Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Murex le 11 Décembre 2024 à 09:28:18
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Je ne dois pas rater mon train, une affaire urgente m’attend là-bas… là-bas, mais où au juste ? Je ne sais pas ou ne sais plus. Et la gare est-elle bien au bout de cette avenue sans fin ? Interroger des passants ? Mais ils ont tous des visages fermés, terriblement fermés qui me dissuadent de leur adresser la parole.
J’ai du partir à l’aube et maintenant la nuit tombe. Mais pourquoi les réverbères ne s’allument-ils pas ? Pourquoi, de la foule, si dense il y a quelques instants, ne reste-t-il que de vagues silhouettes qui s’éloignent à pas pressés ?
Mon train, le voilà, je l’entends… une plainte, un déchirement dans la nuit, comme un espoir perdu. Je ne serai pas du voyage, je ne serai d’aucun voyage. Il ne me reste que ma valise, une bonne vieille valise pour laquelle j’en viens à éprouver une sorte de tendresse… mon amie, ma compagne. Je m’assois sur elle avec reconnaissance en me disant qu’au fond il n’y a rien de plus stupide qu’un train, non vraiment, rien de plus stupide.
Et au delà de la résignation, je sens monter en moi un vague sentiment de bonheur.
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Bonjour Murex,
Je suppose que tous ici est au sens figuré.
Ton personnage essaie dans ses rêves de "prendre le train au départ"...
Cependant, j'adore plonger dans une atmosphère de voyages !
Pour aller n'importe où, n'importe quand. Pour m'éloigner de la vie quotidienne.
Rêver en regardant par la fenêtre du train...
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Merci Anatole Ch pour ton retour. Oui, tout ici est au sens figuré, ou plus précisément symbolique, car les rêves où l'on rate un train sont forts communs et se rapportent à la mort ou à la frustration. C'est ce que j'ai voulu exprimer ici ... en y ajoutant ce sentiment curieux de tendresse envers sa valise car au bout de la désillusion, du désespoir, il n'est pas rare de chercher une consolation quelconque, fut-elle absurde.
Murex
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Salut Murex
J’ai la même impression qu’Anatole à la lecture de ton texte.
Ton personnage plane, hésite, se laisse aller, bien agréable cet état, avec l’impression de flotter dans ses pensées.
Plus rien n’a plus vraiment d’importance, que cette valise qu’il voit comme une bouée, tu ne livres pas vraiment les clés du pourquoi du comment de la chose, peu importe, ce laché-prise lui apporte la félicité … heureux homme !!
J’ai bien aimé.
Mic
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Merci Mic Ester pour ton retour. Oui, il s'agit bien de la sorte de félicité que l'on peut éprouver quand on a tout perdu... étrange sentiment en fait, mais je dis seulement qu'il s'agit d'un vague sentiment de bonheur et non un état de félicité pour reprendre ton mot. Je suis plus nuancé, mon texte est avant tout tragique.
Murex
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Tragique j’ai pas trouvé !
Je vois plutôt un mec un peu dans le coltard, un peu à l’Ouest, qui regarde passer sa vie.
Il contemple sa valise et plus rien n’a vraiment d’importance.
Heureux homme, je maintiens !!!
Mic
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Quoi te dire de plus Mic Ester, la façon dont tu as reçu ce texte est très éloigné de mon intention. Mais chacun est libre de ses interprétations.
Murex
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Bonsoir Murex,
Le cuir usé d'une valise. Cette image m'a sauté aux yeux.
Une valise qui a vécu.
C'est tout. Merci pour ce p'tit bout de littérature qui fait réfléchir.
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C'est étrange, mon dernier texte publié sur mde s'intitule "Le rêve est dans la valise". Il peut être en écho avec le tien.
Ta dernière phrase sur la vague de bonheur est très juste.
Kafka n'est jamais allé plus loin que sur le trottoir d'en face, et pourtant ses textes nous font voyager
dans des contrées inimaginables...
Le voyage est dans la tête, mais aussi dans la façon d'observer notre quotidien immédiat, et là commence
un voyage toujours insolite.
Ton texte soulève un thème formidable.
Merci.
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Merci LOF pour ton retour. Oui, pour ce qui est des valises il faut croire que les grands esprits se rencontrent comme il est d'usage de dire !
Plus sérieusement, ce texte parle avant tout d'une désillusion, la mienne, celle sans doute de nous tous. Le train manqué symbolise nos désirs inaccessibles, tout ce qui nous échappe... le semblant de bonheur évoqué en s'asseyant sur une valise n'étant qu'une consolation.
Bien à toi
Murex