Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: prune le 30 Août 2025 à 17:51:42
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Il avait ce soir-là l'allure d'un grand prêtre
La démarche empesée du vieil anachorète
Repu de solitude et saperlipopette !
On ne voyait que lui du haut de ses deux mètres.
Je craignis un instant que l'homme m'envoie paître
Imbu de ses pensées bien loin de cette fête
Où je vivais perdue en mon âme obsolète
Et pourtant je voulais me faire reconnaître !
Ô j'aurais préféré qu'il fût un cénobite
Dans sa communauté soudée quand on habite
Si près de l'amour vrai et si loin de Satan.
Il s'éloignait déjà sur le chemin sablé...
Prenant mon courage à deux mains, le cœur battant,
j'ai rattrapé son corps pour ne plus le quitter.
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Ce poème a un charme particulier, car il évite le lyrisme convenu et joue sur un registre hybride : à la fois mystique, ironique et amoureux. On y sent une vraie liberté d’écriture, un goût pour le contraste.
Il m’évoque une sorte de parabole contemporaine où l’amour profane vient interrompre l’austérité sacrée.
J'aime bien ce « saperlipopette » que ma reconnaissance vocale se refuse obstinément à écrire et qui vient rompre de façon opportune le hiératisme
du personnage central. C'est ce qui fait la fantaisie du texte. Bravo !
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Un joli tableau, indiscutablement.
Je vous sens, malgré tout, un peu "à l'extérieur".
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Je vous sens, malgré tout, un peu "à l'extérieur".
Que veux-tu dire ?
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[Notez que je réponds, pour ma part, aux questions sur mes commentaires...]
Pour un texte à la première personne, j'ai trouvé que cela manquait de chair, comme si ce "je" demeurait observatrice alors que les derniers vers renvoient à la corporalité.