Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: LOF le 07 Septembre 2024 à 11:07:09

Titre: Etreinte interdite (Passages explicites).
Posté par: LOF le 07 Septembre 2024 à 11:07:09
                                                             
                                                         Etreinte interdite

On m’appelle Myrrha.
Je suis très embêtée car je suis amoureuse de mon père. S’il n’était pas l’arbre dont je suis la ramure, je pourrais l’enlacer de mes feuilles, et dans chacune d’elle laisser chanter le vent, et de mes branches flexueuses le bercer, le caresser, le couvrir de baisers si envahissants qu’il ne pourrait avoir d’inclinaison pour d’autres femmes, à commencer par ma mère.

Je déteste ma mère quand elle se harnache de robes luxueuses pour amadouer mon père. Je ne sais comment lui avouer que j’aime mon père. Elle me répond que c’est normal qu’une fille aime son père. Mais cet amour-là qui me consume, elle ne peut le comprendre.

Ma mère est une rivale.
Lui ne sait rien de la bête de désir qui râle en moi.
Il veut me marier. Il me présente tous les prétendants qui fraient dans la sphère de son milieu bienpensant. Un patron, un ingénieur, un avocat, un pharmacien, même un pharmacien. Il consentirait à ce compromis pour se débarrasser de moi. Combien de fois lui ai-je dis que seul un homme « pareil à toi mon père », pourrait me convenir. Son orgueil est flatté, mais il récidive dans l’énumération des godelureaux qui emplissent son carnet d’adresses. Il me gratifie d’une tape sur la joue et me renvoie à mes songeries mélancoliques de jeune fille.

Des songeries abominables. La honte me ronge comme un nid de vipères au creux de mes rêves. Je m’appelle Myrrha, mais je pourrais aussi bien m’appeler Claudine, Joséphine ou Camille, être chacune d’entre vous qui me jugez, me condamnez pour ne pas voir en vous le feu qui vous brûle dans la solitude et le silence forcé qui vous torture dans la moiteur de vos chambres.

Ce matin ma douleur était trop forte. Je suis montée sur une chaise, une de ces chaises de l’enfance capitonnée de rose, à une solive de chêne j’ai noué ma solide ceinture, celle dont j’aime ceindre la taille de mes robes légères à fleurs Liberty, papa pour mes dix-huit ans m’en a offert une, et dans le nœud coulant de cette ceinture, j’ai introduit ma tête d’ange, car à un ange en effet je ressemble.

Personne n’était là pour me surveiller. Il n’y avait que la formidable incompréhension de la société qui tapissait les murs de ma chambre. Puis d’un mouvement sec j’ai basculé la chaise. Mon corps s’est balancé brusquement dans le vide, au bout de la ceinture de cuir. J’ai dû crier très longuement, avant de perdre connaissance. Je gesticulais comme une poupée.

L’un des avantages de la pendaison, est qu’elle vous allège considérablement du poids du chagrin qui vous accable. C’est un enchantement de ne plus peser au bout de la corde. Personne mieux que moi ne vous le dira. Cette sensation de se croire retenue par une gerbe de bras, les bras d’un père qui vous reçoit, pleins de chaleur, de force, de tendresse, qui ne vous accusent plus mais vous accueillent avec l’amour profond qu’un père témoigne pour la chair de sa chair. 

Mais je me suis réveillée, étalée sur le parquet de ma chambre. Contre moi je sentais bouger la grosse poitrine de Lucine. C’est notre gouvernante, elle fut aussi ma nourrice. Elle pleurait. Je vous ai décroché à temps, une minute de plus et vous étiez morte étranglée, mademoiselle Myrrha pourquoi cette bêtise ? me demande la vieille femme. Je regarde les arabesques à fleurs dans le motif du tapis, mais aucune ne me fournit de réponse.

Comment avouer ? Lucine, ma bonne nourrice, tu ne peux pas comprendre.
Si raconte-moi.
Je suis une malade, une cinglée, il faut me soigner.
Je veux qu’on m’éloigne de lui, qu’on m’enferme pour que personne ne me juge. Je suis impardonnable Lucine.
Qu’as-tu fais ma fille de si honteux ?
J’aime mon père.
C’est bien normal.
Non. J’aime mon père comme une maîtresse aime son amant !

Il y a un grand silence. Les bras de Lucine se détachent de moi. Sa respiration est suspendue. J’ai l’impression d’avoir donné le dernier coup à la vie tremblante de ma vieille nourrice. Je n’ose la regarder. Je me lève. Je m’assieds sur la chaise rose que j’avais renversée. La ceinture de cuir pend à la solive du plafond. La honte et la peur grouillent en moi, comme une légion de cloportes.

Puis Lucine se redresse. Ses cheveux sont tout ébouriffés.
Elle dit doucement : Je peux t’aider ma fille, si tu le veux.
Tu vas me conduire à l’hôpital chez les fous, c’est ça ?
Non, je ferai mieux ? Ecoute seulement mes conseils.

Alors quelques semaines passent. Arrive la période de septembre. C’est la saison des vendanges sur les contreforts du Lubéron. Ma mère a pour habitude, avec des copines, de participer au ramassage du raisin. Mon père lui concède cette liberté. Il ne veut pas se mêler à ces besognes, souvent festives et enclines à des débordements incontrôlables. Il préfère s’isoler dans le luxe de sa résidence, sur les hauteurs de la ville.

Un soir, alors que les gardénias embaument l’air tiède dans les jardins, j’accompagne les pas fatigués mais déterminés de ma pauvre nourrice. Ils me conduisent au portail de la demeure cossue de mon père. A cette heure, il est assoupi dans son lit, un peu ivre des whiskys tourbés dont il abuse quand maman n’est pas là. Il reçoit parfois des amies compréhensives qui viennent distraire ses nuits.
Tu te feras passer pour l’une d’elles dans la chaleur des ébats.
Quoi Lucine ! Qu’est-ce que tu me dis ?
Tu es plus folle que moi et criminelle !
Il faut savoir ma fille. Soit tu te pends à la poutre de ta chambrette ou tu subornes ton père ? C’est le suicide ou l’amour. Tu choisis.

Nos pas font crisser le gravier de l’allée qui grimpe jusqu’au porche du père. L’odeur enivrante des gardénias me monte à la tête, à en perdre la boule, je déraye, je débloque, je roule sur la jante, comme ils disent dans les mauvais quartiers.  Durant plusieurs nuits, il me reçoit dans sa couche, le père, sans savoir qu’il honore de sa semence les entrailles de sa fille. J’ai vécu ces heures-là comme un séjour inimaginable pour les humains. L’anéantissement de ma conscience. Une fusion, un paradis, un Walhalla sans modération.

A quoi un père reconnaît-il sa fille dans l’obscurité trouble de sa chambre ? C’est terrible et pas racontable. A quoi un père reconnaît-il sa fille au-milieu des femmes libertines qui le convoitent ? Pardonnez-moi prudes lecteurs et spectateurs d’un théâtre déplorable de vous infliger ces questions. J’avais pourtant pris soin d’ôter de mon cou la petite croix dorée de ma communion solennelle que mon père m’avait offerte. J’étais nue et aussi parfumées et offertes que les autres femmes, et mes cheveux épais et longs voilaient mon regard. Mais un père reconnaît sa fille même dans la noirceur la plus absolue.

Et cela le fait bondir, expulser les jurons les plus grossiers. Les employés effrayés fuient de la maison. Longtemps il court après moi comme un Léviathan furieux. La maison n’est pas assez grande pour contenir sa colère et entendre les paroles plaintives d’une douce fille qui souffre que la morale n’accepte pas son désir pour le père. Il sort son couteau et veut m’éventrer là où le plaisir m’a incendié de la plus sublime façon.

Je cours me réfugier dans la campagne, histoire de mettre une longue distance entre lui et moi après avoir été si proche. Vous ne me trouverez pas dans ces pays lointains. Aucun marécage ni désert ne suffisent pour accueillir le dégout et la haine de moi-même. Vos oreilles ne peuvent pas imaginer mes cris épouvantables quand je découvre le fruit qui grossit dans mes entrailles semaine après semaine. Divaguer entre le monde des vivants et des morts devient mon supplice. Il n’y a que la forêt profonde aux sentiers les plus obscurs dont l’ombre peut recouvrir ma faute. Dans les racines noueuses de ses futaies j’aspire à disparaître.

Là je retrouve l’innocence et la fierté de mon nom. Une myrrhe odorante poussera partout où s’est recroquevillée la détresse de Myrrha, l’enfant dévoyée. C’est dans ce trou que j’ai accouché de lui. C’est dans cette fange que j’ai accouché de mon frère, dont je suis également la mère monstrueuse. Personne n’est venu écarter les forceps. Surtout pas toi, Lucine, nourrice perverse qui m’a aidé à vivre autant qu’à mourir de mon crime.
Il ne voulait pas naître mon enfant, il demandait la permission. Dans quel monde allait-il venir, où il sera condamné pour être le rejeton d’une mère amoureuse de son père ? Son visage ne supportera pas pareille laideur.

Sous l’ombrage des arbres j’ai encore hurlé, et l’enfant est sorti se cognant à la fraîcheur de la mousse, et l’enfant est beau comme un Adonis. Je ne me lasse jamais de l’admirer. Aucune sentence divine ne le défigure, comme je le craignais. Je lui répète seulement de prendre soin de lui. Il me demande pourquoi ? Mais je ne peux lui apprendre qu’il est le résultat d’une incroyable faute.

Titre: Re : INCESTE
Posté par: tentacule_du48 le 07 Septembre 2024 à 11:30:09

bonjour ! en fait ce texte, troublant et ouiii magnifiake aussi, mérite d'être relu à tête reposée, en fait,  j'aime bien cette capacité à plonger dans des profondeurs interdites avec une poésie  étouffante... genre cet amour incestueux de ((Myrrha))... et ce désir déchirant qu'elle éprouve pour son père, il est transformé en une danse macabre de mots... et aussii limage de l'arbre et de ses ramures m'a particulièrement touché...!
je suis super intéressé par cette dualité qui fait que l'on est immédiatement attiré par le texte, tout en ressentant un profond malaise.

DU COUP au-delà de cette première lecture, il est évident que le texte appelle à une réflexion plus poussée... et derrière cette confession presque impudique!?... il y a un questionnement sur la place de la femme dans la famille, genre son rôle et ses désirs réprimés... en fait jusqu'où peut-on aller pour trouver l'amour, même au risque de franchir les frontières du tabou ???... Ce texte nous interroge également sur cette folie, la folie, alors est-ce Myrrha qui est malade ou c'est la société qui l'enferme dans cette vision de ce désir interdit ?...
je pense qu'il y a ici un truc, un echoss aux mythes anciens, genre une tragédie contemporaine revisitée ?! et moi en tant que lecteur, je suis complice, coupable même!!! et aussi un juge, en même temps ...
Oui je peux dire que chaque personnage reflète une part d'une tragédie plus grande...

MAIS en fait j'aimerais bien dire que certains symboles sont si insistants qu'ils en deviennent presque pesants... genre larbre, le fruit, la ceinture, tout cela contribue à créer une atmosphère lourde qui, à force, étouffe un peu le lecteur... en meme temps ça m'interesse, le fait de forcer... et je pense que c'est le but, genre ssentir cette suffocation ! ce désir de liberté!...

en fait je voudrais bien savoir vos tes pensées, dis moi, peut-on véritablement se libérer de l’interdit par l'échappatoire de l’imaginaire ??? ET LA FOLIE de cette Myrrrha est-elle une libération ou une condamnation??? oui, en fait jusqu'à quel point le désir peut-il être accepté ou compris dans le cadre genre famille ???

Pour finir, en fait pour moi, il y a ce petit humour noir, cette ironie qui affleure; c'est après tout, myrrha, qui veut se pendre pour se libérer, et qui trouve finalement une autre façon de sse balancer,  et ce jeu avec la mort, cette légère légèreté dans l'acte même de pendaison, c'est à la fois dérangeant et fascinant... n'est ce pas!!!

j'aime bien ce texte, une exploration fascinante de l’interdit, de cette folie, ce désir et le grand jugement social, hhh, parfois faut se perdre dans l'ombre, plutôt que d'exposer ses ténèbres...!!!

Merci
Titre: Re : INCESTE
Posté par: Basic le 07 Septembre 2024 à 16:32:58
salut Lof

tu aurais pu participer à l'appel à texte "mythologie"c'est fini (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?board=234.0).
Une interprétation à ta mesure : ironique, iconoclaste...
On s'est dit, avec les modos, que tu pourrais ajouter une balise style " texte explicite" dans le titre, à côté d'INCESTE, une sorte de gros panneau

B
Titre: Re : INCESTE
Posté par: Cendres le 07 Septembre 2024 à 20:45:22
Je ne vais pas être hypocrite et te dire que j'ai découvert ton texte sans déjà un jugement négatif au fil de ma lecture.
J'ai arrêté ma lecture lorsque ton héroïne viole son père. :vomi:

Ça me fait penser à un vieux film que j'ai dû voir "beau père", ou une fille de 14 ans fait des avances à son beau-père, le manipule, joue avec lui... C'est lui la pauvre victime de sa belle file dépravée et vicieuse.

Je ne comprends pas le but de ton récit ? Un fantasme ou une propagande ? C'est un sujet qui me touche et je ne ferais pas semblant d'aimer ton texte vu ce que tu défends.

En plus, l'héroïne va être enceinte de son père vu tes descriptions. Si elle était tombée amoureuse de son père, elle aurait dû être plus jeune en plus, et tu aurais pu faire un amour romantique. Ça n'a pas été ton choix pour l'amour romantique, tu as voulu faire juste un désir sexuel.

Tu as préféré faire une fille mineure, puisque dans le vieux temps, nous étions majeures à 21 ans, qui viole son père.
Après, elle tombera peut-être "amoureuse" de son chien ou de son chat ? Après avoir eu un enfant handicap né de l'inceste, elle aura un enfant hybride moitié humain et animal.

C'est bien, elle pourra ouvrir un cirque de monstre, ça se faisait dans les temps ancien.
Titre: Re : INCESTE
Posté par: tentacule_du48 le 07 Septembre 2024 à 21:22:36
bonsoir Cendres !  :)

en fait ta réaction est compréhensible, et je vois que tu es perturbé par le contenu... en fait oui, c'est un texte qui explore des thèmes difficiles et provocateurs, et il est naturel que cela suscite des émotions fortes... mais j'aimerais bien te rassurer que le récit de Myrrha aborde le thème de l'inceste non pas pour glorifier ou banaliser ce tabou, mais plutôt pour mettre en lumière les profondeurs de la douleur humaine et les conflits intérieurs... il se veut une exploration de la nature complexe des désirs et des transgressions,,, tu vois! et ainsi que de la lutte entre l'acceptation et la répression des pulsions personnelles dans un cadre social rigide... c'est difficile en fait d'écrire comme ça et de cette manière ça demande beaucoup d'énergie, et de courage...

je répète en fait, dans le texte y'a des symboles forts et des images puissantes pour créer une atmosphère étouffante qui reflète la détresse et la désespérance...c'est pas facile... et les trucs, les émotions et les éléments, ils illustrent le poids du désir et de la honte, ainsi que la quête de liberté et de compréhension dans un monde qui condamne... c'est forcer mais... voilà !!!

je comprends ta comparaison avec des récits ou des films similaires, oui elle est pertinente, MAIS je voudrais souligner que le but ici n'est pas de faire l'apologie d'un comportement immoral,,, MAIS plutôt de questionner les limites de la moralité et de la société... GENRE La folie de Myrrha peut être perçue comme une critique des normes sociales qui écrasent les individus sous le poids de leurs propres désirs et de la réprobation extérieure... TU VOIS ???

encore je pense que le texte invite à réfléchir sur les dimensions psychologiques de l'interdit, et à se demander jusqu'où l'imaginaire peut aller pour exprimer des vérités profondes sur l'humanité... et la frontière entre la folie et la liberté est souvent floueee, l'exploration de cette frontière peut révéler des aspects complexes de notre condition humaine!!! voilà , tu vois ce que je veux dire ?...


Bien à toi,  :)

Titre: Re : Re : INCESTE
Posté par: marécage désolé le 08 Septembre 2024 à 06:05:35
salut Lof

tu aurais pu participer à l'appel à texte "mythologie"c'est fini (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?board=234.0).
Une interprétation à ta mesure : ironique, iconoclaste...
On s'est dit, avec les modos, que tu pourrais ajouter une balise style " texte explicite" dans le titre, à côté d'INCESTE, une sorte de gros panneau

B

oui, c'est une sorte de mélange de sophocle et de sade (grimm ?) passés à la sauce jung adult (hi hi...). ben pourquoi pas, c'est joliment écrit, quoi que sentant un peu le réchauffé, sauf pour de jeunes lecteurs et lectrices un peu trop impressionnables, qu'il convient effectivement d'avertir par le sticker "contenu explicite"...
Titre: Re : Re : INCESTE
Posté par: Cendres le 08 Septembre 2024 à 09:14:30
bonsoir Cendres !  :)

en fait ta réaction est compréhensible, et je vois que tu es perturbé par le contenu... en fait oui, c'est un texte qui explore des thèmes difficiles et provocateurs, et il est naturel que cela suscite des émotions fortes... mais j'aimerais bien te rassurer que le récit de Myrrha aborde le thème de l'inceste non pas pour glorifier ou banaliser ce tabou, mais plutôt pour mettre en lumière les profondeurs de la douleur humaine et les conflits intérieurs... il se veut une exploration de la nature complexe des désirs et des transgressions,,, tu vois! et ainsi que de la lutte entre l'acceptation et la répression des pulsions personnelles dans un cadre social rigide... c'est difficile en fait d'écrire comme ça et de cette manière ça demande beaucoup d'énergie, et de courage...

je répète en fait, dans le texte y'a des symboles forts et des images puissantes pour créer une atmosphère étouffante qui reflète la détresse et la désespérance...c'est pas facile... et les trucs, les émotions et les éléments, ils illustrent le poids du désir et de la honte, ainsi que la quête de liberté et de compréhension dans un monde qui condamne... c'est forcer mais... voilà !!!

je comprends ta comparaison avec des récits ou des films similaires, oui elle est pertinente, MAIS je voudrais souligner que le but ici n'est pas de faire l'apologie d'un comportement immoral,,, MAIS plutôt de questionner les limites de la moralité et de la société... GENRE La folie de Myrrha peut être perçue comme une critique des normes sociales qui écrasent les individus sous le poids de leurs propres désirs et de la réprobation extérieure... TU VOIS ???

encore je pense que le texte invite à réfléchir sur les dimensions psychologiques de l'interdit, et à se demander jusqu'où l'imaginaire peut aller pour exprimer des vérités profondes sur l'humanité... et la frontière entre la folie et la liberté est souvent floueee, l'exploration de cette frontière peut révéler des aspects complexes de notre condition humaine!!! voilà , tu vois ce que je veux dire ?...


Bien à toi,  :)
Bonjour Tentacule

Je ne vais pas répondre à ton message, non pas parce que je veux être impoli, mais que pour connaître la nature d'un texte, seul l'auteur peut me répondre.
Je répondrais qu'au message de LOF, si il désire y répondre. Sinon ça va flooder.
Titre: Re : INCESTE. Passages explicites.
Posté par: Aponiwa le 08 Septembre 2024 à 10:19:40
Bonjour LOF,

Peux-tu mettre un trigger warning plus explicite? Du genre "[trigger-warning : inceste et viol]".
Ton texte n'est pas en spoiler et peut être lu par des mineurs, des personnes sensibles ou simplement des personne ayant subi l'inceste (pour rappel, c'est presque 1 personne sur 10, donc rien que sur la population du forum, je te laisse compter).

Aponiwa pour la modération
Titre: Re : INCESTE. Passages explicites.
Posté par: LOF le 08 Septembre 2024 à 10:26:04
 
 Bonjour, je vous remercie pour la pertinence de vos commentaires.
 En fait, ce texte m'a été inspiré par Les Métamorphoses d'Ovide, Livre X, Myhrra.
 Ovide, (43 av J-C). J'ai simplement transposé les faits dans une période contemporaine.
 En quoi les textes anciens et mythologiques peuvent ils encore interroger notre présent ?
 Je ne prends pas parti. Je conserve les contradictions du personnage. D'ailleurs c'est lui-même qui s'exprime, sans filtre.
 Donc ni propagande ni fantasme de ma part, comme le sous-entend Cendres.
 L'analyse de Tentacule est très éclairante. Merci aussi à Cendres pour ta réactivité. 

Excuse moi Basic, je n'avais pas bien compris le "explicite".
Titre: Re : Re : INCESTE. Passages explicites.
Posté par: marécage désolé le 08 Septembre 2024 à 13:04:05

 
 En quoi les textes anciens et mythologiques peuvent ils encore interroger notre présent ?
 

en tout, absolument en tout.

à condition de ne pas les utiliser comme instruments de pouvoir et de manipulation mentale.
Titre: Re : INCESTE. Passages explicites.
Posté par: J. le 08 Septembre 2024 à 13:25:19
Là, on touche le fond ! Sans autre commentaire sinon je vais me faire flinguer  :D :D
Titre: Re : Re : INCESTE. Passages explicites.
Posté par: Cendres le 08 Septembre 2024 à 18:58:54

 Bonjour, je vous remercie pour la pertinence de vos commentaires.
 En fait, ce texte m'a été inspiré par Les Métamorphoses d'Ovide, Livre X, Myhrra.
 Ovide, (43 av J-C). J'ai simplement transposé les faits dans une période contemporaine.
 En quoi les textes anciens et mythologiques peuvent ils encore interroger notre présent ?
 Je ne prends pas parti. Je conserve les contradictions du personnage. D'ailleurs c'est lui-même qui s'exprime, sans filtre.
 Donc ni propagande ni fantasme de ma part, comme le sous-entend Cendres.
 L'analyse de Tentacule est très éclairante. Merci aussi à Cendres pour ta réactivité. 

Excuse moi Basic, je n'avais pas bien compris le "explicite".

Ce n'est pas parce que tu t'inspires d'un texte que tu as le droit de tout écrire.
Si je m'inspire de "Mein Kampf", ce n'est pas pour autant que j'ai le droit de dire que faire des génocides sont une bonne chose. Pourtant, ça permettrait de régler une partie du problème de la surpopulation mondiale.

L'inceste dans la mythologie existe, comme chez les dieux Greco romains ou égyptiens. Mais cela n'était pas pratiqué par les gens, sauf chez certains pharaons. Mais autre temps, autres mœurs.

Ton personnage est une projection de ton esprit. Ce n'est pas une personne, juste une personne de ton imaginaire. Ce qu'il dit et fait, c'est selon ton imagination et ce que tu veux nous raconter.
Ce sont tes choix de narration.

Tu prends parti, car c'est impossible d'être neutre quel que soit le sujet. Écrire, c'est déjà prendre des choix, si tu devais rester neutre, ton texte n'existerait pas.

Je ne vais pas aller plus loin, mais ton texte ne t'a pas été dicté par ton personnage. C'est toi qui écris ce texte en voulant exprimer ses idées là. Sinon ça voudrait dire que tu entends des voix ou que tu es possédé :D
Titre: Re : INCESTE. Passages explicites.
Posté par: Lune le 08 Septembre 2024 à 19:28:47
Bonjour,

Ce texte devrait être sous spoiler.

Il est très bien écrit, mais les personnages sont indignes.
Aussi bien la mère qui après les vendanges souvent festives et enclines à des débordements incontrôlables.
Le père assoupi dans son lit, un peu ivre des whiskys tourbés dont il abuse quand maman n’est pas là. Il reçoit parfois des amies compréhensives qui viennent distraire ses nuits.
Ces amies ont elles son âge ou bien sont elles aussi jeunes que sa fille ? Il n'a pas l'air de voir la différence dans ses nuits endiablées. Est-ce un pédophile ?
La jeune fille est plutôt à plaindre et la nounou à fusiller !
Titre: Re : Etreinte interdite (Passages explicites).
Posté par: LOF le 09 Septembre 2024 à 15:38:16
 Il y a probablement du vrai dans ce que tu dis Cendres.
 Toutefois, si tu as l'occasion de lire ce passage dans Les Métamorphoses,
 tu verras que j'ai respecté les faits et actions et la "psychologie" des personnages.
 Bien sur, cela pose la question de la forme et du contenu. Je n'ai pas le talent génial d'Ovide.
 Comment par le style on peut faire passer des choses plus facilement que d'autres ? Toutes ces notions m'intéressent
 en écriture. Je propose une version un peu différente, j'ai simplement modifier certains mots et expressions,
 sans toutefois que le thème soit changé. Le titre aussi est transformé.
 Je remercie la modération de mde de ne pas m'avoir envoyé à l'échafaud, mais d'avoir permis ce débat.
Titre: Re : Re : INCESTE. Passages explicites.
Posté par: marécage désolé le 09 Septembre 2024 à 15:54:49
Bonjour,

Ce texte devrait être sous spoiler.



je le crois aussi, car on peut nettement y voir une possible apologie de l'inceste et de la consanguinité.

je ne connais pas LOF et lui laisse le bénéfice du doute...

la mise sous spoiler me semble un bon compromis, pas de censure, mais un accès retreint indiquant que le texte est à prendre avec des pincettes.
Titre: Re : Etreinte interdite (Passages explicites).
Posté par: tentacule_du48 le 09 Septembre 2024 à 16:02:41
alors ! alors ! maiiis bien sûr !

un festin d'idées !!! c'est beau, je me demande toutefois si nous ne perdons pas un peu de vue l'essentiel, genre la fiction est le seul espace où l'humanité peut être la plus libre…!!! et aussi la plus misérable à la fois...oui dire que les personnages indignes ne méritent pas d'exister dans un texte, c’est comme dire à un peintre de ne pas utiliser de gris parce que c’est une couleur triste... et cest justement dans cette indignité que réside la beauté de nos propres contradictions humaines... voilà !!:

dis moi Lof ! est-ce qu’on sattendrait à ce que la mythologie ou les légendes antiques nous servent des personnages exemplaires, si parfaits qu'ils nous ennuieraient à mourir ??? en fait non, surtout pas !!! genre mais où est le plaisir si l'on n'a plus le droit de peindre des nuits tourmentées de whisky tourbé et de vendanges débordantes ??? sans parler des nounous à blâmer,, évidemment... ah cela pourrait être une très belle scène d'opéra, non ???

quant à l’idée d’être !!! dicté !!! par un personnage... et qui sait ? peut-être que la possession par des voix intérieures est un concept sous-estimé... après tout, Shakespeare n’entendait-il pas des fantômes murmurant à ses oreilles ??? et sans doute nous sommes tous des marionnettes aux mains de nos personnages… ou bien des dieux ratés qui tentent maladroitement de jouer au créateur dans des mondes imparfaits...

ouf alors oui, prenons des partis !!! et allons au bout , là où les pensées humaines ne doivent plus avoir peur d’être pathétiques... c’est justement dans la maladresse et l’excès que l’on trouve la véritable essence de ce qui nous rend profondément humains… et terriblement fascinants à lire, même quand tout cela dérape un peu...

 :oxo:
Titre: Re : Etreinte interdite (Passages explicites).
Posté par: Murex le 10 Septembre 2024 à 09:58:55

      Oui, je comprends très bien la réaction de Cendres, mais ce que dit tentacule-du48 me parait très juste. Un texte a le droit d'aborder tous les sujets. Il en va de la liberté de l'écrivain qui n'est pas forcer pour autant de faire sien les faits ou les idées qu'il énonce.
  Personnellement je trouve le texte de LOF, intéressant et très bien écrit.

   Murex   
Titre: Re : Re : Etreinte interdite (Passages explicites).
Posté par: marécage désolé le 10 Septembre 2024 à 11:32:36

      Un texte a le droit d'aborder tous les sujets.


sans doute, mais pas de n'importe quelle façon.
Titre: Re : Etreinte interdite (Passages explicites).
Posté par: tentacule_du48 le 10 Septembre 2024 à 15:44:27
ah bon ? mais comment ça, "pas de n’importe quelle façon" ! Quelle déclaration fascinante,,,wow genre nous devrions tous, écrivains modestes que nous sommes, nous incliner devant cette idée divine de la bonne manière de traiter un sujet... et peutêtre nous devrrions recevoir un guide officiel sur les sujets acceptables, accompagné d’un manuel d'instructions détaillées sur comment bien en parler, non ??? c'est ça ? et quel soulagement ce serait pour nous tous de savoir exactement quels mots utiliser, quelles émotions éviter, et surtout, quels tabous ne jamais effleurer !!! oulalala, la littérature serait tellement plus… ennuyeuse...  :-¬?

sérieusement, si la fiction ne peut pas se permettre d’explorer des idées dérangeantes ou inconfortables, alors à quoi ça sert ??? genre je dois réduire les personnages à des archétypes qui sont pour toi acceptable, propres et bien rangés, qui ne froissent aucune sensibilité ???
en fait la littérature a toujours été le reflet des aspects les plus sombres, les plus laids, et paradoxalement les plus profonds de la condition humaine... et comme tu dis croire qu’un texte doit être bien bien fait pour aborder des sujets sensibles, alors là ! c’est imposer des chaînes à cette liberté créative dont l’écrivain a tant besoin... et qu’est-ce qu’un bon texte ??? un texte qui nous berce dans une moralité confortable ou celui qui nous ébranle jusqu’au cœur ??? franchement !!!

en fait, je me demande si genre on doit vraiment déterminer la bonne manière de parler d’un sujet, qui en serait le juge ultime ??? je comprends pas, genre la société, cette grande machine à consensus mou, si efficace pour étouffer tout ce qui dépasse ??? ou des comités littéraires chargés de censurer la complexité humaine, en veillant à ce que chaque personnage, chaque intrigue, soit suffisamment neutre pour ne jamais provoquer le moindre trouble ???

pour moi en fait, monsieur désolé, la beauté de la littérature réside dans sa liberté... oui cest un espace où tout est permis...
l’inceste ! dans la mythologie, les génocides dans les récits historiques, les failles humaines, les monstres et les saints... du coup réduire un texte à ce qu’il devrait être, c’est nier à l’écrivain la possibilité d’explorer ce qui est... et encore encore encore les personnages indignes existent dans la vie, alors pourquoi devraientils être exclus des pages ??? et c’est précisément dans leur noirceur, leur folie, que nouuus, lecteurs, pouvons nous confronter à nos propres zones d’ombre, aux choses que nous préférons cacher sous un tapis moral...

alors oui, je persiste et je signe encore et encore, tous les sujets peuvent être abordés, pourquoi pas,( j'aime ce forum et sans doute il est pour la liberté littéraire,,, )
sinon, qu’estce qui nous attend ??? on va se retrouver à écrire des textes et des poèmes banals, lisses comme une soupe sans sel, des texte si creux qu'ils en deviendront ridicules, genre les fleurs dans le jardin dansent sous le vent, le chat ronronne doucement, c'est apaisant... ayyy ça fait mal  :???:

marécage désolé, c'est dans l’imperfection, dans l'excès, dans la dérive, c’est là que l’essence humaine se révèle...

voilà   :oxo:
Titre: Re : Etreinte interdite (Passages explicites).
Posté par: marécage désolé le 10 Septembre 2024 à 16:17:13
merci pour la leçon. j'en prends bonne note.
Titre: Re : Etreinte interdite (Passages explicites).
Posté par: Lune le 10 Septembre 2024 à 18:10:25
Bonjour,

La mythologie c'est spéciale et toujours atroce  :o

Voyez, Ouranos a des enfants avec sa mère Gaïa. Il déteste ses enfants qu'il essaie de faire rentrer dans le ventre de leur mère. Cronos son fils le tue avec une grande serpe. Puis il enferme ses frères et soeurs dans une prison souterraine. Il mange les enfants qu'il a eus avec Rhéa sauf le dernier Zeus caché par sa mère. Zeus qui vainc son père pour que Rhéa retrouve ses enfants avalés : Hestia, Déméter, Héra, Hadès et Poséidon ! C'est fou  :P

J'ai un petit livre avec les Dieux, les Créatures, les Héros. Que des histoires terribles  >:D
Titre: Re : Etreinte interdite (Passages explicites).
Posté par: tentacule_du48 le 11 Septembre 2024 à 17:20:41
mdr, rien de tel que de passer du temps avec des parents qui veulent t'enterrer vivant... le père modèle qui dévore ses propres enfants... oulala je peux dire qu’il avait un appétit insatiable pour le pouvoir et une allergie sévère à la parentalité. 😂

Lune, avec ton petit livre sur les dieux et les créatures, tu dois avoir des soirées lectures sacrément animées !!!! j’imagine la tête des invités quand tu leur racontes les exploits des divinités grecques, c’est du grand spectacle !, tu peux m'inviter la prochaine fois...

une fois, j’ai essayé de lire un livre sur la mythologie grecque à mon chat... et ay résultat ??? Il a passé tout le temps à dormir sur le livre... je pense qu’il ne voulait pas être impliqué dans ce genre de drame familial mythologique !!! non non non  🐱📚

après tout, si on doit affronter des horreurs, autant qu'elles soient mythologiques et divertissantes !??