Atelier d'écriture - les répétitions
Je viens apporter ma pierre à l'édifice. Est-ce que j'en suis satisfaite ? Non :-[ mais ce thème des répétitions m'intéresse grandement, et ce texte, même si imparfait, exprime bien le pourquoi.
Edit 06/04 : je reprends cet exercice, à tête reposée. En plus propre, aussi :facepalm:
La genèse du texte :
Si certains ont un sentiment de déjàlu, c'est normal. J'ai repris ce texte d'un Tic-Tac (My love (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=41628.0)). Le titre est plus assumé, d'ailleurs. J'ai enfin le sentiment de retrouver cette relation, et donc ce texte est un miroir à l'autre, des retrouvailles plutôt qu'un abandon.
Pour les répétitions, ici : j'ai imaginé celles que je me sais capable d'écrire ; ni plus, ni moins. Certaines des maladresses, d'autres des appuis volontaires.
Le texte :
Ar lath ma, venhan *
Tu es là.
Je me réveille, perdue au cœur du chaos. Comme perdue dans le rêve d’une vie déjà vécue, ils me tendent la main. Sourde, méfiante, à leurs promesses, j'arpente le chaos ;
jusqu’à toi.
Tu me tends la main ; ton savoir éclipse leurs promesses. Avec tes paroles, tu arrives à me guider à travers le chaos. Toujours sage, tu me montres le passé : mon passé, le passé de ce peuple auquel j’appartiens, ce peuple que je hais autant que je veux le voir renaître. Avisé, tu guides mes pas et mes choix. Ta connaissance est sans limite, ton regard sur le monde toujours vif et curieux. Tu m’apprends cette sagesse qui manque tant à mon chemin, guidé par la colère et la douleur. À mesure que tes mots m’atteignent, mes piliers s’effondrent :
qui suis-je ?
en qui crois-je ?
que m’offre ce débris de monde que j’arpente sans le comprendre ?
que m’apportent ces peuples constamment divisés ?
Je ne sais plus…
Tu es là. Reste. Ne lâche plus ma main.
* Je t’aime, mon cœur
L'étude de texte :
1/ les répétitions volontaires
[Tu es là.]
[...]
[Tu es là.] Reste. Ne lâche plus ma main.
L'écho : j'adore utiliser l'écho pour montrer l'égarement ou le manque de conviction. Se répéter une question, une consigne, un mantra, montre une forme de faiblesse dans le personnage.
Comme perdue dans le rêve d’une vie déjà vécue, [ils me tendent la main].
[...]
[Tu me tends la main] ; ton savoir éclipse leurs promesses.
L'écho - bis : une autre forme d'écho, intégrée dans l'action, qui sert aussi à fixer le personnage, par son choix face à deux intentions, identiques en apparence, mais divisibles pour lui.
Toujours sage, tu me montres le [passé] : mon [passé], le [passé] de ce [peuple] auquel j’appartiens, ce [peuple] que je hais autant que je veux le voir renaître.
Le coup de poignard : ça peut être un mot, un son, l'idée d'un martèlement volontaire que subit le personnage. C'est assez compliqué à mettre correctement en place et à doser, car il s'agit de donner une impression négative. Donc, on peut vite avoir envie de l'élimer, d'en retirer une partie, mais c'est ce martèlement qui, pour moi, donne tout son sens à cette répétition.
2/ les erreurs d'inattention
Je me réveille, [perdue] au cœur du [chaos]. Comme [perdue] dans le rêve d’une vie déjà vécue, ils me tendent la main. Sourde, méfiante, à [leurs promesses.], j'arpente le [chaos] ;
[...]
Tu me tends la main ; ton savoir éclipse [leurs promesses.]
Pendant l'écriture, j'ai tendance à garder un même mot sur plusieurs lignes pour garder l'idée voulue. Ce sont les relectures, et la pratique, qui me permettent d'en élimer une partie.
3/ les impasses
Tu me tends la [main] ;
Tu es là. Reste. Ne lâche plus ma [main].
En même temps, je vois la répétition ; en même temps, elle n'est pas là par intention, pas essentielle ; en même temps... je ne veux pas modifier qu'ils ne se lâchent pas la main, je ne veux pas leurs doigts enlacés sur la fin. Se tenir la main devient une idée propre au texte, un peu comme une signature.
La réécriture
Ar lath ma, venhan *
Tu es là.
Je me réveille, perdue en plein cauchemar. Comme dans le rêve d’une vie déjà vécue, ils me tendent la main. Sourde, méfiante, à leurs promesses, j'arpente le chaos ;
jusqu’à toi.
Tu me tends la main ; ton savoir éclipse leurs espoirs. Par tes paroles, tu me guides dans les décombres. Toujours sage, tu me montres le passé de mon peuple, ce peuple que je hais autant que je veux le voir renaître. Avisé, tu éclaires mes pas et mes choix, ta connaissance sans limite, ton regard sur le monde toujours vif et curieux. Tu m’apprends cette sagesse qui manque tant à mon chemin, marqué par la colère et la douleur. À mesure que tes mots m’atteignent, mes piliers s’effondrent :
qui suis-je ?
en qui crois-je ?
que m’offre ce débris de monde que j’arpente sans le comprendre ?
que m’apportent ces royaumes constamment divisés ?
Je ne sais plus…
Tu es là. Reste. Ne lâche plus ma main.
* Je t’aime, mon cœur
Seconde réécriture
Ar lath ma, venhan *
Tu es là.
Je me réveille au cœur du chaos. Comme l’écho d’un chemin déjà emprunté, ils me tendent la main. Méfiante de toutes leurs promesses, j’arpente ruines et champs de batailles ;
jusqu’à toi.
Tu me tends la main. Ton savoir éclipse leurs espoirs. Par tes paroles, tu guides mes pas et mes choix au travers des épreuves. Toujours sage, tu me montres le passé : le passé du peuple, de ce peuple auquel j’appartiens, ce peuple que je hais autant que je veux le voir renaître. Mon peuple, me convaincs-tu. Ta connaissance est sans limite, ton regard sur le monde vif et curieux. Tu m’apprends cette paix qui manque tant à mon cœur guidé par la rancune et la douleur. Tes mots m’atteignent... et mes piliers s’effondrent :
qui suis-je ?
en qui crois-je ?
que m’offre ces débris de monde ?
que m’apportent ces royaumes en guerre perpétuelle ?
Je ne sais plus…
Tu es là. Reste cette fois. Ne lâche plus ma main.
* Je t’aime, mon cœur
Salut !
J'ai un souci, je n'ai pas trouvé le texte qui doit répondre à la phase I de l'exercice : (éviter les répétitions) il semblerait même, sauf erreur de ma part, que ce ne soit pas précisé ici, mais si comme je le présume, le (copié/collé) ci-dessous répond à la phase II de l'exercice (laquelle consiste à user au mieux des répétitions) j'avoue qu'il est réussi !
J'ai contourné l'exercice (ce qui ne m'a pas empêchée d'y répondre de manière plus formelle avec Gérald ;)) : comme la répétition est un effet de style que j'affectionne pas mal, j'ai tenté de l'exprimer ici ; et comme le texte proposé prend son sens à travers la répétition de certaines formulations, certaines idées, je n'ai pas trouvé pertinent d'essayer de toutes les élimer. Je cherche plutôt à élimer celles qui le méritent, et travailler celles qui le demandent.
Je peux reprendre mon étude du texte, avec tes notes, tes mots soulignés ?
La réécriture
Ar lath ma, venhan *
Tu es là.
Je me réveille, perdue en plein cauchemar. Comme dans le rêve d’une vie déjà vécue, ils me tendent la main. Sourde, méfiante, à leurs promesses, j'arpente le chaos ;
jusqu’à toi.
Tu me tends la main ; ton savoir éclipse leurs espoirs. Par tes paroles, tu me guides dans les décombres. Toujours sage, tu me montres le passé de mon peuple, ce peuple que je hais autant que je veux le voir renaître. Avisé, tu éclaires mes pas et mes choix, ta connaissance sans limite, ton regard sur le monde toujours vif et curieux. Tu m’apprends cette sagesse qui manque tant à mon chemin, marqué par la colère et la douleur. À mesure que tes mots m’atteignent, mes piliers s’effondrent :
qui suis-je ?
en qui crois-je ?
que m’offre ce débris de monde que j’arpente sans le comprendre ?
que m’apportent ces royaumes constamment divisés ?
Je ne sais plus…
Tu es là. Reste. Ne lâche plus ma main.
* Je t’aime, mon cœur
1/ Toi
Est-ce qu'on ressent le message d'amour ? cette idée que Toi est omniprésent, dans le cœur de Moi (la narratrice, mais pour montrer l'écho, le monologue de Moi à Toi) ? D'ailleurs, Toi apparait toujours avant Moi. Avant même d'apparaître, Toi est déjà là. Voilà pourquoi on le lit partout, parce que Toi est partout, tout le temps. Il suinte du texte :D
2/ Le peuple
- Le coup de poignard : ça peut être un mot, un son, l'idée d'un martèlement volontaire que subit le personnage. C'est assez compliqué à mettre correctement en place et à doser, car il s'agit de donner une impression négative. Donc, on peut vite avoir envie de l'élimer, d'en retirer une partie, mais c'est ce martèlement qui, pour moi, donne tout son sens à cette répétition.
Je te l'accorde, d'avoir fait un nettoyage rend l'idée maladroite. Deux coups, ce n'est pas assez ; pas pour moi.
3/ que je
Il y a une opposition d'idées. Ce n'est pas seulement que je, c'est : que je [...] autant que je [...].
4/ qui, que
À mesure que tes mots m’atteignent, mes piliers s’effondrent :
qui suis-je ? [un pilier]
en qui crois-je ? [deux piliers]
que m’offre ce débris de monde que j’arpente sans le comprendre ? [trois piliers]
que m’apportent ces royaumes constamment divisés ? [quatre piliers]
Je ne sais plus…
Peut-être lire ces qui/que comme des détonations, l'explosion d'un pilier, aidera à mieux expliquer leurs présence.
Une bonne soirée à toi !