ce n'est pas par hasard que l'on tord la langueOuais pour moi c'est l'enjeux principal de la littérature : je ne souhaite pas être un conteur, quelqu'un qui intéresse surtout par le récit (ce dont je suis à peu près incapable, et que j'apprécie par ailleurs), je cherche aussi un travail de la langue, je souhaite une approche formelle qui transcende en quelque sorte des histoires/des expériences à priori banales et mille fois expérimenté par tout le monde, en les restituant par exemple au plus proche de mes sensation, de ma sensibilité, de mes dédales mentaux (ou d'ailleurs à l'inverse de ma sensibilité, de mes sensation, de ma morale), pour leur donner un caractère "unique". Bon tout ça est bien prétentieux mais c'est bien des choses que je "cherche", que je "souhaite", c'est un idéal que je suis encore loin d'atteindre ;D
pas trop compris ça « il doit penser de nous » ainsi que la majuscule à CetJ'ai supprimé ce passage, trop de retour me l'ont signalé et le tient m'a décidé - je sais pas trop pourquoi j'y étais attaché en plus, il n'apporte pas grand chose. Et majuscule à "Cet" ça indique l'entrée d'une parole, je ne met pas de guillemet, c'est un truc que je fais tout au long du texte - j'ai piqué ça à Simon, à Beckett, beaucoup le font.
que par mes excrétions et ma sudation réunies ( j’ai eu un souci avec nous, on, je… )Au lieu de mettre "; on pleura" vers la fin, qui peut être assez ambigu, j'ai mis "je pleurai".
ici, apparaît un autre perso « le garçon »… purée je ne l’ai pas vu arriverOuais la brutalité des introductions à certains sujet est voulue, j'aime bien "jeter dans le bain" ;D
(on dit glands pour un pin?). ( du coup c’est un chêne)Haha t'es le premier à avoir remarqué ça j'suis content :D Effectivement le narrateur inverse tout, je voulais rendre l'espèce d'embrouillement dans ses images ; c'était un petit jeu avec le lecteur aussi, une tentative d'humour - parce que jusque là personne n'en a parlé mais : est ce que vous avez un peu sourit ? J'avoue que c'est un des but du texte aussi...
voit nous sommes fouichus ( bug ou pas bug?)
comme il est souple ou rapide...C'est pour ça que je précise après "on aurait dit" : "et son pénis tout droit dans mon nez on aurait dit n'est-ce pas tellement"
le coup tendu ( bug :cou tendu?)Ouais bug ici, c'est bien "cou"
( dans l’inaction par rapport à la statue ce n’est peut-être pas nécessaire, par rapport à une personne oui, alors déplacer « dans l’inaction)J'ai pas compris ta suggestion ici ?
( est-ce le nous singulier ? Alors figé)C'est un choix à faire : est-ce que pour le "nous" qui désigne le narrateur il faut que je conjugue à la 1ère personne du singulier, ou est ce que faire ça va encore plus embrouiller le lecteur et lui faire croire en plus que je sais pas conjuguer la 1ère personne du pluriel ? Perso je me suis dis que ça allait plus embrouiller qu'autre chose, du coup j'ai laissé les conjugaisons tranquilles - après dis moi ce que t'en penses ?
j’aime bien le début par exemple ici, puis après ça s’entasse et pour moi, ça bug
ça change de temps dans la même phrase par ex ici
et cette perspective, bien qu'elle m’envoûtât, m'apaisât et d'autres folies, me plongeait (plongeaient) dans de vives réflexions.Je ne crois pas ici, parce que je parle bien de la perspective qui, bien qu'elle m'envoute, m'apaise (et d'autres folies), me plonge dans de vives réflexions.
Pour ce qui est de la ponctuation, son imprévisibilité est sans doute dû à mon goût pour l'organicité, je sais pas trop ; c'est aussi le fait qu'elle soit taillée pour la voix - le texte globalement est fait pour la voix, il respecte la respiration et ménage la langue, bien qu'il soit incompréhensible à voix haute (c'est paradoxal). J'ai passé des millier de fois (j'exagère à peine) le texte au "gueuloir", mais au gueuloir moderne : non seulement je le lit à voix haute, mais aussi je m'enregistre pour pouvoir m'écouter, et j'ajuste à petites touches certains rythmes, certaines mélodies qui me semblent fausses.Ton texte je le lis à voix haute. Je ne le fais pas toujours, mais quand un texte me résiste un peu c'est ma façon de l'apprivoiser. Et bien même ainsi... il me résiste :D Quand tu dis qu'"il respecte la respiration", que c'est "taillée pour la voix" et en même temps "incompréhensible à voix haute", je crois que l'essentiel est dit. Cela me donne l'impression d'une tentative organique avec une approche hautement intellectuelle. Donc une contradiction. Si ça résiste c'est peut-être que toi, dans ton approche d'écriture, tu es aussi entré en résistance quelque part, en un endroit qui te concerne et qui t'appartient, je ne vais donc pas aller plus loin mais disons que ça m'éclaire.
Il y a aussi le fait que c'est mon premier "vrai" texte dont j'suis content, et qu'il porte encore la marque de mon désir d'impressionner, tare qui s'estompe avec le temps, comme celle de la peur de lasser, et qui est aussi responsable de la complexité du truc. L'alambiqué des phrases, le flou que peut créer la complexité du récit sont surement dû à mes lectures de Faulkner ou Simon, que j'adore mais dont j'ai pris les défauts sans les qualités qui vont avec ;D Et en vrai y'aurait tellement d'autres facteurs qui font que le discours est complexe, mais peut-être une réponse golmon et un peu provocatrice serait de dire "la vie c'est pas simple" :D Non mais ouais j'ai ce désir de faire cohabiter des paradoxes, des sensations, de les exprimer clairement si elles sont claires, confusément si elles sont confuses, dédalement si elle sont dédaleuses ;DOui, je suis d'accord avec ton analyse, je trouve que cela se ressent ce "désir d'impressionner" dans la "complexité du truc". J'ai ce travers aussi. Peut-être que tu ne le vois pas ainsi mais je pense que c'en est un. Je travaille beaucoup à m'en défaire comme on ôterait un habit qui a servi autrefois mais qui empêche désormais plus qu'il ne libère. Très simplement, pour moi, cette surenchère de complexité à différents niveaux (du mot à l'articulation globale du propos) fait que je ne me représente pas, mentalement, visuellement, le contenu. Généralement quand je lis, je vois, j'entends, je sens mon pouls battre en écho à celui du texte, ma pensée parfois le devancer ou à l'inverse se faire surprendre. Dans le cas de ton texte, tel qu'il se présente aujourd'hui, j'ai l'impression de gravir une montagne hors d'haleine. Il y a parfois des moments où je peux me poser, où quelque chose de concret, de tangible apparait. Je ne parle pas de la corporéité ni des de ses fluides qui sont convoqués un peu à outrance, pas de ce concret-là, mais bien des instants où je me figure le bonhomme, son rapport au monde, ses bouées psychiques. Dans un rapport au corps, je dirais que l'écriture est dans une forme de contrainte et de contraction, il y a peu de relâchement, de détente, de souffle justement, de lieux, de figures, de mots qui nous reposent. Je ne crois pas que l'écriture gagne à être une ascension perpétuelle, une astreinte à s'élever. Tomber, s'arrêter, ces instants que l'on laisse s'installer, même s'ils peuvent paraître plats, banaux, dépourvus de singularité, c'est eux le bol d'air. Je crois qu'ils sont à voir comme une autorisation, pour reprendre ton terme que je trouve très éloquent, une autorisation "à lasser". Un délassement.
Mais du coup c'est vrai que vos retours me sont précieux justement parce que j'ai conscience que tout n'est pas clair, et j'aurais besoin de remarques précises pour améliorer tout ça, pour faire un peu de jour, en m'indiquant un passage dans une phrase, une situation que vous comprenez pas, le choix d'un mot qui n'est pas clair, etc - bien qu'il y ait des choses, comme je l'ai dit dans la présentation, qui sont volontairement insaisissables pour l'instant.Je suis bien incapable, au vu de ma compréhension du texte, de te donner ce que tu demandes, des précisions sur des passages en particulier. C'est l'articulation de l'ensemble que je discute, tant que cela n'est pas clair pour moi je ne trouve pas de sens à rapprocher ma focale.
Si ça résiste c'est peut-être que toi, dans ton approche d'écriture, tu es aussi entré en résistance quelque part, en un endroit qui te concerne et qui t'appartient, je ne vais donc pas aller plus loin mais disons que ça m'éclaire.Oui y'a peut-être une contradiction entre mon désir de faire de la musique (j'suis un musicien frustré) et d'exprimer quelque chose de précis. Comme tu l'as remarqué, le texte offre peu de place à la libre interprétation des lecteurs, c'est quelque chose dont j'ai horreur ; j'suis content que tu aies été sensible (du moins que tu l'aies remarqué) à l'enfoncement dans la logique du perso, comme dans un monde qu'on ne comprend pas toujours mais dont on devine qu'il est régit par des lois logiques.
Si c'est bien de cela dont il s'agit, je t'encourage alors à aller encore plus loin. Sans demi-mesure peut-être. Mais alors, il me parait essentiel que la lecture à voix haute soit interprétable et pas rigidifiée par le système de ponctuation et de respiration proposé. Je laisse ouverte cette réflexion bien sûr, elle n'est pas très claire dans mon esprit, mais c'est ce que m'évoque ta tentative telle que je me la représente.On m'a déjà fait cette suggestion, d'aller plus loin dans mon délire, mais j'avoue que malgré l'hermétisme de mon texte, il y a quand même un désir d'être compris - et j'offre malgré tout quelques clefs de compréhension dans le texte en lui même (enfin je crois : il me semble qu'il est possible de comprendre sa situation, son état d'esprit, etc). Je veux pouvoir être un minimum suivable, je refuse l'abstraction, le concept, j'ai, malgré mes partis pris formels et stylistiques, le désir d'écrire un truc concret. Et d'ailleurs je crois que mon texte est déjà bien "sans demi mesure" pour perdre à peu près 98% des gens à qui je l'ai fait lire, donc aller encore plus loin (chose que j'ai fait avant mais dont j'ai un peu honte maintenant) et je suis tout seul :D
Je travaille beaucoup à m'en défaire comme on ôterait un habit qui a servi autrefois mais qui empêche désormais plus qu'il ne libère.Oui totalement. Déjà rien que dans mon deuxième texte, j'ai laissé tombé les crochets [...], les variations de mots (ex : "où je peux me coucher/étaler nos jambes"), et globalement le changement de sujet incessant. Après, je suis quand même attaché à une certaine complexité du propos, à l'idée de tout dire dans les détails ; je me méfie de la simplicité, d'une certaine simplicité pour être exact, la simplicité "vulgaire" comme disait Simon, celle qui n'est pas le fruit d'une réflexion profonde si bien assimilé qu'on arrive à en extraire l'essence en quelques mots ; et quand bien même, cette simplicité là je m'en méfie aussi, car sa concision nous fait passer à côté de subtilités parfois jouissives ; de plus en plus je comprend que rien est "simple", rien est "évident", et peut-être qu'il y a un désir d'illustrer ce sentiment dans ce que j'écris, j'en sais rien... Dans tous les cas oui, y'a un équilibre à avoir que je n'ai pas encore trouvé !
Très simplement, pour moi, cette surenchère de complexité à différents niveaux (du mot à l'articulation globale du propos) fait que je ne me représente pas, mentalement, visuellement, le contenu. Généralement quand je lis, je vois, j'entends, je sens mon pouls battre en écho à celui du texte, ma pensée parfois le devancer ou à l'inverse se faire surprendre. Dans le cas de ton texte, tel qu'il se présente aujourd'hui, j'ai l'impression de gravir une montagne hors d'haleine. Il y a parfois des moments où je peux me poser, où quelque chose de concret, de tangible apparait. Je ne parle pas de la corporéité ni des de ses fluides qui sont convoqués un peu à outrance, pas de ce concret-là, mais bien des instants où je me figure le bonhomme, son rapport au monde, ses bouées psychiques. Dans un rapport au corps, je dirais que l'écriture est dans une forme de contrainte et de contraction, il y a peu de relâchement, de détente, de souffle justement, de lieux, de figures, de mots qui nous reposent. Je ne crois pas que l'écriture gagne à être une ascension perpétuelle, une astreinte à s'élever. Tomber, s'arrêter, ces instants que l'on laisse s'installer, même s'ils peuvent paraître plats, banaux, dépourvus de singularité, c'est eux le bol d'air. Je crois qu'ils sont à voir comme une autorisation, pour reprendre ton terme que je trouve très éloquent, une autorisation "à lasser". Un délassement.J'aime beaucoup tout ce que tu dis là, c'est assez révélateur. J'ai envie de dire, tout dépend de ce que t'attend quand tu lis ? J'avoue que dans mes lectures je ne cherche pas spécialement à ce que mon pouls "batte en écho" avec celui du texte. En art en général j'aime être bousculé, j'aime vivre une expérience singulière, et ce qui me semble "une montagne hors d'haleine", si je sens une réelle intention derrière, me stimule, semble comme un défi - ça a été le cas avec Simon, vraiment difficile d'accès, mais la beauté de sa langue m'a maintenu avec lui, et ça a été le cas avec Proust aussi, vraiment rude au début, mais si on s'accroche, si on s'adapte à son monde, on découvre une profondeur analytique incroyable.
le texte offre peu de place à la libre interprétation des lecteurs, c'est quelque chose dont j'ai horreurJ'ai pas compris dans quel sens il fallait l'entendre.
un monde qu'on ne comprend pas toujours mais dont on devine qu'il est régit par des lois logiques.A mon avis c'est le principe d'un récit introspectif ; c'en est même tout l'intérêt : un chemin profond vers l’altérité.
On m'a déjà fait cette suggestion, d'aller plus loin dans mon délire, mais j'avoue que malgré l'hermétisme de mon texte, il y a quand même un désir d'être compris - et j'offre malgré tout quelques clefs de compréhension dans le texte en lui même (enfin je crois : il me semble qu'il est possible de comprendre sa situation, son état d'esprit, etc). Je veux pouvoir être un minimum suivable, je refuse l'abstraction, le concept, j'ai, malgré mes partis pris formels et stylistiques, le désir d'écrire un truc concret.Je parlais de la ponctuation. On sent bien que tu la tritures, que tu expérimentes quelque chose avec, et je pense que tu vas affiner ça avec le temps, que ça va se préciser. Si je comprends bien, tu le lis d'une certaine façon, tu t'enregistres même pour voir comment ça rend à l'oreille, au souffle, mais as-tu demandé à quelqu'un d'autre de le lire à voix haute, de le lire ainsi en le découvrant ? Est-ce-que cela rend ainsi que tu souhaites l'entendre ?
tout dépend de ce que t'attend quand tu lis ? J'avoue que dans mes lectures je ne cherche pas spécialement à ce que mon pouls "batte en écho" avec celui du texte. En art en général j'aime être bousculé, j'aime vivre une expérience singulière, et ce qui me semble "une montagne hors d'haleine", si je sens une réelle intention derrière, me stimule, semble comme un défi - ça a été le cas avec Simon, vraiment difficile d'accès, mais la beauté de sa langue m'a maintenu avec lui, et ça a été le cas avec Proust aussi, vraiment rude au début, mais si on s'accroche, si on s'adapte à son monde, on découvre une profondeur analytique incroyable.Certainement, les attentes diffèrent et c'est heureux. Je ne saurais pas vraiment dire ce que j'attends car il me semble que cela évolue avec le temps long et le temps court, et que parfois, dans un détour, je rencontre quelque chose que je n'attendais pas et qui me plaît beaucoup alors qu'il peut arriver aussi que je sois déçue là où j'avais placé mon attente. Je réagis donc à la résonance, ce que j'exprimais plus physiquement par un pouls qui bat en écho. Peut-être, enfin c'est ce qui m'effleure en te répondant, réagit-on à une rencontre littéraire ou artistique un peu comme nous réagissons à une rencontre humaine et sensible.
quand je vois dans un livre ces fameux passages "bol d'air" ça a tendance à m'ennuyer, j'ai presque la sensation que ça m'infantilise aussi, que ça ne fait pas confiance à ma curiosité, à ma capacité à m'investir pour comprendre - c'était pas mal le cas avec Kafka. Je suis attaché (pour l'instant) à l'idée de remplir l'espaceC'est étonnant cette lecture du "bol d'air" que tu fais, cette sensation d'en être "infantilisé" alors que, si j'interroge sur un versant logique, n'est-ce-pas dans le vide qu'une question peut émerger, dans un silence qu'un regard peut s'exprimer, dans l'espace que l'on peut se déplacer et donc dans un creux que la curiosité peut s'épanouir ?
le texte offre peu de place à la libre interprétation des lecteurs, c'est quelque chose dont j'ai horreurDans le sens que je n'aime pas laisser à chacun une vaste fenêtre d'interprétation. C'est des trucs assez précis que j'ai envie de faire passer, j'écris de sorte à être toujours au plus près de ce que j'ai envie de dire ; j'aimerais que ce que j'écris soit un resto où j'ai choisi consciencieusement mes ingrédients, que j'ai ensuite non moins contentieusement agencés, pour offrir aux clients une jolie expérience (qui n'empêche en rien une interprétation différente de l'intention de base), et non pas un resto où j'ai effectivement bien choisi mes ingrédients, mais où je laisse aux clients le choix de les combiner, de les agencer comme ils veulent, selon leur goût, leur envie/leur besoin du moment.
J'ai pas compris dans quel sens il fallait l'entendre.
mais as-tu demandé à quelqu'un d'autre de le lire à voix haute, de le lire ainsi en le découvrant ? Est-ce-que cela rend ainsi que tu souhaites l'entendre ?Oui j'ai déjà essayé, avec mon frère, mais c'était catastrophique, les causes étaient multifactorielles, mais la principale était que c'était en lendemain de cuite :D Mais comme je l'ai dis, je pense qu'il n'est pas fait pour être lu, pour être compris (encore moins pour être découvert) à voix haute, il a juste été taillé à voix haute. Je crois que j'ai juste envie qu'on sente sourdement une espèce "d'oralité" quand on lit en voix de tête, du moins un rythme qui n'est pas celui de la pensée, mais de la voix, avec toutes les contraintes qu'elle a et que n'a pas la pensée ; j'ai envie que le rythme soit régit par une certaine matérialité, une certaine corporalité, comme ne pouvant pas dépasser certaine limites du corps, alors même qu'on est dans une espèce de "courant de conscience", d'où le paradoxe. Mais je crois aussi qu'il y a certain partis pris qui ne marchent pas, qui sont juste loupés, faux, pas encore abouti, et de plus en plus je m'en rend compte.
Peut-être, enfin c'est ce qui m'effleure en te répondant, réagit-on à une rencontre littéraire ou artistique un peu comme nous réagissons à une rencontre humaine et sensible.Ah c'est vrai que je n'ai pas vraiment ce rapport à la littérature, et plus globalement à l'art. J'ai l'impression que les textes, par exemples, sont des objets longuement réfléchit, pensés, sous pesé, qu'ils sont donc plus profonds que ce qu'une personne physique est capable de nous faire ressentir avec ses simples gestes et sa parole, mais aussi moins sincère est spontané, dénaturant en grande parti ce que l'auteur est réellement, non seulement par les moyens largement codifiés et restrictif de la langue, mais aussi parce qu'un auteur n'a comme matière première que lui même, son vécu et ses connaissances, et que pour les rendre lisibles et compréhensibles ils doit au bout d'un moment les travestir un peu, les rogner, les étirer, comme dans une musique on enlève certaine notes, on en modifie d'autres pour la rendre plus harmonieuse et cohérente. Je prends toujours une œuvre (film, musique, sculpture) comme un objet que quelqu'un a façonné, et je la juge selon des critères esthétiques et expressifs, et ce n'est pas différent avec un texte, quand bien même il doit composer avec les éléments les plus intimes de son auteur.
C'est étonnant cette lecture du "bol d'air" que tu fais, cette sensation d'en être "infantilisé" alors que, si j'interroge sur un versant logique, n'est-ce-pas dans le vide qu'une question peut émerger, dans un silence qu'un regard peut s'exprimer, dans l'espace que l'on peut se déplacer et donc dans un creux que la curiosité peut s'épanouir ?Oui tu as raison, sur ce point j'ai encore du boulot à faire je crois, un équilibre à trouver, parce que je ne peux pas nier l'importance et même presque l'obligation de ces "bol d'air". Mais ce qui bloque encore chez moi c'est plus quelque chose d'ordre psychologique, je ne m'autorise pas, je ne fais pas confiance à une phrase plus faible qui pourrait potentiellement reposer le lecteur, c'est plus fort que moi pour l'instant. Ca vient peut-être aussi de ma façon de lire (qui elle même est régit par une de mes névrose : la peur de perdre mon temps) : je ne sais pas lire distraitement, sans avoir un regard aigue et intransigeant sur ce qu'il se passe dans l'écriture, sans faire 3 annotations par page ; la lecture me demande un effort, donc je vais être intransigeant avec un texte, et si j'ai envie de lire ça veux dire que je suis prêt mentalement à plonger en entier dans ce que je lis et à m'investir le plus que je peux, parce que certes c'est plus difficile et couteux (en énergie, en temps) que de regarder un film ou d'écouter de la musique, mais c'est aussi (j'en ai la sensation) plus profond et marquant. Du coup ça fait que les ventres mous de certains livres, qui sont sensé reposer un peu le lecteur, vont vite m'ennuyer, parce que je les goûte non pas avec l'espèce de soulagement après l'effort avec lequel on devrait les prendre, mais avec une attention aigue, une absurde envie de me nourrir. Pour ça que j'ai aimé Vies minuscules de Pierre Michon par exemple : c'est toujours fort, c'est toujours tendu, pas un mot plus faible que l'autre, c'est toujours plein de matière à nager dedans. Enfin bref, peut-être que ça éclairera sur le pourquoi qu'on ne respire pas dans mon texte ^ ^
Peux-tu développer concernant Kafka ?En gros, chez Kafka j'ai la sensation qu'il y a trop souvent cette volonté d'être explicite deux fois, qui alourdit sensiblement son récit. Exemple dans le Procès, il dit : "... il ouvrit l'album, le feuilleta un peu, mais dût bientôt cesser, car l'obscurité était devenue telle que, relevant les yeux, il put à peine distinguer un seul détail dans la nef latérale toute proche". Là déjà en elle même je trouve la phrase assez lourde, on comprend que le reste de la cathédrale est obscure si déjà il n'arrive pas à voir les photo de l'album, mais encore ça passe, c'est rien de méchant, mais deux phrases plus loin il recommence : "... K aperçut, pas très loin derrière lui, un grand sierge [...] Si beau que cela fut, c'était tout à fait insuffisant pour éclairer les retables, qui pour la plupart étaient accrochés dans les ténèbres des autels latéraux, cela ajoutait même aux ténèbres". Et là je trouve ça vraiment lourd inutilement, explicite pour rien, et c'est le genre de trucs qui m'agace dans la lecture, qui me donne la sensation de tourner en rond, de perdre mon temps (parce qu'encore il ferait quelque chose de cette obscurité, il la traiterait poétiquement ou en ferait un objet d'étude ça serait oké, mais là c'est juste des phrases pour poser le décor - et il le fait pas mal de fois ; dès fois on a surtout la sensation que c'est un manque de relecture, de débroussaillage, et au vu de l'histoire de ses textes c'est pas étonnant, ayant quasiment tous été publié à titre posthume, en l'état je crois ; puis c'est aussi peut-être la faute de la traduction, ça se peut ^ ^).
Pour en revenir au texte en lui-même, j'ai reconnu le dernier paragraphe comme étant celui lu dans la vidéo postée il y a quelques temps sur le forum. Et cela me conforte un peu plus dans l'idée qu'il y a encore quelque chose à affiner entre la ponctuation telle que tu l'écris et telle que tu te la représentes (ainsi que tu parlais dans la vidéo). Le souffle que tu avais dans la vidéo, cette pente un peu inexorable qui donnait au tout une allure un peu hypnotique où la confusion sujet-objet, la perte de la référence initiale puis son retour - comme ces aperçus que l'on perd et retrouve dans les chemins vallonnés - passaient très bien, donnaient un rendu très particulier qui m'est resté.Et du coup en voyant le texte écrit tu n'as pas ressenti l'intention que je mettais à voix haute dans la vidéo, tu n'as pas eu cet effet "hypnotique" que te donnait la vidéo en lisant le texte ? Comment tu traduirais le rythme du texte de la vidéo toi ? Plutôt avec des points que des virgules ? Parce qu'il y a à prendre en compte aussi que, dans un texte, n'importe lequel, toutes les virgules n'ont pas forcément la même valeur, on le vois bien avec certain interprètes : parfois c'est aux mots eux mêmes, c'est à ce qui est en train de se dire qu'il faut se fier pour trouver le rythme, c'est le ton du moment qui le défini, c'est inquantifiable et vivant ; je ne considère pas la ponctuation comme une science exacte, comme quelque chose de mathématique, comme si chaque point ou chaque point virgule avaient la même valeurs, comme chaque crochet ou chaque blanche en musique.
Comment tu traduirais le rythme du texte de la vidéo toi ?Excellent !
J'ai l'impression que les textes, par exemples, sont des objets longuement réfléchit, pensés, sous pesé, qu'ils sont donc plus profonds que ce qu'une personne physique est capable de nous faire ressentir avec ses simples gestes et sa paroleJe ne partage pas cet avis :)
Parce qu'il y a à prendre en compte aussi que, dans un texte, n'importe lequel, toutes les virgules n'ont pas forcément la même valeur, on le vois bien avec certain interprètes : parfois c'est aux mots eux mêmes, c'est à ce qui est en train de se dire qu'il faut se fier pour trouver le rythme, c'est le ton du moment qui le défini, c'est inquantifiable et vivant ; je ne considère pas la ponctuation comme une science exacte, comme quelque chose de mathématique, comme si chaque point ou chaque point virgule avaient la même valeurs, comme chaque crochet ou chaque blanche en musique.Tout à fait d'accord avec toi, cela dit je ne considère pas avoir une maitrise parfaite de la ponctuation et peut-être qu'un spécialiste ès-rythmique-syntaxique tiendrait un autre langage. Mon retour était subjectif - que peut-il être d'autre - entre ma perception de la vidéo et celle du texte. Je ne sais pas être plus précise malheureusement. Il me semble que tu as lâché en cours de route l'utilisation des crochets. Je suppose qu'au fur et à mesure tu enlèveras ce que tu estimes superflu. Disons que selon moi il existe peut-être une contradiction entre ton désir de précision et densité et ton usage de la ponctuation qui, à mon sens, ôte parfois au texte sa teneur, tend à le morceler (ceci amplifié par les associations incluses dans le discours). Mais, je le répète, je considère cela comme un travail d'expérimentation, de jeu avec la langue et donc comme positif.
dans mon deuxième texte j'écris : "... c'est dans la reptation qu'on jubile", coïncidence ?Il suffit de lire entre les lignes ;) (même si tu n'apprécies pas la liberté de mouvement chez le lecteur, en fait je crois que c'est inévitable)
Je me demande si t'as compris que l'endroit dans lequel il erre est aussi le/les villages où il a passé son enfance et où il a vécu les trucs qu'il raconte ?Oui, je l'avais en filigrane.
très content que t'aies compris une certaine dérision, un certain décalageYep, alors j'irais pas jusqu'à dire que j'ai ri aux éclats, mais j'ai eu par endroits ce sourire qui me connecte à l'autre - le narrateur en l’occurrence.
J'accorde au vivant beaucoup de profondeur et de richesse, c'est en cela qu'il s'agit de sources d'inspirations.Ah mais qu'on soit d'accord : tout pareil ! Je dis simplement que les objets qu'on peut façonner, les textes qu'on a mis des années à écrire et qui résultent parfois de décennie d'expérience, de vécu et d'histoire qu'on a condensé en quelques pages, sont à la fois peut-être et logiquement plus profond (en tout cas mieux "dit", pensé au "plus juste") que ce qu'une discutions de vive voix peut produire - parce qu'il n'y a pas les barrières et les impératifs que peuvent être certains codes sociaux (éviter de parler de sujets tristes, bizarres, capter l'attention, parler pas trop lentement, faire attention à l'autre, bien paraitre : toutes ces choses qui nous empêche d'aborder un sujet de façon aussi profonde que dans un texte, qui empêche (et c'est juste normal) l'introspection et donc le lent tâtonnement (comme celui du bébé qui essaye de marcher) en nous même et les non moins lente découverte qu'on peut y faire -, mais aussi moins authentique car tout ce travail (dans une œuvre) de transmutation, de peaufinage, d'élagage, de condensation dénature en grande parti l'auteur - faire de l'art c'est toujours un peu mentir, illusionner, comme disait Pessoa, qui pour faire comprendre à ses lecteurs un sentiment inexprimable (à moins d'utiliser un langage que lui seul comprendrait) choisit un sujet qui parle à tout le monde et qui se rapproche le plus de ce qu'il ressent : la nostalgie de l'enfance perdue.
Cela vaut pour toi, je ne pense pas que c'est une expérience généralisable, en tout cas personnellement je ne me reconnais pas dans cette approcheHuhu, je n'ai jamais prétendu que tout le monde avait ou devait avoir cette approche de la littérature, miloudiou !
Tout à fait d'accord avec toi, cela dit je ne considère pas avoir une maitrise parfaite de la ponctuation et peut-être qu'un spécialiste ès-rythmique-syntaxique tiendrait un autre langage. Mon retour était subjectif - que peut-il être d'autre - entre ma perception de la vidéo et celle du texte.Je ne veux pas m'avancer mais, même si, comme avec la syntaxe, y a des règles et des choses évidentes à ne pas faire, je crois qu'il n'y a pas non plus de règles qui ne soient pas un peu malléable concernant la ponctuation ; chacun selon sa sensibilité placera ses virgules à des endroits différents sans que l'un ait plus raison que l'autre.
Il me semble que tu as lâché en cours de route l'utilisation des crochets. Je suppose qu'au fur et à mesure tu enlèveras ce que tu estimes superflu.Oui effectivement j'ai lâché mes crochets - j'ai fondu leur contenu au reste du texte et il me semble que ça n'est pas choquant.
Yep, alors j'irais pas jusqu'à dire que j'ai ri aux éclats, mais j'ai eu par endroits ce sourire qui me connecte à l'autre - le narrateur en l’occurrence.Oui je vois ce que tu veux dire, à mon avis t'as raison ; y'a tellement d'informations dans la tempête que t'entends pas forcément le gars qui fait sa blague :D C'est noté ! En vrai je pense qu'il sera quasi impossible de remanier ce texte en profondeur, je pense qu'il restera un peu chaotique et irrespirable dans sa nature même (comme l'est une naissance si on veut faire de l'interprétation de comptoir) ; je peux agir sur des détails encore pour minimiser les dégâts mais ça va être dur d'aller plus loin - ça serait remplacer les colonnes qui le soutiennent, et j'ai pas la force de faire ça. Mais ces remarques me seront précieuses pour mes prochains textes, je les aurais en tête pendant l'écriture - même si je cherche quand même une écriture dense, complexe, c'est ça qui me plait.
Pourquoi c'est pas mieux saisi ? Difficile à dire. Spontanément ce qui me vient c'est les méandres syntaxiques qui personnellement me demandaient beaucoup d'efforts rien que pour suivre le déroulé et donc ne me rendait pas forcément disponible pour vraiment apprécier les particularités du bonhomme, et parce que ses autres particularités, disons-le ainsi, peuvent davantage surprendre, saisir, faire plus forte impression et donc recouvrir la part humoristique.
même si tu n'apprécies pas la liberté de mouvement chez le lecteur, en fait je crois que c'est inévitableAh mais bien sûr et c'est super comme ça - j'ai été "victime" d'une interprétation éloignée de ce que mon texte voulais faire passer, et en vrai je comprends absolument l'intérêt que ça a, c'est assez génial ;D Comme dit un camarade, une fois qu'on donne un texte il ne nous appartient plus ! Seulement quand même j'ai à cœur qu'on comprenne ma démarche - parce que si j'ai sans cesse besoin de l'expliquer ça tombe à l'eau, c'est comme une blague qu'il faudrait expliquer : c'est que ça marche pas !
Pour moi c'est une écriture de l'archaïque et c'est une 'matière' à laquelle je suis très sensible.Ah oui "archaïque" ? Dans le sens que ça a l'air d'être quelque chose "d'ancien", que l'écriture a quelque chose des coutumes qui ne sont plus d'usages ?
et la porte extérieur de la salle de bainextérieure il me semble
Je me suis fait charger par un sanglier. On pensait que les chasseurs le tenaient en joue, alors je ne m’inquiétais pas. Ils sont venus me ramasser en bougonnant : après mon idée qu'ils nous sauvent de la charge, c'était mon idée seconde, quand je me faisais charger, qu'ils nous relèvent. Le monsieur étendu au soleil continue à me fixer. Je me demande ce que ça veux direUn peu dur à suivre ce paragraphe, de même que les phrases précédentes sur le monsieur étendu au soleil, jusque là le texte se suit à peu près bien malgré les formulations un peu alambiquées, là j'ai eu plus de mal
Quand on sera défunt, je veux qu'on m'incendie, après m'avoir vidé bien entendu, pour être sûr que nous soyons défunt – comme il faut être sûr que je le sois, avant de me vider. On jettera mes cendres du haut de Saint-Jean, où de mon vivant nous indiquerons, avec un panneau, quelle prairie je veux féconder – et pour la commodité de mes convives, d'où les cendres s’envoleront le mieux. Un tombeau domine déjà celle que je convoite, devant l'église ; ils ont eu l'idée avant moi, mais nous au contraire du tombeau, nous serons libres et volatiles : au lieu de la contempler, nous peuplerons la prairie, j'éprouverai la fauche, nous sécherons avec le foin, sous la canicule, on me roulera dans diverses bottes, qu'on enverra dans maintes étables, où des vaches/des chevaux, pourquoi pas des hommes, nous avaleront (nous vomiront, nous pisseront dedans), me digéreront, et l'on finira dans des crottins pailleux – puis je ne connais pas le cheminement du crottinLà aussi j'ai un peu décroché. J'aime bien " On jettera mes cendres du haut de Saint-Jean, où de mon vivant nous indiquerons, avec un panneau, quelle prairie je veux féconder" pourtant, l'idée et la phrase. Le paragraphe est un peu plus abstrait que le reste, disons
Un peu dur à suivre ce paragraphe, de même que les phrases précédentes sur le monsieur étendu au soleil, jusque là le texte se suit à peu près bien malgré les formulations un peu alambiquées, là j'ai eu plus de malHmm, je comprends pas trop pourquoi c'est dur à suivre ? Peut-être qu'il faudrait que je précise que le "monsieur étendu au soleil" est un chasseur ? Ou c'est la soudaineté et la violence (raconté comme s'il s'agissait d'une histoire lambda) de l'événement qui déconcerte un peu, qui parait surréaliste ?
Là aussi j'ai un peu décroché. J'aime bien " On jettera mes cendres du haut de Saint-Jean, où de mon vivant nous indiquerons, avec un panneau, quelle prairie je veux féconder" pourtant, l'idée et la phrase. Le paragraphe est un peu plus abstrait que le reste, disonsOui y'a peut-être un emballement (qui se voulait humoristique) mal dosé ? Et je vois pas trop l'abstraction dans ce paragraphe, puisque j'essaye surtout de relater le cheminement des potentielles cendres du narrateur dans une prairie ? Mais surement que j'ai loupé un truc - d'ailleurs je me demande si le "celle", dans la phrase "Un tombeau domine déjà celle que je convoite" ne mindfuck pas un peu ? Je l'avais mis pour éviter la répétition de "prairie", mais je me demande si ça ne prête pas plutôt à confusion ?
Hmm, je comprends pas trop pourquoi c'est dur à suivre ? Peut-être qu'il faudrait que je précise que le "monsieur étendu au soleil" est un chasseur ? Ou c'est la soudaineté et la violence (raconté comme s'il s'agissait d'une histoire lambda) de l'événement qui déconcerte un peu, qui parait surréaliste ?Oui par exemple, j'avais pas du tout compris que le monsieur étendu était un chasseur :huhu: mais c'est peut-être ma faute aha
après mon idée qu'ils nous sauvent de la charge, c'était mon idée seconde, quand je me faisais charger, qu'ils nous relèvent.me paraît vraiment difficile à saisir en première lecture
Oui y'a peut-être un emballement (qui se voulait humoristique) mal dosé ? Et je vois pas trop l'abstraction dans ce paragraphe, puisque j'essaye surtout de relater le cheminement des potentielles cendres du narrateur dans une prairie ? Mais surement que j'ai loupé un truc - d'ailleurs je me demande si le "celle", dans la phrase "Un tombeau domine déjà celle que je convoite" ne mindfuck pas un peu ? Je l'avais mis pour éviter la répétition de "prairie", mais je me demande si ça ne prête pas plutôt à confusion ?ah ouais j'ai pas vraiment perçu le côté humoristique ! mais j'ai tendance à toujours prendre les pensées des personnages très au sérieux, et à avoir du mal à imaginer que l'écrivain lui se moque un peu (il n'y a rien derrière le narrateur dans mon imaginaire en quelque sorte). Le "celle" est en effet assez perturbant, la prairie n'étant pas vraiment le substantif qui ressort de la (longue) phrase précédente. Pour le côté abstrait, ce n'est peut-être pas le bon mot, mais le narrateur se projette très loin dans ce paragraphe, enfin j'avoue que le cheminement des cendres dans la prairie c’est un peu abstrait pour moi quand même aha
Et les citations en milieu de phrase dont tu parles - ce truc là - sont les quadratins ?je voulais parler des dialogues introduits par une majuscule
des images de derrière la clôturej'aime bien le choix de ces mots, les images derrière la clôture, au delà de prosaïquement ce que ça veut dire dans le contexte
Dès fois les conditions m'empêchent de nous punirdes
je faisais pareil à cet ageâge
Oui par exemple, j'avais pas du tout compris que le monsieur étendu était un chasseur :huhu: mais c'est peut-être ma faute ahaOuais je pense que je vais le préciser, pour rendre le truc encore plus clair.
Et à la relecture à froid (donc sans le contexte, et donc avis à moduler) la phraseC'est vrai que c'est une petite pirouette temporelle et syntaxique... J'suis attaché à l'espèce de flegme qu'elle traduit pour l'instant (en racontant le truc au passé, juste après que ça se s'est produit, comme si de rien n'était) ; je réfléchie dessus quand même, voir si je ne trouve pas une solution.
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après mon idée qu'ils nous sauvent de la charge, c'était mon idée seconde, quand je me faisais charger, qu'ils nous relèvent.
me paraît vraiment difficile à saisir en première lecture
ah ouais j'ai pas vraiment perçu le côté humoristique !Ah ! c'est le grand malheur de ma vie littéraire - prendre au premier degrés ce qui est au second >< Je pensais qu'avec le "puis je ne connais pas le cheminement du crottin" c'était assez explicite :D En fait j'ai essayé de faire de l'humour surtout avec la relative "débilité" du narrateur dans ses cheminements de pensée tordus et ses actions par moment incompréhensibles, en décalage - genre il enlève son pull par les jambes soudainement on sait pas pourquoi, il s'allonge sur une tombe okalm, son délire infantile avec les pâquerettes, etc.
Le "celle" est en effet assez perturbant, la prairie n'étant pas vraiment le substantif qui ressort de la (longue) phrase précédente.Ouais je vais le changer, je vais me résoudre à la répétition !
je voulais parler des dialogues introduits par une majusculeAh oui je vois, c'est juste un truc que j'ai piqué au nouveau roman, j'aime bien l'effet de continuité du flux (comme tu dis) que ça produit. D'ailleurs j'ai récemment lu un livre de Kaoutar Harchi, et elle ne s'embête même plus avec une majuscule : ni guillemets ni majuscules, simplement "il/elle dit" suivi du dialogue ^ ^
j'aime bien le choix de ces mots, les images derrière la clôture, au delà de prosaïquement ce que ça veut dire dans le contexteCool si ça t'a plu ;D J'aime bien cette trouvaille aussi, ça traduisait bien l'incomplétude des images, la barrière frustrante, comme une barrière morale de propriété privé, qui me séparent d'elles.
Donc bon je dirais que pour moi il me faut un peu plus que la narration d'évènements qui arrivent à un personnage qu'on a du mal à situer, ça devient vraiment intéressant quand c'est utilisé pour se mixer à d'autres choses. Mais je comprends parfaitement que ce soit pas le projet ici !Oui oui je comprends ton point de vu et le goût d'inachèvement ou de gratuité (d'osef) que peuvent laisser ce genre de lecture. Tu vois au contraire de toi j'ai été marqué (sans doute à vie) par Molloy, et j'ai trouvé fascinant et vraiment drôle à quel point il arrivait toujours à ne rien dire (comme la phrase de Renard : "- Oh ! Il est très fort, celui là ! - Ah ! Pourquoi ? - Il ne dit jamais rien.), à constamment tourner autour du sujet, à parler de la ficelle de son chapeau plutôt que du meurtre dramatique, soudain et injustifié qu'il vient de commettre, à annoncer une tentative de suicide dans une subordonnée, etc. Puis oui le véritable sujet du truc, ici, ça reste l'écriture... Mais quand même, il ne faut pas aller trop vite en besogne ; je crois que je le mentionne au début mais : ce texte n'est que le premier d'un journal qui sera beaucoup plus gros, où je ne vais pas me contenter de faire de la langue avec juste une série d'événements et un personnage (d'ailleurs il me semble qu'il n'y a pas que ça dans ce texte, il y a des bases de souvenirs qui commencent à raconter ses histoires, il y a de l'introspection, j'espère (et j'essaye) un peu de poésie, d'humour - f'in y'a la tentative de définir quelqu'un, sa sensibilité, ses dédales mentaux, etc., mais oui je le conçois : pour l'instant on reste assez factuel et en surface d'à peu près tout), y'aura des rencontre qui vont modifier son environnement, ses conditions de vie, sa perception des choses, y'aura tout plein "d'études" (que j'essaye de rendre poétiques) un peu névrotiques et obsessionnelles des lieux notamment, du souvenir, etc., et tout ça avec un même personnage, avec les mêmes lieux qui vont s'enrichir, se préciser, se cartographier jusqu'à la macroscopie à mesure des textes et devenir pour le narrateur, à force de souvenirs, d'habitudes, de cohabitation, presque mythologiques. Mais bon tout ça c'est pas pour tout de suite et ça se construit petit à petit :D
C'est quand même très épuré ! (et c'est ça pour moi l'abstraction) les lieux sont décrits de manière assez générique (ce qui n'empêche pas d'avoir des descriptions intéressantes), les actions de même, c'est la structure des phrases et le choix des mots qui font vraiment la spécificité du texte, plutôt qu'un ressenti du narrateur, la force des actions, etc.Oui je vois bien ce que tu veux dire ! Pour l'épuration dans les descriptions et dans les actions, ça fait parti de la nature de ce texte en particulier, dont le but est de jeter dans le bain, de faire un tour d'horizon des lieux, tout est aussi succin et rapide que la balade du narrateur !
Et après y avoir réfléchi, en fait ce qui m'a fait rester dans le texte, je pense que c'est la violence. Elle est partout dans le texte, dans la façon d'être au monde du narrateur, et on garde quand même des images en tête mine de rien (les maillots de bain, le ragondin).Oké je vois - les retours que j'ai eu jusqu'à maintenant étaient plutôt dubitatifs sur cet aspect, le trouvant plutôt injustifié et gratuit. T'as raison elle est partout dans le texte cette violence, j'suis content que tu l'aies ressentie - c'est marrant que tu cites les maillots de bains, image qui pope comme ça random :D
Ce n'est pas un jour où les nuages font des rides, comme celles muqueuses et régulières, un peu inquiétantes, de la paroi vaginaleOK, dès l'intro on a quelque chose de pas banal! :D
À l'endroit où nous gisons l'herbe est devenue chaudeJ'aurais mis une virgule après "gisons"
L'équidé hoche la têteLequel? L'âne ou le poney?
il fait Oui continûmentPas de guillemets pour "oui"?
a le poids d'un bébé j'imaginePas de point?
Je t'ai donné beaucoup d’indices me dit-ilPas de guillemets... Bon, j'imagine que c'est ton style d'écriture qui veut ça!
Pareil quand s'accouplent les enfants.Pas compris la référence... :???:
à l'ombre d'un pin dont les glands nous tombaient dessusSi c'est un pin, ce sont des pommes de pin qui tombent, non?
Techniquement, je vois pas où sont les plis dans un vagin, mais bon, admettons...Mais si, la parois vaginal est pleine de petites rides, de ridules (des motifs comme ceux du sable sous l'eau à cause du courant), qui ont diverses fonctions... Au pire google image :D
J'aurais mis une virgule après "gisons"T'as raison, je prend ! C'est un passage que j'ai modifié y'a pas longtemps, et peut-être pas avec l'attention rythmique qu'il fallait, merci du coup d'œil !
Lequel? L'âne ou le poney?En fait, à la relecture je me rend compte que c'est peut-être pas très clair mais : il n'y a qu'un seul animal, qu'un seul équidé, et le narrateur ne sait pas si c'est un cheval ou un âne ou un poney, du coup il alterne, pour au final, par lassitude on peut dire, parler d'une notion qui les regroupe tous, l'équidé. C'était une manière d'humour, pour commencer à montrer le "décalage" du perso. Mais j'ai modifié, ça sera peut-être plus clair comme ça.
Pas de point?Oui ! si tu remarque j'en met jamais à la fin d'un paragraphe. Je voulais que ça est une sorte d'incidence sur le rythme, une manière de suspension, d'inachevé, et de fondu avec le paragraphe suivant. Mais ça a surtout une incidence sur la compréhension je crois, ça n'a pas tellement l'effet voulu.
Pas de guillemets... Bon, j'imagine que c'est ton style d'écriture qui veut ça!En vérité c'est plutôt commun, le nouveau roman et les éditions de minuit globalement font comme ça, et j'aime bien cet "effet", cette impression qu'on ne sort jamais du flux. Et comme je disais à Zag, j'ai même lu un livre qui ne s'embête plus : pas de guillemets, pas de majuscule, juste "il/elle a dit" + ce qu'il a dit, et puis basta - et ça marche bien aussi ;D
Pas compris la référence... :???:En gros le narrateur fait référence à sa propre expérience qu'il globalise "aux enfants" en général, à savoir que quand il était petit, et qu'il s'est passé des trucs avec le "garçon", ça s'est fait de façon machinale, inconsciente, sans savoir ce que ça voulait dire. Ça a l'air aussi d'une petite remarque obscène, et ça l'est en partie, le narrateur n'a rien de spécialement séduisant ni de particulièrement moral...
Si c'est un pin, ce sont des pommes de pin qui tombent, non?Oui j'ai tenté un petit jeu pour rendre la confusion des souvenirs du narrateur, au début il dit "à l'ombre d'un pin dont les glands nous tombaient dessus", alors que des pins c'est des pignes qui peuvent tomber, et juste après il dit "à l'ombre du chêne et [...]les pignes, quand elles visaient bien, tombaient dans les assiètes" alors que d'un chêne c'est des glands qui peuvent tomber. J'aime bien aussi l'espèce d'arbre chimérique que recomposent ses souvenirs confus, un arbre fluide, qui d'ailleurs pour lui au départ aurait pu être dans la maison "Nous déjeunions sur une table je crois, à l'ombre d'un pins dont les glands nous tombaient dessus. La table n'était pas dans la maison"
Je comprends la démarche, écrire tes pensées comme elles te viennent.C'est pas vraiment le but je crois. Y'a effectivement un parti pris de vouloir faire un monologue intérieur, de sauter d'un sujet à l'autre comme peut le faire la pensée quand elle divague, mais comme je l'ai dis y'a aussi la tentative de mettre en place un perso, des souvenirs, des lieux, etc., puisque c'est le premier texte d'une longue série avec ce perso, ses histoires, son quotidien, ses pensées, etc.
Pour moi, les défauts de ponctuation rendent la lecture moins aisée (mais j'aime bien quand c'est bien rangé, perso).Pour moi parler de "défaut" de ponctuation c'est un peu sévère (y'a des partis pris c'est sûr), mais vas y je prends ;D
Le récit perd en cohérence quand tu tu perds dans des explications que l'on peut comprendre avec beaucoup moins de mots.La cohérence, je pense que tu l'as remarqué, n'est pas vraiment dans les habitudes du perso ^ ^ Quand au fait de se perdre dans les explications, de faire des digressions, ça fait parti intégrante du perso et de l'écriture, qui se veut complexe par moment, foisonnante comme tu dis, multiple.
Je trouve sympa ces tranches de vie mais elles gagneraient peut-être à être réorganisées et racontées plus simplement.Justement : l'effet recherché est l'inverse de l'organisation, c'est la divagation, l'errement, à l'image des conditions matérielles et mentales du perso. Quant à la simplicité je te l'accorde : ce texte en manque. Mais je suis attaché à une écriture ramifiée, organique, tout ça ; c'est pas au point ici, mais de plus en plus je me structure, je pars moins dans tous les sens, j'enlève les effets gratuits, les choses inutilement complexes - déjà les autres textes se concentreront sur un sujet précis globalement, une scène, une pensée. Raconter l'histoire de manière simple, claire et factuelle n'a pas de sens pour moi, car je ne cherche pas à faire un témoignage, qui serait franchement osef, y'a rien de spécialement intéressant à raconter, mais à me servir de ce témoignage comme d'une matière première pour travailler la langue, la forme, le ton, etc. Il y aura même plus tard des textes plus analytique, sur le souvenir, les lieux, des trucs plus romanesques, quand le perso raconte ses souvenirs, ses rencontres, des tentatives de saisir des impressions, une intimité mentale et corporelle, etc...
pour appâter les chats dirait-on, dans un langage de moineau trisomique.la comparaison me paraît un peu inutile, même venant du narrateur, elle apporte pas grand chose autant s'en passer je dirais
Mais la dame heureusement n'a pas toutes ces attentions. Elle en a eu je m'en souviens, un matin où, en ouvrant l'église,je me suis souvenu à ce moment là qu'il créchait dans une église, c'est peut-être judicieux de le rappeler brièvement un peu plus tôt
on est pour lui, en fin de compte, une espèce d’hébergement à sa taille, dont les murs vivants l’emmitouflent, se rétractentj'aime bien
Après le sureau a fini, mais pas l'habitudej'aime bien aussi
je vais à Laveyssière, c'est inéluctable, ça vient de la préhistoire, la mienne, et à tous les coups, à mon insu, je reviensj'aime bien l'idée qu'il doive y retourner, on sent effectivement venir les aller-retour
la comparaison me paraît un peu inutile, même venant du narrateur, elle apporte pas grand chose autant s'en passer je diraisOh y'a pas beaucoup de chose utile dans ce texte, j'ai même essayé d'enlever tout ce qui aurait pu l'être :D Non mais sinon j'aimais bien l'image, je trouvais ça drôle d'imaginer qu'un oiseaux "trisomique" puisse produire, au lieu de ces chants mélodieux, des clappement, des bisous. Aussi j'aime bien l'image rigolote et un peu moqueuse que ça donne de la femme philanthrope. Et enfin j'aime bien le fait que les chats soit attiré par ces sons bizarre d'oiseaux produit par une bête de 58kg. Mais après je comprends que ça ne puisse pas fonctionner, j'vais réfléchir dessus.
je me suis souvenu à ce moment là qu'il créchait dans une église, c'est peut-être judicieux de le rappeler brièvement un peu plus tôtC'est normal, il n'y avait pas besoin de s'en souvenir plus tôt. En fait on part de l'église, et le sujet, le lieu se métamorphose, devient "la chambre", puisque les habitudes de la dame de l'église rappellent au narrateur celles de sa mère quand elle venait dans sa chambre ; s'ensuit une longue phrase qui s'enfonce dans des descriptions maternelles un peu fantasmés, et après on rémerge, on revient à la réalité, à l'église, à la dame. Je voulais que ça est un peu cet effet qu'on retrouve souvent dans les morceaux de jazz, où le thème est négligemment joué au début, comme par obligation, pour poser les bases harmoniques, et ensuite il est déstructuré, varié, défiguré tout le long, pour être repris à la fin alors qu'on l'avait oublié, que les jeux des musiciens sont parti si loin qu'on ne le reconnaissait plus. F'in bref c'était l'idée quoi...
Bon on sent déjà le délitement du récit, il ne se passe pas grand chose, on est beaucoup dans les pensées du narrateur. Disons qu'on en apprend moins que dans le texte précédent, et que là j'ai plus de mal encore à en garder quelque chose, mais je verrai par la suite, j'imagine. Dans le premier extrait, on avait vraiment ces aller-retour qui structuraient le récit, là on est un peu plus laissé sans filet en quelque sorte, avec des pensées beaucoup plus brutes et juxtaposées.Après, venir lire ces textes en espérant y trouver du récit, c'est comme espérer trouver des dragibus en ouvrant des m&m's ;D Comme je l'ai dis, le sujet principal reste l'écriture, quand bien même il y a un perso, une situation, etc. Je pense que ce texte (sur le plan narratif) montre un peu les conditions matérielles d'existence du narrateur, peut-être un peu ses sentiments par rapport aux figures parentales, sa relation avec le chat, mais pas beaucoup plus - et accentue son côté névrotique et suicidaire à la fin aussi. Vu que le livre sera fait de plein de petits textes, il y aura des événements et des infos disséminés par ci par là, mais sur un texte isolé on en trouvera que peu, c'est sûr. J'ai du mal à être d'accord sur le fait que rien ne structure le texte ici, puisque tout du long les motifs du chat s'intimisent, et ceux des fusils s'intensifient - ne se voyant, au début, en partie qu'à travers la dilatation des pupilles du chat, et devenant menaçants et paroxystiques à la fin.
Je n'en ai pas su plus mais j'ai aimé avancer dans cet univers.C'est exactement le genre d'effet (ou alors de lecteur : ça vient peut-être du lecteur) que je recherche : qu'on reste là non pas pour les potentiels événements ou révélations qui vont arriver, mais parce que "l'atmophère" (composée du narrateur, de sa façon de dire, son environnement) nous plait, nous parle.
en fait, j'aimerais bien que tu creuses cette idée dont les personnages deviennent des symboles du vide existentiel, genre avec des exemples, tu vois !Alors je crois que ça sera pas trop le projet, je fais pas tellement dans le symbolisme, enfin je crois : il y a certes une introduction à un monde un peu absurde/surréaliste (le narrateur, les personnages qu'il croise dans le lieu, ceux dont il parle au passé - mais qui n'ont rien de spécialement absurde je crois), mais tout ça sera amené à se "crédibiliser" à mesure des textes, à perdre une certaine abstraction à mesure que les motifs/les souvenirs s'approfondissent, se creusent, se révèlent, s'objectivent plus ou moins. Mais le vide existentiel est toujours présent, c'est plus un "état d'esprit", un "ton", qu'un réel sujet sur lequel je vais écrire.
et les jeux entre le réel et l'imaginaire, et comment cela déforme notre perception...
Je trouve qu’entre le nous et le on, il faudrait choisir – ou alors il faudrait les mettre en exergue de façon plus marquée pour que le lecteur les identifie comme un système et non comme une erreurLa répétitivité du procédé, sa constance sert justement à son identification - je ne me vois pas trop assister le lecteur en marquant les pronoms ; les questionnements sur certains choix stylistiques font partis de l'expérience de lecture (après au lecteur de décider s'il supporte de ne pas tout comprendre au premier texte, et de voir l'œuvre, à force de fréquentation, de macération, à force de petites infos distillées à mesure des textes, et qui n'en sont pas l'objet central, se clarifier peu à peu). Après j'suis d'accord que y'a des moments c'est maladroit, et que comme tu dis certains "nous" pourraient facilement être remplacé, pour que ça paraisse plus naturel.
J’ai beau m’y être pris à plusieurs fois, je n’ai pas pu comprendre ce paragrapheOui là typiquement j'ai tenté un rythme à la Claude Simon, avec tout plein de parenthèses etc. Le narrateur parle de "l'aventure" Saint Jean d'Eyraud, la "période" Saint Jean d'Eyraud qu'il perçois seulement comme une espèce de tension dont on comprend que la cause était son frère, en particulier les violences que son frère lui faisait subir - et par les impressions il lui semble que la tension est tellement omniprésente et sous jacente partout qu'elle imprègne la matérialité de la maison. F'in en gros c'est ça l'idée du paragraphe, c'est de traduire des impressions.
je trouve ce paragraphe réussi – j’ai tout compris ! Et l’absence de ponctuation a du sens : vitesse, absence de respiration – par contre, je trouve « fouichus » inutileOui en général on aime bien ce paragraphe, cool si tu l'as aimé aussi ;D T'es le deuxième qui me parle de "fouichus", j'vais me résigner à l'enlever, j'me rend compte que ça mindfuck plus qu'autre chose.
ouh ! Pas mal ça : si je comprends bien la maternelle = la mère ? Dans ce cas, je verrais bien le mot revenir avec ce sens et remplacer plus loin celui de mèreOui c'est ça ! Je sais pas si je redis la "mère" plus loin ? En tout cas oui ça pourrait être une idée !
les cailloux de Molloy, le retourOui c'est effectivement mon inspiration (à peine caché) pour ce passage, qui revient tout au long du texte et montre le désœuvrement du narrateur, et ça capacité à se "fabriquer" des petites aventures, des petits objectifs à partir de rien.
beuark… je me passerais bien de cette image dégueu – je préfère encore les chiures et les merdes… Peut-être mon côté végétarien…
bien trouvé!Oui c'est un ami qui m'a permis de trouver cette solution, on y a réfléchit pendant des jours bien sérieusement ^ ^
Je ne crois pas que les tirets quadratins soient nécessaires pour le dialogue iciOui j'suis d'accord, c'est aussi un truc qui me gênais, j'vais juste mettre des points à la place.
bien campée l’histoire tragique de cette araignéeOh cool que t'es réussi à la savourer ;D
Je poursuis ma lecture, bien attrapé par l'écriture et l'univers.Connais pas du tout Jean Pierre Martinet, mais effectivement les qualificatif que tu lui prêtes sont absolument dans mes intentions d'écritures - et cool que t'es capté l'humour noir/absurde, souvent on passe à côté.
Et la poursuivant, si le Molloy de Beckett continue de voisiner quelque part dans mes évocations personnelles, je me remémore également de plus en plus le Jérôme de Jean-Pierre Martinet. C'est sa solitude - voire sa déréliction - mais aussi sa noirceur, son inquiétude, ses penchants pour la mort, qui m'y font penser... L'humour (noir) également.
vaginalement? puisqu’il semble que le narrateur ne fuie pas la sensualité habituellementOui c'est vrai... à réfléchir...
je ne place pas l'originalité de l'écriture ou de la musique comme critère numéro un pour la juger