Transmissions
Voilà, je quitte la route et emprunte le sentier caillouteux. À droite, après quelques dizaines de mètres, la ferme. Premier virage. La pente est raide et j’écoute les buissons qui chantent. Plus ça grimpe et plus je m’approche des parfums d’aubépine. Plus ça grimpe, plus je guette le moment où je vais me retourner et voir les dunes au loin et la mer derrière, fine bande de couleurs changeantes.
Le soleil s’est caché et je souris. Je savoure le courant d’air frais qui glisse sur mes tempes à peine humides. Le rythme des battements de mon cœur s’accorde avec les stridulations des alouettes qui s’élèvent vers les nuages, plongent vers les champs, s’élèvent à nouveau. Ondulations dans le pré, j’aime le vent. Caresses sur l’orge naissant, festoiement de verts. Vagues dans le jeune blé, reflets presque bleus : images de Miyazaki. Un personnage va surgir. Sûrement. En courant ou sur un vélo, un grand sourire aux lèvres et les cheveux dans le vent…
Pas encore au sommet de la colline, mes godillots font crisser les cailloux sur l’argile sèche. Les ravines sur le chemin descendent vers moi comme autant de souvenirs des orages de mai. Les criquets fuient ma foulée, un scarabée traverse au ralenti et je m’accroupis devant un feu d’artifice de coquelicots. Rouge éclatant, noir profond au centre. Je me redresse et me retourne. Les champs qui dansent, une mare et ses saules un peu plus bas, un triangle de colza jaune éblouissant, quelques pointillés de toitures ocre et enfin le cordon dunaire avant le trait gris opalescent de la mer.
Ça remue derrière mon dos. Les vaches. Curieuses, elles se regroupent contre la clôture et me toisent de leurs yeux doux. Je voudrais glisser mes mains dans les boucles de leur encolure. Je pousse un petit meuglement, elles ne répondent pas. Elles ne répondent jamais. À peine leur regard se fait-il un peu plus curieux. Dans la profondeur de leur respiration chaude se blottit un monde de tendresse. Un veau s’approche.
Quand j’entre dans la maison, le chat se glisse entre mes jambes, se frotte contre mes mollets nus. Une petite faim ou juste un peu d’amour ? Je lui gratouille le front, il se presse plus fort encore. Dans le séjour, Virginia m’attend.
— Alors, que m’as-tu rapporté ?
— Des trésors ! Tu aurais dû venir.
— Je n’aime pas être chahutée sur ce chemin, tu le sais.
— On aurait pu aller ailleurs.
— Je préfère voir le monde par tes yeux. Viens !
Je m’approche de son fauteuil, m’accroupis et l’enlace. La transmission commence. Les odeurs, les gazouillis, le bruit pointu des cailloux, les vagues sur l’orge, la transpiration sur ma tempe, le souffle bovin, le reflet sur la mare, la danse des blés, les contrastes des coquelicots et le goût du sel… elle prend tout. Ses bras m’enserrent et les images glissent de mon corps vers le sien. Les images, les sons, les odeurs et le moindre frémissement de coquelicot.
Ses mains appuient sur mes omoplates, nos corps se pressent l’un contre l’autre. Le flux n’est pas tari, elle prendra jusqu’à la dernière goutte de ce paysage : sons, images, parfums et le vent dans ma barbe. Voilà, elle a tout recueilli. Toutes les perceptions que j’ai vécues sur la colline vibrent maintenant en elle.
Virginia pousse les roues de son fauteuil jusqu’à son chevalet de travail. Avoir perdu la vue et l’usage de ses jambes ne l’a jamais empêchée de créer. Elle pose les mains sur son clavier, plaque un accord et quelques variations en ré mineur. Ses doigts glissent ensuite sur la grande tablette numérique fixée à la verticale et des images colorées apparaissent. Sa main gauche joue sur les touches noires et blanches, sa main droite retranscrit en même temps des formes graphiques aux teintes de ma promenade. Sur l’écran apparaît peu à peu un paysage abstrait, fait de mes sensations. Des aplats scintillants, des lignes nettes, une harmonie de couleurs.
Appuyé contre le plan de travail de la cuisine, une tasse de thé fumant entre les mains, j’admire ma merveille. Virginia tapote maintenant sur ses pads. Grosse caisse, caisse claire, cymbales et basse. L’architecture de sa rythmique modèle le tableau qui se forme sous ses doigts. Les boucles de sons s’entrelacent, l’écran s’anime en cadence et je suis hypnotisé. Foisonnement de vie dans cette œuvre plastique et musicale. Les couleurs se fondent, les jaunes et rouges saturés explosent devant les teintes douces et mêlées. Sans qu’aucune représentation figurative ne soit mise en avant, on décèle dans l’œuvre en création les vaches et leur douceur, le vent et sa fraicheur, les fleurs et les parfums. Et la mer au loin.
Tandis que Virginia apporte les dernières touches à son tableau, faisant évoluer le rythme de sa musique et jouant sur des gammes harmoniques plus complexes, le bruit des pas de notre fille se fait entendre dans l’escalier. Voilà, Virginia a fini et Gabrielle s’approche. Elle attache ses cheveux, enlace sa mère, dépose un baiser sur sa joue, regarde l’écran et enclenche la lecture de l’œuvre. La musique résonne, le tableau vibre et Gabrielle se met à chanter. Sa voix légère s’élève. Les paroles qu’elle improvise contiennent tous les éléments de ma balade et je reste ébahi. Il pleut sur la colline des pétales d’aubépine. Vent frais sur la peau, l’herbe sous les mains nues. La course du veau, l’alouette menue… Son chant rebondit sur les images, s’appuie sur la composition de Virginia, apporte une profondeur qui me met les larmes aux yeux. Lorsque la musique s’arrête, elle me regarde :
— J’aurais aimé parler du scarabée et de Miyazaki.
Virginia lui répond :
— J’ai beaucoup aimé ce contraste entre la lenteur de l’insecte et l’exubérance du personnage courant dans le vent. Ta chanson était très belle. Tu progresses de plus en plus vite !
Le chat réapparait, saute sur les genoux de Virginia, Gabrielle le caresse entre les oreilles, j’embrasse les cheveux de ma merveille.
Demain, j’irai courir dans les dunes.
Bonjour
Beau texte (trop beau ?)
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Je rajoute ce petit mot, l'idée de transmission est une bonne idée. Comme je suis bien un peu cynique, je me dis mais "ça ressemble à une sorte de vampirisation des émotions et où est le "consentement". Et puis je vois cette phrase à propos du chat "Une petite faim ou juste un peu d’amour ?".Je me dis encore, "l'auteur y a t-il pensé, ou inconsciemment ?"
Puis cette autre phrase " Je préfère voir le monde par tes yeux. Viens !" Bien un peu violent comme injonction impérative, et puis, je me demande si c'est juste.
Le travail sur la description de l'oeuvre est très chouette. Il y a en science fiction des auteurs qui ont travaillé sur une idée de l'art dans le futur... certains artistes contemporains flirtent avec cette idée d'art total. 0 la radio j'ai écouté une chorégraphe qui mélait danse vivante et image virtuelle
B
Bonjour, GameMaster !
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Dans l'ensemble, j'ai beaucoup aimé ce texte, empreint de douceur, de tendresse, d'amour, de tranquilité et de créativité.
J'ai passé un très bon moment en compagnie de tes trois personnages, même si j'avoue que la prouesse de Virginia me semble à la limite du crédible, peut-être un tout petit peu "trop" marquée, même si on implique une sorte de "don" surnaturel. J'aurais préféré qu'elle ne fasse que peindre, ou créer une musique, ou alors l'un après l'autre, et que ça lui prenne plus de temps... mais pas les deux à la fois, en deux temps trois mouvements. Idem pour sa fille qui arrive juste après et qui mentionne tout dans les détails, jusqu'à sa réflexion du Miyazaki ! J'aime beaucoup la complicité / connivence et le partage d'expérience entre les trois, mais j'aurais trouvé ça encore plus intéressant si chacun avait adapté les choses en fonction de son propre vécu ce jour-là, de sa propre personnalité, quitte à les déformer un peu.
C'est le seul petit bémol que je vois, tout le reste était très beau, très poétique !
Merci pour ce texte !
Bonjour Gm
Les vices de forme avérés :
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Je suis sec de mots pour décrire ma lecture.
J'ai beaucoup (beaucoup) aimé le premier paragraphe. Et toute la première partie en général (avant "Quand j'entre à la maison"), quoique le nom propre Miyazaki me paraît une défection au devoir du texte, m'enfin. Elle m'a semblé douce, profonde et joyeuse. Profondément douce et joyeuse. Les paragraphes suivants, en revanche, se sont étiolés à chaque nouvelle apparition du "mot" [sensation]
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Comme si la retransmission de ces sensations, en tableaux en chants ou en que-sais-je, représentation, devaient arracher bout par bout tout ce qui avait été vécu, pour en faire quelque chose d'aveugle. Cela m'a rendu très triste. Je déteste cette dame en fauteuil. Je déteste cette fille, je déteste que le texte s'appelle "Transmissions" et pas "Meurtre des sensations".
J'enferme ma tristesse en moi, parce que je me doute bien que tu voulais une ambiance pour ton texte qui ne l'accueille pas.
J'ai été mis mal à l'aise, et le suis toujours à ma relecture de vérification.
Ce n'est pas que ce soit mal écrit, certes y'a des imperfections de forme que je ne sais pas identifier, parce que le vice du fond déboussole tous mes sens à la fois. "Vis, pour que je puisse créer" POUAH ! ça m'étouffe.
Si j'en fais une mauvaise lecture, pardonne-moi, et impute à cette mauvaise lecture la cruauté qui m'assaille.
Cela me fait penser, ce sentiment de malaise que le texte m'inspire, je crois qu'il est contenu dans cette dépossession consentie et totale de l'être vivant au profit de cet autre qui en fait "quelque chose de grand" Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
et, plutôt que d'en faire une lecture totalitaire décrivant le soldat s'adonnant entier (projets, ambitions, désirs ; corps, capacités physiques, capacités sociales ; conscience personnelle, conscience collective, liberté de pensée) à sa patrie qui lui dicte ce qu'il peut vivre ou non, ce qu'il doit aimer et vouloir etc. Je propose d'en faire une lecture de destruction pure et simple de l'individu. Ce qui était humain a "brisé son âme", est désormais golem de glaise et de chairs.
Alors soudain le malaise cesse d'être sous-jacent et dangereux, et redevient externe et intéressant, amical et déployé.
PS : Note également que le cynisme vorace qui fait à quiconque appeler ses enfants "ma merveille" est mis en exergue dans le texte par le fait que le même mot, dans le même contexte d'utilisation, désigne une première fois l'oeuvre, et une seconde fois l'enfant. Ce qui participe au malaise "La création déchiquette le vécu pour en faire du plastique" qui m'envahit.
(Je le remarque en relisant)
Un chouette texte, en somme, mais qui, il me semble, n'assume pas ses ambitions de destruction de l'individu et cela m'a mis mal à l'aise.
Faut pas garder de telles ambitions sous-jacentes, voyons !
Ah, le mot final "Demain j'irai courir dans les dunes" est super chouette
Frémissant,
Nacas
Bonjour,
Bien, bien tout cela et l'auteur saute aux yeux, du moins aux miens.
J'ai aimé, c'est tellement bien écrit, tellement bien raconté, les idées fourmillent presque à toutes les phrases. Du talent comme on en rêve. Et je ne fais pas la fine bouche, je prends tout et me laisse emporter par l'histoire et son ambiance. Un monde à part. Pfff... Je suis envieuse de ce savoir-faire qui donne aux mots le pouvoir de créer des images aussi parfaites.
Je ne m'arrête pas sur les petites imperfections, elles ne desservent pas l'ensemble. 8)
J'hésitais à envoyer un message privé mais, je ne suis pas un chevalier de la nuit (même si j'aimerais) je ne suis que son servant et il fait jour.
On m'a refusé, par deux fois, un duel, et j'en suis plein de gratitude parce que je devrai arracher alors ma rage sous le Gibet Lunaire.
Puisque Rémi est trop raisonné
Et mes assauts trop invraisemblants.
Bref, je suis d'humeur belliqueuse. Je commente donc le texte de Basic, qui me précède.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Rémi je planche pas encore de mon côté, sur le texte, mais en vrac pour l'instant un peu de réponses rationnelles :
hé ben justement, on apprend qu'il s'était frotté fort !
Je me renfrogne et grommelle, campe ma position.
"Pas forcément facile à caser… "
yep, c'était le bout en trop je pense aussi
mais je garde l'amour du chat.
Tu sais bien que cela te perdra
Les autres "vices de forme" ne me sautent pas aux yeux.
Je pense qu'ils sont sous-jacents et/ou interprétables, je ne les ai plus en tête (donc ils m'ont échappé et se sont mêlés avec le corps du texte, kindly)
oui, moi aussi j'aime bien le début et la suite me plait moins
Fallait effacer la suite alors :huhu:
de quel mot [sensation] tu parles ?
La présence du corps du type ! Avec le recul, je dirais que vu que la première partie du texte lui donne tant la part belle, la bichonne et l'accompagne, et vu que la seconde la subordonne à sa restitution (transmission), chaque nouvelle apparition/mention, patente ou sous-jacente, des sensations incarnées (=/du corps) du personnage m'entraînaient dans l'abîme qu'a pris pour moi la place de la Transmission.
(dans son fauteuil a dégagé)
Très bonne idée en réalité, je n'y avais pas pensé. Il faut du punch et du non-dit en masse par là imho
ça m'a fait marrer.
C'était le but ! ^^
Alors ça, oui, c'est extraordinairement triste. Mais si ce personnage ne peut ni se déplacer, si voir le paysage, c'estgénial qu'un don surnaturel ou un truc fantastique quelconque (en tout cas pas expliqué ici) puisse lui faire ressentir ce paysage.
étrangement, je me retrouve d'accord avec toi. En fait, j'aimerais que cela soit le coeur du texte. Dans les citations suivantes tu dis que le coeur du texte pourrait être plus triste, et à ma première lecture j'n'arrivais pas à mettre les doigts dessus mais j'ai trouvé ce qu'il se passe (je crois). :Le centre du texte actuellement, c'est l'émerveillement. En particulier l'émerveillement, la joie, le grandiose, de cette Transmission de ces sensations du perso, transmises à celle qui ne peut les ressentir. Je trouve ça inapproprié (le jugement est arbitraire), j'adorerais que le centre soit, précisément, cet état de fait qu'elle ne peut pas ressentir par elle-même. Et ce nouveau centre n'est pas forcément triste, puisque comme tu le dis qu'elle puisse finalement ressentir par autrui c'est génial. Un exemple pour étayer mon propos : le clip Shelter (https://www.youtube.com/watch?v=fzQ6gRAEoy0)de Madeon, fait exactement cela. Dégager "ouah! trop beau ! trop cool! tout grandiose !" du centre du texte, et mettre à sa place (sa juste place !) la situation réelle : "Il peut, elle ne peut pas, il peut lui partager ce qu'il [vit]". Rien que de l'écrire, j'ai des frissons qui s'éveillent qui courent.
rien ne dit que le type qui transmet "perde" les sensations qu'il a vécues.
SI !! Tout le texte dit. L'attention extrême portée à ses sensations, dans toute la première partie, est éteinte dès l'apparition de l'amour du chat, et sombre de plus en plus en importance pour se décaler vers une description raisonnée et rationnelle (distante même, avec les description-de [ce que l'oeuvre fait ressentir]) de ce qu'elles sont transmises. Peut-être pas explicitement, mais dans les faits, il vivait (1ere partie), il ne vit plus (2eme partie). Je pense, je ressens cela plus signifiant qu'un simple changement de focus. Si j'extrapole, peut-être, alors j'aurais partiellement tort sur ce point.
ce "Viens !" (que basic a remarqué aussi)
J'avais l'impression d'être super sagace quand je l'ai remarqué, et carrément subversif en axant mon commentaire autour, puis j'ai lu que Basic (1er commentateur que je lisais) le remarquais aussi et je me suis dit : "Mince je suis Basicq!" et "YESS ! Je ne suis pas fou et Basic l'a vu aussi !" à deux doigts de lancer une coalition ^^ [|PS : Mais comme dit juste plus haut : je suis ultra réjoui de voir mentionné l'Indicible comme définition du coeur de l'art, ça me rend heureux|]
des sensations visuelles des paysages
Il me semblait (et j'ai ressenti comme ça) que les sensations n'étaient pas uniquement visuelles justement, loin de là, et cela m'avait plu.
moins lumineux, plus réaliste
Gaffe oxymore.
c'est dans cette douleur-là à mon sens qu'il faudrait creuser
"creuser" et "douleur", "creuser dans la douleur". Arrête, tu vas me faire frémir (d'excitation) ((sans edgyness non-nécessaire, les image sont fortes et voilà tout : de la roche dans laquelle on creuse et en fait c'est de la douleur, sur nos doigts sous nos ongles))
(est-ce que c'est les bonnes ? est-ce qu'il peut se balader de façon insouciante sans se demander s'il est en train de faire une "récolte" ?).
J'comprends pas la révolte ici, mais t'as pas l'air d'être le seul avec un complexe de la révolte, dont les plus grands, donc je te laisse le poser.
Je sais pas si ce que j'ai écrit au-dessus répond à ce que tu dis ici.
Partiellement, mais je pense m'être exprimé partiellement également. Je voulais dire que je pense qu'on peut considérer le fascisme comme un "Don total de ses [ambitions, etc.]", et que donc (aussi de gauche que l'on soit) il est bon d'être, sinon vigilant, au moins éveillé à cela lorsqu'on présente un tel don de quelqu'un à quelque chose. (|Cadeau bonus : vous pourrez dire à votre être aimé "Je t'aime totalitaire", que vous pourrez préciser éventuellement : "Tu es mon fascisme pour lequel je vivrai, mourrai, tuerai de mes mains Dieu lui-même, sans question pour la survie de mes ambitions" de ma part|)
S'il y avait totalitarisme, ça pourrait être à travers l'exigence de la femme envers le type pour avoir des "récoltes de sensation" de plus en plus "riches" (elle veut de la bonne came) // soumission du gars qui ne peut faire les balades qu'il veut, penser ce qu'il veut pendant ses balades, mais doit collecter des sensations "merveilleuses" qu'il en ait envie ou pas. (genre il regarde les coquelicots, il respire le parfum des aubépines parce que s'il le fait pas, il va se faire engueuler ; et non seulement il regarde les coquelicots et respire les aubépines, mais il doit le faire avec plaisir pour ensuite transmettre ce plaisir et ces sensations).
J'invalide et fronce les sourcils et fais un pas-sourire de contrariété. Il y a des totalitarisme bien moins simplistes et caricaturaux que je trouve beaucoup plus impériaux. Ce serait rigolo sinon, ce que tu décris.
Tu en dis quoi ?
J'en dis xoxo
Tu as écrit :
Citer
Ce qui participe au malaise "La création déchiquette le vécu pour en faire du plastique" qui m'envahit.
Indépendamment de ce texte, l'oeuvre de l'artiste (texte, peinture, musique...) s'appuie sur son vécu, non ? En quoi y a-t-il déchiquettage ?
Erk, je peux faire un plan en trois parties argumentées ? Il faudrait que je trouve 4 heures qui traîneraient quelque part, et je pourrais sérieusement.
En gros, je pense que l'oeuvre de l'artiste retranscrit le vécu, ou bien ne lui appartient pas, au vécu (le vécu n'en est alors pas le coeur, pourquoi pas un socle par exemple). Il y a déchiquettage lorsque le vécu justifie l'oeuvre/l'oeuvre constitue le vécu. Mais évidemment, on n'empêche aucun être vivant de vivre en permanence, alors... il y a beaucoup de recouvrements qui font du bruit-parasite à mon propos. Et de belles choses à écrire.
J'en profite pour glisser une def de l'art, afin d'accompagner Basic dans cette entreprise bien sûr :
L'art est l'arpentage d'un domaine de dimension infinie, par un être dont la constitution est de dimension finie. (L'oeuvre, c'est la trajectoire !)
L'avantage de cette def est que la vie d'une personne, la façon dont elle a vécu peut absolument oui être considérée comme une oeuvre d'art. Et l'art ne présuppose pas sa restitution. Il erre dans les étoiles.
(et tu erres dans mon coeur)
(nan)
Et je capte pas bien le malaise sur "ma merveille"... tu vois quoi comme différence avec "mon amour" ? (mon amour = la personne que j'aime / ma merveille = la personne qui m'émerveille)
Merveille est fabriquée, Amour est vécue.
Ta def fonctionne en revanche, je ne voyais pas le mot merveille comme issu du verbe émerveiller. Le champ lexical de "Merveille" me plaît moins dans ce contexte, de façon un peu arbitraire je le reconnais.
Je prends tes piques et m'en badigeonne la face, Rémi.
merci!
Voilà pour les réponses rationnelles. J'ai du temps à donner, aujourd'hui, tiens.
Je vais essayer de finir ce que j'ai promis à Elk à demi-mot. En fait je pensais avoir genre 1-2h d'enregistrements, mais j'aurai certainement 10-20h, c'est ça qui prend du temps pardon mon Élan inconnue.
Temporellement,
Nacas