Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Vincent le 21 Août 2024 à 06:09:28
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La balançoire vide
La balançoire, au vent, allait, venait toute seule,
Où était donc l’enfant sans l’ombre d’un linceul,
Existe-t’il vraiment celui qu’on ne voit pas,
Comme un nuage assis qui vient et puis s’en va
Toi qui vis par tes rêves, incompris chaque instant,
Mots épars accrochés à la corde du temps,
Rejoignant les étoiles de l’univers vivant,
Au tempo des espoirs les plus désespérants
La balançoire, au vent, emporte le passé
Vers un futur de rien, un mirage éclairé
Par l’énergie vitale, source de l’existence,
Génitrice inconsciente d’une simple conscience
Quel est donc ce hasard venu pour intriguer
Qui pousse et tire l’espace, venu pour perturber
Ne serait-ce qu’un miroir, où l’image de chacun
Apparaît déformée au regard inhumain
La balançoire, au vent, montre l’inexistant
A jamais inconnu où le presque existant,
Celui handicapé mental, le remplaçant,
Cette virtualité, ce clone transparent
le 14-8-2024
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Commentaire ailleurs :
Beau poème traitant de la déficience mentale légère ou plus comme handicap., déjà à partir de l'enfance . L'enfant qu'on ne voit pas parce qu'on en détourne le regard comme l'enfant qu'on ne voit pas qui est " dans sa tête" . Pas de linceul mais en même temps on ne fait pas le deuil de sa normalité ,il suffit de penser aux parents qui vont "voir" un magnétiseur ou emmènent leur enfant à Lourdes.
Comme un nuage, insaisissable, inconstant et qui va et vient tantôt présent tantôt absent à la réalité .
La balançoire au vent , peut être abandonnée à son destin., prenant dans le passé la force de son élan pour un avenir de rien , parti d'un passé de rien. Ou plutôt si peut être si le passé du passé est la génétique et dans ce cas le problème peut parfois être autre que le seul fruit du hasard.perturbant en question.
Un miroir où l'image de chacun apparaît déformé au regard inhumain. Mais on se voit dans les yeux, dans le regard des 'autres , c'est là notre miroir. Et pour un handicapé, il n'est pas inhumain dans le sens d'un manque d'humanité , il l'est parce que trop humain au contraire dans l'incompréhension, la défiance, la peur " j'aurais pu être comme lui ou être parent de quelqu'un comme lui " . par identification naturelle . En fait l'image est davantage non conforme à la norme que déformée .
Le handicapé peut sûrement considérer que son handicap est là à la place de ce qui lui est inconnu, presque connu, la normalité, si tant est que son handicap le lui permet.. Et dans ce cas , le "je est un autre" lui dit qu'il ne fait pas partie des autres, de par sa différence .Certainement douloureux à vivre Mais cette différence justement fait qu'il n ' en est pas un clone et qu'il n ' a rien de virtuel ni de transparent. .Parfois on ne voit que lui , même si c'est dans un sens négatif.
Faire une métaphore avec une balançoire vide, je trouve que c'est nier sa personne
-- Si la balançoire est la société, ce n'est pas parce qu'il n'y est pas à une place occupée normalement par une personne dite normale qu'il n'existe pas , que la balançoire est vide .. Et les proches d'un handicapé selon la lourdeur de sa déficience te diront qu'au contraire ll occupe toute la place
-- Si le handicapé est à la fois la balançoire et le balancé : une balançoire obéit aux lois de la physique , le déficient n'obéit pas aux lois de la psycho ou du mental communs , il a ses propres lois connues si sa maladie est connue ou pas . Et si elles nous échappent, le fait qu'elles nous échappent ne signifie pas qu'elles n'existent pas . Et non la balançoire n'est pas vide.
Le danger pour le handicapé serait qu'il s'en persuade , même danger que pour les dépressifs en dépression sévère .
Sujet difficile à mettre en poésie avec les images, métaphores, émotions qui s'en dégagent et qui en font une . C'est réussi je trouve..
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La métaphore de l'escarpolette est riche.
Watteau la représenter plusieurs fois.
Merci pour ce balancement entre métaphysique et réalité.
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Je ne suis pas étonné que tu es réagi