Je marche seule. Le ressac de la mer m’accompagne à droite. J’entends des bruits de pas. Les miens ? Les sable est gris et blond, la mer me semble profonde. Je ne la regarde pas. L’entendre me suffit.
Je marche. J’avance. Vers où ?
Monotonie du ciel, de ce sable et du ressac qui n’arrête jamais. C’est long. Ça dure. Je m’ennuie. Je pourrais penser. Mais à quoi ?
Impossible de penser. Le bruit m’envahit la tête. Celui de mes pas se répète, inlassablement. Je me dis que c’est l’été. Mais ce n’est pas l’été.
Et encore ce pas. Tiens, il s’arrête. Ce n’est pas moi, non, ce n’est pas moi.
C’est le pas d’un homme, et c’est l’hiver. Dans les yeux de cet homme qui n’est pas moi, je vois le ciel, immense. Dans les yeux de cet homme esseulé, je vois une contrée lointaine, où la mer était bleue. Cette mer d'ici– oui, je la vois maintenant – est grise. Les vagues se répètent à l’infini.
Comme il s’ennuie, cet homme ! Et quel est ce désespoir qui l’étreint et m’envahit aussi ?
Non, je n’en peux plus, je pars.
= = =
Ah, je suis dans un bar, à l’étranger. Entendre des voix humaines me fait du bien. Des gens rient. Peut-être ai-je suivi cet homme, finalement ? Las du bruit des vagues, il a rejoint son bistrot préféré. Cette fois, nous sommes en Jamaïque. Des femmes de couleur apportent des verres. L’homme s’installe au comptoir, je suis derrière lui mais il ne le sait pas et ne me voit pas. Il avale un rhum et puis un autre. Il embarque demain.
C’est un marin des antipodes, autrement dit de nulle part, toujours en partance.
Il embarque demain.
Je pars.
Salut Mercurielle, merci d'avoir tenté l'aventure avec nous :)
C’est long. Ça dure. Je m’ennuie.
Possible que tu ais mis le son en mode répétition :mrgreen:
Impossible de penser. Le bruit m’envahit la tête. Celui de mes pas se répète, inlassablement. Je me dis que c’est l’été. Mais ce n’est pas l’été.
J'aime bien justement comment tu joues de ça, de la répétition du son, de la boucle, et comment tu cherches une porte de sortie.
Ce n’est pas moi, non, ce n’est pas moi.
C’est le pas d’un homme, et c’est l’hiver.
Très chouette virage dans la narration, décalage au son lancinant.
Non, je n’en peux plus, je pars.
Je crois que je peux le relier à ton post sur le sujet de discussion :D
Peut-être ai-je suivi cet homme, finalement ?
Mais oui !!
C’est un marin des antipodes, autrement dit de nulle part, toujours en partance.
Il embarque demain.
Je pars.
Bien vu !
J'aime beaucoup ton approche, au plus près du son, dans un mouvement narratif exploratoire tout à fait assumé :)
Bonjour Mercurielle,
J'ai bien aimé le rythme de la première partie. Je l'ai trouvé assez saccadé, haché, ce qui m'a donné une sensation oppressante.
Je me dis que c’est l’été. Mais ce n’est pas l’été.
J'avoue, je suis friand de ce genre de "contradiction" ou de doute, suivant comment on veut le voir.
J'apprécie aussi les questionnements du personnage, qui accentue une sorte de flou autour de ce qu'il se passe.
La seconde partie m'a paru plus "fluide" dans son déroulé (par opposition à mon impression de saccade de la première).
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
En tout cas, j'ai trouvé ça intéressant comme texte. Très basé sur l'atmosphère et j'aime bien ce style.
A bientôt pour un prochain Tic-Tac alors, j'espère ;)
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