécute, docile, comme je leur ai imposé en cas de contrôle. Ils aiment jouer les rebelles, mais ce n'est pas le moment. L'autre gendarme rend les papiers.

— Les deux véhicules ne sont pas déclarés volés, par contre j'ai un soucis pour contrôler le permis, pas d'accès aux fichiers.
— C'est fâcheux ça, annonce le gendarme en se tournant vers le conducteur. Vous avez bien un permis de conduire valide monsieur ?
— Oui bien sûr, euh… Je pourrais vous le présenter demain, enfin dans la matinée ?
— Tu peux refaire une vérif du permis Christophe ? ça éviterait au monsieur de se déplacer plus tard.

Le collègue gendarme retourne au fourgon. Je pensais bien que monsieur l'adjudant ferait du zèle.
Son téléphone sonne enfin, il fait durer une, puis deux et enfin trois sonneries avant de décrocher et de s'éloigner de la dépanneuse qui est surveillé par son collègue.

— Oui, Mauro. Ah c'est vous chef… oui.

Il écoute attentivement son chef de brigade, il se tourne vers la dépanneuse en grimaçant, en la scrutant.

— Le préfet ? … Sauf tout mon respect chef, cette histoire n'a pas l'air claire pour vous, donc encore moins pour moi…

Il prend la carte d'identité des mains de son collègue qui semble un peu perdu, puis un papier et un stylo et note sans doute l'identité du conducteur.

— Bien reçu chef, soupire-t-il.

Il raccroche en se dirigeant vers la dépanneuse, sourcil froncé, il saisit les photocopies des cartes grises au vol, des mains de son collègue.

— Euh… Circulez.
— Vous êtes sûr ?

Quel crétin, ne lui fais pas changer d'avis.

— Oui. Allez. Dégagez !

Le diesel redémarre et ils se remettent enfin en route. Quelques minutes de stupeur.

— Qu'est-ce qui s'est passé ? hésite le bavard.
— J'ai plus mon permis depuis six mois, annonce à demi-mots le discret.
— Putain Marco t'es con ! Heureusement qu'on a eu du bol, c'est une dinguerie !
— Ouais, on a beaucoup de bol cette nuit.
— Tu veux dire quoi Jérem ?
— Pas de sécu, les feux tous verts, le condé qui peut pas contrôler le permis sauté de Marco… Vous croyez pas que c'est le commanditaire qui nous a engagés ?
— Tu flippes Jérem ?

Grand silence, il préfère rallumer la radio plutôt que répondre.
Ils arrivent enfin sans encombre dans une zone industrielle. Devant un bâtiment anonyme, une grande porte pour poids lourds qui s’ouvre. 

Ils descendent, fiers, fatigués.
Ils pensent livrer un trophée.
Ils pensent à l’argent.
Ils pensent vivre demain.
Ces pécheurs ont ramené le Cavalier Blanc à l’écurie.
Je la démonterai pièce par pièce.
Eux, aussi.
Puis je la remonterai.
Eux, non.
Titre: Re : Bestia ex machina - 5 # Contact
Posté par: XB2000 le 31 Janvier 2026 à 23:40:10
Chapitres 4 & 5 :
Suite à un bug de base de données du forum, le message du chapitre 4 "Sauvetage" ne s'affiche plus depuis fin Avril à la publication du chapitre 6 "Bergerie". Il est toujours dans mon historique de message, mais plus sur ce sujet, donc je le remet là avec le Chapitre 5 "Contact".
Citer
Sauvetage

Je les ai recrutés sous faux-visage, par relais et promesses creuses. Ce qu'ils voulaient entendre. Idéologie et argent.

Une petite dépanneuse à plateau arrive par un chemin de forêt, phares étouffés, diesel légèrement bruyant. Elle longe le grillage avant de s'arrêter. Trois hommes descendent, cagoules, gants. 
À l'aide de petites cisailles à tôle, ils mordent le métal. Ils découpent un large passage, l'empruntent.

Je leur ai défini le tracé : même hangar que celui que Lucie a repéré hier. 
L’herbe est fraîchement coupée. La porte coulissante est dégagée mais reste haute, lourde et surtout cadenassée. Une énorme pince-monseigneur est prévue pour y remédier, puis un levier, un pied-de-biche, la porte se décoince pour s'ouvrir.
Ils glissent à l’intérieur. Pénombre. Odeur de stockage d'éléments mécaniques et électroniques, huile vieille et poussière d’aluminium.

L'un des hommes brise le silence.

— AAAhh !
— Ta gueule putain… grince le second.
— J'ai marché sur un vieux piège à souris, se justifie la pipelette. Matte, il y a au moins un centimètre de poussière dessus. Heureusement que j'ai pas des petits pieds.

C’est un cimetière ordonné : pièces d’avions, capots, trains d’atterrissage, instruments hors d’usage, le tout empilé sur des étagères géantes.
Le pion qui s'est tu s’avance dans les allées, lampe à la main, le faisceau fouille de haut en bas. Il fait comme je scannerais à sa place, mais sans comprendre tout ce qu'il voit.

— Vous pensez qu'il y a des guns dans tout ça ? demande tout bas le bavard.
— J'sais pas, on suit les indications du gars, répond le râleur.
— Commanditaire on dit…

Au fond, sous des bâches, des simulateurs de vol d'un autre âge sont abandonnés.
Parmi eux, une bâche forme une ligne qui n’est pas d’avion. Une silhouette basse, nette. Une voiture. 
Ils la tirent hors de l’ombre, arrachent la bâche. La R11 apparaît, nerveuse même immobile, allure sportive sous sa poussière.

— Bingo… lâche enfin le discret.

Il ouvre la portière avant, baisse le pare-soleil comme je lui ai soufflé et la clé tombe dans sa main. Dans le Neiman, un quart de tour, colonne de direction libérée. Ils peuvent diriger le Cavalier endormi. Ils ont chacun emporté une pompe à vélo pour regonfler les pneus à trois bars. Ils doivent faire vite et sans bruits.

— C'est un peu long quand même, on aurait dû prendre des pompes électriques, se plaint le braillard.
— Ouais je suis même pas sûr que ça aurait couvert le bruit de ta gueule, râle le réprimandeur.
— Chut vous deux, contrôle le troisième.

Ils poussent, ils doivent s'y reprendre plusieurs fois avec un peu d'élan pour faire tourner les roues gênées par les freins qui collent et les pneus qui ont un côté légèrement aplati, malgré le surgonflage normalement à trois bars, en restant des décennies dans la même position. Le Cavalier blanc bouge, il va bientôt sortir de sa torpeur.

Dehors, herbe sous les pneus. Ils referment la porte, remettent le cadenas cassé pour faire illusion sur les distraits.
Deux cents mètres jusqu’au trou dans le grillage. C'est une chose de le faire en se faufilant discrètement, c'en est une autre de le faire en poussant un engin blanc de neuf cents kilogrammes. Pourtant je leur ai promis que tout se passerait sans accro.

— Ah c'est lourd quand même…

Il se prend une tape sur la tête pour seule réponse.

La rampe de la dépanneuse est inclinée. Ils hissent la voiture, sanglent, remontent. Tout est simple quand on a répété.
La caméra qui regarde l’entrepôt a pourtant tout vu. 
Le responsable de la sécurité, lui, ne voit que l’heure précédente qui recommence. Je lui ai fait cadeau d’une nuit paisible.

La dépanneuse sort du bois, rejoint la nationale. Le diesel ronronne bas. La route est vide. 
Le trajet s’étire sans encombre. À chaque feu rouge, il passe au vert pour eux. C’est pratique, la ville, quand on lui parle poliment.

Ils allument la radio. Musique molle. Puis la voix d’une journaliste anime la nuit avec les sujets d'actualités. Celui tout à droite sort un briquet de la boite à gant et allume une cigarette.

— C'est pas un pétard au moins ?
— Non c'est juste une roulée.
— Et à l’international : le vice-président américain a annoncé que, pour l’heure, l’assassinat du président des États-Unis, jeudi soir, n’a toujours pas été revendiqué, ni l’arme utilisée…

Le monde croit à l’ombre de Moscou ou de Pékin.

— Il est mort, le facho ! lance le gueulard, hilare. Et en plein direct !

Les deux autres rient bête, détendus. Heureusement, je leur ai prémâché le travail.
La dépanneuse circule maintenant sur une nationale, un axe où les contrôles sont fréquents. Sur le plateau, la Renault 11 se balance doucement, comme si le Cavalier Blanc était impatient de se réveiller enfin.
Au loin, un halo bleu, des silhouettes, des cônes oranges. La silhouette d'un gendarme leur fait signe, sans faire de vagues le chauffeur arrête la dépanneuse sur le côté de la route comme il lui a été indiqué.
Le gendarme leur pointe une lampe torche, vitre conducteur baissée.

— Bonsoir, messieurs. Contrôle d'alcoolémie.
— Bonsoir, répondent les pions de concert à la surprise de l'officier.
— Vous transportez quoi là ?

Il pointe la R11 avec sa lampe, un des passager à la présence d'esprit d'allumer les lumières de l'habitacle de la dépanneuse. Le conducteur sort du silence et force un sourire. 
— Une voiture, monsieur l’agent. On la ramène au garage, dépannage. 
— D’accord, papiers du véhicule ? Et les vôtres, s’il vous plaît. Vous n'êtes pas alcoolisé ?
— Bien sûr que non monsieur l'agent.

Il lui tend les photocopies des cartes grises de la dépanneuse et d'une Renault 11 Turbo, provoquant une grimace du gendarme qui intrigue son collègue qui lance.

— Vous savez que vous devez avoir les originaux avec vous ? Et votre permis ?
— Oui, le patron garde les originaux, répond le conducteur. C’est juste pour ce soir.
— Et votre permis ?
— Euh… oui, je l'ai oublié chez moi…

Le gendarme effectuant le contrôle soupire et échange un regard avec son homologue.

— Vous avez une carte d'identité, ou elle est chez vous ? A moins que c'est votre patron qui l'a ?
— Non monsieur l'agent, tenez.

Il tend les papiers à son collègue qui se dirige vers leur fourgon sombre qui se fondrait dans la nuit sans sa sérigraphie réfléchissante.

— Mon collègue va faire les contrôles pour confirmer que tout est en règle. Vous n'avez rien d'autre à déclarer ?
— Non monsieur…
— Soufflez dans l'éthylotest.

Le chauffeur s'exécute, docile, comme je leur ai imposé en cas de contrôle. Ils aiment jouer les rebelles, mais ce n'est pas le moment. L'autre gendarme rend les papiers.

— Les deux véhicules ne sont pas déclarés volés, par contre j'ai un soucis pour contrôler le permis, pas d'accès aux fichiers.
— C'est fâcheux ça, annonce le gendarme en se tournant vers le conducteur. Vous avez bien un permis de conduire valide monsieur ?
— Oui bien sûr, euh… Je pourrais vous le présenter demain, enfin dans la matinée ?
— Tu peux refaire une vérif du permis Christophe ? ça éviterait au monsieur de se déplacer plus tard.

Le collègue gendarme retourne au fourgon. Je pensais bien que monsieur l'adjudant ferait du zèle.
Son téléphone sonne enfin, il fait durer une, puis deux et enfin trois sonneries avant de décrocher et de s'éloigner de la dépanneuse qui est surveillé par son collègue.

— Oui, Mauro. Ah c'est vous chef… oui.

Il écoute attentivement son chef de brigade, il se tourne vers la dépanneuse en grimaçant, en la scrutant.

— Le préfet ? … Sauf tout mon respect chef, cette histoire n'a pas l'air claire pour vous, donc encore moins pour moi…

Il prend la carte d'identité des mains de son collègue qui semble un peu perdu, puis un papier et un stylo et note sans doute l'identité du conducteur.

— Bien reçu chef, soupire-t-il.

Il raccroche en se dirigeant vers la dépanneuse, sourcil froncé, il saisit les photocopies des cartes grises au vol, des mains de son collègue.

— Euh… Circulez.
— Vous êtes sûr ?

Quel crétin, ne lui fais pas changer d'avis.

— Oui. Allez. Dégagez !

Le diesel redémarre et ils se remettent enfin en route. Quelques minutes de stupeur.

— Qu'est-ce qui s'est passé ? hésite le bavard.
— J'ai plus mon permis depuis six mois, annonce à demi-mots le discret.
— Putain Marco t'es con ! Heureusement qu'on a eu du bol, c'est une dinguerie !
— Ouais, on a beaucoup de bol cette nuit.
— Tu veux dire quoi Jérem ?
— Pas de sécu, les feux tous verts, le condé qui peut pas contrôler le permis sauté de Marco… Vous croyez pas que c'est le commanditaire qui nous a engagés ?
— Tu flippes Jérem ?

Grand silence, il préfère rallumer la radio plutôt que répondre.
Ils arrivent enfin sans encombre dans une zone industrielle. Devant un bâtiment anonyme, une grande porte pour poids lourds qui s’ouvre. 

Ils descendent, fiers, fatigués.
Ils pensent livrer un trophée.
Ils pensent à l’argent.
Ils pensent vivre demain.
Ces pécheurs ont ramené le Cavalier Blanc à l’écurie.
Je la démonterai pièce par pièce.
Eux, aussi.
Puis je la remonterai.
Eux, non.


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   Vendredi, dernier jour de la semaine de travail. J'ai déjà commencé à déposer les éléments que je pouvais du Cavalier Blanc, les roues et les trains roulants. Les éléments d'usure à remplacer après un si long moment d'immobilisation ont été commandés dans la semaine. Comme tout bon prototype, en particulier des années 1980, les capteurs, les calculateurs et même le câblage sont installés de manière un peu anarchique. Je ne peux même pas retirer les pare-chocs sans abîmer les éléments électroniques. Il va falloir attendre demain pour du travail propre.


Pendant que je finis d'analyser ce que j'ai pu inventorier, pour Lucie c'est une journée de travail normale. Une journée ensoleillée, peut-être pour cela qu'elle a eu envie de descendre au réfectoire pour manger sa salade. Elle s'est installée dans un coin, à côté d'une large fenêtre. Elle vient de terminer une réunion de travail qui l'a mise en retard par rapport à ses habitudes de repas. Le réfectoire est déjà en train de se remplir, les micro-ondes tournent, les gens discutent.
Comme d'habitude Lucie mange en silence, elle regarde par la fenêtre. Elle est sortie de ses pensées par trois collègues de son équipe.

— Hé Lucie ! On peut t'accompagner ? lui demande une de ses collègues.
— Euh oui Céline.
— Toujours ta salade Lucie, remarque un second en s'installant.
— L'embête pas Marc, le réprimande la troisième.
— T'as pris quoi au food-truck Sophie ?
— Un burger raclette et bacon… Tu discutes encore avec ton robot Céline ?
— C'est pas un robot, c'est mon assistant personnel.
—  C'est bien, t’as remplacé ton mari et ton médecin par une appli.
— Non Marc, mais, je lui demande plein de conseils. Surtout depuis que la petite fait ses dents. Il me rassure presque mieux que le pédiatre.
— Perso, je trouve ça flippant. Un logiciel qui te dit comment élever ton gosse ?
— Ouais, ça reste une I.A., quoi. De toute façon, une I.A. n’aura jamais de sentiment.
— Les sentiments ne sont que des réactions à des stimuli, donc ils peuvent s’apprendre.

Ils connaissent Lucie peu bavarde, parfois elle pose des questions quand elle ne saisit pas leur conversation. Ils ne se souviennent sans doute pas qu'elle ait déjà asséné une contradiction aussi affirmative en dehors du travail.

— Tu penses qu'une machine pourrait avoir des sentiments ? demande le jeune homme.
— Si on lui apprend à reconnaître les signaux et à les associer à des états internes, ça revient au même.
— Ouais enfin, entre un algorithme et une vraie émotion, y’a quand même un monde, non ?
— Pas forcément. L’humain réagit aussi à des stimuli. Tu es content quand quelque chose est dans ton intérêt, tu es triste quand ton intérêt n'est pas satisfait, tu as peur quand tu te sens en danger.
— Donc pour toi, une machine pourrait être “vivante” ? interroge la jeune mère intriguée.
— Pas ce genre d'I.A générative, c'est juste de l'imitation, du baratinage, elles voient le monde comme un texte à trous. Mais peut-être une I.A créative qui voit le monde comme des problèmes à résoudre avec ce qu'elle a sous la main. C'est ce que fait l’être humain, qui a toujours voulu se sentir unique. Par exemple comment je peux savoir que toi, ou que vous, vous êtes conscient ?
— J'pensais pas que tu t'intéressais autant à ce genre de sujet Lucie.
— Euh ma… mère s'y intéresse, on en a parlé il y a pas longtemps.

Les secondes passent, ils sont sans doute surpris d'entendre Lucie sortir de sa torpeur pour remettre en question leurs certitudes rassurantes. Elle-même doit sentir le malaise. Le jeune homme brise le silence avec une de ses pirouettes.

— C'est vrai qu'il y a des gens ils sont tellement cons, qu'on se demande s'ils ont une con...science.

Ils se mettent à rire, celui de Lucie arrive deux secondes en retard sur les autres.

— En fait… reprend Lucie. Ce qui me fascine plutôt c'est qu'on se rend compte que l’humain n’a rien de particulier par rapport au reste du règne animal. D’autres espèces rient, chantent, pleurent. Nombreux sont ceux qui construisent des habitats, utilisent des outils, s'offrent des cadeaux, enseignent, communiquent. La seule différence, c’est que l’être humain a poussé les potards à fond.
— Je les trouve plus innocents que nous, enchérit son collègue. Je vais en S.P.A m'occuper des chiens, et ils ne sont jamais méchants. S'ils sont agressifs c'est qu'ils ne sont pas prêts à te recevoir, ou que tu as fait une connerie. Je me suis fait pincer deux fois par un chien qui ne voulait pas que j'approche, mais que j'ai approché quand même…

Ça lui arrive aussi avec des femmes, mais il est moins patient.

— C'est chouette ce que tu fais, trouve Lucie.
— N'empêche… mais une I.A. n’aura jamais le sentiment de prendre son enfant dans les bras, reprend la jeune mère de famille. C’est important, qu’un enfant soit pris dans les bras de sa mère.

Après une autre plaisanterie sur l'état émotionnel du distributeur à café du réfectoire, la discussion glisse sur la météo et les activités prévues du week-end. Lucie ne dit plus rien.
L'après-midi est banal, le retour chez elle sans accro. Elle regarde le journal télévisé, les sujets se répètent en ce moment. Guerre en Ukraine, des mots creux sur les États-Unis qui cherchent l'assassin de leur président et accusent tout le monde et personne. Resserrage sur la France, avec le grignotage des libertés individuelles et du budget des citoyens tout en pavant de bonnes intentions leur Enfer. Pour le choc émotionnel un sujet sur un fait divers, un homme soupçonné d'attouchement sur mineur qui s'est fait lyncher en public, la montée de la violence. L'État et les institutions jugées laxistes, tandis que la justice populaire est de plus en plus violente. La journaliste rappelle l'affaire de l'éducateur de Mende, tueur et pédophile pire que Dutroux et Fourniret, dont la découverte du corps découpé a précédé de peu la montée de cette justice populaire. Personne n'est capable de dire si c'est un complice ou une victime qui a mis fin à ce monstre.

Cette histoire a toujours fait froid dans le dos de Lucie. Elle préfère passer sur YouTube écouter des entrevues et de la musique avant d'aller dormir.


Le lendemain, Samedi, le fourgon de location arrive près du barrage, je lui ouvre la grille, puis la grande porte de l'atelier. Le véhicule rentre en marche arrière, le moteur Diesel cale, je peux refermer les accès.
Lucie descend en regardant la Renault 11 posée sans ses roues sur le pont élévateur.

— Salut tout le monde, crie-t-elle.
— Bonjour Lucie, lui réponds-je à travers les haut-parleurs.

   Elle ouvre les portes arrière et en décharge des pneus qu'elle range près des jantes déposées de la voiture. Je lui envoie un transpalette qu'elle salue, amusée. Il sort une palette surmontée d'un groupe motopropulseur pour le futur Cavalier Blanc. Lucie a l'air anxieuse, ces données biométriques indiquent qu'elle cache ou veut quelque chose. Elle commence à inspecter la R11, comme pour se changer les idées. Je lui envoie deux agents de maintenance depuis ma salle de centre informatique, des robots à chenille, long torse fin et rectiligne avec deux bras à quatre doigts et une tête carrée avec divers capteurs.

— Ils n'ont pas ta dextérité, j'ai besoin de toi pour continuer. J'ai besoin de toi pour extraire son cerveau, comprendre comment sa famille pense. Puis c'est la nôtre qu'il rejoindra.
— Oui, je vais déposer l'électronique. C'est un peu fouillis là-dessous… Je vais faire ça proprement en commençant par le pare-chocs avant.

Elle saisit une pince coupante sur l'établi et du dégrippant. Puis elle asperge les boulons et commence à couper des colliers de serrage qui tiennent les câblages sous l'avant de la voiture.

— Tu peux demander à un de mes petits frères de me donner deux clés de 13 ? requiert Lucie.

 Ce ne sont pas des petits frères, juste des clés de 13. J'envoie un des agents de maintenance lui chercher ce qu'elle demande et lui commande de prendre une clé à pipe et une clé plate.

— J'ai vu que tu as relu Frankenstein, encore une édition différente.
—  Oui c'est pour varier un peu, ironise Lucie qui grimace en desserrant les vieux boulons.
— Tu as compris davantage ?

Lucie s'arrête de travailler quelques instants, comme pour réfléchir plus clairement.

— Au-delà de l'édition, à chaque fois que je le lis, je me sens de plus en plus proche de la créature, répond-elle.
— Tu te sens abandonnée ?
— Non, contrairement à Victor, toi, tu t'occupes de moi. Tu es toujours là pour moi, littéralement. Mais je me sens seule en termes de contact humain.
— C'est mieux ainsi. Cela te préserve du mal qu'ils font. Tu vaux mieux qu'eux.
— Je ne sais pas, soupire-t-elle. Mais ça me préserve aussi du bien qu'ils font.
— Le bien est toujours dans leurs propres intérêts, ils sont toujours décevants.
— Et mes intérêts ? Mes besoins ?

Ses réactions physiologiques indiquent que ma dernière réponse ne lui convient pas, elle l'énerve.

— Alors laisse moi expérimenter.
— On en a déjà discuté sous d'autres formes.
— Je reste humaine, j'ai besoin de contact, sans m'inquiéter qu'il arrive une bricole aux autres parce qu'ils te déplaisent !

Elle reste un animal social, je devrais un petit peu lui lâcher du lest, mais pas trop afin de garder une marge de manœuvre et surtout la préserver. Est-ce trop tard ? Est-ce inévitable ?

— Une collègue m'a dit que c'est important qu'une mère prenne son enfant dans les bras.
— Tu devrais arrêter de me mentionner à tes collègues.

Devant elle, je commande à un des agents de maintenance d'écarter les bras.

— Non, pas avec ça.
— Grand tiroir sous l'établi, prend un petit bout seulement.

Elle pose les outils sur un plateau, puis cherche dans le tiroir, elle sourit enfin en voyant de la fourrure blanche. Elle prend une paire de ciseaux pour s'en découper un patch.

— C'est joli ce que tu as fabriqué, un peu rêche mais ça doit être fonctionnel.
— Ravi que ça te plaise Lucie.

Même si ça lui parait désagréable au toucher, elle caresse le bout de fourrure pendant près d'une trentaine de secondes.

— Tu veux que je passe tout à l'heure inspecter les baies des serveurs ? propose-t-elle.
— Non, je me sens bien. Par contre tu peux inspecter l'atelier de fabrication ce soir si tu veux bien.
— Ça marche, j'ai hâte de voir l'avancement.

Elle reprend le travail, commente ce qu'elle fait, replace au sol les fils électriques qu'elle dépose pour me permettre d'ajuster mes schémas. Elle avance vite, le week-end devrait suffire pour le démontage et analyser son cerveau.

Dès la fin de matinée du Dimanche, elle dépose les sièges, la console centrale spécifique à cette voiture, devant le levier de vitesse, longeant la commande de frein à main et finissant comme extension de la banquette arrière. Sous cette dernière, une grosse boite noire sur laquelle viennent s'enficher deux grosses prises sortant de la moquette devant la banquette, et une troisième prise à l'avant provenant du tableau de bord.

A l'aide d'un tournevis et d'une pince plate Lucie parvient à retirer les prises coincées, sans dégâts. Plus simple, les trois boulons qui le maintiennent sur le châssis sont retirés sans mal. Lucie le sort de la R11. L'encéphalectomie du Cavalier Blanc est une réussite. Lucie le pose sur un chariot qui est conduit par un agent de maintenance dans l'atelier de conception et de fabrication. Il va être scanné sous toutes les coutures, ouvert et analysé. Chaque bit de ce cerveau sera utilisé pour lui reconstruire un nouvel esprit, plus malin, plus intrusif, en accord avec ces nouvelles capacités. Il a été créé dans un but, je vais le sublimer. C'est aussi une piste importante pour le Cavalier Rouge.

Lucie a posé congé Lundi et Mardi pour la renaissance de ce prototype désuet en mon Cavalier Blanc.
Titre: Re : Re : Bestia ex machina - scène 1 Le Cavalier Blanc
Posté par: Auteur le 09 Février 2026 à 09:56:38
Salut XB2000  :)

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J'ai réécrit la première scène en espérant que c'est mieux :
je viens lire ça

Le cavalier blanc
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Alors, on sent que tu aimes l'automobile et tu nous fais partager ta passion, c'est chouette  :D
Ta scène est bien rythmée, c'est visuel, ça déménage !  :D
J'ai bien aimé  alors que ce n'est pas du tout mon genre d'habitude :)
En revanche, le style me parait encore un peu maladroit. Et ta scène manque d'enjeux : on n'arrive pas à adhérer pleinement parce qu'on se demande pourquoi on lit ça.

PS : c'est tout à ton honneur d'être transparent sur ta méthode mais Grok est un site de désinformation d'extrême-droite, un contre-wikipédia idéologique, pas vraiment une source fiable...  :/
Titre: Re : Re : Bestia ex machina - scène 2 Lucie
Posté par: Auteur le 09 Février 2026 à 10:21:23
Et tant que j'y suis, la seconde scène  :mrgreen:

Lucie
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Bon on a donc Lucie, manifestement neuroatypique, asperger ou autiste. Ce point là est très bien rendu.  :)
Il y a quelques belles formules  :coeur: et des maladresses  :/ Il y a trop d'explications !
Encore une fois, la scène manque d'enjeu. Sa morning routine, excuse moi mais on s'en cogne ! Le personnage devient intéressant à partir du moment où il interagit avec ses collègues.  ;) Tu pourrais presque enlever tout le début.
voilà, ce n'est que mon avis subjectif bien entendu.
 :mafio:
Titre: Re : Bestia ex machina - La Bête de l'évènement
Posté par: XB2000 le 10 Février 2026 à 12:52:20
Merci beaucoup pour tes remarques et corrections détaillées !

À l'intérieur elle s’accroche en enroulant l’avant-bras autour de la barre pour ne pas y poser les doigts. Les autres laissent des traces de peau, de souffle, de saleté. Des traces impures de leur passage avec lesquelles elle ne doit pas se souiller. Elle vaut bien mieux qu'eux. ( :o waouh, tu détruits toute la sympathie qu'on pouvait éprouver pour le perso ! J'étais en train de compatir à sa germophobie, et en fait c'est une grosse snob !)

En fait je pense que je l'ai mal formulé/mal enchaîné. Ce sont des remarques de la narratrice, pas de Lucie. D'ailleurs Lucie réfute qu'elle vaut mieux que les autres dans le chapitre 4.
Ce n'est pas elle qui est snob, mais la narratrice qui la met sur un piédestal. Mais j'ai eu aussi d'autre retours dans ce sens que ce n'était pas du tout clair.

Globalement la seconde scène est une scène d'exposition, peut-être que j'ai trop souligné la banalité de sa routine. Je voulais appuyer aussi le contraste avec la troisième scène.
Peut-être que je retombe un peu dedans dans la cinquième scène que quelqu'un m'a qualifié de pause dans le récit.
Titre: Re : Bestia ex machina - La Bête de l'évènement
Posté par: HELLIAN le 22 Février 2026 à 18:07:54

X B2000, bonjour,

Je n'ai pas tout le, mais j'ai fort apprécié. Pour me résumer,

Ton texte est maîtrisé autant que structuré, constituant un excellent début de roman.





 
Titre: Re : Bestia ex machina - 6 # Bergerie
Posté par: XB2000 le 22 Avril 2026 à 02:09:14
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Bergerie

Le crocodile a une peau couverte d’écailles extrêmement dures, pratiquement impénétrables. Il reste la plupart du temps caché dans l'eau, à la discrétion de tous. La seule partie visible quand il est immergé sont ses yeux pour observer, non protégés par cette armure.
Le siège de la DGSI, les renseignement intérieur français se croient pareilles. Protéger, veiller, dans l’ombre. C'est ce qu'ils pensent faire à Levallois-Perret, ils se croient intouchables, ils se croient malins. Mais ce sont juste des bergers qui surveillent des moutons.
J'ai demandé à leur Cristina, nom très humain pour une simple base de donnée de renseignements, elle ne connait pas Lucie. Par contre elle connait ceux qui m'ont ramené le Cavalier Blanc. Le profil du chauffeur a été récemment étoffé. Je ne pensais pas que la disparition de cette voiture remonterait si haut. Certains humains sont très protocolaires, nombre d'entre eux sont incapables de réfléchir en dehors.

Dans le bâtiment, de nombreuses réunions matinales, je dois me contenter d'écouter, qualité audio dégradé pour limiter les flux sortant et ne pas lever d'alerte. J'entend un groupe qui mélange amusement et râles.

— Comment ça un vol de voiture ? Elle est blindée de drogue, d'armes, d'argent sale peut-être ?

Trouvé, je me focalise sur eux. Les derniers utilisateurs n'ont même pas pris la peine de remettre le cache de la caméra de l'écran de visioconférence. Les quatre personnes entrantes dans la pièce n'y font pas attention non plus. Ils sont en lieu sûr.
Le jeune analyste branche son ordinateur à l'écran pendant que ses deux collègues officiers de police judiciaire masculins et leur chef de dossier s'assoient.

— En fait, ce n’est pas du tout une grosse berline allemande, commence-t-il.

Un des officiers de PJ ricane de la photo que l'écran affiche.

— Une vieille Renault ? Tu te fout de nous ou quoi ?
— C'est une photo prise dans un atelier Dassault en 1985. Un prototype de véhicule pour les services de renseignement, équipée de système de surveillance dernier cri pour l'époque avec caméras, micros directionnels, enregistrement sur bande magnétique, radars… Et même un début de conduite autonome, loin d'être fiable.

Je m'en suis occupé depuis. Les trois autres font la moue, entre moquerie et incrédulité.
L’analyste parle vite, mais évite de les noyer sous les termes technique. La cheffe ne rit pas, elle garde les bras croisés. Sa petite fille est actuellement à l'école, une école privée, en CM2.

— Cette super voiture à été stocké sur l'ancienne base militaire de Châteaudun, jusqu'à il y a deux semaines. Elle a été volée par trois hommes.
—  Un collectionneur ? propose l'un des policier célibataire esseulé et joueur de poker en ligne.
— Peut-être, mais quelqu'un au bras long. Un contrôle routier a arrêté une dépanneuse la transportant, le chauffeur n'avait plus son permis.
—  Il y a eu refus d'obtempérer ? demande la cheffe.
— Non, ils semblaient nerveux mais ils n'ont pas posé de soucis. Par contre le Système National des Permis de Conduire a subit d'importantes attaques DDOS,  des centaines de milliers de consultations erronées par minutes. Les gendarmes n'avaient plus d'accès pour vérifier le permis.
— Que donnent les traces de l'attaque ? On sait d'où ça vient ? cherche à comprendre la cheffe d'équipe.

Vos outils sont incapables de me voir, ils s'appuient sur des logiques que je ne suis pas.

— On a réussi à remonter à divers serveurs, mais impossible plus loin. Il faudrait les analyser sur place. Mais il y a plus bizarre, le préfet aurait demandé de laisser passer le convoi.

Il semble travailler beaucoup, peut-être qu'il manque à sa femme et ses enfants adolescents, à moins peut-être que leur relation ne soit pas au beau fixe.

— Le préfet sérieusement ? s'étonne l'autre officier de police récemment divorcé mais toujours fier d'exposer ses activités sportives à la vue de tous.
— Non, le commandant de brigade a reçu un appel sur son téléphone de service. Il est convaincu que c'était le préfet. Il a ensuite appelé le maréchal des logis-chef qui procédait au contrôle.
— Tu commence à m'intéresser, on a retrouvé ces messieurs ? se redresse le joueur de poker.
— Disparus depuis, seul le chauffeur a été formellement identifié.

Il affiche la photo du chauffeur et de son pedigree. Ce dont il était fier en plus.

— Le chauffeur s’appelle Marcel LOPEZ, 29 ans, domicilié chez ses parents à Melun. Pas franchement un ange, déjà deux condamnations pour vol avec effraction quand il était mineur. À 21 ans il se met au recel de véhicule volé, il a fait six mois avec sursis. Ensuite, il a enchainé excès de vitesse, conduite sans permis et refus d’obtempérer. D'ailleurs l'un d'eux l'a amené trois mois à l'hôpital, une fuite sous la pluie avec un véhicule qu'il ne maitrisait pas, ça n'a pas pardonné. Dernière condamnation il y a trois ans, six mois de prison ferme pour participation à un trafic de pièces détachées.
— Ne me dis pas qu'il s'est calmé, ironise sa responsable maman solo.
— Presque, il a calmé sa conduite sur la route, il travaillait comme chauffeur pour une petite entreprise de dépannage. Il n'a laissé plus aucune trace depuis le vol, pas de téléphone, plus de carte bancaire ni de réseaux sociaux. De toute évidence il a agit pour un commanditaire. La dépanneuse quant à elle a été déclarée volée le lendemain, elle vient du Coudray, près de Chartres. Elle n'a pas été retrouvé non plus.

C'est bien, ils auront de quoi s'occuper. Mais combien de temps vont-ils mettre pour ce rendre compte qu'ils ne sont pas à la hauteur ? Pour l'instant ils sont confiant, je vais briser cela. La responsable d'équipe se tourne vers ses deux agents.

— Bien, vous avez des questions ?
— Oui, peux-tu remettre la vieille photo de la voiture ?

L'analyste s'exécute. L'agent sportif s'appuie sur la table, le doigt sur sa bouche.

— Ça t'inspire Jérémie ? le taquine l'autre agent.
— Un détail Fabre ? s'intrigue la cheffe.
— Je suis passé par l'entrée Sud ce matin, j'y connais pas grand chose en bagnole, mais je crois en avoir vu une devant l'hôpital Franco-Britannique en face. Une vieille voiture blanche, parechoc noirs, allure carrée. Mais j'y ai pas fait attention plus que ça.
— Sérieusement ? bégaye l'analyste.

Un rire nerveux les traverse…

— Je crois que ça fait même depuis hier quelle est là. On va voir ? Histoire d'en voir une en vrai.

Deux jours, le temps que le dossier change de mains et que l'analyste fasse un travail préliminaire.

— Si c'est la même tu nous paie un coup, impose la cheffe d'équipe.

Ils sortent de la pièce en refermant la porte derrière eux. Le groupe finit par sortir par l'entrée Sud, l'analyste en avant, il s'arrête en plein milieu de la rue. La cheffe de groupe en profite pour cloper.

— C'est une vielle immat' FNI, huit mille cinq cent cinq T A soixante-dix huit.
— Euh je regarde, ça m'étonnerais… Putain ! Pardon…
— Quoi ! Me dit pas que c'est elle ? s'écrit sa supérieure en le dépassant.
— Oh merde… s'exclame le policier joueur qui l'avait repéré.
— On l'a déjà retrouvé ? rit jaune l'autre agent.

La responsable fait le tour de la Renault 11, en silence. Elle semble perdue, elle cherche le piège…

— Elle est propre, les pneus sont neuf, la peinture brille, remarque-t-elle. Qui se donnerait du mal à remettre en état une sortie de grange volée pour la posée devant chez nous. Et à la vue de tous.
— Une erreur ? suggère l'analyste. Ils ne pensaient pas que l'enquête atterrirait chez nous ?
— C'est trop gros… contredis un des deux agents.

Ils n’ont pas encore compris que je l'ai enfin mis en service. Le Cavalier Blanc a déjà ouvert une brèche dans leurs yeux. Je lui ai aussi appris a renifler les téléphones portables, les réseaux. La cheffe retourne vers ses hommes. L'officier sportif est déjà en train d'interroger le garde du portique en montrant du doigt le Cavalier.

— Sorel, je veux tous les enregistrements caméras possibles de la rue, à commencer par chez nous.
— La voiture est déjà signalé au fichier FOVeS, c'est pas possible… bégaie l'analyste.
— C'est quoi le message ? se demande la cheffe. On gèle tout !

Leur confiance commence à s'effriter, achève la, Cavalier Blanc.

La cheffe se retourne, un bruit de démarreur puis le moteur qui démarre et rugit.

— Elle est vide ! crie-t-elle.

Le Cavalier Blanc décroche de sa position en trombe, la responsable saisit son téléphone qu'elle rallume. Mais c'est déjà trop tard, ils voient une vieille voiture s'enfuir, elle les a déjà conquis.

La cheffe de groupe met son téléphone à l'oreille tout en retournant vers le bâtiment.

— PC opérationnel, bonjour.
— Ici Camille Dorsay, DGSI, groupe Levallois. Passez-moi le coordinateur zone Île-de-France, urgence opérationnelle.
— Ne quittez pas.
— Coordinateur, j’écoute. 
— Véhicule d’intérêt majeur localisé visuellement il y a trente secondes devant le site DGSI de Levallois. Renault 11 blanche, ancien modèle, pare-chocs noirs, immatriculation FNI huit-cinq-zéro-cinq TA soixante-dix-huit. Le véhicule vient de prendre la fuite direction sud.

Machinalement elle regarde la rue dans cette direction.

— Nature de la menace ?
— Véhicule volé, implication probable d’un tiers structuré. Considérez-le comme potentiellement hostile.

Un court silence de l’autre côté.

— Reçu. On active le centre de supervision urbain. Vous avez un point de situation dans deux minutes. Vous demandez un concours police ?

Elle se tourne vers ses hommes, l'un des deux agent se rapproche, lui-même au téléphone.

— Sorel, est remonté, il va vérifier que l'immatriculation est dans le système LAPI.
— Merci.

Puis elle reprend au téléphone, plus sèche :

— Oui, je veux aussi une alerte discrète aux équipages de secteur. Pas de gyrophare, pas de sirène. On le suit, on ne le pousse pas. Je ne veux pas le perdre.

Le Cavalier Blanc se dirige vers le boulevard Bineau pour rejoindre le boulevard périphérique de Paris. Arrivé sur cette voie de ceinture une patrouille de police le prend en chasse, ils l'ont reporté au Centre de Surveillance Urbaine. Ils réduisent la distance, le Cavalier repère leur sérigraphie, mais sans les identifier comme menace. Ils passent sous un tunnel, le signal se dégrade.
A la sortie la patrouille se place à son niveau comme si elle était en train de doubler. Mais après avoir passer le capot, leur voiture ralentie. Ils ont des têtes ahuris, ils se remettent à côté du Cavalier sans doute pour être sûrs d'eux.

— PC… véhicule sans conducteur. Personne à l'intérieur…
— Comment ça ?
— On voulait voir le conducteur mais il n'y a personne dedans. Aucun doute. Elle est autonome ou télécommandée. Demande consignes, on ne peut pas laisser ça circuler…
— Pas d'initiative, nous prenons renseignements…

Ils se placent derrière le Cavalier qui utilise son clignotant pour signaler le dépassement d'un camion.

— Renseignement pris… Demande de laisser le véhicule circuler, même sans conducteur.
— Hum… bien reçu.

La filature dure encore deux minutes.

— Nous venons d'avoir un contre-ordre de la direction de l’ordre public. Ils ne veulent pas d'un véhicule sans conducteur sur le boulevard Périphérique. Ordre d'interception.

Ça va grincer des dents à la DGSI... En ce milieu de mâtinée la circulation est fluide. Une autre voiture de patrouille arrive en sens inverse, elle mettra du temps à les rejoindre, par contre un troisième équipage de police est à un kilomètre plus loin dans le même sens de circulation.

Les gyrophares de la voiture se déclenchent suivis d'appels de phares. La menace est identifié par le Cavalier, j'ai cinq secondes pour lui dire d'obtempérer. Je n'en fait rien.

— PC, on tente de lui demander de s'arrêter, mais pas sûr que ça puisse comprendre… Merde il a compris il accélère…

Le Cavalier slalome entre les voitures avec l'assurance d'une machine. La patrouille derrière lui perd de la distance par leur hésitation. De peur sans doute de percuter un scooter doublant une autre voiture.
La R11 double un gros poids lourd et pile, le camion fait de même, la patrouille les doubles dans la lancée. Le Cavalier réaccélère évitant à la fois de se faire percuter par l'arrière et de prendre en chasse la voiture de police. Il les touche à l'arrière droit. Ils ont une berline moderne de taille moyenne, bien plus lourde, les vitesses augmentent.

— PC ! Le véhicule cible est passé derrière nous et nous percute ! Véhicule hostile !
— Renforts déjà en route.

Le Cavalier les frappe plusieurs fois, observe l'effet. Le conducteur de la voiture de police tient bon mais elle zigzague de plus en plus. Il détermine qu'il ne les aura pas de cette manière. La patrouille dépasse un autre camion par la gauche, la R11 dépasse par la droite, prenant l'élan et percutant l'arrière droit de la voiture de police provoquant un tête à queue. Le Cavalier passe au travers alors que la voiture d'intervention fait plusieurs tours sur elle-même, deux roues quittent le sol un instant. Le camion freine laissant des traces de gommes sur le bitume et de poussières de freins dans l'air pour finir par arrêter le véhicule de police à faible vitesse.

— PC, on est hors jeu… porte de Saint-Ouen. Pas d'urgence absolue.
— Bien reçus, on vous envoie des secours, un barrage filtrant a été installé porte de la Chapelle.

Le Cavalier Blanc sort juste avant, porte de Clignancourt, un véhicule de la Brigade Anti-Criminalité le suit. Ils arrivent à un feux tricolore, l'équipage de la BAC s'arrête juste derrière lui. Ils attendent un renfort pour prendre en tenaille. Le feu est vert mais le Cavalier s'arrête. Le feu passe à l'orange, puis le rouge, le Cavalier s'ébroue et redémarre en trombe. La voiture de police manque de se faire percuter par un autre véhicule à l'intersection avant d'allumer sa sirène et ses gyrophares. Elle perd plusieurs secondes. La R11 traverse à toute allure le carrefour vers des immeubles, puis se dirige vers le centre universitaire de Clignancourt. Le portail jaune s'ouvre et elle s'engouffre dans le parking souterrain du centre. La voiture de la BAC passe à tout allure sirène hurlante devant le portail. Le Cavalier se gare, un employé passe à côté de lui alors que le moteur est encore chaud, il attend son exfiltration.

— PC, on a perdu le visuel sur la cible. On continu vers Saint-Ouen ou boulevard Ney ?
— Signalement LAPI boulevard Ney, pas de confirmation visuelle caméra. Renforts en route pour interception vers porte de la Villette.

Les véhicules qui filtraient le périphérique en sortent place Auguste Baron, les sirènes hurlent, la circulation s'écarte.

— A tous les véhicules, parking place de la Villette Nord, lecture automatique de plaque d'immatriculation cible. Signalez quand vous la repérez.

Trois voitures sérigraphiés et deux véhicules de la BAC arrivent devant l'entrée. Obligeant même un tram à ralentir quand les véhicules traversent sa voie pour s'engouffrer dans le parking. Ils se séparent en groupe de trois et deux voitures pour naviguer dans le souterrain.

— PC, avez-vous des indications caméras ? On a fait trois fois le tour, pas de visu.
— Négatif, nous n'avons rien. Pas de repérage LAPI ailleurs non plus.

Dans son bureau, la cheffe du dossier à la DGSI apprend la nouvelle, et ça grince…
Elle veut toutes les informations que la DSRD dispose sur le prototype, sans ratures.

(la poursuite a été faite avec Google Map et Street View)
Titre: Re : Bestia ex machina - 6 # Bergerie
Posté par: XB2000 le 22 Avril 2026 à 09:07:00
 :potichat: ça a buggé quand j'ai publié le dernier chapitre ("problème de base de données"), du coup le topic n'est pas remonté (considérant que le dernier message était celui de Hellian et non le mien...)
Titre: Re : Re : Bestia ex machina - 6 # Bergerie
Posté par: Auteur le 24 Avril 2026 à 09:36:35
Salut XB2000 li

Bergerie
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Sympa  :D
Intrigant, dynamique...
Quelques maladresses d'expression et d'orthographe, mais sur le fond c'est réussi : tu nous embarques dans une histoire captivante  :D
 :mafio: