Salut !
Les défis Tic-Tac, c'est quoi ? Un sujet aléatoire est donné et on a une heure pour écrire un texte. Hésitez pas à fouiller le sujet éponyme épinglé en haut de section pour plus de détails, ou même poser vos questions ;)
Pour ce Tic-Tac, ça donne quoi ? le sujet est une couverture aléatoire, donnée par BeeHa :) merci BeeHa ^^(https://zupimages.net/up/24/28/ilm1.jpg)
Je me suis égarée en cours de route... j'ai quand même essayé de caser un peu de ce que l'image représente, et pas juste tout ce qu'elle a ramené à la surface. En même temps, j'avais un peu besoin d'évasion et j'ai été servie.
Comme j'ai fini un peu avant 22h, j'ai voulu refaire un peu beau, et j'ai commencé les premiers paragraphes. La chanson est sensé s'intégrer en partie entre les phrases, mais je ne suis pas convaincue.
En vous souhaitant une bonne soirée et une bonne lecture !
Arabian Nights
Un chant d’alouette. Je frotte mes paupières encore lourdes, lève les yeux vers un ciel clair dont les rayons du soleil pénètrent la chambre malgré l’heure matinale. Je me lève la première. Même en vacances, certaines habitudes restent les mêmes. Je laisse ma petite sœur à ses rêves, m’habille, attrape casque, téléphone et carnet. Pas de coup de brosse dans ma tignasse emmêlée, pas de jolie tenue pour cacher mes bourrelets. Je laisse mon pull Korn sur une chaise, regarde par la lucarne : pourquoi je l’ai emmené ? je ne le mettrai pas de toutes les vacances…
Je sors de la chambre, salue l’employé qui commence son service et me rend mon geste, presque étonné par tant de politesse. D’un pas rapide, je descends l’escalier et rejoins le grand hall. Ici, entourée de toutes ces têtes masculines qui me jugent, je me sens autant à l’étroit qu’à ma place. J’ignore les plus choqués et retrouve mon vieux barman. Il me sourit :
— Bien dormi, gamine ?
— Mmh…
Des ses mains agiles, ridées par les années, mouchetées à qui y prête attention, il prend une tasse dans l’une des étagères pendant que je m’installe sur un tabouret, musique dans les oreilles, et observe. Oh imagine a land, it’s a faraway place. Mon vieux barman me sert un café, dont le parfum légèrement épicé m’hérisse le poil d’un plaisir anticipé. S’il a râlé les premiers jours qu’une gamine sirote du café, il a vite arrêté. J’apprécie chacune de ses petites excentricités sans jamais broncher, trouve du goût, un peu de bonheur, dans l’amertume qu’il me propose. Where the caravan camels roam.
Depuis, on est comme ça. Une gamine, assise en tailleur sur son tabouret, un vieux barman pour la surveiller autant qu’il veille sur elle, à des heures où les enfants restent encore cachés sous leurs couettes. Deux bêtes sauvages, apprivoisées par le destin. It's chaotic, but, hey, it's home. Je ne connais pas son nom, il ne prononce jamais le mien : on est ces deux personnages dans le décor de la scène, ceux à qui personne ne prête attention, ceux qui observent, voient tout.
Comme cet agent d’entretien. En quelques semaines que je traîne à l’hôtel tôt le matin et c’est la première fois que je le vois : une chevelure frisée noire, un teint mâte, une maladresse étrange, presque comme feinte. Je me concentre sur ses gestes : adroits, sûrs, et pourtant… j’ouvre mon carnet et lui imagine une vie. Au fond de son regard, je ne trouve aucun océan, aucun orage, de ceux qui transcendent les cœurs des femmes. Ses yeux ne tombent pas non plus, pareils à ceux d’un chiot. Je plisse mes prunelles, cherche la vérité qui se cache, derrière sa posture et un peu dans mon imagination aussi. Un espion ? Mmh… un espion. Une mission importante. Une maladresse pour tromper l’ennemi. Je m’attarde sur son chariot, note l’orientation des différents produits ménager et fronce le nez : qui est aussi désorganisé ? Des aspergeurs dans un sens, leurs voisins dans l’autre, le couvercle de sa poubelle coincé – qui choisi une poubelle qui ferme ?
— Alors, gamine ? perce la voix de mon vieux barman.
D’un mouvement de nuque, je penche ma tête en arrière, vers lui :
— C’est un nouveau ?
Il suit mon regard et blêmit. Sur sa peau brunie par de longues heures passées au soleil, l’intensité de sa peur soudaine dénote. Il cache mon café à peine entamé derrière son bar et m’ordonne de le suivre à l’arrière. Je cligne des yeux, remarque enfin les détails que j’ai jusqu’ici négligé : plus personne dans la pièce, hormis ce nouveau qui reste planté là. Les clients : disparus. Le réceptionniste : dans un bureau, le rideau de sa vitre baissée.
J’emboîte le pas à mon vieux barman qui m’explique que, parfois, il vaut mieux ne pas savoir. Je lui ai obéi, mais ne lui ai pas dit, que ce jour-là, à travers l’arche ornementée de l’hôtel qui donne sur l’extérieur, à quelques pas du premier vestibule, juste entre les motifs en bois, je les ai vus.
Aussi profonds qu’un ciel nocturne. Un orage, de ceux qui transcende les cœurs comme le mien.
Bonsoir Luna,
Intriguant tout ça !
Pas certain d'avoir tout bien compris de la fin (Ou en tout cas, je n'arrive pas à avoir une unique hypothèse ;D)
Par contre j'aime bien la gamine au comptoir du café qui apprécie l'amertume.
Au prochain Tic Tac ~
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