Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: LOF le 06 Juillet 2025 à 19:24:13

Titre: Les papyrus du mensonge (extrait 2)
Posté par: LOF le 06 Juillet 2025 à 19:24:13


                                   Les papyrus du mensonge

Que sais-t-il passé dans la vallée fertile aux vignobles plantureux comme une manne du ciel ?
Oui, Georgio a rompu son contrat avec la perverse Omphale qui l’obligeait à se travestir en femme devant toutes les employées de la maison.
Il rôde maintenant sur les routes incertaines.
Mais les routes sont défoncées, les collines éventrées, les paysages de vignes recouverts de poussières, d’éboulis, des trous béants fume un souffle acre des poumons de la Terre.
Elles ont  glissées les plaques, provoquant des failles gigantesques après que le sol ait
 tremblé durant d’interminables secondes.
La vallée, ses villages, ses rivières, ses côteaux, n’offrent plus qu’un paysage de ruines, où sous les pierres des mains se tendent et des cris fusent jusqu’à épuisement.
Dans les décombres de pauvres bougres miraculés errent, barbouillés de terre, à la recherche de leur maison ou de leurs proches disparus.

La nouvelle du séisme  est parvenue  jusqu’à Trachis.
Hyllos a cessé de gratter sa guitare et de chanter les derniers tubes à la mode.
La stupeur règne ici.
Hyllos fait son sac avec un peu de nourriture.
Cette fois il craint que le père invincible n’ait eu raison du tremblement de terre.
Il lui faudra plusieurs jours pour arriver sur les lieux.
Les cours d’eau sont sortis de leur lit, les champs de blé sont devenus des crevasses, les collines des montagnes de boue, les corps de ferme des débris de charpentes sur des monceaux de gravats. 
Les animaux sont emportés par le flux incontrôlable des rivières.
Hyllos glane des renseignements auprès des survivants quand ceux -ci, hagards, ont encore un peu de raison pour dire quelques mots.
La nuit, les gens cherchent des lieux désertés, se blottissent, se tiennent la main, dans l’attente d’une secousse qui pourrait encore ouvrir la terre.
Ce n’est qu’à l’aube, dans des frimas de brume en plein été, que Hyllos, parmi un paquet de silhouettes vacillantes, fantomatiques, croit reconnaître l’allure de son père.
Ils sont décharnés, en loques, pétrifiés sous des enveloppes de boue desséchée.
C’est alors que Georgio gauchement avance vers son fils  et s’adresse à lui en ces termes :
Mon enfant, il faut que tu m’aides. Voici des amis, nous travaillions ensembles, il faut que tu les ramènes dans notre pays. Demande à ta mère de les accueillir, moi je reste ici. J’ai encore beaucoup à faire pour sauver ces malheureux.
Hyllos partage les fruits et galettes de son sac avec les errants autour de son père.
Vers midi, après s’être embrassé longuement, le fils se sépare de Georgio, et accompagné de son maigre troupeau de survivants, traversant des régions de cauchemars, il regagne enfin le doux pays de Thessalie.