Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Vélocipède le 04 Septembre 2011 à 15:47:00
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Voilà, un jour que je m'ennuyais en amphi, j'ai commencé à écrire une histoire, et je me suis mis dans la tête de la continuer. C'est sans aucune prétention, mais j'aimerais bien le faire lire a des gens et qu'on me dise ce qui va ou pas, et si ça leur plaît. Alors, si vous aviez la patience de me lire, ça serait fort aimable. D'avance merci!
Au commencement, il n’y avait rien. Rien du tout. Le néant total… « Il » n’avait pas de conscience. « Il » devait dormir. « Il » le suppose, ca ne fait que quelques secondes qu’il existe. Il vient de naître. Du moins il le pense. Tout est noir… il ne fait que penser. Des pensées embrumées. « Il » s’éveille lentement. Ses pensées s’accélèrent. « Il » est né. Et maintenant ? Une éternité passe. Peut-être qu’« il » s’est rendormi. Une douleur. Tiens non, il a un corps. Ca fait mal, de naître. Le cerveau se met en route lentement, douloureusement. Des fluides circulent et des choses naissent. Des millions de neurones qui se connectent les uns après les autres... « Il » prend soudain conscience qu’il n’est pas qu’une pensée dans le néant.
Il est une structure organique, qui renferme une conscience. Des nerfs s’actionnent. Des chocs électrochimiques lui parviennent et lui font prendre conscience qu’il a deux bras et deux jambes. Et des yeux. Enfin, des paupières en tout cas. « Il » se sent incapable de soulever ces morceaux de chair si lourds. Pourquoi le faire ? Il dormait… il n’a qu’à se rendormir. Ca ne marche pas. Il pense, maintenant. Son premier geste sera d’ouvrir les yeux, mais que c’est douloureux. Les muscles jouent lentement. Ca y est… c’est flou. Quelques instants passent. Les yeux reçoivent les images et les envoient au cerveau qui les met en ordre, de plus en plus vite. Une… vitre. C’est tout ce qu’il voit. Il referme les yeux, c’était fatiguant. « Il » les rouvre. C’est bien une vitre. Sale. Crasseuse. Il ne voit pas plus loin, mais il peut voir.
Sa peau lui envoie des sensations. D’un seul coup, « Il » se rend compte qu’il flotte. « Il »est immergé. « Il » nage derrière une vitre… La panique le prend. Mais il respire normalement. Étrange. Il est déjà las. Il vient de naître et il ne comprend rien au monde dans lequel il vient d’arriver. Il nage.
Il ne sait pas quoi faire. « Il » sait d’instinct qu’il ne peut pas se rendormir. Quel dommage… Le néant était préférable à cette réalité. Il tente de se calmer. Après tout, il n’y a aucun danger immédiat. Il est sous l’eau, mais il respire.
Comment ca se fait, d’ailleurs ? Il bouge un bras. Quelle étrange sensation que de prendre conscience de ses membres. « Il » plie et déplie les doigts. Les muscles d’abord douloureux se rodent. « Il » sait qu’il peut commander à toute cette chair rose et pleine de sang. Il porte une main à son visage.
Après la vue, le toucher. Ses doigts rencontrent un long tube. « Plastique ». Ce mot vient de lui surgir, a l’instant ou il a touché ce tube. Cet objet est en plastique. Comment le sait-il ? Aucune idée. Ca non plus, il ne le comprend pas. Il le sait, c’est tout.
Ce tube lui rentre dans le nez. Non. Ce n’est pas son vrai nez. C’est une pièce de « plastique » épousant la forme de son visage, autour de sa bouche et de son nez. C’est comme ca qu’il respire. « Il » devine qu’il a toutes les chances de se noyer s’il cherche à l’enlever ; mais il faut pourtant sortir d’ici. Il ne risque rien, pourtant, mais il ne veut pas rester éternellement ici. « Il » bouge la tête lentement. Ca fait mal. Il est ankylosé. Mais les muscles finissent par avoir raison, les os se tournent. Il est dans un tube. Derrière la crasse de la vitre, « Il » devine l’obscurité. Que faire ? « Il » essaye de frapper la vitre.
Mais il n’a pas assez de force. Et sous l’eau, le coup est ralenti. Un faible « bong » se fait entendre.
L’ouïe… il entend. « Il »connaît le désespoir. A quoi bon vivre si le monde est si absurde ?
« Il » referme les yeux. Il faut réfléchir. Une deuxième éternité passe, peut-être un million d’années. Et puis, il y a un son. Un chuintement. « Pchhhhhhhhh… ». Il ouvre les yeux et cherche autour de lui. Il n’y a que ce son étrange. Il distingue de la fumée juste derrière la vitre. Une fumée blanche se répand. Un troisième événement arrive. Il sent un courant. Le liquide dans lequel il baigne se déplace vers le bas. Il aperçoit une grille dans le fond de son tube. Apparemment, l’eau s’évacue et le niveau baisse… Quatrième événement : brutalement, plus d’air. Il ne respire plus. Cette fois, le danger est immédiat.
« Il » prend le masque entre ses mains et l’enlève d’un seul coup sec. Mais il a un haut-le-cœur. Il vient de se rendre compte qu’un deuxième tuyau lui rentrait dans la bouche jusqu'à l’estomac. Panique. Il enlève le tuyau et secoue ses membres. Il faut monter jusqu'à la surface. Pour respirer. Pour vivre, et vite.
Heureusement, il nage d’instinct, et il finit par émerger. Il crache et hoquette en tentant de surnager. L’eau s’évacue bruyamment avec des remous. C’est beaucoup plus bruyant que sous l’eau, les sons y étaient étouffés. Il n’y a rien ou s’agripper. « Il » inspire pour la première fois. Ses poumons le brûlent. Ca aussi, ca fait mal. Il expire et inspire une deuxième fois… son cœur bat.
Ca tape, dans « moi ». Comme si il y avait un autre « quelque chose » de vivant a l’intérieur. « Il » en a déjà assez. Il veut que l’eau remonte, que les tuyaux reviennent, qu’il puisse dormir à nouveau et ne jamais se réveiller.
Ses pieds touchent le fond. Le niveau de l’eau baisse encore, il a pied. Mais « Il » ne sait pas marcher. Il tombe à genoux, puis a quatre pattes. Il tremble de partout. L’eau a disparu, la vitre aussi. Elle vient de rentrer dans le sol. « Il » se force à ouvrir les yeux et à reprendre ses esprits. D’abord, il est nu. Complètement nu. Un courant d’air sur sa peau trempée lui apprend le froid. Il a froid et il grelotte. C’était tellement mieux dans le tube… c’était un monde de silence et de chaleur. Tout est sombre devant lui.
Non, il y a un peu de lumière. Il faut que ses yeux s’habituent. « Il » aperçoit quelque chose devant lui. Une énorme barre de fer qui gît sur le sol, avec une tenture qui y est attachée. Il sait qu’il peut se réchauffer avec. Il ne se demande plus pourquoi il sait ce que c’est et l’usage qu’il pourrait en faire. Il tente de se lever. Ca demande beaucoup plus d’effort que d’ouvrir les yeux ou de tourner la tête. Ca ne marche pas. Il tremble, hésite, vacille et retombe sur les fesses.
Allons-y à quatre pattes alors : Il pose un pied hors du tube. C’est son premier pas. Le sol est dallé d’une pierre froide et bleutée. Le sol est tellement glacé que ca lui fait mal.
« Il » déteste déjà ce monde hostile et brutal. Il tombe plusieurs fois en descendant deux marches qui le séparent de son but. Il faut absolument atteindre cet objet. Il rampe maladroitement mais il avance. Il attrape le grand morceau de tissu, le déplie le plus vite possible, s’enveloppe dedans et se couche par terre.
C’est doux. Presque aussi confortable que son environnement liquide primordial. Il s’arrête de tousser. Il respire normalement, maintenant. Il se recroqueville en position fœtale. Tout est noir, mais il n’a plus froid. Et il n’entend plus rien, et il est vivant. Pourquoi ne pas rester ici indéfiniment ?
« Il » se calme. Ce monde est froid, et hostile. Il ne sait pas qui il est, ni ou il est, ni quand il est. Il ne sait pas pourquoi il était dans un tube, ni pourquoi sa prison s’est ouverte d’elle-même.
« Il » ferme les yeux et décide de dormir. Il se sent épuisé.
Quand il ouvre les yeux, le monde est plus clair. C’est un courant d’air chaud qui l’a réveillé. Dans son sommeil, il a laissé sortir sa tête de sa couverture. Il se relève lentement, a genoux. Il entreprend de regarder autour de lui. Où se trouve-t-il ? C’est grand, ici. Vraiment vaste. C’est une grande salle, comme une énorme caverne, et parfaitement circulaire. Mais pas fermée… tout là-bas, il y a un grand trou dans le mur. « Il » observe avec curiosité. Quelque chose a manifestement frappé ou explosé cette partie du bâtiment, faisant s’écrouler le mur et une partie du toit. Mais la brèche qui semblait béante est presque bouchée par un réseau de lianes et d’arbustes, émanant d’un arbre énorme, qui parait avoir poussé sur le tas de gravats. Un arbre gigantesque. Beaucoup plus haut que « Il », avec des feuilles larges en forme de larmes, d’un beau vert.
Le mastodonte végétal s’est répandu et a accroché ses racines et ses branches aux armatures du bâtiment, laissés nues par l’écroulement. Le lierre et les mauvaises herbes ont grimpé un peu partout, recouvrant le béton gris d’une multitude de taches vertes.
Curieux spectacle. Ce grand arbre ressemble à ces trucs en pierre qui soutiennent ce qui reste du toit, disposés en cercle au centre de la pièce. Des colonnes. Il y en a deux qui sont par terre, cassées en deux. « Il » sourit, sans savoir pourquoi. Le soleil filtre à travers le feuillage, laissant une myriade de rais de lumière éclairer la pièce. Décidément, tout est abîmé, ici. Peut-être à cause de ce mur écroulé. Il y a beaucoup de poussière par terre, des petits cailloux, des morceaux de verre, et beaucoup de feuilles mortes. Il y a aussi des tubes. Des tubes comme le sien. Par dizaines. Tous adossés aux murs, sur tout le tour de la salle. Ils sont disposés régulièrement, formant un immense cercle épousant la forme du lieu.
« Il » veut se lever. Il faut marcher. Ca n’est pas facile, il n’y arrive qu’au bout du troisième essai. Maladroitement, puis avec plus d’assurance. Il veut observer ces tubes de plus prés. Peut-être qu’il y trouvera d’autres « ils ».
Mais il est vite déçu. Beaucoup sont vides. Pleins du même liquide dans lequel il baignait, mais il n’y a personne dedans. Certains sont brisés. Leur paroi de verre gît en mille morceaux par terre. D’autres ne possèdent pas de liquide, juste une vitre crasseuse qui ne renferme rien du tout. « Il » continue de marcher sans dire un mot, vérifiant chaque tube. Il en trouve d’autres qui sont pleins, mais leurs occupants sont morts. Fasciné, « Il » contemple de longues minutes ce qui était un autre « Il » : un corps qui continue de flotter, les tuyaux et le masque sur le visage. Mais ce visage est mort. Les orbites sont vides, certains os du squelette sont apparents derrière des lambeaux de chairs nécrosées qui flottent paresseusement. Plus loin, il trouve deux tubes vides, mais il n’y a que des squelettes affalés contre le mur, le masque encore fixé sur le nez. La vitre ne s’est jamais baissée. « Il » veut comprendre. Pourquoi tout ca ? Qui sont tous ces gens ? Pourquoi est-il le seul être vivant ici ?
Découragé, « Il » s’assied sur les marches et se prend la tête dans les mains. Quel monde absurde. Que faire. Il se sent seul. Trop seul. Il a envie de pleurer. Au milieu de la salle, il y a quelque chose. Une sorte de machine de métal, cylindrique, qui s’élève jusqu'à la taille… avec un grand panneau devant. Mais à quoi bon s’y intéresser. Il ne sait pas ce que c’est.
Le tube situé derrière lui est brisé. Des morceaux de verres parsèment le sol devant lui. « Il » en remarque un, grand comme une main. Il tend le bras et le ramasse. « Il » voit son reflet pour la première fois : deux yeux noirs, un nez droit, une bouche sans sourire. Dans ce bout de verre, il voit ses propres yeux le regarder sans le voir. Il a l’air hagard, déboussolé. « Il » remarque que quelque chose lui recouvre le crâne. Il n’avait pas remarqué. Il tâte sa tête. C’est blanc, élastique, on dirait du plastique... en plus souple. « Il » s’y reprend à deux fois avant de réussir à l’arracher. C’est une sorte de bonnet blanc qui lui recouvrait la tête. Il remarque maintenant qu’il a des cheveux, bruns, désordonnés et humides. Dans une autre vitre crasseuse, il se fixe. Il cherche dans sa mémoire. Ce visage qui est le sien ne lui dit rien. Il ne sait même pas quel âge il a, bien qu’il paraisse assez jeune. Il a des cernes et sa peau est claire.
« Il » jette le morceau de verre par terre. Il a compté 92 tubes, avec ceux qui doivent être sous le tas de gravats. Il en reste huit. Encore huit chances de trouver d’autres « Ils ». Le premier tube est vide. Le second ne contient qu’un squelette desséché. Les deux suivants sont brisés. Mais les quatre derniers sont pleins. « Il » se met à espérer. En observant de plus prés, il constate que leurs occupants ont l’air en bonne santé.
Mais « Ils » ne lui ressemblent pas. Il les contemple. Le premier tube contient une jeune femme, qui n’a pas l’air plus âgée que lui. Elle porte un bonnet blanc qui lui recouvre le crâne, ainsi que le masque. Elle dort. Le deuxième tube contient un homme. Celui-là a l’air un peu plus âgé que lui. Sa peau est brune, et il est beaucoup plus grand. Il semble dormir paisiblement. « Il » est impressionné par sa stature. Cet « Il » serait sûrement capable de briser la vitre a coups de poings s’il se réveillait.
Dans le troisième tube, « Il » découvre une fillette. Elle a son masque, mais a perdu son bonnet, qui flotte un peu plus loin. Elle n’a pas l’air d’avoir plus de six ans, et elle possède des cheveux blancs comme neige qui flottent au gré des courants de l’eau. Elle semble dormir, elle aussi, légèrement recroquevillée. Dans le centième et dernier tube, il trouve une femme, mais celle-ci paraît bien plus âgée. Elle a l’air fragile. Son visage est ridé mais elle arbore un étrange sourire serein derrière son masque transparent.
« Il » ne désire plus mourir ou se rendormir. Il en a trouvé. Quatre « « ils ». Un « Il » et trois « Elle ». Il sait qu’ils sont vivants. Il faut qu’ils le soient.
Parmi toutes les questions et les inquiétudes qui le dévorent, au moins le problème de la solitude est résolu. « Il » n’est plus seul. Peut-être qu’ils sauront, eux. Peut-être qu’ils pourront lui répondre.
Mais comment faire ? Le découragement revient. Comment les sortir de là ? Il n’a pas le pouvoir de contrôler les tubes. Tout ce qu’il à, c’est un drap poussiéreux et déchiré. Il est évident qu’il dormait lui aussi depuis longtemps quand il a été réveillé. Et si ces quatre « Ils » continuaient de dormir mille ans encore ?
Il pose les yeux sur un squelette dont les orbites vides semblent le fixer. « Il » ne veut pas finir comme ca. Maintenant qu’il est réveillé, maintenant qu’il est vivant et qu’il n’est plus seul, il veut le rester. Il veut comprendre.
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« Il » le suppose, ca ne fait que quelques secondes qu’il existe.
ça (pareil pour les autres occurrences)
Ce mot vient de lui surgir, a l’instant ou il a touché ce tube.
à / où
Ca tape, dans « moi ».
Pas pigé comment on passe à « moi »
Comme si il y avait un autre « quelque chose » de vivant a l’intérieur.
Comme s’il / à
Il tombe à genoux, puis a quatre pattes.
à
Il ne se demande plus pourquoi il sait ce que c’est et l’usage qu’il pourrait en faire.
Une virgule après « plus » ne serait pas de refus
. Il ne sait pas qui il est, ni ou il est, ni quand il est.
où
Il se relève lentement, a genoux.
à
En observant de plus prés, il constate que leurs occupants ont l’air en bonne santé.
Près
Cet « Il » serait sûrement capable de briser la vitre a coups de poings s’il se réveillait.
à
Au début, ça m’a fait vaguement pensé à Compagnie de Beckett, puis plus du tout vu que ça dérive vers quelque chose de plus SF. Et ta façon de narrer fait plus SF que classique, bref. Cette histoire de tubes est intrigante même si personnellement ce texte ne m’attire pas plus que ça. Mais c’est purement personnel, j’aime pas la SF et des hommes dans des tubes, ça me dit pas trop.
Bon courage pour la suite en tout cas !
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Le début se répète un peu et manque de pêche mais heureusement que la suite le rattrape, niveau style. Sur le fond, c'est intriguant et ça donne envie d'en savoir plus.
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Salut ! J'ai trouvé ce début plutôt sympa et intriguant, je lirai la suite avec intérêt ^^. Peut-être qu'en effet tu pourrais élaguer deux trois passages qui se répètent un peu, mais ça ne m'a pas vraiment choquée. La lecture est plutôt fluide et le rythme lent, j'aime bien ^^.
Voilou, bonne continuation !
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Bonsoir,
Je viens de lire ce texte que j'ai trouvé sympa: Le cadre choisi me plait beaucoup (l'ambiance un peu "insalubre" avec les tuyaux et les cadavres), et plus on avance dans l'histoire, plus on a envie de découvrir la suite.
J'espère donc que suite il y aura. :mrgreen:
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Salut :),
J'ai trouvé ce texte intéressant, j'ai suivi l'histoire du bonhomme pour découvrir son monde... mais rien. Je trouve qu’il aurait été essentiel après une lecture d'un texte long d'intrigues, une explication histoire de satisfaire la curiosité de tes lecteurs. Je ne dis pas que c’est mauvais puisque je dis que je l’ai trouvé intéressant mais il est dommage d’avoir reporté cela pour une suite.
bonne chance
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Merci pour vos commentaires, ça me sera utile pour la suite! Et merci ernya pour les fautes, j'avais fait une révision avec Word mais il y en a quelques-unes qui sont passées a travers, apparemment.
Bonsoir,
Je viens de lire ce texte que j'ai trouvé sympa: Le cadre choisi me plait beaucoup (l'ambiance un peu "insalubre" avec les tuyaux et les cadavres), et plus on avance dans l'histoire, plus on a envie de découvrir la suite.
J'espère donc que suite il y aura. :mrgreen:
Merci! Suite il y a, j'ai déjà écrit plusieurs pages mais je me suis dit que tout mettre d'un coup serait un peu indigeste. Puisque ça a l'air de vous plaire, je vais la mettre tout a l'heure.
Salut :),
J'ai trouvé ce texte intéressant, j'ai suivi l'histoire du bonhomme pour découvrir son monde... mais rien. Je trouve qu’il aurait été essentiel après une lecture d'un texte long d'intrigues, une explication histoire de satisfaire la curiosité de tes lecteurs. Je ne dis pas que c’est mauvais puisque je dis que je l’ai trouvé intéressant mais il est dommage d’avoir reporté cela pour une suite.
bonne chance
Merci! C'est vrai qu'on n'a pas d'explications au début de l'histoire, mais c'est voulu. Je me suis dit que ça motiverait le lecteur a continuer si je créait un mystère autour des personnages. Le fin mot de l'histoire, je ne peux pas le mettre maintenant parce que c'est la trame principale du récit mais je pense que je vais éclairer les choses par la suite.
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Voilà la suite.
Le soir tombe. « Il » est resté là plusieurs heures, a réfléchir avec les maigres informations qu’il à. Immobile, assis sur les marches. Peut-être devrait-il s’aventurer dehors, derrière le rideau de plantes qui bouche la brèche du mur.
Soudain, un bruit le fait sursauter. Il se retourne. Un des tubes se met à siffler et a répandre de la fumée blanche, comme le sien quand il s’est ouvert. C’est celui de la première « elle ». Il se relève précipitamment et s’approche de la vitre. L’eau se vide, mais la jeune femme à toujours les yeux fermés. Ce n’est que quand son pied touche le sol du tube qu’elle ouvre les yeux, brutalement. Il constate qu’elle est paniquée. Il a connu la même sensation. Elle jette des regards affolés autour d’elle, tente se lever, et retombe aussitôt. Elle ne l’a pas remarqué, derrière la vitre. Elle finit par arracher d’un coup son masque et ses tuyaux.
« Il » n’a pas bougé, immobile devant le tube. Il a déjà vécu ca, mais il reste stupéfait. Il sent qu’il doit faire quelque chose, et vite. Soudain, ses idées se remettent en place. Il doit faire quelque chose, sinon « elle » va s’étouffer. Il noue sa couverture autour de lui comme une toge afin d’avoir les mains libres, et va déchirer un autre pan d’étoffe. Il revient et hésite encore. « Elle » est effondrée contre le mur, toussant et crachant. Elle a du avaler de l’eau. Il se sent responsable d’elle, s’il ne veut pas se retrouver seul, il doit s’en occuper. Il faut qu’elle vive.
La vitre se baisse dans un couinement. Il s’approche. Elle a fermé les yeux, elle ne bouge plus. Vite. Il rentre a l’intérieur, la prend dans ses bras et la soulève. Elle ne pèse pas très lourd. Elle n’a pas réagi... son corps est trop léger, inerte, sans vie. « Il ne faut pas qu’elle soit morte », pense-t-il. « Il » l’enveloppe dans la couverture et la sort du tube. Il voudrait faire autre chose, mais quoi ? A part la réchauffer, il ne voit pas ce qu’il pourrait faire d’autre.
Il décide de lui enlever son bonnet. Elle a des cheveux bruns, elle aussi. Il la fixe, cherchant désespérément un signe de vie. « Elle » a un beau visage. Des lèvres fines, un petit nez… Il remarque soudain que sa poitrine se soulève légèrement et retombe. Elle respire, elle vit ! Et elle dort profondément, d’ailleurs. « Il » a réussi, elle est vivante. Des heures passent. « Il » est resté assis sur les marches, « elle » continuant de dormir. « Il » décide de l’installer plus confortablement. Il la dépose sur le sol et se met en devoir de détacher l’intégralité de la tenture de la poutre métallique. Ca n’est pas facile. Il doit utiliser des morceaux de verre coupants pour trancher l’étoffe. Après quoi il installe « elle » sur ce lit improvisé.
« Il » retourne contempler les trois autres tubes restants.
Ils vont se réveiller aussi. Il en est sûr. Il devra s’occuper d’eux aussi, avec ses maigres moyens.
Maintenant qu’il a un objectif il se sent mieux. Il doit garder en vie ceux qui s’éveillent.
Il décide de dormir maintenant, son cerveau s’embrume. Il se couche non loin d’ « elle » et réfléchit. Comment assurera-t-il leur survie, demain ? Que faire maintenant ? On verra sur le moment, se dit-il.
Le lendemain matin, c’est un rayon de lumière frappant son visage qui lui fait ouvrir les yeux. « Il » se met en tailleur et vérifie que tout marche bien. Il entend. Le grand arbre fait bouger ses feuilles. Le vent qui siffle légèrement. Il voit. Le grand cercle, ou tout paraît si ancien. Avec la multitude de tubes. Il sent. Un parfum végétal. Encore l’arbre. Il touche. La pierre glacée. Il ne goûte rien. De la salive, c’est tout. Il se relève et se rend compte que la faim commence à se faire sentir. Il jette un coup d’œil à la fille. Elle dort toujours.
Il s’approche. Il reste planté a la regarder pendant un bon quart d’heure avant qu’elle ouvre les yeux. Quelques secondes se passent, sans aucun bruit hormis le bruissement des feuilles de l’arbre, au loin.
« Il » ne sait pas quoi dire ni quoi faire. Il faut communiquer, il faut parler. Il ne l’a jamais fait. Il ouvre la bouche et pousse l’air avec ses poumons, instinctivement. Mais il ne produit qu’un borborygme inintelligible. Il se racle la gorge et réessaye. « Bonjour ». Il a une voix, mal assurée mais c’est un début. Elle ne répond pas, elle se contente de le fixer droit dans les yeux. Les siens sont vert-bleu. Avec un peu de gris sur l’extérieur de la pupille. Jolies couleurs, pense-t-il. Il a l’impression qu’elle ne le voit pas. Ses yeux sont très profonds, c’est comme si elle regardait quelque chose de très éloigné a travers lui. Comme si elle rêvait encore, les yeux ouverts.
Il faut lui parler. Dire quelque chose. N’importe quoi.
« Ca va mieux ? » articule-t-il.
« Merci ».
Elle a parlé. Elle se relève lentement et s’assoit. Elle qui avait l’air si paniquée a la sortie du tube paraît très calme. Elle observe ce qui l’entoure. Il sent qu’elle brûle de questions, il regrette déjà de ne pas pouvoir lui répondre.
« Ou sommes-nous ? » Demande-t-elle.
« Je ne sais pas. »
« Qui sommes-nous ? »
« Je ne sais pas. »
« C’est quoi, tout ca ? »
« Je ne sais pas non plus, dit-il en souriant maladroitement. Je suis sorti d’un de ces tubes hier. J’ai erré ici toute la journée avant de que votre tube ne s’ouvre. A partir de là je vous ai recueillie. Je ne sais rien de plus que vous. »
Il se sent parfaitement stupide.
« Je ne sais pas mon nom, ni le vôtre. »
Elle ne répond rien, se lève et marche dans la salle sans lui prêter attention.
Que faire maintenant. Le silence est retombé. Elle a oublié sa présence et contemple l’immense caverne, le visage dénué d’expression. Il décide de se remettre les idées en place. Il s’assoit en tailleur et ferme les yeux, en respirant lentement, pendant de longues minutes. Une troisième éternité passe. Le découragement le reprend, il se demande ce qu’il doit faire maintenant. Il ne sait toujours pas ce qu’il fait là. Tant de questions et aucune réponse .Il sait qu’il n’est pas un enfant, mais il se sent tout comme. Si rien ne se passe il mourra de faim et de soif. Avec sa nouvelle compagne. C’est absurde, mais que faire d’autre ?
Il entend une couverture traîner sur le sol. C’est « elle ». Elle a peur. L’anxiété se lit sur son visage. Elle se recouvre la tête, s’agenouille et se pelotonne contre « il ». Il tente maladroitement de la rassurer. Il ne voit pas ce qu’il pourrait faire d’autre pour elle. Il faut survivre. Pour celle qui s’est éveillée. Il doit la protéger.
C’est le bruit de la pluie qui le réveille. Il fait sombre. De l’eau ! De l’eau partout, qui tombe et ruisselle dans la salle-caverne. Un éclair illumine brusquement la pièce. Ca va tellement vite qu’il n’a pas le temps de sursauter. En revanche le tonnerre qui éclate quelques secondes plus tard le terrifie. On dirait que le bâtiment s’écroule. La pluie redouble, tombe en rafale, s’infiltre partout. Etrangement, le vacarme n’a pas réveillé « elle ». Elle dort à poings fermés, roulée en boule sous sa couverture. Une heure se passe pour « Il », a contempler la colère du ciel se déchaîner. C’est un spectacle oppressant, comme si quelque chose tentait de détruire leur étrange abri. Soudain un chuintement se fait entendre. Il se retourne et voit la fumée se répandre au pied du tube de l’homme à la peau sombre. L’eau se vide. Il sait ce qu’il doit faire maintenant. Il abandonne « elle » et va chercher une couverture.
Le deuxième « il »a ouvert les yeux. Il arrache son masque avant d’avoir pied. Quand la verrière se baisse, il essaie de se relever immédiatement ; sans succès. Il retombe et s’effondre. Il faut agir. « Il » le prend par le bras et essaye de le soulever, mais il n’y arrive pas : trop grand, trop lourd. Il le prend par les épaules et le traîne péniblement sur les dalles. Le bruit de la tempête ne lui fait aucun effet, il est toujours dans les vapes et recrache de l’eau. Il l’installe sur une tenture.
Deux de réveillés, encore deux. « Il » espère que quelque chose se produira demain… il leur faut boire et manger avant tout.
Il pourrait peut-être boire l’eau du ciel ? « Il » se met sous une rigole et boit autant qu’il peut. L’eau est glacée et a un goût oxydé. Ca suffira pour la boisson. Mais il ne pense pas pouvoir digérer la pierre et le métal. Il y a peut-être à manger dehors. Cette nuit-là, il s’endort en regardant les éclairs.
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Hop, lu !
Alors, c'est toujours plutôt agréable à lire, mais ça commence à devenir un peu longuet à mon avis, enfin je veux dire, comme il ne se passe pas grand chose de capital, tu pourrais peut-être faire une ellipse sur les deux dernières "naissances" (si tu comptes bien faire "naître" les deux derniers bien sûr ^^).
D'un autre côté, je conçois très bien que leurs premiers moments ensemble sont très importants et déterminants. Peut-être pourrais-tu à ce moment là plutôt accélérer un peu le rythme ? Parce que c'est un rythme agréable et posé quand on a le temps, mais il risque peut-être de devenir lassant sur une nouvelle entière... enfin, c'est que mon avis, c'est toi qui voit hein ^^.
En tout cas, j'aime toujours et j'attends la suite ^^.
Je crois pas avoir vu de fautes mais j'en ai pas cherché non plus... (mais j'ai un peu la flemme :-¬?)
Voilà, salut !
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Dans le premier texte:
Tout ce qu’il à
a
Ensuite
a réfléchir avec les maigres informations qu’il à.
à/a
Ca se répète un peu avec la fin de la première partie.
Il noue sa couverture autour de lui comme une toge afin d’avoir les mains libres, et va déchirer un autre pan d’étoffe.
Virgule pas utile.
Il se sent responsable d’elle, s’il ne veut pas se retrouver seul, il doit s’en occuper
Les trois parties sont sur le même plan, ce qui gêne un peu la compréhension, faudrait voir pour mieux séparer la première d'avec les deux autres (peut être ";" ou ":"?)
« Il » a réussi, elle est vivante. Des heures passent.
L'ellipse est surprenante mais sympathique.
On verra sur le moment, se dit-il.
"il se dit"?
. Tant de questions et aucune réponse .Il
"Aucune réponse. Il" (faute de frappe, je suppose)
a contempler la colère du ciel se déchaîner
Pas convaincu par cette phrase.
Voilà, sinon je suis assez d'accord avec ce qui s'est dit au-dessus, particulièrement Ambriel =)
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Re bonjour,
Le mystère persiste, c'est voulu comme tu l'as dit mais tu devrais nous laisser un indice, un signe, qui nous permettra d’envisager une éventuelle possibilité de la tournure que pourra prendre la suite de la situation. Un léger avencement dans l'histoire, que ce soit au niveau du mystère qui les les entoure ou au niveau de rencontres, par ce que là ça ne bouge pas je trouve.
En tous les cas je suis ton histoire, bonne chance! :)
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Salut, je n'ai lu ton texte qu'une fois. Pour donner un véritable avis, il faudrait le relire jusqu'à ce que tout soit clair, donc ne prend pas mes commentaires trop au sérieux non plus.
En lisant les remarques des autres, j'ai noté que plusieurs te reprochaient de faire durer le mystère. Moi je ne trouve pas. Enfin, pour pouvoir vraiment se prononcer, j'aurais besoin de savoir ce que tu comptes faire de ton texte: roman (et dans ce cas, ce n'est vraiment pas très long), nouvelle, etc. Mais en suivant mon impression, je ne pense pas, mais alors vraiment pas, que le mystère soit long. Simplement, un forum n'est pas comme un livre, et on ne s'attend pas vraiment à ce que l'histoire soit achevée, donc nous avons besoin de péripéties en vitesse. Personnellement j'aurais fait durer le mystère bien plus longtemps que ça. J'aurais beaucoup détaillé, des lieux, jusqu'aux sensations corporelles; mais toujours avec un but, donc pas de détails inutiles. Conclusion: pour un début d'histoire, ça ne me dérange pas que tu prennes ton temps. J'aurais même aimé que tu en fasses plus. Je dois admettre que j'attendais plus d'informations sur "Il". Ou plutôt, pour être exact, j'aurais apprécié que le processus de son éveil soit plus lent, plus profond, plus complet. Je dis bien "éveil", et non "réveil": ça découverte du monde me semble trop rapide, comme bâclée. Tu me diras que c'est un peu exagéré, vu que tu n'as plus ou moins écrit que ça, mais tu es allé(e ?) trop vite à mon goût.
Après, je n'ai pas apprécié qu'"Il" comprenne les choses aussi instinctivement. J'ai comme l'impression que tu as fait une bourde la première fois que tu en as parlé, et que, pour te rattraper, tu l'as répété plusieurs fois, pour que ça ne paraisse pas improvisé et incohérent. Ou bien tu as tout simplement eu envie de le faire, pour simplifier les choses, peut être; mais, dans ce cas comme dans l'autre, je reste sceptique. Il me faut d'abord lire la suite pour pouvoir me prononcer. Après tout ce n'est pas si grave. Je pense que celui qui écrit ne doit pas oublier que c'est lui qui écrit, et qu'il a le droit de faire ce qu'il veut. Selon moi, son plaisir devrait passer avant ceux des autres, et ce n'est que dans cet esprit là qu'il devrait accepter leurs commentaires. S'il voit qu'ils sont utiles, alors qu'il change son texte, mais qu'il ne se laisse pas submerger par les critiques des autres. Personnellement, je trouve qu'on ne peut pas réussir à faire quelque chose de parfait du premier coup. Je suppose que si tu finis toute ton histoire, alors tu la reliras, et que tu arrangeras ce qui ne va pas.
Voila ce que j'en pense. Trop tôt pour se prononcer, car tu n'as presque rien écrit. Ça a l'air bien, mais on ne sait pas encore si tu feras quelque chose d'original. Du coup, je ne peux pas encore dire que c'est bien. J'aurais beaucoup de choses à dire, mais c'est difficile de tout caser dans un commentaire, car je ne me ferais pas bien comprendre. Je n'insiste que sur une chose: encore une fois, ne prends pas mes conseils pour ce qu'ils ne sont pas: je n'ai lu ton texte qu'une fois, et je n'ai presque jamais rien écrit de ma vie, sauf pour l'école, avant mon bac :)
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Salut Vélocipède, j'ai pu lire la suite de ton histoire et mon avis dessus n'a pas changé, je lirai la suite avec plaisir.
Aussi, je rejoins l'avis de Beeth' sur l'emploi des "Il". Parfois "il" est entre guillemets, parfois il n'y est pas, du coup je me pose la question : est-ce une erreur, un oubli, où est-ce voulu et important pour la suite du texte ?
Je te souhaite une bonne continuation. ^^
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Merci a tous :P
J'ai lu les remarques sur les "ils", le rythme et le mystère. Pour ce qui est des "ils", c'est voulu, mais je comprends que ça reste flou. Je sais très bien pourquoi j'ai voulu les nommer comme ça au début de l'histoire mais je n'arrive pas a l'expliquer clairement. De toutes façons, pour ça comme pour le reste, ça ne durera plus longtemps; j'avais déjà écrit la suite et les choses vont s'accélérer, je vais retoucher au mieux ce que j'ai déjà écrit et je le mettrait.
Pour Beethoven, je n'ai aucune idée concernant la longueur, concrètement. Je ne me suis pas posé la question en écrivant, je me suis dit que je continuerait l'histoire tant que mon imagination lui donnerait une suite.
Il est vrai que "il" comprend les choses un peu instinctivement, mais si je le forçais a tout apprendre par lui-même, la scène durerait dix fois plus longtemps et le rythme en prendrait un sale coup. Alors je préfère faire comme ça, je pense que l'histoire du personnage expliquera cet état de choses quand je la donnerait.
J'ai déjà une idée du mystère qui servira de rail central a l'histoire mais je pense que je devrais l'étoffer. J'écris plutôt lentement parce que j'ai toujours peur d'écrire quelque chose qui ressemble trop a une histoire préexistante et je déteste l'idée de plagier, même inconsciemment. Je mettrais la suite bientôt.
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J'ai lu attentivement ton histoire et j'aime le travail fait sur les récit de pensées/évènements. On passe toujours d'une description au discours hétéronarrativisé (pensées du personnage spontanées reprises à la 3e personne) et je trouve que ça donne un rythme, les lenteurs en sont atténuées. C'est du bon travail.
Je ne partage pas du tout l'avis de certains concernant le mystère. Ce n'est que le début, c'est un peu normal qu'on se sente perdu au vu d'une telle situation (le personnage lui-même est désorienté et vu que l'auteur a choisi une focalisation interne, il faut que le lecteur ressente ce sentiment au mieux).
Quant au rythme, les lenteurs sont atténuées par les pensées mais c'est vrai qu'il faudrait "accélérer" les naissances suivantes, pour éviter les répétitions et les longueurs.
Voilà, je trouve ton idée de base pas mal, ça laisse présager quelque chose de bon. Je te suis :)
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Il pourrait peut-être boire l’eau du ciel ? « Il » se met sous une rigole et boit autant qu’il peut. L’eau est glacée et a un goût oxydé. Ca suffira pour la boisson. Mais il ne pense pas pouvoir digérer la pierre et le métal. Il y a peut-être à manger dehors. Cette nuit-là, il s’endort en regardant les éclairs.
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Tout est noir. Il n’y a rien. Mais ca ne dure pas. La terre tremble. Des grains de poussière tombent du plafond. Un grincement déchira le silence qui régnait depuis une éternité. Une onde de choc vint faire trembler le sol avec un grondement sourd. Tout à coup des lumières s’allumèrent, éclairant la salle d’une lueur bleuâtre. La grande porte blindée de la salle se dépressurisa et coulissa sans bruit, laissant le passage a une silhouette encapuchonnée qui s’avança a pas pressés vers le panneau de contrôle au centre de la salle. A peine avait-il atteint la console qu’une seconde onde de choc ébranla tout le bâtiment. Quand le sol avait bougé, il s’était immobilisé tout de suite en retenant son souffle. Le calme revenu, il rejeta sa capuche en arrière, révélant des cheveux grisonnants et des traits fatigués.
« Allez, démarre. Vite. », Maugréa-t-il en appuyant sur une touche. La machine s’alluma et de grands hologrammes couverts de chiffres et d’images se projetèrent tout autour de lui. L’homme se mit à lire attentivement les textes, cherchant une information bien précise. Un troisième grondement sourd résonna dans la salle, mais il n’y prêta pas attention. Il venait de trouver ce qu’il cherchait quand un autre individu portant une armure éraflée entra par la porte restée ouverte a pas précipités.
« Monsieur, les castellans arrivent. Nous ne les retiendront pas très longtemps. Vous êtes en danger. »
« Je le sais que je suis en danger, imbécile. Sinon je n’aurais pas pris la peine de m’encombrer d’une escorte. », Répliqua le premier d’un ton sec en tapant sur plusieurs autres touches.
Le soldat en armure jeta un regard inquiet par la porte et se fit plus pressant.
« Il y a encore trois arches au décollage, a Séoul, Bangkok et Fergus. Si nous partons maintenant vous avez encore une chance d’y monter. »
Une rune verte clignota sur son avant bras. Le deuxième soldat ouvrit la communication et écouta le message.
« Vous pouvez oublier Bangkok », dit-il avec un soupir.
« A quoi aurait servi tout ce trajet si nous repartions maintenant ! », éclata l’homme aux cheveux gris sans quitter ses écrans. «Débrouillez-vous comme vous voulez, sacrifiez-vous tous jusqu’au dernier si c’est nécessaire, mais donnez-moi le temps d’achever ma tâche. »
« Quelques minutes. C’est notre maximum », lâcha l’autre avant de tourner les talons.
Resté seul, il activa plusieurs manettes avant de se précipiter sur une plate-forme circulaire qu’il fit sortir du sol. « Démarrage », annonça-t-il.
Une lumière rouge le recouvrit brusquement. Il ferma les yeux et se concentra quelques secondes avant de se mettre à parler.
Quand il eût terminé, il éteignit la console avant d’apposer sa main au milieu de l’empreinte.
Avec un couinement, l’énorme machine se verrouilla et se tut.
L’homme se recouvrit la tête et se dirigea vers la sortie. Avant de franchir définitivement le seuil, il jeta un dernier coup d’œil sur la centaine de tubes qui scintillaient, adossés aux murs de la salle.
« Que nos enfants nous pardonnent », marmonna-t-il avant de sortir.
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L’homme sombre ne se réveille que le lendemain matin. « Elle » s’est réveillée à l’aube, quand la tempête a fait s’écrouler une traverse du plafond. L’acier heurtant la pierre avait fait résonner toute la salle, réveillant en sursaut la jeune femme qui, depuis, s’était assise et fixait le ciel depuis des heures.
« Il » avait préféré la laisser tranquille et chercher à boire. L’orage a fini par passer, mais la pluie continue de tomber en une bruine ininterrompue. Il s’est arrêté sous l’arbre. Cet étrange végétal est la seule incarnation de la vie ici, à part eux. Dans cette caverne, tout est froid, ancien, métallique. Cet arbre les protège du vent. Il leur permettra de boire, maintenant. Avec les grandes feuilles en larmes qu’il porte, « il » a fait un récipient de fortune qu’il a rempli dans une flaque. Quand il lui donne, « Elle » y jette un coup d’œil, boit avidement et se remet à fixer le ciel sans dire un mot.
Derrière eux, le deuxième « il » commence à remuer. Son premier geste est de regarder autour de lui. Il a l’air tout aussi hagard qu’eux mais affiche un calme étonnant. Quand il lui donne a boire, il le remercie d’une voix grave.
« Il » lui explique ce qu’il sait, c’est-a-dire pas grand-chose.
Des heures passent ainsi. L’homme sombre a fait le tour du lieu, comme ses deux prédécesseurs.
-Qu’est-ce qu’on va faire, maintenant ? demanda-t-il a la tombée du jour.
- Je ne sais pas, répond le premier « il ». Peut-être qu’on devrait attendre le réveil des deux derniers et aviser ensuite.
- Il y a quelque chose derrière ce grand arbre. On pourrait franchir le rideau de plantes et aller voir.
« D’accord »
De toute façon, il n’a rien de mieux à proposer.
Le rideau en question n’est pas si facile que ca à franchir. Il y a des ronces, des orties, des bouts de verre et de béton, et eux sont pieds nus. Le deuxième « il » ramasse une barre de fer et s’en sert pour tailler un passage dans la végétation. « Il » se retourne et voit qu’ « Elle » les a suivis, toujours sans mot dire.
Ses pieds et ses jambes le brûlent. Les épines lui ont éraflé la peau.
L’homme sombre brise une dernière branche et ils débouchent à l’air libre.
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Un homme s’engagea dans un couloir, encadré par deux gardes. Il portait des chaînes aux pieds, et des bracelets de fer forgé lui liaient les mains. Il n’avait droit qu’à une tunique déchirée et a une couverture légère pour se protéger du vent qui sifflait par les fenêtres. S’engageant sur le long tapis pourpre qui constituait le seul ornement du couloir, il réfléchissait à toute vitesse. Il n’aurait qu’une seule chance. Les deux gardes ne devraient pas poser de problèmes, en toute logique. Ceux-là étaient recouverts d’une cape noire et de plaques de métal sombre, gravées d’inscriptions ésotériques. Le heaume qui leur recouvrait le visage ne laissait rien voir de leur expression. Ils se devaient de paraître impassible et insensible en toutes circonstances.
Le trio s’arrêta devant une grande porte de bois usé. Tandis que l’un des gardes frappait, l’homme continuait de réfléchir, le cœur battant. La porte s’ouvrit en grand, et ils rentrèrent. La pièce dans laquelle ils venaient de pénétrer était hexagonale, sans autre ouverture qu’un grand balcon a l’autre bout de la pièce. Mais impossible de voir ce qu’il se passait dehors, les tentures étaient fermées. Ces mêmes tentures pourpres élimées recouvraient les murs de la pièce, afin de cacher la vétusté des murs.
Le premier garde s’inclina.
« Monseigneur, voici celui que vous attendiez. »
« Libérez-le, et laissez-nous seuls. »
Et ils obéirent. Le garde sortit une clé et libéra les entraves du prisonnier sans lui jeter un mot ni un regard avant de sortir.
Le prisonnier se massa les poignets, attendant que l’autre dise un mot. Il n’y en avait plus pour longtemps. Quelque chose bougea dans l’obscurité de la pièce. L’homme qui lui tournait le dos se décida à lui faire face, en lui souriant poliment. Le lourd manteau brodé d’or s’écarta, révélant une main ridée qui lui fit un geste de bienvenue.
« Alors… comment vas-tu ? »
L’autre ne répondit rien. Il se concentrait sur ce qu’il devait faire. Inutile de parler, son interlocuteur parlait plus pour lui-même que pour discuter vraiment, d’ailleurs.
« Tu pourrais sourire un peu… c’est triste pour toi, c’est sûr. Mais c’est une nouvelle ère qui commence. Fais-toi a l’idée que tu as perdu. Je n’ai pas encore décidé ce que j’allais faire de toi, tu sais. Peut-être que je te laisserais la vie. »
L’autre ne répondit toujours pas. Qu’il parle, ainsi il ne pensait pas à le surveiller. L’homme mis discrètement la main droite dans sa manche gauche et y trouva ce qu’il cherchait. Un morceau de métal acéré, qu’il avait patiemment aiguisé pendant des jours du mieux qu’il pouvait.
« Il y a encore tant à faire, bien sûr… cela ne fait que commencer. J’ai des années devant moi. Ta soumission sera le moment le plus glorieux de mon règne, je le confesse », dit-il en jubilant.
L’autre fit mine de s’incliner. Encore quelques instants. Il était prêt.
Gonflé d’orgueil, l’homme aux mains ridées s’avança vers lui en continuant son discours.
« Quelque part, ce sera grâce a toi… tu entends ? Grâce à toi. Je ne regretterai jamais rien. Allez, pardonne-moi maintenant. Pardon, mon frère. Pardon pour ce que j’ai fait et pour tout ce que je m’apprête à faire», acheva-t-il en posant ses mains sur les épaules de son interlocuteur.
« Pense à l’ave… »
Il ne finit pas sa phrase. Le prisonnier avait agi. Il retira sa lame du cœur de son ennemi tant haï, l’enlaça pour assurer sa prise et la lui plongea plus profondément dans le ventre, une deuxième fois.
« J’y ai pensé chaque jour de mon existence, et maintenant, il m’appartient. », chuchota-t-il a l’oreille du mourant. Le visage a peine espacé du sien, il le regarda droit dans les yeux alors que sa vie s’écoulait a flots. Il n’y avait pas de colère dans ses yeux, même pas de haine. Juste de la surprise. Comme un joueur d’échecs qui vient de se rendre compte qu’il n’avait pas prévu le coup que vient de jouer son adversaire.
« Tu as fondé ton règne sur la souffrance. Tu as trop de sang sur les mains pour être pardonné. Et c’est sur les ruines de ton royaume que je bâtirai le mien. »
Il le lâcha. Le corps sans vie retomba sur le sol dallé. Sans accorder un seul regard de plus au cadavre, l’homme marcha lentement vers le balcon. Il écarta la tenture. Dehors, les étoiles commençaient à s’éteindre. Il avait l’esprit embrouillé, ayant la sensation de s’être débarrassé d’un grand poids. La foule qui attendait en contrebas l’accueillit avec des vivats. Avant de s’adresser à eux, l’homme profita du plus beau lever de soleil de sa vie.
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L’air libre ? En fait, non. Il s’avère que l’arbre est encore plus grand à l’extérieur qu’a l’intérieur. Ses branches et ses racines s’étendent loin, a des dizaines de mètres. Ses frondaisons sont envahies de fougères et d’arbustes plus ou moins hauts. La végétation est encore trop dense pour révéler l’air libre. Ce n’est qu’a vingt ou trente mètres, mais il y a autre chose ici, sous l’arbre. C’est énorme. Ca ressemble au squelette d’une baleine. Mais ce n’est pas la mer, ici. Et les cétacés n’ont pas les os faits de métal. C’est ovale, rouillé, fracassé. Comme un gigantesque oiseau qui serait tombé là et ne se serait jamais relevé. Piqué par sa curiosité, Il décide d’aller regarder de plus prés. La tôle de cet « animal » a l’air tellement rongée par l’humidité, le temps ou tout ça a la fois qu’ « il » a l’impression qu’elle pourrait tomber en miettes au moindre éternuement. Le deuxième « il » finit par trouver une brèche suffisamment grande pour permettre leur passage. A l’intérieur, c’est le désordre le plus total. Il y a des rangées de sièges brisés et moisis par le temps. Et de nouveaux restes humains ; des squelettes couchés sur le sol troué par endroits. Les fougères et les orties se sont infiltrées par tous les interstices du plancher, et même par les hublots. Soudain « elle » fait une découverte intéressante. Tout au fond, il y a un coffre d’acier, complètement disloqué et rempli de livres. « Il » tend la main et en prend un qu’il ouvre au hasard. Ils sont en très mauvais état. Les feuilles sont jaunies, abîmées par les taches d’humidité, voire rongée par la moisissure, et elles se détachent.
« Il » se concentre. Ces signes bizarres tout en courbes et en lignes sont des mots. Et ils ont une signification, il le sait. Il sent qu’il peut lire ce qu’il y a écrit là. Il fronce les sourcils, les idées s’assemblent et forment des phrases dans sa tête.
« Maintenant… » C’est dur. Il faut se concentrer. « Maintenant, tu seras maudit de la terre qui a ouvert sa bouche.. »
Allez, un petit effort.
« Caïn dit à l'Éternel: Mon châtiment est trop grand pour être supporté. Voici, tu me chasses aujourd'hui de cette terre; je serai caché loin de ta face, je serai errant et vagabond sur la terre, et quiconque me trouvera me tuera. »
« Caïn ». Ce mot-là lui plaît. Il l’a lu en premier. « Il » décide alors que désormais, il s’appellera Caïn. Il a un nom, maintenant.
« Les peuplades nordiques partageaient l’univers en neuf mondes », entendit-il.
C’est la voix grave du deuxième « Il ». Caïn se retourne et le vit en train de lire à voix haute un livre qu’il a trouvé dans le coffre.
« Sur le plan le plus élevé de l’univers se situait, selon la cosmogonie nordique, Asgard, la demeure des dieux, ceinte par un rempart édifié par un géant de glace. Là se tenait l’assemblée des dieux, présidée par Odin, le dieu de la guerre, de la sagesse et de la poésie. Selon la légende, il possédait un cheval a huit pattes capable d’aller plus vite que le vent, Sleipnir ; ainsi que deux corbeaux, Huginn et Muninn, qui lui chuchotaient a l’oreille les nouvelles du monde qu’ils survolaient. »
Il reste pensif quelques instants et décrète : « Ca me plaît. Je m’appellerais Odin. »
Caïn sourit. Ca lui ira bien.
« Moi, ca sera Arh.. Al.. »
« Elle » est penchée sur un squelette. Elle a trouvé un petit cercle de métal gravé sur les tissus déchirés qui recouvrent les restes.
« Aïs », annonce-t-elle en se relevant, les yeux fixés sur sa découverte.
Ca fait du bien de ne plus être anonyme. Ils se mettent à fouiller l’endroit, a la recherche de quelque chose qui pourrait leur indiquer où ils sont. Caïn cherche d’autres livres dans le coffre. Certains sont illisibles, leurs pages sont dévorées par des insectes. Il prend les deux moins abîmés.
« Vous n’avez rien entendu ? » demande Odin.
Ils s’immobilisent. Un chuintement se fait entendre au loin.
« Les tubes. » dit Caïn.
Ils ressortent précipitamment et retournent dans la caverne, en s’écorchant encore plus les jambes aux ronces.
La fumée blanche s’est presque dissipée au pied de l’avant-dernier tube. L’eau commence à descendre alors qu’ils restent plantés devant le tube, qui contient le corps endormi de la petite fille aux cheveux blancs. Elle ne réagit pas, même quand la vitre se baisse enfin avec un couinement. Odin se décide alors à lui enlever son masque. Il la soulève comme une feuille et la sort de sa prison humide.
-Et elle, comment on va l’appeler ? demande-t-il.
Caïn hésite une seconde et ouvre au hasard un de ses livres. On ne change pas une technique qui marche.
« La Disa Stairsii est une plante du genre Disa, de la famille des Orchidacées, qui compte 130 espèces différentes, se situant presque toutes dans le sud de l’Afrique. Comme la plupart des orchidées, elle est gravement menacée par la destruction de leur habitat. », lut-il.
-Disa ?
-Moi j’aime bien, dit Aïs en revenant avec un morceau de tenture dans lequel elle enveloppe la fillette, toujours inconsciente.
- Plus qu’un, soupire Caïn en regardant le dernier tube. La vieille femme a toujours son sourire serein.
Il se demande à quoi elle rêve.
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« Mec, les rêves, c’est l’affaire de chacun. Il y a des rêves qui ne font que révéler ce que tu désire le plus, où qui synthétisent les événements de la journée, tu vois. Après, t’as aussi les rêves qui sont ultra-farfelus, ceux qui n’ont ni queue ni tête, c’est du grand n’importe quoi du début à la fin. Tiens, moi par exemple j’ai déjà rêvé que je courais dans un champ de tomates déguisé en clown, poursuivi par une tondeuse à gazon vivante. Et ça n’avait aucun sens, hein. Vraiment aucun. »
Samuel Hodgson ne répondit pas a ces curieux propos. Son ami avait l’habitude de faire de tels monologues, surtout avant de monter sur scène. Il se contenta de sourire.
L’autre tira une nouvelle fois sur sa cigarette de marijuana et continua.
« Et après ça, mec, t’as les rêves qui te révèlent complétement. Ceux qui font jouer l’imagination, qui vont jusqu’au bout de ton subconscient, qui utilisent tous tes neurones pour faire des paysages pas croyables. Du grand spectacle. Des trucs que t’as pas idée, mec. Mais le problème c’est que tu t’en souviens pas , les trois quarts du temps. Au réveil, tu sais que t’as fait un rêve magnifique, mais plus t’essaye de t’en rappeler, plus tu l’oublie. C’est comme puiser de l’eau avec une passoire.»
« Eh, c’est à nous dans trente secondes ! Jette ça et amène-toi ! »
« J’arrive ! Tiens mec, un dernier truc. Ce que je vais faire, là tout a l’heure, c’est du rêve a l’état pur. La musique, c’est du rêve incarné. C’est la plus belle réussite de l’homme, mec ! Avec l’écriture, mais l’écriture on peut la détourner, et faire de mauvaises choses avec ca. Alors que la musique, non. Quand t’es sous les projos, avec dix mille cerveaux devant toi, t’es d’abord terrorisé, mais ca dure pas, parce que dés que tu joue les premières notes tu sens tout de suite qu’ils sont tous pendus a ta guitare, que chaque accord va dicter le rythme de leurs battements de cœur. Et avec une bonne guitare et des basses de qualité, tu soulève la foule en un rien de temps, mec. Tu t’empare de leurs âmes, tu les transporte ailleurs, au-delà de toute compréhension humaine, là ou il n’y a plus que de l’adrénaline et de l’excitation. Plus ils hurlent, et mieux c’est. C’est un grand pouvoir que de contrôler une foule avec quelques notes. »
« Mais qu’est-ce que tu fous ! »
« J’suis là! A plus mec, pense a tout ça. »
Le musicien jeta son mégot, sourit de toutes ses dents et se précipita par la porte, laissant seul son ami.
Seul dans les coulisses a présent désertes, Samuel écouta les premiers instants du concert avant de tourner les talons. Il pensa à tout ce qu’il venait d’entendre en retournant à sa voiture. Il aimait bien fréquenter des gens un peu fous. Ceux qui ne sont pas sur la même longueur d’ondes que la moyenne. C’était même important pour lui. Il pensait que c’était mauvais pour la santé que de toujours rester en face de gens raisonnables.
Son véhicule se déverrouilla avec un « couic » qui résonna dans le parking désert. Il ne savait pas trop où aller maintenant. Il n’avait pas envie de voir du monde. Alors Samuel décida de céder a sa passion. Il alluma l’autoradio et prit la route du télescope géant de Coonabarabran ou il travaillait comme chercheur. Une voix indifférente sorti de l’engin et commenca a débiter son énième bulletin d’information de la journée.
« … a fait dix-neufs morts a Jérusalem. Trois autres attentats ont étés annoncés prochainement dans la région par des cellules terroristes, les autorités locales assurent cependant contrôler la situation. Le président de l’Union Européenne Jan Seghi a confirmé a l’instant sa venue au sommet mondial de Calcutta. Ses déclarations a la presse furent courtes mais il garantit que « le maximum sera fait pour éviter le conflit ».
Nouvelle manifestation au Tibet, les moines se sont joints à la foule hier dans les rues de Lhassa. La police chinoise a violemment réprimé ce mouvement, les victimes sont estimées à trente-deux morts et le double de blessés.
La construction du mur du Rio Grande se poursuit aux Etats-Unis, malgré les protestations conjointes des associations humanitaires et du conseil de l’ONU, la secrétaire d’état américaine a répèté que les Etats-Unis ne peuvent plus se permettre d’acceuillir le flot de réfugiés qui fuient par centaines de milliers les combats en Amérique Latine. Dernière minute, la … »
Samuel Hodgson appuya rageusement sur la touche « Ma musique » du lecteur. Il en avait par-dessus la tête de la radio et de son cortège systématique de morts, de blessés, de réfugiés et de catastrophes naturelles qui ponctuaient ses bulletins.
Superstition, de Stevie Wonder.
La guitare électrique le calma rapidement.
“Very superstitious, nothin' more to say,
Very superstitious, the devil's on his way,
Thirteen month old baby, broke the lookin' glass,
Seven years of bad luck, good things in your past… “
Samuel adorait ce morceau. Il alluma une cigarette et écouta la chanson jusqu’au bout, en essayant de ne penser a rien d’autre.
La route bifurqua une dernière fois et déboucha sur le parking de l’observatoire. La nuit, l’étrange bâtiment ovoïde ressemblait à un œuf d’oiseau géant, posé en plein désert. Il fouilla dans son trousseau de clés et entra. Tout était désert et silencieux. Il alluma le générateur du télescope et s’installa dans le fauteuil alors que le toit coulissait, révélant le ciel parsemé d’étoiles. Samuel laissa l’ordinateur cibler Alpha du Centaure avant de passer en contrôle manuel. Il s’attarda un peu sur cette constellation avant de se tourner vers d’autres régions de l’espace. Des nébuleuses, des astéroïdes, des soleils, des géantes rouges. D’immenses nuages de feu qui se prélassaient majestueusement entre les étoiles. Il ne croyait pas aux petits hommes verts mais depuis tout petit, il espérait apercevoir un vaisseau spatial inconnu, un satellite artificiel, n’importe quoi qui puisse leur révéler que non, ils n’étaient pas seuls.
Samuel décida d’agrémenter un peu le spectacle. Il alluma la radio, la cafetière et une autre de ses cigarettes. Il avait de longues heures devant lui, et le ciel était vaste.