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Elle pédale avec énergie, comme pour s’enfuir. Déchirer le rideau soyeux de ce samedi matin, s’engouffrer dans les irrégularités de la nature. Rapidement, elle se laisse avaler par un enchevêtrement somptueux d’arbres. Hêtres, frênes, tilleuls, chênes, noisetiers. Ils se préparent au long sommeil hivernal et parent la forêt, dans leur abandon, d’une splendeur ambrée. Samuelle imagine l’humus riche les relier dans une étreinte infrangible. Entre deux expirations bruyantes, elle inhale le parfum exaltant de l’automne. Les feuilles rousses qui parsèment le sol se froissent à son passage et libèrent des soupirs discrets.
La montée est laborieuse, ses muscles chauffent. Plus loin, elle aperçoit un embranchement. À gauche s’ouvre un chemin qui cisaille la forêt pour relier le village au chateau, d’un seul trait, qu’elle connaît bien. S’y rendre, se dit-elle, se gorger de la vue, puis redescendre à la maison. Mais l’autre ramification accroche son regard. Un petit passage enrobé par les frondaisons, une courbe suggestive, qui s’échappe ailleurs, là où son imagination n’a osé encore se hasarder. Samuelle pense à la réunion de lundi dix heures, à l’œil sévère, rarement amusé, de son directeur de thèse. À la bibliographie qu’elle se doit de terminer. Le sujet la captive, certes, l’émergence de la vie, de la fonction biologique, au milieu de phénomènes physiques et chimiques dépourvus de finalité. Mais ce travail de catalogage la heurte, lui semble être une perte colossale de son temps et puis il n’est que samedi matin. La nature est là, devant elle, fraîche, généreuse, apaisante, surprenante. Elle sonde du regard ce chemin qu’elle n’avait anticipé, qui murmure des promesses de temps et d’espace à son esprit tiraillé. Elle secoue la tête, libère un fuck it qui s’égare aussitôt dans la canopée.
Son vélo oblique à droite.
L’arrondi du sentier les happe.
*
Deux heures plus tard, elle émerge de la forêt, ses habits crottés, son vélo sali de résidus boueux. Un large sourire relie ses joues rosies. Elle dévale la route qui mène au village à toute vitesse, se croit aigle royal ou grand albatros. Le soleil est tout à fait levé, à présent. Ses rayons s’étalent à profusion sur les champs jaunis et les toitures rouges des maisons. À l’approche des premières habitations, Samuelle ralentit, s’assurant qu’aucun enfant ne joue sur la chaussée. Elle n’habite la bourgade que depuis deux mois mais s’y sent déjà à l’aise, connaît ses allées par cœur. Choix étrange qu’a été le sien, affirment ses collègues, préférer la campagne à la ville. Choix de retraitée ou de mère de famille, s’amusent-ils. Elle n’est ni l’une ni l’autre, a tout juste vingt ans. Surdouée disent les uns, geek, atypique chuchotent les autres. Et elle de secouer la tête comme pour se libérer de ces étiquettes trop étroites.
Le gravier crisse sous les pneus de son vélo quand elle remonte le chemin privé qui s’arrête aux pieds du vieux manoir. Il date du Moyen-Âge, si elle en croit la propriétaire, une femme élégante, d’un certain âge. Samuelle n’y loue qu’un petit appartement. Elle n’en a pas cru ses yeux quand elle l’a visité, n’a pas cru sa chance quand la propriétaire, après l’avoir examinée longuement au fond des yeux, a dit il est à toi si tu le veux.
Elle dépose son vélo sous l’abri voiture, ne le cadenasse pas, nul besoin, et se dirige vers l’entrée côté jardin. Avant de refermer la porte massive derrière elle, elle hume une dernière fois les senteurs riches du mois d’octobre. Caresse du regard le muret ancien qui délimite le jardin étendu de la propriétaire. Le feuillage encore épais d’un formidable marronnier sépare les appartements de Madame Brosnan, situé dans l’aile nord du manoir, de ceux de ses locataires. Comment vit-elle ? se demande Samuelle en déplaçant son attention au-delà de l’arbre. Veuve, avait-elle expliqué très rapidement, lors de leur premier entretien. Depuis deux ans. Sa voix n’avait trahi aucune douleur. Son regard était complexe, stratifié, prudent. J’aime le calme, la discrétion, avait-elle ajouté, probablement pour signifier que les fêtes n’étaient pas souhaitables. Ou alors pour partager, un instant seulement, un fragment de sa personnalité avec cette étrangère qu’elle accueillait au sein de sa propriété. Samuelle détourne les yeux, délaisse ses questions pour plus tard, pénètre le hall silencieux et s’avance vers l’entrée de son logis.
*
Une fois douchée et habillée, Samuelle ne s’installe pas immédiatement à son bureau. Elle ne se sent pas tout à fait dans les bonnes dispositions pour le travail de précision qu’elle se doit d’effectuer. Son esprit vibre encore des couleurs et sensations éprouvées dans la forêt, amplifié par les nouvelles perspectives qu’elle a entrevues. Il lui coûterait trop cher de devoir canaliser son énergie dans une tâche unique, se forcer à lire et résumer de façon linéaire quand elle se sent encore pleine d’une vie multidimensionnelle. Alors elle flâne entre les murs de son appartement, sirotant une tisane, laissant ses pensées vagabonder, entremêlées d’images diffuses. Le passage flamboyant d’un écureuil. Le halo délicat du soleil filtrant à travers la coupole des arbres. L’euphorie ressentie quand la forêt s’entre-ouvre sur une clairière secrète. Le petit pain et le chocolat engloutis avec félicité entre les herbes encore humides. Puis d’autres couleurs et émotions s’immiscent à travers le ruissellement allègre de ses souvenirs. La lumière froide du laboratoire. Les regards impénétrables de ses collègues. Une impression pénible d’inadéquation, de droites mal alignées, d’aimants qui se repoussent, quand pourtant, c’est précisément là qu’elle se doit d’être, parmi les paillasses, les incubateurs et les microscopes, à l’orée du monde invisible, si proche et inaccessible à la fois. La vie turbulente qu’enferment les cellules n’attend qu’elle pour être découverte, comprise, mais ses collègues lui proposent des pauses café et elle ne sait pas quoi faire. Elle les suit mais ne sait pas quoi dire. Ils l’invitent à des soirées, Il faut que tu sortes un peu, que tu découvres la ville, ça fait déjà deux mois que t’es là ! Comment leur communiquer qu’elle ne sait pas accomplir toutes ces choses qu’ils considèrent triviales ? Qu’elle ne sait se rendre à une fête ou dans un bar. Qu’il y a en elle un manque, un abysse – ou est-ce une peur ? – là où devrait se trouver une carte ou un mode d’emploi. Une indication précise qui l’aiderait à naviguer entre les courants emmêlés qui gouvernent les relations sociales. Comment leur dire, sans les froisser, qu’il vaut donc mieux la laisser à ses livres et réflexions, comme tant d’autres l’ont fait avant eux ?
Samuelle s’est arrêtée devant son espace de travail. Elle pose son regard sur le calendrier accroché au mur, juste au-dessus de son ordinateur. Le trente-et-un octobre est barbouillé d’une écriture presque illisible qui semble chuchoter: “Fête d’anniversaire d’Oliver ?”. Samuelle détourne les yeux, tire sa chaise et s’y assied. Elle allume son ordinateur, ordonne quelques articles scientifiques qui jonchent son bureau, et ce faisant, calme son esprit, le concentre sur la tâche à accomplir, et rien d’autre n’a plus d’importance.
*
Il est tard, presque minuit, quand elle éteint son ordinateur. Elle soulève sa tasse vide et l’emporte à la cuisine. Ouvre le lave-vaisselle, ne s’émerveille plus d’en posséder un, y dépose la tasse. Ses gestes dépeignent l’habitude, ses pensées, elles, sont tout ailleurs. Elles circulent parmi le brouhaha des protéines qui cohabitent dans les cellules du vivant. Qui jouent des coudes, naviguent au hasard, s’accrochent de-ci de-là à d’autres molécules. Protéines libertines, qui se forment et se déforment continuellement et n’ont absolument rien en commun avec les structures rigides, ordonnées, préprogrammées, qu’elle avait apprivoisées durant ses études. Plus la science avance, plus elles se transforment, deviennent autres, amas désorganisés, servant mille fonctions à la fois mais aucune de distincte. Le miracle, le vrai, est que les cellules qui les abritent comprennent ce chaos. S’en servent pour accomplir la vie. Samuelle est fascinée par ce passage de l’inerte au vivant, par l’aptitude qu’a la vie d’aiguiller le désordre, de le traduire en prises de décisions qui lui permettent, à elle, de se faire un thé. De mettre en marche le lave-vaisselle. De se blottir au fond du canapé et de méditer sur toutes ces choses. Aux trillions de chemins confus qui pourtant convergent en un instant, en cet instant précis. Similaires à ces ravissants sentiers qu’elle rencontre en forêt, qui tous la ramènent chez elle. Elle considère leurs croisements, la multitude d’autres histoires qu’ils auraient à raconter, les compare au tohu-bohu des interactions humaines, aux attaches qui naissent entre les frictions de la chair, fruit du hasard et de la proximité. Dans son imagination fleurit une scène animée : Une femme se faufile dans un bar avec le fol espoir de rencontrer quelqu’un. Tout là-bas, à côté du DJ, une personne dont les principes de vie, les désirs, les ambitions s’imbriqueraient parfaitement avec ceux de la femme. Mais la foule est dense, le rythme effréné de la musique traverse les corps en sueur qui s’agglutinent autour de la femme, ralentissent ses mouvements. Et là, juste là, se trouve cette autre personne dont l’affinité à la femme est plus que satisfaisante. Leurs esprits se frôlent, leurs mains se caressent, une possibilité en remplace une autre et qui le saura jamais ? Qui se préoccupera de ce second chemin qu’aurait pu emprunter la femme, les mille ramifications qu’il aurait engendrées, les rires, la volupté, les promesses et déceptions, les échappées passionnées, le soutien, l’intimité, qui s’en soucie quand le but est atteint ?
Mais.
Pourtant.
Le père de Samuelle prétend que pour lui, il n’y avait que sa mère. Pas mille possibilités mais une seule. Que si sa mère s’était trouvée au fond du bar ou perdue au milieu de la foule de Mong Kok, Tokyo, ou Paris, il l’aurait retrouvée. Il se plaît à conjuguer les mots destin et âme soeur. Même après tout ce temps. Se refuse d’admettre que son histoire, leur histoire, aurait pu ne pas être. S’entête, au point de fermer la porte à toute nouvelle liaison, même si maintenant.
Samuelle ne veut terminer cette phrase.
Même si maintenant.
Maintenant il est seul.
Le mot résonne dans la tête de Samuelle.
– Seul, répète-t-elle à haute voix pour s’empêcher de penser à l’absente, à celle qui, de par sa suppression, a engendré la solitude du père. D’un coup, le mot et son écho prennent une amplitude nouvelle, remplissent le silence du salon et mutent, deviennent son délaissement à elle. De haut, elle s’aperçoit esseulée, anonyme au milieu d’un village étranger, d’un pays inconnu situé à des milliers de kilomètres de sa famille. De ce qu’il en reste. Sa gorge se contracte, les pensées interdites se précipitent à la surface. Elle se lève du canapé comme électrocutée et quitte la pièce en éteignant la lumière.
Bonjour,
Je n'ai pas beaucoup de temps, alors je vais à l'essentiel, je m'en excuse :
C'est encore différent des personnages précédents, le récit se perd dans les méandres des pensées, mais on ne s'ennuie pas et pourtant au final on arrive nulle part hormis un voile levé sur une situation familiale tristounette et qui a laissé des traces.
Le prénom est très original, je trouve dommage de mettre un diminutif dans le récit, cela ne se justifie pas sauf dans un dialogue. C'est presque un sacrilège ! :)
On est samedi matin, tôt visiblement, et un truc me chiffonne, elle vient de où ? Promenade matinale ? Elle travaille de nuit ? On sait qu'elle rentre au château, elle fait deux heures de vélo en ayant pris un détour tout boueux et puis tu dis "puis retourner travailler. " A sa thèse, je suppose.
A un moment, elle dit qu'elle en a pour 20 min et après elle émerge deux heures plus tard de la forêt.
"n’a oser (osé) encore se..." / "d’un subtile (sans e)" / "et l’emporte avec elle (avec elle n'a pas lieu d'être) vers (à serait mieux) la cuisine. "
A mon sens, le laïus sur l'ADN, l'ARN, le vivant (répété 3 fois) fait pavé et le lecteur se perd un peu, surtout s'il méconnaît le sujet. Je crois qu'il faudrait revoir ce passage et le simplifier. La suite est très bien faite et la chute avec l'histoire familiale est bien amenée.
C'est bizarre, mais on s'attache encore très bien à ce personnage. La mise en scène, la promenade, le logement au château, ... c'est original.
Je complèterai mon avis au besoin, mais je crois que j'ai dit l'essentiel.
Beau portrait effectivement. Beaux passages
des bricoles de propositions
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Ah super, merci Aponiwa :coeur: :coeur: :coeur:
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Hello dlm,
Je pensais revenir plus vite pour faire un retour sur Samuelle, Alex et Ann mais j'ai un peu tardé. Sorry.
Pauvre Samuelle (quelle belle idée ce prénom, ainsi orthographié :coeur:), encore à devoir "faire sa biblio". C'est une étape qui, à mes yeux, illustre parfaitement l'expression "Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait". Ça nous barbe de la faire en début de thèse car on a envie d'avancer, de rentrer dans sa propre recherche, mais ensuite, en tant que chercheur plus confirmé, on manque de temps pour lire plus. Bref, je la plains, mais si j'avais un conseil à lui donner, c'est d'avoir le courage d'aller au bout.
Bon, on n'est pas là pour faire coach de perso de roman cela dit ;D.
C'est là aussi un très beau texte, à l'écriture très soignée et qui pose les liens qui vont se tisser. Peut-être que le style du personnage est moins marqué que dans Toni ou Gloria, mais j'ai lu que c'était le premier que tu as écrit et que ceci explique cela.
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Dans son imagination fleurit une scène dynamique
"dynamique" ici me gêne un peu. Je ne saurais pas dire pourquoi mais ça sonne en opposition avec le début de la phrase et même la suite que tu décris : la soirée, la rencontre fortuite qui, si elle est "dynamique" parce que mouvante, agitée, sonore, est vue de haut par Samuelle, comme extérieure. Peut-être que ce qualificatif sonne très terre à terre, mécanique, surtout décalé par rapport à fleuri, je crois.
Pour autant, je ne saurais pas quoi proposer d'autre. Peut-être "dans son imagination survient une scène entrainante" ? Mais je crois que ce travail de ciselage des mots te plait particulièrement et je ne doute pas que tu sauras, si le commentaire te parait approprié, choisir les bons mots.
Enfin, je suis surprise car à ma première lecture du texte, il y avait tout un paragraphe où Samuelle décrit son logement et raconte son exploration en forêt par l'intermédiaire du vocal à son amie. Or, il n'apparait plus ici. Est-ce un choix délibéré ? Vas-tu nous en dire plus plus tard ?
J'aimais bien ce passage car il nous en apprenait beaucoup sur Samuelle, sur sa (non) capacité à tisser des liens, sur l'invitation à la soirée (ce qui faisait écho à la scène dynamique qui fleurit ensuite dans son imagination ;))
Si tu décides d'enlever définitivement ce passage, il faudrait peut-être remettre Samuelle en situation de travail, car la transition entre "Samuelle détourne les yeux, délaisse ses questions au fond de son esprit, pénètre le hall silencieux et s’avance vers l’entrée de son logis" et "Il est tard, presque minuit quand elle éteint son ordinateur" n'est pas forcément claire.
On ne comprend pas de manière évidente qu'elle rentre chez elle pour travailler, et que ce travail implique d'avoir un ordinateur.
Merci pour ton texte et je m'attaque à Alex !
Coucou Esmée,
Maaaaaaaais, tu es chercheuses toi aussi ?
Bon, on n'est pas là pour faire coach de perso de roman cela dit ;D.
:mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:
C'est là aussi un très beau texte, à l'écriture très soignée et qui pose les liens qui vont se tisser. Peut-être que le style du personnage est moins marqué que dans Toni ou Gloria, mais j'ai lu que c'était le premier que tu as écrit et que ceci explique cela.
mais oui, complètement, j'ai le même problème pour Alexander je crois (tu me diras si tu passes). Il faut que je m'impreigne mieux de ces deux persos, pour qu'on le perçoive aussi dans le style du texte.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
"dynamique" ici me gêne un peu. Je ne saurais pas dire pourquoi mais ça sonne en opposition avec le début de la phrase et même la suite que tu décris : la soirée, la rencontre fortuite qui, si elle est "dynamique" parce que mouvante, agitée, sonore, est vue de haut par Samuelle, comme extérieure. Peut-être que ce qualificatif sonne très terre à terre, mécanique, surtout décalé par rapport à fleuri, je crois.
Pour autant, je ne saurais pas quoi proposer d'autre. Peut-être "dans son imagination survient une scène entrainante" ? Mais je crois que ce travail de ciselage des mots te plait particulièrement et je ne doute pas que tu sauras, si le commentaire te parait approprié, choisir les bons mots
ok ok je comprends ton point de vue et je crois que tu as raison !
Enfin, je suis surprise car à ma première lecture du texte, il y avait tout un paragraphe où Samuelle décrit son logement et raconte son exploration en forêt par l'intermédiaire du vocal à son amie. Or, il n'apparait plus ici. Est-ce un choix délibéré ? Vas-tu nous en dire plus plus tard ?
J'aimais bien ce passage car il nous en apprenait beaucoup sur Samuelle, sur sa (non) capacité à tisser des liens, sur l'invitation à la soirée (ce qui faisait écho à la scène dynamique qui fleurit ensuite dans son imagination ;))
Si tu décides d'enlever définitivement ce passage, il faudrait peut-être remettre Samuelle en situation de travail, car la transition entre "Samuelle détourne les yeux, délaisse ses questions au fond de son esprit, pénètre le hall silencieux et s’avance vers l’entrée de son logis" et "Il est tard, presque minuit quand elle éteint son ordinateur" n'est pas forcément claire.
On ne comprend pas de manière évidente qu'elle rentre chez elle pour travailler, et que ce travail implique d'avoir un ordinateur.
arf tu me fais douter maintenant. Tu as raison, le texte comme ça est imcomplet. J'ai enlevé ce passage que j'avais ajouté après les premiers commentaires, parce qu'il me semblait que je l'avais ajouté vite fait. Mais c'est vrai qu'il introduisait des éléments intéressants qui visiblement avait eu leur effet puisque tu t'en souviens. Je vais m'y remettre du coup. Merci de m'avoir dit ça! J'avais peur qu'il soit trop plat en fait.
Merci Esmée, j'apprecie beaucoup tes commentaires :coeur:
Yo.
Je réponds rapidement, parce que j'ai faim j'ai pas mangé j'veux du sucre, et j'irai ptet lire Gloria ensuite.
Je remarque (en copicollant mon .txt) que je pinaille énormément ce matin. En fait je me suis réveillé sur ta réponse et j'ai trouvé dommage les deux premières modifs que tu avançais. (Finalement il n'y avait que ces deux premières modifs qui me chagrinaient), j'ai trouvé qu'elles cornaient trop fort ce que j'avais lu : j'ai trouvé que tu faisais un peu trop confiance à mes remarques – qui sont extérieures par nature à toi et au texte – ou plutôt que tu les appliquais sans honorer ce que le texte renfermait au départ.
Écoute-moi moins ! Sinon je vais devoir mesurer mes mots, alors que j'aime pas ça ! >^<
Bref, je colle ce que j'ai rédigé, avant de perdre une demi-heure de plus en verbiages.
Salut,
En gros je trouve ton texte initialement très solidement attaché, pas si facile à modifier, et je trouve tes modifications (d'après mes remarques certes) un peu trop prononcées. Mes excuses : je pinaille.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
À gauche s’ouvre un chemin qu’elle connait bien, qui cisaille la forêt d’un seul trait pour relier le village au chateau.
Il faut (à mon sens) éviter les double-sens trop directs. "qu'elle connaît bien" mériterait d'être interchangée avec "qui cisaille la forêt d'un seul trait", afin de casser le [chemin des habitudes] qui est un sur-texte désagréable quand il apparaît.
Si c'était moi en fait j'écrirais "À gauche s’ouvre un chemin qui cisaille la forêt pour relier le village au chateau, d’un seul trait, qu’elle connait bien." (Mais c'est une formulation avec virgules qui force le lecteur à écouter le perso, dont j'ai l'habitude, je tend vers ce genre de trucs instinctivement. Ta phrase en l'état est suffisante dans l'absolu (toujours d'après moi))
Un petit passage enrobé par les frondaisons, une courbe élégante, suggestive, qui s’échappe ailleurs, là où son imagination n’a osé encore se hasarder.
Même remarque qu'un peu plus haut dans le spoiler : la phrase prend un petit peu plus de place qu'elle n'en a (je trouve). Trop de mots ? Pas dans le bon ordre ? C'est compliqué à dire parce qu'elle a du sens et elle est jolie, cette phrase, je la trouve juste un peu plus large que l'encadrement, quoi.
Au global je préfère beaucoup ce nouveau paragraphe remanié. Les broches en métal qu'il me semblait sentir avant ont disparu.
Particulièrement, CE passage/micro-transition me transporte complètement :
Samuelle pense à la réunion de lundi dix heures, à l’oeil sévère, rarement amusé, de son directeur de thèse. [...]
(et c'est grâce à la continuité de ce qui précède, que j'ai pourtant cité en remarque, alors c'est sûr qu'il ne faut pas changer beaucoup, voire même je lis flou et il ne faut rien changer du tout... c'est toi qui écris, je n'aurais pas pu écrire ce texte (c'est un compliment super fort pour moi en fait quand je me regarde le dire : j'ai vraiment été plongé ailleurs qu'en moi en lisant ! t'es chouette), c'est super long d'écrire, et on n'a rarement d'autre chose pour continuer que la solidité de notre intuition).
Elle sonde du regard ce chemin qu’elle n’avait anticipé, qui murmure des promesses de temps et d’espace à son esprit tiraillé.
La formule me paraît un tout petit poil ampoulée, mais je n'ai rien à suggérer.
Son vélo oblique à droite.
L’arrondi du sentier les happe.
Rien à dire : ça c'est super.
J'aime BEAUCOUP ces deux premiers paragraphes maintenant ! :mrgreen:
Gleusement !
Nacas