Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Ollin le 22 Juillet 2011 à 21:00:03
-
Avant de commencer à lire ce texte, je vais éclairer deux trois points. Ce texte n'est pas un texte pour le plaisir plastique, il a un sens.
Et comme ce qu'il y a de merveilleux, c'est l'interprétation, je préfère expliquer s'il y a discussion, et pas avant.
Mais, je vais donner un indice, c'est le sens de ce tragique qui donne les clefs du texte, donc soyez souples avec votre notion du tragique.
----------------------------------------------------------------------------------------------
Et elle était chaussée de vent, cette femme,
De brume, d'éclairs, de révélations et de ruses,
Maîtresse des tromperies et des intempéries,
Elle a sous son voile discret les rides ancestrales,
Et les gestes et les mots des premiers sacres.
Et j'ai essayé de la suivre dans les méandres,
Dans ce jeu de masques où l'être devient cendres,
Je me suis suspendu à l'aile de son soulier,
Et j'ai vu au fond de moi le désespoir de mes aînés.
D'or, j'ai été recouvert par sa bénédiction,
Et du gris de l'argent j'ai saisi le fond,
D'or, et de lumière, elle m'a murmuré,
Et mes vieux soleils sont tombés.
Elle m'a fait essayer un-à-un tous les masques,
Elle a joué de ma plastique comme une éternité,
A me rendre malade, à dévoiler mes frasques,
Jusqu'à l'aube affective de mon être dégradé,
A fracturer mon désir d'unité le plus sacré.
Et si j'ai les doigts aujourd'hui qui caressent le vent
Parce que je ne peux pas davantage,
Et si j'ai le regard porté au loin sur l'édifice géant,
Avec aux lèvres et le sourire et la rage,
C'est que je suis un dieu à la perfection démesurée,
Qui ne saura jamais tourner la page.
Moi, le génie du mensonge, l'homme tragique !
Je ne suis finalement ni chaussé de vent ni d'aventure,
Tout au plus faux-électron libre et imposture.
Et l'ailleurs qu'elle me montre entre ses doigts est folie,
Éclipse de ma conviction invincible et sacrée,
Et l'ailleurs est l'inaccessible, et garde ses portes fermées.
Alors il ne me reste plus que la fausseté et la tentation,
Pour scander à bout de lèvres impropres et assagies,
Le chaos, la vie, et cette pauvre et humaine religion.
-
Ah tiens, aucune réponse ! C'est pas bien, ça.
Donc, je lis. Mais désolée par avance : moi et la poésie, c'est pas une grande histoire d'amitié, du coup je suis pas très utile dans mes commentaires (mais ça fera remonter ton texte ^^)
*Lit*
Que m'abreuve l'incompréhension de la ronde !
J'ai trouvé que ce vers était un peu artificiel, comme si tu cherchais un truc en -onde.
Qui ne saura jamais tourner la page.
Tourner la page, ça me semble un registre un peu familier par rapport au ton du reste du poème.
Je ne suis finalement ni chaussé de vent ni d'aventure,
chaussé ni de vent ni d'aventure ; sinon c'est pas très français, en l'état...
Bon, c'est dans ces cas-là que je vois que je ne sers à rien en poésie ^^ J'ai pas compris le poème (t'inquiète, ça m'arrive souvent). Il y avait de jolies formules mais j'avoue que j'ai pas été embarquée plus que ça (j'accroche pas quand je comprends pas). J'ai cherché du côté de la mythologie, mais si c'est ça, je connais pas assez - et si c'est pas ça... ben j'avoue que je sais pas trop de quoi ça parle :-[
Désolée pour ce commentaire chaotique et peu constructif !
-
Elle défie et elle dédit comme jour et nuit l'organique ;
Sa différence mystérieuse et sa représentation énigmatique,
Son emprise sur les subterfuges de l'immonde :
Que m'abreuve l'incompréhension de la ronde !
Cette strophe, je la trouve moins réussie. On voit un peu trop les rimes, surtout à cause de «l’organique » qui est pas le mot le plus courant qui soit. Mais c’est subjectif.
Franchement, je pense n’avoir pas compris ce que tu voulais dire (y a beaucoup d’images et je ne suis pas dans un état des plus vifs pour les analyser longuement) mais je trouve qu’il y a quand même suffisamment de rythme, de force, d’images et de belles formules pour que ça m’emporte quand même. Et ça a quand même un sens dans ma tête, c’est ce qui compte.
Je te le dis tout net : j’ai kiffé. Déjà j’aime beaucoup le titre et le rythme est super cool, les rimes sont belles, y a de la force poétique, bref, j’ai vraiment beaucoup aimé !
Bravo, je le relirai !
-
Merci.
J'avoue que cette strophe est technique, et du coup, elle est bien superficielle, pis j'ai foiré les deux derniers vers. :P