Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Altarien le 22 Août 2024 à 23:29:34
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Dans ma petite ville, où je règne en maître,
Chapeau haut, sourire feint, je suis le paraître.
Aux discours bien tissés, des rêves à la dérive,
Je suis ce notable, dans ma bulle en survie.
En costume ajusté, et dans mon monde clos,
Mon sourire figé, masque bien mon chaos. Comédie provinciale, où je joue mon rôle,
Pour un privilège absurde, j'ai l'égo qui s'envole.
Poignées de main feintes, dans des couloirs dorés,
Les promesses vides, dans des salons figés.
Les secrets bien gardés, sous des sourires tirés,
Je suis ce notable, aux faux airs apaisés.
En costume ajusté, dans mon monde clos, Mon sourire figé, masque bien mon chaos. Comédie provinciale, où je joue mon rôle,
Pour un privilège absurde, j'ai l'égo qui s'envole.
Entre les ruelles désertes, et ma façade bien polie,
Je jongle des apparences, dans cette morne vie.
Les petits notables dansent, une valse hypocrite,
Je suis le maître de cérémonie, dans cette farce d'élite.
En costume ajusté, dans mon monde clos,
Mon sourire figé, masque bien mon chaos,
Car de cette farce, j'en suis le lascar,
Celui qui par combine, tiendra toujours la barre,
Et dans cette chanson, mon charme persiste,
Les petits notables, dans leur ronde triste,
Me prennent pour le génie de cette comédie,
Où la province, à mes pieds, toujours loue mes faits.
Un poème assez musical créé en m'inspirant d'un maire/senateur/conseiller régional assez caricatural et détestable. Se sentant supérieur et légitime parce qu'elu dans un bled de 100 habitants avec 60 % d'abstention.
J'ai beaucoup de haine pour ces notables locaux.
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Et il y en a beaucoup s'accrochant à notre porte monnaie, j'ai beaucoup aimé votre texte sincère et si bien écrit
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Bonjour Altarien,
Portrait fidèle d'un des membres de cette classe d'élus ne représentant qu'eux-mêmes, abondants dans le paysage politique et médiatique actuel. Heureusement qu'il y a aussi les autres, quelques-uns, qui luttent vraiment pour changer la vie. Dans le même état d'esprit, Rimbaud avait dépeint des bourgeois à l'esprit étriqué, limité aux considérations financières, dans son poème "À la musique"
Au plaisir de te lire à nouveau.
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Je suis de cette province que tu fustiges, certes élégamment, mais, je le crois, injustement. Ton texte et caustique et non dénuée une certaine vérité je les connais bien, tes personnages ; sans doute, en suis-je ou l’ai-je été... mais peut-on faire autrement ? : ||Assurément la vie sociale est un jeu de laquelle chacun trois pouvoir tirer son épingle mais on ne peut s'en affranchir dès lors qu'un rôle vous incombe. Nulle révolution nul penseur n'y fera rien, car c'est ainsi que vont les hommes. Mais sans doute as-tu raison le seul vrai remède est l'écriture quand l'auteur sait manier de belles manière, et c’est ton cas la dérision. Attention toutefois ! Il est aussi petit notable de plume qui prenne la pose et qui, croyant se faire fou du roi demeure pièces de l'échiquier.
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Merci pour vos retours,
Je suis content que cela vous plaise.
@Hellian
Je suis aussi un provincial, et je ne généralise pas. Certains élus et notables sont intégres et font bien leur travail.
Néanmoins, il demeure une part non négligeable d'entre eux qui se considèrent comme supérieurs au commun des mortels et qui se gargarisent d'une vie d'entresoi et de privilèges sous couvert d'une charge électorale devenue pontificat.