Salut lecteur !
Tu l'auras sûrement deviné au titre : je n'ai pas choisi de développer les personnages proposés dans la consigne – pour changer :mrgreen:.
La sorcière et le lagomorphe sont deux personnages tirés d'un rêve (qui finit peut-être un peu caliente, je plaide coupable avec pour défense que je ne contrôle jamais mes rêves, ce qui peut donner de sacrées bonnes bases de narrations...). Ça fait un long moment que j'avais envie de leur écrire un petit truc à eux et, même si je ne pense pas le finir ici et maintenant, je trouve que cette scène se prête bien au thème. J'ai essayé au mieux de mêler les deux types de description, classique pour l'un, maligne pour l'autre. Ça donne un mélange peut-être un peu bancale, mais ça fait partie du jeu et de l'exercice, j'imagine.
J'ai volontairement coupé après le premier dialogue, qui permet l'ultime détail de description, pour éviter de rentrer dans un gouffre plus narratif qui lancerait une histoire trop longue pour un Atelier.
Une bonne lecture à toi !
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
LA SORCIERE ET LE LAGOMORPHE
À la tombée du jour, elle atterrit devant l’imposante double-porte de la fabrique. Elle épousseta ses jupons de pétales. Si voler sans son balai lui permettait de mieux esquiver les tempêtes, cela n’empêchait pas le vent de jouer avec sa robe. Elle s’avança et son pied nu frôla une dalle ensorcelée. Le message était clair : ici, elle ne pourrait pas user de magie, ni pour se défendre ni pour franchir un obstacle ; comme atteindre ce fichu heurtoir, installé à deux mètres du sol.
Elle se hissa sur la pointe des orteils, se retint au chambranle pour garder l’équilibre, déstabilisée par l’absence soudaine de sa magie, et frôla – à peine ! – du doigt l’anneau de métal. Se sentant minuscule, elle s’énerva, insulta l’ingéniosité du maître des lieux d’un coup de pied dans le battant, qu’elle regretta aussitôt. Un frisson de douleur remonta le long de son corps, si bien que sa tignasse, buisson d’épines roussi, laissa éclore plusieurs minuscules fleurs roses sous l’émotion.
Elle recula d’un bond, assez pour retrouver tous ses pouvoirs, et frotta son visage rougi de colère. Ses prunelles, héritées de sa grand-mère, une furie, s’étrécirent en un éclat doré et menaçant :
! tnattab utuof ec ervuo’s euq ,snagaruo sel suot te setêpmet sel setuot raP —
Une puissante tornade se déchaîna dans le creux de ses trois doigts et elle la lança sur l’agaçante porte, une larme de sève et de rage au bord des yeux. Bien sûr, son sort se dégonfla devant le battant, toujours intact, presque moqueur. La sorcière hésita à laisser déferler son orgueil blessé, armée de quelques cailloux bien lancés. Après un premier jet qui atterrit sur un parterre de fleurs colorées, elle se résolut à annoncer son échec au grand concile des sorciers. La poignée tourna et le maître des lieux apparut.
On le nommait le lagomorphe. Lapin ou lièvre, nul ne le savait vraiment, à cause des nombreuses métamorphoses qu’il avait subies.
Debout sur ses pattes arrière, les bras croisés sur son torse, il la toisa de sa hauteur, vertigineuse pour la sorcière. Deux mètres pour une allure presque humanoïde. Une exception dans le monde. Une erreur, disaient certains. L’abjecte création d’un magicien fou, dont il gardait les cicatrices. Le lagomorphe possédait un corps svelte et musclé, clairsemé d’entailles, à l’opposé de la mignonnerie de ses congénères.
Le long de son pelage gris cendré fourmillait la magie de son créateur, assassiné dans des circonstances étranges, empêchant tout retour possible pour le lagomorphe. Sans se préoccuper du cours des pensées de la sorcière, il l’étudia de son regard d’améthyste et sourit, laissant apparaître une petite canine charmeuse :
— Tu as gardé le pendentif que je t’ai fabriqué, ronronna-t-il.
La sorcière recula d’un bond, prête à s’enfuir, une main posée sur sa poitrine pour dissimuler son erreur, une sensiblerie lui rappelait parfois sa sœur aînée.
La sorcière et le lagomorphe
Arrivée devant l’imposante double-porte de la fabrique, elle épousseta sa robe pour lui redonner un peu de forme. Voler, même sans son balai, n’empêchait pas le vent de jouer avec ses jupons de pétales. Elle s’avança d’un pas et son pied nu frémit sur la dalle de pierre ensorcelée. Le message était clair : ici, elle ne pourrait pas user de magie ni pour se défendre ni pour faciliter sa progression ; comme pour atteindre le heurtoir. Elle se hissa donc sur la pointe des pieds, dut même s’appuyer sur le chambranle pour – à peine – réussir à frôler du doigt l’anneau de métal. Elle s’énerva, insulta l’ingéniosité du maître des lieux d’un coup de pied dans le battant, qu’elle regretta aussitôt. Un frisson remonta tout le long de son corps au point que sa tignasse de branches roussies frisa et laissa éclore plusieurs fleurs roses sous la douleur. Elle recula d’un bond, son visage rougi de colère, presque semblable à celui de sa grand-mère – une furie – dont le sang coulait dans ses veines de sorcière.
! tnattab utuof ec ervuo’s euq ,snagaruo sel suot te setêpemt sel setuot raP —
J'adore la formule, et la tignasse qui fleurit ! Ici je vois une description à fond tournée sur l'action (La seule phrase de description classique que j'ai vu est en vert), où on découvre une petite sorcière au cœur tout feu tout flamme. Le ressenti est mi kawaii mi cartonnesque, dans le meilleur sens possible.
Une brise se forma dans le creux de ses trois doigts et elle la lança sur l’agaçante porte, une goutte de sève aux yeux. Bien sûr, son sort s’évapora avant d’atteindre sa cible. Elle se résolut à rebrousser chemin annoncer son échec au grand concile des sorciers quand la poignée tourna et qu’apparût le maître des lieux.
Un lapin, posté sur ses pattes arrières, ses bras croisés sur son torse, la toisa de sa hauteur, vertigineuse pour la sorcière. Deux mètres pour une allure presque humanoïde, une exception dans le monde entier. Une erreur disent certains, la bête immonde d’un magicien fou, dont il garde les cicatrices, comme son corps svelte et altier, à l’opposé de la mignonnerie de ses congénères. Le long de son pelage gris cendré fourmillait la magie de son créateur, assassiné depuis, empêchant tout retour possible pour le lagomorphe. Sans se préoccuper du cours des pensées de la sorcière, il l’étudia de son regard d’améthyste et sourit, laissant apparaître une petite canine charmeuse :
— Tu as gardé le pendentif que je t’ai fabriqué, ronronna-t-il.
La sorcière recula d’un bond, prête à s’enfuir, une main posée sur sa poitrine pour dissimuler son erreur.[/justify]
Dans la deuxième partie j'ai l'impression que l'arrivée du lapin force presque la description classique. Il est tellement spécifique que ce serait difficile de le décrire par l'action. Quand tu as mentionné la sorcière au début du texte, j'avais une image en tête que tu as conjuré avec le balai... Et que j'ai corrigé au fur et à mesure. Pour conjurer une image de ce lapin là, bonne chance xD
Il y a une suite ? :3
A bientôt !