Salut !
Les défis Tic-Tac, c'est quoi ? Un sujet aléatoire est donné et on a une heure pour écrire un texte. Hésitez pas à fouiller le sujet éponyme épinglé en haut de section pour plus de détails, ou même poser vos questions ;)
Pour ce Tic-Tac, ça donne quoi ? le sujet est une couverture aléatoire, donnée par BeeHa :) merci BeeHa ^^
(https://image.noelshack.com/fichiers/2025/19/3/1746644257-tictac-20250507.jpg)
Si si, j'vous jure, j'ai pas été inspirée par l'image :noange: et ce texte fait préquelle à Reprise (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=39244.msg672158#msg672158), qui se trouve dans mon Hiver. C'est comme ça que j'ai imaginé le point de départ de l'héroïne, même si ça mériterait une meilleure implication émotionnelle, de sorte à crédibiliser la scène. Tic ! Tac !
Et pas d'idée de titre, donc ce sera (comme Reprise), le nom de la piste écoutée au début du Tic-Tac.
En vous souhaitant une bonne soirée et une bonne lecture !
Conviction
Ses sens assaillis par un vacarme tel qu’elle se sentit entrer en résonance, Kylie passa la porte du club avec un air triomphant. La taille fluette, elle se glissa entre les silhouettes, certaines grandes, d’autres recouvertes d’écailles. Des néons de toutes les couleurs, et mêmes certaines qu’elle ignorait exister, éclairaient la piste de danse. Pouvait-on dire que les clients y dansaient ? Certains, peut-être. Kylie rougit de ce qu’elle y devina. Un client, immense, son armure dorsale aussi épaisse qu’une carapace, la bouscula. Elle perdit pied et se trouva entrainée par les danseurs. Elle flotta entre les corps, soumise à la mélodie et la marée interraciale qui y obéissait. Elle traversa la salle entière, plus loin qu’elle ne l’avait souhaité. Sa majorité, elle l’avait voulu rebelle et non totalement insouciante. Une main l’agrippa, la tira hors de cet océan. À peine plus grande qu’elle, sa sauveuse la ramena vers la sortie :
— Pars, avant qu’ils te voient, ordonna l’inconnue.
— Mais…
— Les filles comme toi, il en disparaît tous les jours. Pars.
Son injonction donné, elle retourna auprès des clients. Kylie reconnut une des serveuses, son teint vert printanier et ses membres semblables à de maigres branches fragiles. Elle ploya face à un client et Kylie comprit enfin le sens de ses mots. Des filles comme elle – comme elles – dansaient avec grâce sur les tables, servaient les verres, pour les services que Kylie réussissait à nommer. Elle s’adossa à un mur, dissimulée par l’ombre d’un pilier. Ses jambes refusaient de lui obéir, tétanisées par la peur.
Soudain, quelque chose l’agrippa et elle hurla. Son cri disparut en un souffle : son ravisseur ne possédait même pas de visage. Dissimulé sous un masque opaque, il ne lui laissait rien paraître. Elle tenta de se débattre ; il raffermit sa prise ; elle suffoqua presque. Bientôt, ils eurent remonté l’immense escalier qui conduisait au club. Kylie remarqua que les clients s’écartaient sur leur passage. Était-ce d’eux qu’elle devait se méfier ? Elle voulait juste connaître la liberté de vivre dans un lieu où les races se côtoyaient en harmonie. L’harmonie n’existait-elle donc pas ?
À peine cette pensée l’assaillit qu’une image s’imposa dans son esprit : elle se vit, descendre avec discrétion, comme l’enfant qui sait faire une grosse bêtise. Elle écarquilla les yeux quand elle comprit qu’elle se voyait à travers les yeux de celui qui la portait. Son pas lent et pesant ralentit jusqu’à s’arrêter. Kylie fixa son masque et crut à discerner un néant d’étoile dessous.
Elle acquiesça, sans trop savoir pourquoi, juste pour lui signifier qu’elle voyait et comprenait. La suite arriva alors : elle, entraînée par la foule et sauvée par la danseuse, des êtres armés et malintentionnés prêts à mettre le club à feux et à sang, certains clients – plus malins – qui s’enfuirent. Elle se tourna aussitôt vers l’entrée du club où la milice descendait à son tour.
— Vous m’avez sauvée ? demanda Kylie.
L’alien mima son mouvement de tête.
— Pourquoi ?
Il lui montra de nouveau les évènements, mais elle s’y découvrit différente. Des prismes de couleurs auréolaient chaque être présent. Si elle en reconnut certaines, la sienne lui sembla unique. Elle comprit.
— Merci.
Une dernière image lui apparut : elle, au cœur d’un monde assailli de cette même lumière, de cet éclat si unique qu’il transperçait tous ceux qui l’approchaient, et leur rendait la foi, la bienveillance et le courage de se réaliser.
Sans jamais la lâcher, l’alien la guida jusqu’au hangar à vaisseaux. Kylie n’osa pas lui expliquer qu’elle pensait rentrer, n’en trouva pas la force : pour devenir cette lumière, elle devait réaliser son propre rêve. Elle leva la tête vers les étoiles, décidée à les découvrir.
Sur les quais, certains navires déchargeaient des passagers ou des cargaisons. D’autres se préparaient à appareiller. Ce n’est qu’arrivés devant un bataillon de guerre en permission, sur une allée éclairée de néons d’or que l’alien posa Kylie. Aussitôt, elle chancela et se raccrocha à lui comme elle put, se cacha presque dans son imposant giron.
Le soldat aux admissions, lui aussi d’un peuple que Kylie ne connaissait pas, même si plus rassurant de par son anatomie proche de la sienne, en plus écaillée, salua son sauveur avant de grimacer :
— Une humaine ? Qu’est-ce que tu veux que j’en fasse ?
Sans un mot, l’alien s’écarta pour pousser Kylie vers l’autre, méfiant. Il ne lui adressa la parole que pour lui demander son nom et son secteur d’habitation pour l’enregistrer. Une fois arrivée à l’encadrement de la porte, Kylie adressa un dernier regard vers son sauveur, se rappela sa lumière intérieure, et s’arma de courage pour cette nouvelle aventure.
Coucou Luna,
Un chouette moment que ce texte.
Je trouve qu'il est un peu plus "ambiance" que certains autres (et ça j'aime beaucoup :D)
Ne pas tout dire aussi, laisser flotter... Bref, j'ai bien aimé comment tout se construisait.
Quelques détails un peu plus "précis" :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
A bientôt ~