Salut !
Les défis Tic-Tac, c'est quoi ? Un sujet aléatoire est donné et on a une heure pour écrire un texte. Hésitez pas à fouiller le sujet éponyme épinglé en haut de section pour plus de détails, ou même poser vos questions ;)
Pour ce Tic-Tac, ça donne quoi ? le sujet est un fichier son, donné par Beglous :) merci Beglous ^^
Purée Beglous ! Joue pas trop souvent avec mon petit cœur comme ça :D écrire sans musique ! mais quelle idée ! quelle folie ! j'ai entendu mes idées papilloter, ça m'a fait froid dans le dos vu les idées... :D alors, je sais pas si c'est le son qui m'a inspirée ou si ça avait juste un gros besoin de sortir et le son s'y est plutôt bien prêté.
C'est trop court et condensé, j'ai punaises de trucs possibles à rajouter, peut-être enlever des détails, ou en rajouter, pour ne perdre personne en chemin. En l'état, je trouve le truc trop pas assez.
En vous souhaitant une bonne soirée et une bonne lecture !
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
L'Antre de Dionysos
Je flotte, solitaire, au-dessus d’une mer dorée tranquille. Ses vagues vont et viennent au gré des coupes de champagne, des petits fours et des rires. D’immenses lustres ambrés dominent l’espace, offrent à la pièce l’illusion d’un océan de luxure. Ici, dans l’Antre de Dionysos, les humains viennent oublier. Certains diront qu’ils dînent. La vérité est tout autre : ils viennent pour oublier qu’ils ne règnent pas, qu’ils ne sont rien de moins que des gamins bruyants et avides aux yeux des autres peuples.
J’ai grandi ici, enivrée par le parfum du champagne, bercée par l’élégance du mépris et les accords conclus d’un tintement de flûte. Les robes collent aux courbes, ressemblent à cette image qui nous vient de la Terre, de soirées comme celle-ci, de cocktails divins et de petits fours portés à hauteur par des hommes sans visage, aux costumes impeccables ; de ces soirées qui nous donnent l’impression d’être les nouveaux dieux des mondes sur lesquels l’Homme pose son drapeau. Les sourires et les langues mentent avec candeur.
Mon œil unique se balade avec dédain entre les convives, à la recherche d’une cible à abattre, n’importe qui plutôt que de rester plus longtemps à écouter leurs manigances. Je caresse la cicatrice qui barre mon visage, découpe mon sourcil et s’arrête près de mon menton, pour m’éviter un geste malheureux. Ce plan si parfait nous a pris trop de temps et valu trop de risques pour que je le compromette ainsi… Un léger crépitement dans mon oreille attentive :
— Il arrive, traduit le programme de mon oreillette.
— Zlevja, je murmure.
Lukjan ricane pour toute réponse. Je sors à peine de l’ombre qui me dissimule, plus élevée encore que ces mortels qui se prennent pour des dieux. Il apparaît, la porte grande ouverte pour lui : un humain bien sûr, athlétique, le cheveux doux, le regard et le sourire charmeurs ; un guerrier, un tueur, ses mains plus sales chaque jour qui refuse de passer sur cette terre d’accueil. Il se pavane, se croit le maître de cette partie d’échecs, ses pions alignés comme il le souhaite, sans se douter du l’échec qui l’attend. Quel désastre peut bien arriver ? Certainement pas la perte soudaine de sa dernière acquisition, une vingtaine d’esclaves kuviens trouvés à bon prix pour travailler dans ses mines, sur une planète en lisière du Système Intergalactique, là où les lois disparaissent au profit d’autres, plus brutales.
— Julia ! grésille le timbre de Lukjan. Ils sont libres : à toi ! Je t’attends au point de rendez-vous.
L’humain passe deux doigts au plus près de sa mâchoire qui se contracte aussitôt d’une colère sourde. Je sors mon arme de son fourreau : pas de sécurité, pas de bruit, pas de balle. Un serveur heurte ma cible, le ralentit juste assez.
Je tire.
L’homme pédant se fige. Il devine ma position, se tourne, pas assez, et soudain, tout s’arrête. Son corps suspendu en plein mouvement s’effondre ; juste là, au cœur de l’Antre de Dionysos. Ceux autour de lui s’étonnent, une femme s’approche de lui, vérifie son pouls et sursaute. Elle retire sa main ensanglantée de sous le corps et hurle – pourquoi les femmes hurlent toujours ? Le reste des personnes présentes accourt vers le mort, avec dans le regard cet horrible mélange entre la curiosité morbide et la cupidité.
J’enclenche mon camouflage – sept minutes. Je quitte mon poste, glisse le long d’un des piliers du dôme – six minutes vingt – et suis le serveur, me glisse dans l’encadrement de porte qui mène vers les couloirs de service – cinq minutes cinquante. Je descends l’escalier, esquive les agents de la sécurité qui tentent de gérer les ennuis à mesure qu’ils arrivent – quatre minutes. Mon cœur tambourine dans ma poitrine. Au rez-de-chaussée, on sort les armes, on cherche un coupable dans tous les coins, vérifie jusqu’aux pots de plante, voir ce qu’ils peuvent bien cacher – deux minutes. Un homme massif bloque ma sortie. Je tourne la tête dans tous les sens, à la recherche d’une solution, hésite à utiliser un tranquillisant sur lui, quitte à me démasquer – une minute. Des coups frappés à la porte le déstabilisent, il s’en éloigne juste assez. Les Forces de l’Ordre Intergalactique s’imposent dans le vestibule.
À vingt secondes de mon compte à rebours, je ne peux plus espérer sortir. L’un des nouveaux venus attire mon attention : Lukjan. Je m’approche de lui, me glisse sous ses impressionnants tentacules. Ici, cachée au plus près ses entrailles, j’entends tout : la direction de l’Antre qui se confond en excuses, assure qu’aucun incident ne s’est produit, tente d’étouffer et gérer l’affaire, les clients qui cherchent à s’échapper, interceptés par une seconde faction de l’Ordre aux portes secondaires, la peur qui se transforme doucement en folie paranoïaque. Ce mélange étire mon sourire.
Lukjan donne ses ordres sans laisser soupçonner qu’il cache le meurtrier. Quatre de ses membres internes, condensés de muscles, s’enroulent autour de mon corps et me soulèvent sans peine pour m’éviter de me compromettre par une maladresse si près de notre victoire. En sécurité contre lui, je tremble, la peur mêlée à l’excitation de ce que je viens d’accomplir. Nous avons réussi : la sécurité de l’Antre de Dionysos, prétendument impénétrable, où se regroupent les plus suprémacistes des humains de la galaxie, a été percée. Je murmure :
— On a réussi.
Les tentacules se resserrent sur moi pour partager un peu de ma joie. Lukjan l’a redoutée, cette escarmouche. Tout aurait pu rater : choisir le bon tireur, celui qui ne deviendra pas fou, à entendre tous ces nouveaux aristos parler avec mépris du reste de l’univers, son arme rangée à sa ceinture, trouver le parfait rat, celui qui fera sortir son comparse dans une innocence feinte, et en plus, devoir se limiter aux deux seuls humains de notre équipée pour déjouer les détecteurs partout dans les locaux, qui repèrent tout ce qui n’est pas humain, sans plus rien contrôler d’autre que quelques mots volés.
Moins d’une heure plus tard, les premiers articles affluent sur tous les tabloïds à scandale et racontent l’histoire avec beaucoup de fantaisie. Après une nuit passée à interroger les témoins, à vérifier tout et rien, à lancer les uns et les autres sur des pistes diverses, Lukjan nous a annoncé la mort de notre cible, le succès retentissant de toute cette folie. Il m’a même précisé que, de toutes les personnes qu’il a interrogées, ma mère a été la plus terrifiée. Je caresse ma cicatrice avec un sourire : même l’Antre de Dionysos ne pourra plus la protéger ; son tour viendra…
Hey Luna, merci de t'être prêtée au jeu ;D
Ici, les humains viennent oublier. Certains diront qu’ils dînent.
Très chouette ça !
traduit le programme dans mon oreillette.
Houla, je m'attendais pas à ça :mrgreen:
me sent glisser contre lui, me cacher sous ses impressionnants tentacules.
Ah bon :o
Je caresse ma cicatrice avec un sourire : même l’Antre de Dionysos ne pourra plus la protéger ; son tour viendra…
Houuu glauque, ça fait froid dans le dos.
Ben dis donc ! Je sais pas d'où t'as sorti tout ça avec les sons donnés ! En fait j'ai l'impression qu'on pourrait te donner n'importe quoi Luna, tu partirais de toute façon dans ton univers tout à fait reconnaissable ;)