Notre sujet pour cet atelier est : Les répétitions
Les répétitions peuvent être utilisées volontairement, mais elle peuvent aussi rendre le texte moins fluide.
Nous vous proposons un petit jeu à partir du texte suivant (ou d'un texte de votre choix contenant des répétitions malvenues) :
Gérald est un vieux monsieur, prof de mathématiques à la retraite, célibataire avec une grosse barbe. Il habite une maison en banlieue de Rennes. Il cultive son petit jardin, derrière la maison. Il n’aime pas trop bricoler, mais la maison en a besoin. Il a un rêve : changer de maison, trouver une maison plus écologique et plus proche de la mer. Il décide, un jour, de prendre les choses en main et passe une annonce pour vendre sa maison.
Votre mission :
1/ reformuler le début de ce texte (ou de votre texte) en faisant en sorte que les répétitions disparaissent ou ne soient plus un problème. (Répétitions de « maison » et de « il », dans le texte proposé, vous aviez remarqué ^^) Vous pouvez le réécrire comme vous le souhaitez (changer l'ordre, changer la longueur et le nombre de phrases etc.), mais sans supprimer d'éléments (dans le texte proposé, le Gérald aura encore sa grosse barbe !).
2/ Poursuivre ce texte (ou votre texte) et imaginer la suite du texte. Vous utiliserez des répétitions en faisant en sorte qu’elles servent le texte, qu’elle fassent partie du style, qu’elles apportent quelque chose.
Prof de maths à la retraite, célibataire, la barbe généreuse, Gérald habite la banlieue de Rennes, où il cultive son jardinet. Il n'aime guère bricoler ; pourtant, sa demeure en aurait bien besoin. Son rêve ? déménager, se rapprocher du bord de mer, dans une maison écolo. Un jour, il se décide à prendre les choses en main et poste une annonce immobilière.J'aime bien. J'aurais voulu trouver "annonce immobilière" #krojaloux :coeur:
Son rêve ? déménager, se rapprocher du bord de mer, dans une maison écolo.Bien joué, ça passe bien.
Gérald passe la main dans sa barbeLa c'est redondant, je trouve. Pourquoi pas garder cette info pour ici plutôt qu'au début (1ere mission) ?
Des murs droitsIl a le critère bas, Gérard ! :D
J'aime bien. J'aurais voulu trouver "annonce immobilière" #krojaloux :coeur:Je n'aimais pas trop cette formulation, mais elle a le mérite d'être efficace dans le cadre d'un exercice court.
Il a le critère bas, Gérard ! :DC'est un prof de maths :mrgreen: ! Des critères à angle droit !
La c'est redondant, je trouve. Pourquoi pas garder cette info pour ici plutôt qu'au début (1ere mission) ?J'ai voulu donner un tic, un peu de personnalité, à Gérald. Comme ce sont deux textes différents, je n'avais pas pensé à la redondance possible :-[
Autant je trouve que la répétition dans le titre est justifiée, autant je ne trouve pas les autres nécessaires.Ah ? Ca voudrait dire que j'ai raté mon exercice :-\ parce que la répétition du titre est juste là pour montrer comment je voulais travailler celle du texte...
Prof de maths à la retraite, célibataire, la barbe généreuse, Gérald habite la banlieue de Rennes, où il cultive son jardinet. Il n'aime guère bricoler ; pourtant, sa demeure en aurait bien besoin. Son rêve ? déménager, se rapprocher du bord de mer, dans une maison écolo. Un jour, il se décide à prendre les choses en main et poste une annonce immobilière.
Par contre, ça me fait réfléchir qu'il faut aussi prendre garde qu'élimer les répétitions ne desserve pas le texte ;) il reste un pronom, afin de nommer plus facilement (ici, pour éviter de répéter Gérald), et je me demande si, d'un autre côté, la longue phrase de cette nouvelle tentative, sans il, n'est pas indigeste.
une métaphore autodescriptive je trouve : notamment par les virgules, ton texte m'apparait haché, carré, robotique... pas bon ou mauvais en soi, juste une ambiance rigide...Ce n'est pas la première qu'on décrit mes textes comme hachés. Il faudrait sûrement que je gamberge dessus, mais pour l'instant, pas du tout envie :-[
trois "maison" pour la phase II, mais aucune autre répétition...Oui, la phase II devait réintroduire et utiliser le thème de la répétition, de manière plus maligne. Mais je crois que j'ai échoué ce point, personne n'a remarqué le détail...
D'une maison à sa maison
Gérald passe la main dans sa barbe, calcule les bénéfices et les risques de cette acquisition. L'agent lui sourit, son costume impeccable, son dossier préparé avec minutie. Une maison écolo, à vingt minutes de marche du bord de mer, avec jardin. De plain-pied, elle ne ressemble pas à la précédente, plus moderne et pratique, assez récente pour lui éviter d'avoir à sortir la trousse à outils trop tôt. Il entre dans la maison et ressent aussitôt ce que son esprit logique veut ignorer. Des murs droits, propres, une cuisine à la dernière mode, et même un réservoir d'eau de pluie, relié à ses toilettes. Gérald ignorait cela possible, et pourtant... la perfection. La visite terminée, il adresse un dernier regard, une promesse, à sa maison.
à propos de la réflexion sur la répétition en général mais d'après ton texte, il me semble ici pouvoir avancer une piste en rapport avec les 'il' : alterner les sujets des phrases évite les lourdeurs et allège considérablement le texte, tout en focalisant de manière moins fixative sur le ou les personnages... d'après ton propre texte :
"Son rêve ? déménager, se rapprocher du bord de mer, dans une maison écolo."
là on y est, le sujet c'est son rêve, y'a un verbe qui reste à l'infinitif ici, mais c'est dans la bonne voie je truove
"Des murs droits, propres, une cuisine à la dernière mode, et même un réservoir d'eau de pluie, relié à ses toilettes."
là on y est aussi, la phrase a un autre sujet, même si y'a pas de verbe conjugué...
"La visite terminée, il adresse un dernier regard, une promesse, à sa maison."
là on y est moins, tu commence par un petit détour avant de ramener le récit au personnage, mais la bonne piste qmm je crois, est de commencer la phrase sur autre chose de plus ponctuel
pour les synonymes en général, pas forcément autour de ce texte, j'avoue que la réflexion me laisse assez perplexe, mais j'suis ptetr un peu trop radicalement hostile, considérant le truc pas mieux qu'un bout de scotch pour boucher un trou ou recoller une déchirure...J'ai écrit un truc ce matin, et pour l'avoir posté à chaud et l'avoir relu après, je peux te dire que je n'aime pas non plus les synonymes :D je n'aime pas les répétitions malvenues, mais lorsque le mot a une importance pour le narrateur, alors il doit être répété, je crois. Parce que le narrateur ne le remplacera pas, alors pourquoi l'auteur le devrait ? Mais je me sens un peu égarée en ce moment, entre auteur, lecteur, narrateur, qui a quelle place. Une toute autre réflexion...
Ce qui donne un effet d'appropriation par le pronom. Enfin, c'est comme ça que je l'ai réfléchi, mais apparemment, ça ne fonctionne pas ><
soit, y'a pas de mal à ça, désolé de ma part, ptetr qu'à force qu'on te le répète ça t'encourage pas à avoir envie de t'y pencher… qu'à cela ne tienne huhu j'suis sûr que y'a moyen pour toi de retourner le truc et d'en faire un atout, forcer le trait et chercher là où ça donne de bons effets
Ce n'est pas la première qu'on décrit mes textes comme hachés. Il faudrait sûrement que je gamberge dessus, mais pour l'instant, pas du tout envie :-[
ah ça, la "contagion" de l'entrain de l'auteur sur le lecteur, il me semble que c'est quelque chose d'assez récurrent… pas plus mal pour sentir ses variation d'humeur, quelque part ! mais qmm un chemin à suivre en mode "gagnant-gagnant" pour l'auteur et le lecteur huhu même si des fois c'pas malsain de se forcer un peu contre gré ; cool pour la personnification, si ça fait partie des bonnes cartes que tu as en main, c'est positif
L'alternance des sujets est une bonne piste, mais je pense que mon problème ici est mon manque d'entrain : je n'ai pas réussi à m'approprier le personnage de Gérald, son histoire et ses envies. Et pourtant, personnifier une maison, faire d'elle un personnage à part entière, je crois l'avoir déjà réussi.
hmmm ui, j'pense que tu as raison sur la "pondération d'importance", moi qui suis parfois du genre trop extrême à ne pas vouloir revenir sur des mots, ou des idées, ça doit effacer les points clés à la lecture ; lorsque tout est au même niveau, y'a moins de contrastes, et ça peut nuire à la compréhension du texte… de fait j'imagine comme étant important l'art de répéter à la juste bonne mesure, ni trop insister ni trop gommer, mais bien exprimer les centres d'intérêt, les points d'intersection, les trucs à lier, etc...
J'ai écrit un truc ce matin, et pour l'avoir posté à chaud et l'avoir relu après, je peux te dire que je n'aime pas non plus les synonymes :D je n'aime pas les répétitions malvenues, mais lorsque le mot a une importance pour le narrateur, alors il doit être répété, je crois. Parce que le narrateur ne le remplacera pas, alors pourquoi l'auteur le devrait ? Mais je me sens un peu égarée en ce moment, entre auteur, lecteur, narrateur, qui a quelle place. Une toute autre réflexion...
courage, un peu de brouillard mais le ciel s'éclaircira probablement
Mais je me sens un peu égarée en ce moment, entre auteur, lecteur, narrateur, qui a quelle place.
soit, y'a pas de mal à ça, désolé de ma part, ptetr qu'à force qu'on te le répète ça t'encourage pas à avoir envie de t'y pencher… qu'à cela ne tienne huhu j'suis sûr que y'a moyen pour toi de retourner le truc et d'en faire un atout, forcer le trait et chercher là où ça donne de bons effetsY'a pas de mal ;) je le prends pas mal, j'aime bien cette sensation de haché, ça rejoint une discussion que j'ai eu il y a longtemps avec mon père, sur l'intérêt de la hachure pour essouffler un lecteur dans certaines circonstances (pendant la description d'un combat, par exemple) ; et ça rejoint aussi un des points de mon autre sujet sur les répétitions, dans l'étude que j'ai fait de celles que j'aime bien utiliser.
Le coup de poignard : ça peut être un mot, un son, l'idée d'un martèlement volontaire que subit le personnage. C'est assez compliqué à mettre correctement en place et à doser, car il s'agit de donner une impression négative. Donc, on peut vite avoir envie de l'élimer, d'en retirer une partie, mais c'est ce martèlement qui, pour moi, donne tout son sens à cette répétition.
Je rejoins les autres pour la seconde par contre. Hormis le mot "maison" répété plusieurs fois, je n'ai pas relevé d'autres répétitions. Du moins rien qui renforce le style.
Son rêve ? déménager, se rapprocher du bord de mer, dans une maison écolo. Un jour, il se décide à prendre les choses en main et poste une annonce immobilière.La phrase non verbale évite de répéter le sujet (par définition :D)