Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Je ne sais plus vraiment comment ça marche. Défaire un noeud pour libérer la nausée ?
Rires qui fusent, désordre des conversations. Tintement des chopes, électro qui pulse. Le semestre d’automne a démarré. Les étudiants assaillent les bars, s’interpellent dans les rues, dégorgent dans l’ombre. Tous à exiger une distraction qui vienne interrompre l’ennuyeuse barcarolle des contenus académiques, l’écoulement des phrases techniques, mots précis psalmodiés par les professeurs sous les nez inattentifs, Monsieur cette théorie surviendra-t-elle aux examens ? Tous à solliciter les uns des autres des promesses intenables, des amitiés à la va-vite, des amours interchangeables.
Au fond d'un bar, Toni est accoudé à une large table en bois massif. Autour de lui, ses camarades plaisantent. La prof d’économétrie, sa façon de rouler les r, d’arrondir la fin des mots en y accrochant des voyelles, un peu comme toi Toni ! Tapes amicales sur l’épaule. Les seins de la prof, comparés à différents objets et fruits. Ennui. Envie d’autre chose. Aller effleurer un bout de vérité et puis faire des révérences.
De l’autre coin de la table, Sofia, entre deux échanges, lui adresse un sourire. Sa beauté frémissante. La nuit dernière, sa peau souple entre les doigts de Toni, son humidité accueillante et lui, assoiffé. Il relève un coin de bouche, se retient. À quoi bon ? Gorgées de Guinness s'écoulant dans son estomac, lui prodiguant une chaleur superficielle qui quitte son corps aussitôt éprouvée. Que pense Sofia de la poitrine volumineuse de la prof, se demande-t-il. Et de la pertinence des comparaisons, de leur décence ? Elle rit, et pourtant, rien de cela n’est drôle. Des poitrines, ils ont en toutes et tous déjà vues. Que Madame Quaranta en possède une n’a rien de surprenant. Ce qui est inattendu est sa qualité de professeure dans une discipline envahie et gouvernée par les hommes: rareté des femmes, singularité de leurs appendices. D’où l’allégresse de ses camarades lorsqu’ils les aperçoivent. Toni quitte sa chaise, se faufile tant bien que mal entre les corps en liesse, encore jeunes et fertiles, hilares, bruyants, transpirants, tous ces corps qui encombrent la salle, et ne savent où d’autre aller épancher leur besoin d’attention.
Dehors, griffures de l’air. Les allées grouillent de monde. Les vestes légères se mélangent aux manteaux étoffés. Par-ci par-là, quelques bonnets et écharpes. Tout n’est que conséquence. Quelles seront les miennes, celles encore à venir ? Et moi, de qui suis-je la conséquence ? Bêtises. Vérité miniature. Seulement que je cherche encore à escalader des murs comme si la réalité était différente depuis là-haut.
– Toni, attends !
Sofia, teint rosi, regard lumineux.
– Ça va ? demande-t-elle en le rejoignant.
Cet accent délicieux, qui évoque un ailleurs grandiose.
– Oui, oui, marmonne-t-il en se sentant minuscule. Tu viens fumer ?
– Si tu veux. T’as l’air distrait ce soir, remarque-t-elle en fronçant les sourcils, l’air concerné.
Elle a opté pour une large veste en jeans, a néanmoins l’air insensible aux lames glacées du vent.
– Je ne vais pas m’attarder, répond-il évasivement.
Regard déçu, moue.
– T’es sûr ? On voulait tous bouger en boîte après.
Comme la veille. Et la semaine précédente. Celle d’avant. Il pourrait les suivre, ingurgiter des mojitos ou absorber des pilules colorées. Les liens reliant les gens lui sembleraient, l’espace d’une soirée, de nouveau captivants, scintillants, tant d’étoiles filantes qui lui donneraient envie de s’élancer, lui aussi. De s’immerger sans retenue dans cet univers chatoyant, se mêler à ses rires, osciller sur ses rythmes envoutants. Invariablement, ses yeux chercheraient, trouveraient les iris argentés de Sofia. Leurs corps s’aligneraient et très vite, sa langue chaude dans la bouche de Sofia, leurs mains affamées palpant la chair. Les intervalles de temps se brouilleraient, ils quitteraient la boîte, tangueraient, radieux, dans la rue, chez elle ou chez lui, se dénuderaient, puis elle en lui, lui en elle, palpitants, reconnaissants, enfants perdus mais momentanément épargnés.
– Oui. J’ai pas mal de choses à faire demain, j’aimerais être en forme.
Pourquoi ment-il ? Pour la ménager ? Lui faire comprendre que ce n’est pas sa compagnie à elle qu’il refuse, mais celle du reste du monde ? Il pourrait l’inviter. Couper court à leur sempiternelle jeu de cache-cache, nous sommes amis sauf la nuit, retrouve-moi peu avant l’aube, etc. Lui offrir un thé chez lui, et puis converser.
– Tu dois faire quoi ?
– Des lessives.
Éclat de rire.
– J’te jure. Et puis des courses.
– C’est dimanche, demain.
Il hésite, ne sait comment se rattraper.
– Toni, relax. Si tu veux rentrer, tu ne dois pas te justifier. Ça m’aurait juste fait plaisir de te voir plus longtemps, c’est tout.
Regard franc, qui l’embarrasse. Elle ne joue pas, pourquoi se dissimule-t-il ? Il l’imagine dévêtue, contre lui, dans ses draps. Chaleur qui irradie dans son corps. Puis dégoût. Honte de lui.
– Allez, je te laisse à tes tâches ménagères, plaisante-t-elle en lui lançant un clin d’oeil.
Se retourne et s’en va.
Il reste seul. Stupide. S’éloigne lentement du bar. Comment peut-il à la fois la vouloir et ne pas la vouloir ? Foutu désir quantique. Le vent embrouille ses boucles, s’infiltre entre les mailles de son pull en laine, cruel carnassier. La rue se vide. Quelques rares personnes à bicyclette, un bus tonitruant qui secoue le silence établi. Puis s’estompe. Toni traverse un carrefour, emprunte une ruelle qui longe le parc roussi. Je me sens comme une imposture. Prétention, tricherie, rien de concret. Cette confiance que j’avais en mes aptitudes, éclatée en fragments solubles. Boue épaisse à mes pieds, je n’y reconnais plus rien. Au fond, son immeuble, son studio sous les toits. Dedans, des habits jonchent le parquet, de la vaisselle s’accumule dans l’évier et des plantes hurlent silencieusement leur sécheresse. Soudain, c'en est trop. Ce désordre, ces tâches qui demandent à être exécutées, ces pauvres végétaux dépendants, empotés, prisonniers de son inconsistance. Il ramasse un verre qui traîne, déverse son contenu sur le terreau aride de son bananier bruni.
– Désolé, murmure-t-il.
Il soulève ses habits, les entasse dans le sac IKEA servant de panier à linge. Lave rapidement trois assiettes, une poêle, une tasse. Ouvre la fenêtre et fume. Dans sa tête, les mots de sa mère au téléphone. Chanson mélancolique dissolvant les contours de la pièce, barbouillant sa vision de l’azur de la mer, du reflet argenté des oliviers, de la terre sèche, rouge, et de la blancheur éclatante d’un village. Chanson triste qui raconte un ailleurs humble, appauvri, amputé. Magnifique chanson qui le relie à tout ce qu’il a aimé. Qui lui murmure que là-bas, il fait chaud encore. Que sa soeur s’est baignée il n’y a pas deux jours. Que les touristes sont repartis, laissant derrière eux beaucoup de plastique, un ou deux chiens. Que sinon, le traitement de nonna a l’air d’être efficace. Que Franci est bonne élève, meilleure de sa classe.
“Mais toi maman, comment tu vas ? Pas nonna, pas Franci, toi ?”
Petit rire, puis soupir.
“Tu es toujours aussi sérieux, Toni. Moi, évidemment que ça va, pourquoi ça ne devrait pas aller ? Tu étudies bien ? Tes cours sont intéressants ce semestre ? Tu as une copine ?”
La maison de sa mère, ordonnée, propre, aérée. Le linge plié et repassé, les plantes luxuriantes, les chats repus. Toni imagine. Elle qui s’affaire, cuisine, converse par la fenêtre, dans la cour, fait des courses pour une telle qui s’est foulée la cheville, visite la nonna à l’hôpital, nettoie un ou deux appartements pour arrondir la fin des mois, puis encaisse les clients de l’épicerie entre seize et vingt heures. Rien de bien original. Une vie comme une autre. Alors pourquoi, quand il y pense, tout se brise en lui ? Pourquoi, en comparant le quotidien de sa mère au sien, à celui de ses camarades, l’envie lui vient de heurter quelqu’un puis de pleurer ? Pourtant, sa mère adorerait Sofia, la trouverait splendide, intelligente, sa blondeur fraîche, son humeur joviale, lui révèlerait avec fierté qu’adolescente, elle a lu Dostojevski et Tchekhov, qu’elle a toujours rêvé de visiter la Russie, que cette guerre est bien dommage. Elle trouverait ses amis divertissants, cette ville allemande charmante avec ses bâtiments à colombage et les noms de défunts érudits tracés sur les devantures. Elle ne comprendrait pas. Se moquerait un peu d’ailleurs, de la douleur de son fils. Cette douleur issue des heures que sa mère a passé à récurer les toilettes d’étrangers, les résidus de gras de leurs fours, la moisissure de leurs parois. Sueur de son corps, sacrifice de sa jeunesse, de ses rêves, chimères berçantes qu’elle se racontait, un amant à Saint-Pétersbourg, une croisière sur la Neva, qui sait ? quand lui encore réduit à l’état de potentiel, de vague éventualité qui n’avait en rien amoindri l’amplitude de ses possibilités. Heures de sa vie troquées pour que lui puisse ne manquer de rien. Fréquenter les sphères académiques, ouvreuses de portes. Quitter le pays, voyager, s’enrichir de rencontres ennoblissantes. Ses heures à lui qui finissent imbibées d’alcool, d’ecstasy, dilapidées entre la volupté des corps, de caresses en fin de compte médiocres, dispersées parmi des amitiés qu’il ne faut surtout pas trop renforcer. Heures perdues dans une vie qu’il ne faut pas prendre au sérieux car le sérieux est l’apanage des pauvres. Il s’en veut. De se comporter comme les autres étudiants, quémander leur approbation, s’affubler de leurs blagues insipides, leur je-m’en-foutisme résolu, tout en méprisant l’inconséquence de leurs comportements.
Fenêtre refermée. Habits retirés. Le pire, dans tout cela, pense-t-il en se brossant les dents, est que le temps que sa mère lui a sacrifié n’a pas suffi. L’Europe coûte cher, un studio au centre-ville, les immatriculations, les beuveries. Sa mère a dû en plus étouffer sa dignité et aller implorer l’aide de son père. Esprit scindé de Toni. Les conditions qui lui permettent de vivre seul dans cette ville étrangère, d’étudier parmi la progéniture des banquiers, entrepreneurs, et gouverneurs, lui donnent la nausée. Engendrent un contact trop étroit avec cet homme qui n’a jamais su quoi faire de lui, qui a trompé puis quitté sa femme et s’en est allé refaire sa vie ailleurs.
Défaire les noeuds et puis s’enfuir ?
Bonjour,
C'est un énorme travail, la construction des phrases, les pensées de Toni, le vocabulaire de haut niveau tout en étant compréhensible par tout le monde. Le rythme des phrases qui s'accorde avec le personnage. Cette introspection de Toni, assez brute, reflète une sorte de mélancolie de la vie et décrit un décalage profond avec ce que l'on croit du monde étudiant. Chercher et trouver sa place, pas facile.
Bien vu tout cela, la lecture nous porte et nous fait entrer dans cet extrait de roman, c'est une réussite.
Quelques coquilles comme par exemple : assaillent les bar(s), 4 ou 5 autres croisées en lisant. Une "expression", les voyageurs à bicyclette, bizarre tout de même et puis en réfléchissant, pourquoi pas. Pareil pour la dernière phrase, elle tombe ainsi sans rapport avec ce qui précède.
Il manque aussi la notion de cauchemar pour reprendre la première phrase du texte. L'extrait proposé montre une certaine mélancolie, une difficulté à trouver sa place, des regrets... mais rien qui ressemble à un cauchemar. Peut-être plus loin dans l'histoire.
En tout cas cette chouette à lire, cela change et pose même le lecteur pour le déconnecter de son propre environnement et réussir cela c'est très fort.
Yo !
J'ai grave envie de m'énerver, je ressors de Gloria et tu m'as fichu le cafard, un cafard noirâtre bien bouillant qui crame pour accrocher aux chairs brûlées, un truc gluant de saleté. J'ai des explications dans la tête à la place des pensées, à nouveau, et j'en viens à douter de tout.
Donc ! Je n'ai pas encore lu une ligne, je rédigerai ce commentaire au fil de ma lecture, et j'ai décidé de m'énerver pour laver la crasse dont je me suis moi-même enduit. En conclusion, je te sers une lecture autocentrée et malotrue, versée d'une colère injuste. En avant.
Je ne sais plus vraiment comment ça marche. Défaire un noeud pour libérer la nausée ?
Banger intro
Rires qui fusent, désordre des conversations. Tintement des chopes, électro qui pulse.
Moi aussi dans mon casque (https://www.youtube.com/watch?v=oCRsoCh9pZU&list=RDoCRsoCh9pZU&start_radio=1&t=3509s), on va s'entendre.
Rires qui fusent, désordre des conversations. Tintement des chopes, électro qui pulse. Le semestre d’automne a démarré. Les étudiants assaillent les bars, s’interpellent dans les rues, dégorgent dans l’ombre. Tous à exiger une distraction qui vienne interrompre l’ennuyeuse barcarolle des contenus académiques, l’écoulement des phrases techniques, mots précis psalmodiés par les professeurs sous les nez inattentifs, Monsieur cette théorie surviendra-t-elle aux examens ? Tous à solliciter les uns des autres des promesses intenables, des amitiés à la va-vite, des amours interchangeables.
BANGER PREMIER PARAGRAPHE
Au fond d'un bar, Toni est accoudé à une large table en bois massif. Autour de lui, ses camarades plaisantent. La prof d’économétrie, sa façon de rouler les r, d’arrondir la fin des mots en y accrochant des voyelles, un peu comme toi Toni ! Tapes amicales sur l’épaule. Les seins de la prof, comparés à différents objets et fruits. Ennui. Envie d’autre chose. Aller effleurer un bout de vérité et puis faire des révérences.
De l’autre coin de la table, Sofia, entre deux échanges, lui adresse un sourire. Sa beauté frémissante. La nuit dernière, sa peau souple entre les doigts de Toni, son humidité accueillante et lui, assoiffé. Il relève un coin de bouche, se retient. À quoi bon ? Gorgées de Guinness s'écoulant dans son estomac, lui prodiguant une chaleur superficielle qui quitte son corps aussitôt éprouvée.
PARDON PARDON PARDON PARDON ?
Attends, tu me racontes qu'en fait tu sais aussi écrire comme ça ? J'veux dire, nous casser les rognons avec des personnages faux en demi-teinte parce que constructions sociales inextricables c'est un choix ?
POURQUOI T'ÉCRIS PAS DES CHOSES POUR LIBÉRER, SI TU SAIS FAIRE ?!
Je suis libéré par ces paragraphes de fou qui s'enchaînent. La seule imprécation était "Sa beauté frémissante.", phrase non-verbale un peu en-dehors du reste, mal alignée car elle incarne ce que Toni déplore (mais du coup justifiée par la demi-teinte de construction sociale fausse inextricable). J'espère que dans la suite ça va pas s'effondrer dévaler la falaise parce que je vais pas pouvoir écrire pendant deux jours si j'ai un tel cafard qui reste, cafard des explications explications expliquons tout le monde entier et même le monde abstrait ÇA NE VA PAS ¨ÊTRE POSSIBLE Peut-êtreque si je m'énerve avant il ne pourra plus s'installer.
J'ai besoin d'être en état d'écrire, dlm, me met pas plus d'explications camouflées dans le crâne : j'ai un mal fou pour les distinguer après. Elles se retrouvent à me coller la peau à la brûler ; là j'rédige parce que j'ai peur de lire la suite, tu m'as habitué à de la brûlure.
Elle rit, et pourtant, rien de cela n’est drôle.
Grave d'accord, mais Ôran Nagakawa m'en soit témoin, rire est une échappatoire viable.
Rareté des femmes, singularité de leurs appendices.
PUTAIN
Pardon. erhhh... je l'efface pas, me tombez pas dessus stp, mais... ben ça brûle. La phrase non-verbale ne convient pas ici, dénote, perd le personnage complètecomplètement – nan ? Pourtant elle est ok hors-contexte, et son propos est juste, y'a juste qu'elle marche pas ici quoi ! Genre vraiment pas du tout, genre juron.
tous ces corps qui encombrent la salle
ÇA C'EST TROP BEAU IL FAUT METTRE UNE VIRGULE !! (après "salle" Pour le séparer du reste, qui est vrai aussi mais moins beau, et d'un son différent
Dehors, griffures de l’air. Les allées grouillent de monde.
YEPP, C'EST GUD
Quelles seront les miennes, celles encore à venir ? Et moi, de qui suis-je la conséquence ? Bêtises. Vérité miniature.
Ouais t'es un crétin, Toni. L'enchaînement de ces quelques phrases c'est typique des gens 15% au-dessus de la moyenne mais 20% en-dessous d'un gars franchement intéressant. Multiplie-les et tu finiras podcasteur de ta propre pensée, et crois-moi, rien de juste ne peut en être tiré.
S’arrêter de penser, peut-être s’asseoir et faire du yoga.
Par terre et maintenant sinon ça ne compte pas.
Seulement que je cherche encore à escalader des murs comme si la réalité était différente depuis là-haut.
Oui, elle l'est. Blanko et Noiro m'en soient témoins, le béton est plus amer en altitude.
Cet accent délicieux, qui évoque un ailleurs grandiose.
– Oui, oui, marmonne-t-il en se sentant minuscule. Tu viens fumer ?
Tah tah tah tout ça dans mes veines et tout de suite s'il vous plaît.
C'est très bon. j'en viendrais même à excuser (non pas pardonner) le "sa beauté frémissante" de tout à l'heure, parce qu'il me semble qu'il amorce (douloureusement) ce que je ressens maintenant (extatique).
Elle a opté pour une large veste en jeans
Et hop il faut aller se faire friche. C'est pas possible d'entamer par "elle a opté", j'ai pas l'énergie et surtout je suis trop irrité par l'effort que cela me demande de m'imaginer une structure abstraite entière (fondée sur le lieu-commun) pour savoir que le concept [garde-robe] a été [le concept [examiné/considéré/soupesé]] par l'abstraction d'un [matin] dans une [routine de préparation matinale] par Sofia-à-la-peau-affriolante VRAIMENT EN FAIT J'AI PAS L'ÉNERGIE de donner du sens au verbe "opter" ici, dlm. Faut pas me demander ça ici. S'il te plaît.
Elle a opté pour une large veste en jeans, a néanmoins l’air insensible aux lames glacées du vent.
Il dit qu'il voit pas le rapport, et que le jean ça tient pas si froid, même troué même large, qu'en plus "lames glacées du vent" c'est cool et sympa et tout mais pas si bien fluide que ça dans le contexte de cette phrase. J'suis pas contant
– T’es sûr ? On voulait tous bouger en boîte après.
Comme la veille. Et la semaine précédente. Celle d’avant.
BANGING MY HEAD TO THE RYTHM OF THE POINTS DE FIN DE PHRASES
Il pourrait les suivre
ON DORT
Il pourrait les suivre, ingurgiter des mojitos ou absorber des pilules colorées.
Super cool
Sa morosité s’évanouirait
ON DORT
Sa morosité s’évanouirait, les liens reliant les gens lui sembleraient, l’espace d’une soirée, de nouveau captivants
Super cool
Sa morosité s’évanouirait, les liens reliant les gens lui sembleraient, l’espace d’une soirée, de nouveau captivants, scintillants, tant d’étoiles filantes qui lui donneraient envie de s’élancer, lui aussi, de s’immerger dans cet univers chatoyant, se mêler à ses rires célestes, osciller sur ses rythmes envoutants.
Time-out, je demande une pause. Met un point ptet après "captivants", ou un peu plus tard, et avise ensuite, parce que là ça en fait vraiment beaucoup des mots d'affilée
Aussi, je trouve que les débuts de phrases sont un peu déconnectés, les formules un peu trop neutres peut-être ? Je suis très dedans sur la suite pourtant.
Là, la dernière c'est un cas particulier parce que je ne suis absolument pas dedans ceci : rires célestes
. "Bro is delulu", disent les gens qui naissaient en 2010 par-delà l'océan. "Les rires qu'il imagine sont le fruit d'un pur fantasme dénué de toute réalité, une triste construction sociale du désir, du fantasme, et de la glorification de ce qui n'est pas mais qui, selon un accord tacite arbitraire et poisseux d'espoir, devrait être.", disent les doctes et prudes.
Invariablement, ses yeux chercheraient, trouveraient les iris argentés de Sofia, leurs corps s’aligneraient, et très vite, sa langue chaude dans la bouche de Sofia, leurs mains affamées palpant la chair. Les intervalles de temps se brouilleraient, ils quitteraient la boîte, tangueraient, radieux, dans la rue, chez elle ou chez lui, se dénuderaient, puis elle en lui, lui en elle, palpitants, reconnaissants, enfants perdus mais momentanément épargnés.
Le fait qu'il est capable d'en parler ainsi, d'une manière si détachée et pourtant intime, le fait qu'il puisse penser d'une manière si patentement descriptive un geste aussi fondamentalement incarné, teinte cette réflexion d'un cynisme abominable. Un cynisme qui dépasse tout à fait mes capacités d'encaissement. Peut-être que c'est de ce genre de trucs que naît le goudron brûlant-collant ont je parlais plus haut, que je n'avais su qu'appeler "explications".
Pouah, comment ça pue de pouvoir penser ça, ce groupe de mots.
=> cela ne remet donc pas du tout en question la qualité du texte. On a juste basculé à nouveau dans une authenticité corrompu à un niveau tellement profond qu'elle porte les mêmes vêtements de chairs que le mensonge.
Lui faire comprendre que ce n’est pas sa compagnie à elle qu’il refuse, mais celle du reste du monde ?
Je trouve cette phrase très mignonne.
Il pourrait l’inviter.
Et cette incisive très fluide, tout à fait incisive et plaisante.
Couper cours à leur sempiternelle jeu de cache-cache
Les syllabes s'enchaînent avec une fluidité surprenante ici, j'aime beaucoup
Couper cours à leur sempiternelle jeu de cache-cache, nous sommes amis sauf la nuit, retrouve-moi peu avant l’aube, etc. Lui offrir un thé chez lui, et puis converser.
L'ambiance est tout à fait particulière, et elle est super. change r de ce passage.
Ah, j'oubliais :Pourquoi ment-il ? Pour la ménager ?
ON DORT
Elle ne joue pas, pourquoi se dissimule-t-il ? Il l’imagine dévêtue
*Prend une baguette de bois d'un demi-mètre, et tapote le tableau avec la pointe* Voyez, ça, c'est de l'addiction au sexe banalisée. L'ordre social ne facilite pas le problème, l'amplifie beaucoup sinon le fait naître, mais ce n'est pas de cette façon que vos corps sont capables d'envisager une relation intime, et vous développez en entretenant ce genre de pensées en cause-à-effet un décalage entre votre moi incarné (tenu par votre corps) et votre moi créé, voire votre surmoi fantasmé, une distance que vous finirez tôt ou tard par payer de bien des façons différentes, dont physiques et médicales. Il s'agit également, ce raccourci latent, quasiment parasympathique, de la raison de fond justifiant une "impossible amitié homme/femme", ou autres, ou une impossible amitié tout court s'il se développe sous la même forme dans d'autres domaines. *range la fine baguette de bois afin de n'avoir pas à expliquer ce que j'entends par sous la même forme
> Et je fais un aparté, pour déclarer qu'à mon sens, l'objectif final de la littérature est de permettre [aux esprits souffrant d'entretenir ces raccourcis] de s'en débarrasser, de s'en libérer ; fût-ce temporairement ou définitivement, ou des modes entre-deux (création d'un îlot-bulle auquel on peut revenir et dans lequel on réapprend à se débarrasser/redevient libre de ces raccourcis sous-jacents et obnubilants) M'enfin ça a beau être le propos ce n'est pas le sujet ici. Je reviens à mon commentaire
Puis dégoût. Honte de lui.
ah cool, son corps est encore un peu lucide.
– Allez, je te laisse à tes tâches ménagères, plaisante-t-elle en lui lançant un clin d’oeil.
Crispante la meuf.
Se retourne et s’en va.
Elle est trop rigolote cette exacte phrase, je ne sais pas comment dire mais j'ai l'impression de l'avoir déjà lue exactement pareille quelque part ailleurs. Je l'aime bien.
Au fait, j'ai changé de musique, l'autre lien n'est plus d'actualité. Je gromm (https://www.youtube.com/watch?v=Hg7M2bKS5bM&list=RDHg7M2bKS5bM&start_radio=1&t=27s)elle maintenant.
Il reste seul. Stupide.
Banger
Troublé.
Hm. Je moue devant celle-ci (m'enfin, change pas à cause de moi, le 'tout' se tient et elle fait partie du 'tout')
Comment peut-il à la fois la vouloir et ne pas la vouloir ? Foutu désir quantique.
Je retire ce que je dis y'a rien qui tient je trouve ça très faible. Podcasteur, va
s’infiltre entre les mailles de son pull en laine, cruel carnassier. La rue se vide.
carrément classe.
Puis s’estompe.
Sacrebleu, quand ça marche ça marche beaucoup
Boue épaisse à mes pieds, je n’y reconnais plus rien.
C'est parce que "tu" n'es rien, cette "aptitude" n'était rien, d'avoir objectifié le monde, qui n'est pourtant que mouvement, tu l'as rendu préhensible mais tu ne t'es pas méfié – tu n'étais qu'un enfant ! Et grisé par la sensation de prendre en main le concret et l'abstrait l'un à l'autre, tu t'es insensibilisé au mouvement qui sous-tendait les choses. En termes plus péremptoires : "Le monde n'est pas aussi saisissable que les concepts avec lesquels tu l'appréhendes." Aujourd'hui le monde t'échappe, et tu fais partie du monde, alors tu t'échappes aussi. Lâche un peu tes jouets-concepts un moment. Il faut que le mouvement revienne/redevienne un peu plus proche des objets (les objets = les préhensibles pour notre capacité à manipuler l'abstrait), pour qu'ils puissent refaire sens à nouveau – entre autres.
Dedans, des habits jonchent le parquet,
grave cool
de la vaisselle s’accumule dans l’évier
un tout ptipoil plat jtrouve
et des plantes hurlent silencieusement leur sécheresse.
l'absence de virgule et la banalité de construction/de phrase maigrement cachée par la métaphore hurler-sasécheresse me fait de la peine. D'autant plus que le début de la phrase est très enlevé, très surréaliste, très beau. (Dedans, des habits jonchent le parquet) Il y avait un jeu à jouer et tu l'as manqué (je trouve)
Soudain, c'en est trop.
Tu m'étonnes.
Ce désordre, ces tâches qui demandent à être exécutées,
Essaie avec des crochets, tu verras que ce que je disais plus haut devient clair : (les crochets signifient "le concept de[ ]") "Ce désordre, ces [tâches qui demandent à être exécutées]".
C'est l'ordinement arbitraire des choses et l'impératif (arbitraire aussi) qui lui est associé qui deviennent insoutenable quand ils se mettent à tout recouvrir : intimité aussi bien qu'externalité. La barrière entre la personnalité créée (ressentie comme arbitraire) et la personnalité incarnée (ressentie comme autonome, émanente) se brouille, l'impératif déborde et pouf : t'existes plus ([tu] n'as jamais existé, mais soudainement [l'impératif devient _sans objet_ = _impréhensible_] => insoutenable), t'explose (pour survivre).
Un super exemple de ce que je viens de décrire (outre ton texte qui est superbement ciselé), c'est Noé Preslow qui dit exactement ceci : "Faudrait qu't'exploses pour pas qu't'étouffes" dans une musique com-plè-te-ment dégénérée dans la veine de tes trois personnages : le gouffre-amour représenté comme absolument vivant, alors qu'il est... ben ouais, t'as deviné : représenté. Je ne crois pas que le double-texte de cette authentique-amour-représenté-fantasmé soit présent dans la bouche de Noé cependant.
empotés, prisonniers de son inconsistance. Il ramasse un verre qui traîne, déverse son contenu sur le terreau aride de son bananier bruni.
– Désolé, murmure-t-il.
Une folie comment t'écris bien parfois par contre.
1er degré si j'avais écrit ce tout petit passage en contexte j'aurais été tellement fier.
(Mais je me serais probablement rongé les doigts jusqu'au sang de ne pas trouver comment dépiauter-équarrir le petit fichu-de-problème qui traîne autour dans tout le paragraphe/voire tout le texte. ...un truc aussi subtil et aussi omniprésent dans l'intimité de sa pensée, ça doit dépasser le personnage je suis sûr que y'a un filet une nasse tramée trop finement que tu ressens parfois sur ta peau dlm)
Il soulève ses habits, les entasse dans le sac IKEA servant de panier à linge. Lave rapidement trois assiettes, une poêle, une tasse. Ouvre la fenêtre et fume. Dans sa tête, les mots de sa mère au téléphone.
Truc. De. Fou.
Chanson mélancolique
On DOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOORT. F'aut que tu prennes un tout petit peu plus de soin aux débuts de phrases, surtout nominales. Puisqu'elle est nominale les premiers mots sont en isolation totale, on les lit avant le reste, pendant un court instant on ne voit qu'eux. Évite les lieux-communs, sois vigilante de la probité de chacun des duos "nom-adjectif". (ou juste fais ça au feeling, j'sais pas tu sais)
Chanson mélancolique dissolvant les contours de la pièce,
Et c'est juste les premiers mots parce que cette phrase on est dedans.
barbouillant sa vision de l’horizon azur de la mer, du reflet argenté des oliviers, de la terre rouge des champs, la blancheur éclatante des villages.
hm, celle-là presque, je trouve. un truc cloche dans les sonorités, c'est l'enchaînement des phonèmes plutôt que des mots, ou des syllabes, qui cloche. (je trouve)
Qui lui murmure que là-bas, il fait chaud encore. Que sa soeur s’est baignée il n’y a pas deux jours. Que les touristes sont repartis, laissant derrière eux beaucoup de plastique, un ou deux chiens. Que sinon, le traitement de nonna a l’air d’être efficace. Que Franci est bonne élève, meilleure de sa classe.
“Mais toi maman, comment tu vas ? Pas nonna, pas Franci, toi ?”
Petit rire, puis soupir.
“Tu es toujours aussi sérieux, Toni.
Je savais déjà mais je pourrais pas le saquer, ton Toni. Il a un infect petit (grand) truc de Timothée Chalamet qui me fiche hors de moi. Saleté de presque-lyriques, saleté de podcasteurs à l'authenticité chair-de-mensonges.
La maison de sa mère, ordonnée, propre, aérée. Le linge plié et repassé, les plantes luxuriantes, les chats repus. Toni imagine.
Clinique. C'est une super entrée en paragraphe.
Cette douleur issue de
L'explicatif marche pas ici chez moi, et il me semble même contradictoire avec la confusion exprimée quelques lignes plus tôt (super paragraphe jusqu'ici, sinon cela dit)
Cette douleur issue de toutes ces heures que sa mère a passé à récurer les toilettes d’étrangers, les résidus de gras de leurs fours, la moisissure de leurs parois. Sueur de son corps, sacrifice de sa jeunesse, de ses rêves, chimères berçantes qu’elle se racontait
Non, la chimère, c'est de croire qu'il aurait pu en être autrement ; la chimère, c'est de croire que ces rêves étaient autre chose que ce qu'ils furent, et que sa mère contenait quelque chose de plus précieux qu'elle aurait pu perdre simplement à cause de la condition matérielle à laquelle le monde l'a contrainte. Je suis flou, pardon. On perd des rêves mais on ne perd pas de rêveur avec. Le rêveur se perd en un autre moment que les rêves, et aucune des deux pertes n'implique l'autre. Cette dernière phrase, je trouve qu'elle est très très présente dans la littérature japonaise, même grand-public, qui (je ne la connais que sous forme traduite, là j'pense aux Miracles du Bazar Namiya par exemple) abandonne sans remord l'aspect envolé et lyrique, stylistique, pour se concentrer uniquement sur ça. "Les rêves, et les rêveurs, se perdent l'un et l'autre en des circonstances différentes."
Tout le reste de ce qu'il dit est vrai, les heures troquées, les possibilités laissées dans le champ des 'possibles', sacrifiées. Bien sûr. Et c'est triste, aussi. Beaucoup. Mais cela n'ampute pas sa mère de la rêveuse qu'elle était. Hé, peut-être qu'elle l'est encore.
Paragraphe de fou, celui-ci.
Je suis heureux de quitter le texte (presque) sur celui-là.
Merci dlm pour la lecture.
C'était un super texte.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Eh bien, je suis calmé. J'ignore quelle part de cela attribuer à ton texte, quelle part attribuer au sentiment doucereux de félicité qui suit les instants où on a pu s'ouvrir, parler entièrement lucide de ce qui dormait en son coeur-citrouille, ou jouer une pièce de théâtre. J'ai joué un théâtre, je dirais, mais pas plus qu'un autre, ce théâtre me parut sincère, cependant, plus sincères que d'autres, que j'ai pu jouer.
Je me demande simplement maintenant, dévissant ma tête pour contempler toute la contre-plongée de cet OBÉLISQUE de commentaire, qui trouvera le temps de le lire.
Je t'en prie, DLM, ne prends pas le temps de répondre à tout. J'ai divagué, j'ai confié mon énervement à la fontaine de solitude et de musique de ma chambre ce soir, tu n'es pas responsable de me répondre. Prends soin de toi. Prends soin de ton temps.
Prends soin de tes personnages.
Ne cherches pas de [solutions]. Les solutions sont préhensibles, et le mouvement est le monde.
Rappelle-toi que c'est cela que disait Caracole, lorsqu'il humait l'air, et déclarait :
Le ciel est mon campement.
Silencieusement,
Nacas
Nacas !
J'ai grave envie de m'énerver, je ressors de Gloria et tu m'as fichu le cafard, un cafard noirâtre bien bouillant qui crame pour accrocher aux chairs brûlées, un truc gluant de saleté. J'ai des explications dans la tête à la place des pensées, à nouveau, et j'en viens à douter de tout.
Donc ! Je n'ai pas encore lu une ligne, je rédigerai ce commentaire au fil de ma lecture, et j'ai décidé de m'énerver pour laver la crasse dont je me suis moi-même enduit. En conclusion, je te sers une lecture autocentrée et malotrue, versée d'une colère injuste. En avant.
:calin:
Banger intro
:coeur:
(je te le dis à toi, mais écrire Toni, c'est ce que je préfère. Relire Toni, c'est ce qui me fait le plus mal)
Moi aussi dans mon casque, on va s'entendre.
:D (j'ai sursauté, mon son était super fort)
BANGER PREMIER PARAGRAPHE
:coeur:
PARDON PARDON PARDON PARDON ?
Attends, tu me racontes qu'en fait tu sais aussi écrire comme ça ? J'veux dire, nous casser les rognons avec des personnages faux en demi-teinte parce que constructions sociales inextricables c'est un choix ?
POURQUOI T'ÉCRIS PAS DES CHOSES POUR LIBÉRER, SI TU SAIS FAIRE ?!
:D :D :D :D :D
Plus sérieusement, je ne sais pas ce qui ressort vraiment du choix. Je n'ai pas l'impression d'avoir ce contrôle que tu suggères sur mon écriture. Certains personnages, je dois moins chercher à les comprendre, parce qu'ils sont en moi, d'autres, je dois les étudier, et mon étude est sans doute encore biaisée par mes envies et mes croyances.
Je suis libéré par ces paragraphes de fou qui s'enchaînent. La seule imprécation était "Sa beauté frémissante.", phrase non-verbale un peu en-dehors du reste, mal alignée car elle incarne ce que Toni déplore (mais du coup justifiée par la demi-teinte de construction sociale fausse inextricable). J'espère que dans la suite ça va pas s'effondrer dévaler la falaise parce que je vais pas pouvoir écrire pendant deux jours si j'ai un tel cafard qui reste, cafard des explications explications expliquons tout le monde entier et même le monde abstrait ÇA NE VA PAS ¨ÊTRE POSSIBLE Peut-êtreque si je m'énerve avant il ne pourra plus s'installer.
J'ai besoin d'être en état d'écrire, dlm, me met pas plus d'explications camouflées dans le crâne : j'ai un mal fou pour les distinguer après. Elles se retrouvent à me coller la peau à la brûler ; là j'rédige parce que j'ai peur de lire la suite, tu m'as habitué à de la brûlure.
C'est beau ce que tu dis. Mince. Je crois que ça m'aide à comprendre certaines choses qui sont trop faciles mais fausses. J'espère, cela dit, que je ne t'ai pas du coup gâché tes prochaines journées.
PUTAIN
Pardon. erhhh... je l'efface pas, me tombez pas dessus stp, mais... ben ça brûle. La phrase non-verbale ne convient pas ici, dénote, perd le personnage complètecomplètement – nan ? Pourtant elle est ok hors-contexte, et son propos est juste, y'a juste qu'elle marche pas ici quoi ! Genre vraiment pas du tout, genre juron.
Et si je la liais à la phrase précédente: Ce qui est inattendu est sa qualité de professeure dans une discipline envahie et gouvernée par les hommes: rareté des femmes, singularité de leurs appendices.
ÇA C'EST TROP BEAU IL FAUT METTRE UNE VIRGULE !! (après "salle" Pour le séparer du reste, qui est vrai aussi mais moins beau, et d'un son différent
,
YEPP, C'EST GUD
:)
Ouais t'es un crétin, Toni. L'enchaînement de ces quelques phrases c'est typique des gens 15% au-dessus de la moyenne mais 20% en-dessous d'un gars franchement intéressant. Multiplie-les et tu finiras podcasteur de ta propre pensée, et crois-moi, rien de juste ne peut en être tiré.
:D :D :D :D :D (en vrai je n'aime pas encore toutes les phrases en italique. Certaines oui, douloureusement, d'autres, je ne sais pas exactement lesquelles encore, sont de trop.
Tah tah tah tout ça dans mes veines et tout de suite s'il vous plaît.
C'est très bon. j'en viendrais même à excuser (non pas pardonner) le "sa beauté frémissante" de tout à l'heure, parce qu'il me semble qu'il amorce (douloureusement) ce que je ressens maintenant (extatique).
:coeur:
Et hop il faut aller se faire friche. C'est pas possible d'entamer par "elle a opté", j'ai pas l'énergie et surtout je suis trop irrité par l'effort que cela me demande de m'imaginer une structure abstraite entière (fondée sur le lieu-commun) pour savoir que le concept [garde-robe] a été [le concept [examiné/considéré/soupesé]] par l'abstraction d'un [matin] dans une [routine de préparation matinale] par Sofia-à-la-peau-affriolante VRAIMENT EN FAIT J'AI PAS L'ÉNERGIE de donner du sens au verbe "opter" ici, dlm. Faut pas me demander ça ici. S'il te plaît.
Sofia-à-la-peau-affriolante :coeur: :coeur: :coeur:
Il dit qu'il voit pas le rapport, et que le jean ça tient pas si froid, même troué même large, qu'en plus "lames glacées du vent" c'est cool et sympa et tout mais pas si bien fluide que ça dans le contexte de cette phrase. J'suis pas contant
:) Mais Toni, il a le froid de l'intérieur
Better: "Comme la veille. Et la semaine précédente. Celle d’avant. Il pourrait les suivre, ingurgiter des mojitos ou absorber des pilules colorées. Les liens reliant les gens lui sembleraient, l’espace d’une soirée, de nouveau captivants, scintillants, tant d’étoiles filantes qui lui donneraient envie de s’élancer, lui aussi. De s’immerger sans retenue dans cet univers chatoyant, se mêler à ses rires, osciller sur ses rythmes envoutants. Invariablement, ses yeux chercheraient, trouveraient les iris argentés de Sofia. Leurs corps s’aligneraient et très vite, sa langue chaude dans la bouche de Sofia, leurs mains affamées palpant la chair. Les intervalles de temps se brouilleraient, ils quitteraient la boîte, tangueraient, radieux, dans la rue, chez elle ou chez lui, se dénuderaient, puis elle en lui, lui en elle, palpitants, reconnaissants, enfants perdus mais momentanément épargnés. "
Le fait qu'il est capable d'en parler ainsi, d'une manière si détachée et pourtant intime, le fait qu'il puisse penser d'une manière si patentement descriptive un geste aussi fondamentalement incarné, teinte cette réflexion d'un cynisme abominable. Un cynisme qui dépasse tout à fait mes capacités d'encaissement. Peut-être que c'est de ce genre de trucs que naît le goudron brûlant-collant ont je parlais plus haut, que je n'avais su qu'appeler "explications".
Pouah, comment ça pue de pouvoir penser ça, ce groupe de mots.
=> cela ne remet donc pas du tout en question la qualité du texte. On a juste basculé à nouveau dans une authenticité corrompu à un niveau tellement profond qu'elle porte les mêmes vêtements de chairs que le mensonge.
Hélas, oui, il est corrompu. Je crois que je ne peux pas, pour le moment, me détacher de cette laideur, elle me paraît trop réelle.
Les syllabes s'enchaînent avec une fluidité surprenante ici, j'aime beaucoup
:coeur:
*Prend une baguette de bois d'un demi-mètre, et tapote le tableau avec la pointe* Voyez, ça, c'est de l'addiction au sexe banalisée. L'ordre social ne facilite pas le problème, l'amplifie beaucoup sinon le fait naître, mais ce n'est pas de cette façon que vos corps sont capables d'envisager une relation intime, et vous développez en entretenant ce genre de pensées en cause-à-effet un décalage entre votre moi incarné (tenu par votre corps) et votre moi créé, voire votre surmoi fantasmé, une distance que vous finirez tôt ou tard par payer de bien des façons différentes, dont physiques et médicales. Il s'agit également, ce raccourci latent, quasiment parasympathique, de la raison de fond justifiant une "impossible amitié homme/femme", ou autres, ou une impossible amitié tout court s'il se développe sous la même forme dans d'autres domaines. *range la fine baguette de bois afin de n'avoir pas à expliquer ce que j'entends par sous la même forme
> Et je fais un aparté, pour déclarer qu'à mon sens, l'objectif final de la littérature est de permettre [aux esprits souffrant d'entretenir ces raccourcis] de s'en débarrasser, de s'en libérer ; fût-ce temporairement ou définitivement, ou des modes entre-deux (création d'un îlot-bulle auquel on peut revenir et dans lequel on réapprend à se débarrasser/redevient libre de ces raccourcis sous-jacents et obnubilants) M'enfin ça a beau être le propos ce n'est pas le sujet ici. Je reviens à mon commentaire
Hi hi hi Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
ah cool, son corps est encore un peu lucide.
mais oui, quand même.
Crispante la meuf.
:D c'est le clin d'oeil?
Sacrebleu, quand ça marche ça marche beaucoup
:D
C'est parce que "tu" n'es rien, cette "aptitude" n'était rien, d'avoir objectifié le monde, qui n'est pourtant que mouvement, tu l'as rendu préhensible mais tu ne t'es pas méfié – tu n'étais qu'un enfant ! Et grisé par la sensation de prendre en main le concret et l'abstrait l'un à l'autre, tu t'es insensibilisé au mouvement qui sous-tendait les choses. En termes plus péremptoires : "Le monde n'est pas aussi saisissable que les concepts avec lesquels tu l'appréhendes." Aujourd'hui le monde t'échappe, et tu fais partie du monde, alors tu t'échappes aussi. Lâche un peu tes jouets-concepts un moment. Il faut que le mouvement revienne/redevienne un peu plus proche des objets (les objets = les préhensibles pour notre capacité à manipuler l'abstrait), pour qu'ils puissent refaire sens à nouveau – entre autres.
:coeur:
Une folie comment t'écris bien parfois par contre.
:coeur:
On DOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOORT. F'aut que tu prennes un tout petit peu plus de soin aux débuts de phrases, surtout nominales. Puisqu'elle est nominale les premiers mots sont en isolation totale, on les lit avant le reste, pendant un court instant on ne voit qu'eux. Évite les lieux-communs, sois vigilante de la probité de chacun des duos "nom-adjectif". (ou juste fais ça au feeling, j'sais pas tu sais)
Peut-être que tu tapes dans quelque chose de juste, là. Que ces phrases nominales sont mes lieux communs qu'ensuite je dissecte.
hm, celle-là presque, je trouve. un truc cloche dans les sonorités, c'est l'enchaînement des phonèmes plutôt que des mots, ou des syllabes, qui cloche. (je trouve)
je sais >< elle est déjà mieux que sa version précédente me semble, mais je m'essoufle aussi quand je la lis. J'y travaille: "Chanson mélancolique dissolvant les contours de la pièce, barbouillant sa vision de l’azur de la mer, du reflet argenté des oliviers, de la terre sèche,rouge, puis la blancheur éclatante d’un village."
Je savais déjà mais je pourrais pas le saquer, ton Toni. Il a un infect petit (grand) truc de Timothée Chalamet qui me fiche hors de moi. Saleté de presque-lyriques, saleté de podcasteurs à l'authenticité chair-de-mensonges.
Timothée Chalamet :D :D :D :D mince c'est presque vrai
L'explicatif marche pas ici chez moi, et il me semble même contradictoire avec la confusion exprimée quelques lignes plus tôt (super paragraphe jusqu'ici, sinon cela dit)
Ici je concorde. Cette phrase, je l'ai rapidement changée hier parce que quelque chose clochait, mais c'est toujours pas ça.
Le rêveur se perd en un autre moment que les rêves, et aucune des deux pertes n'implique l'autre.
je crois que je suis d'accord avec ça. Mais Toni ne le sait pas, il souffre de ce qu'il perçoit comme un sacrifice. Cela dit, sans ce sacrifice, il suffrirait aussi.
Tout le reste de ce qu'il dit est vrai, les heures troquées, les possibilités laissées dans le champ des 'possibles', sacrifiées. Bien sûr. Et c'est triste, aussi. Beaucoup. Mais cela n'ampute pas sa mère de la rêveuse qu'elle était. Hé, peut-être qu'elle l'est encore.
Oh oui, elle l'est encore, et est d'ailleurs beaucoup plus heureuse que son fils, je crois. Lui il ne sait pas rêver. Pas encore.
Paragraphe de fou, celui-ci.
Je suis heureux de quitter le texte (presque) sur celui-là.
:coeur:
Phrase très nulle, même en rappel de l'intro super
...alors que le petit paragraphe d'avant était tout à fait fin, doux, envolé. Je suis chagrin de cet italique jeté par la fenêtre.
.
.
.
Mais, j'étais agacé, je lui fais peut-être mauvais procès. L'idée n'est pas mauvaise. Qu'importe.
:D j'ai cette tendance à vouloir refermer des boucles
Eh bien, je suis calmé. J'ignore quelle part de cela attribuer à ton texte, quelle part attribuer au sentiment doucereux de félicité qui suit les instants où on a pu s'ouvrir, parler entièrement lucide de ce qui dormait en son coeur-citrouille, ou jouer une pièce de théâtre. J'ai joué un théâtre, je dirais, mais pas plus qu'un autre, ce théâtre me parut sincère, cependant, plus sincères que d'autres, que j'ai pu jouer.
Je me demande simplement maintenant, dévissant ma tête pour contempler toute la contre-plongée de cet OBÉLISQUE de commentaire, qui trouvera le temps de le lire.
Je t'en prie, DLM, ne prends pas le temps de répondre à tout. J'ai divagué, j'ai confié mon énervement à la fontaine de solitude et de musique de ma chambre ce soir, tu n'es pas responsable de me répondre. Prends soin de toi. Prends soin de ton temps.
Prends soin de tes personnages.
:coeur: :calin:
Merci, Nacas
Prendi cura di te
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.