Salut !
J'ai lu ta version courte, je pense la relire dans le week-end et répondre à tes souhaits en introduction dudit texte.
Et je réfléchissais à un truc qui m'arrive parfois : quand je raconte une anecdote, les gens me demandent comment je fais pour toujours vivre des trucs fous. Peut-être que si tu veux raconter une chose ordinaire, y mettre une touche d'extraordinaire, mais en restant ordinaire.
Le cas typique qui accroche toujours mes copains :
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J'aurais pu dire que j'ai acheté un nounours, mais c'est devenu tellement plus, que non, je ne peux pas juste dire que j'ai acheté un nounours. C'est comme une fois où j'ai acheté un livre. Ouais, encore une anecdote improbable, dans laquelle il m'arrive un truc pas si fou mais où une sorte de sixième sens prend le pas et rend le truc un peu plus fou que prévu.
Aussi, quelque chose que j'ai lu il n'y a pas si longtemps (peut-être même ici... j'ai perdu ma source) et auquel je réfléchis : construire les personnages fait en grande partie l'histoire. Les rendre attachants, complexes, apporter à leur construction de sorte que chacun puisse s'y rattacher. Qu'ils soient gentils ou méchants d'ailleurs. Tout le monde est complexe : un méchant n'est pas que méchant, il a une histoire qui fait qu'il en arrive à être vu comme le méchant. Là, tu parles d'une femme qui explore sa sexualité et s'émancipe. Ce n'est pas anodin comme parcours, et je pense que beaucoup de gens peuvent s'y retrouver, en cette femme. Tu dois donc construire sa sensibilité, celle des autres personnages autour, ce qui va créer ses interactions et donc des scènes entières. Et, si j'imagine que ton antagoniste est son père, alors construis aussi son père, qu'on comprenne son point de vue, peut-être l'impact de son éducation sur sa vie, la reproduction de cette éducation sur ses enfants si reproduction il y a.
Une question toute bête est-ce qu’un texte de souvenirs d’un personnage fictif doit comporter, des rebondissements qui feront évoluer le personnage vers un objectif conscient ou dont l’auteur à seum conscience ?
Pourquoi raconter ses souvenirs ? pourquoi on raconte des mémoires ? Certains racontent pour ne pas oublier, auquel cas, on peut se dire que oui, ce qu'ils ne veulent pas oublier a été assez impactant sur le narrateur et sa construction. Certains racontent par devoir de mémoire, parce qu'ils ont vécu un évènement extraordinaire (typiquement les mémoires de survivants de guerres) et qu'ils veulent garder une trace de l'évènement par leur propre prisme.
Ensuite, nos vies même comportent des rebondissements qui nous font évoluer, donc oui, pourquoi pas nos personnages aussi : une vie quelconque, c'est peut-être des traumas d'enfance, des parents stricts ou des insultes à l'école, c'est peut-être des galères d'études ou de boulot, des râteaux, des lapins, des déceptions, mais aussi de belles rencontres, anodines au premier abord, mais importantes sur le long terme. C'est, je ne sais pas, peut-être un chat abandonné, qui va suivre ton narrateur jusqu'à chez lui à 21h en pleine semaine, pour un peu de réconfort. Un câlin une fois, un sachet de pâtée offerte sur l'instant une seconde, et quelques temps plus tard, le chat se roule sur le canapé, ravi d'avoir une maison.
J'espère avoir pu apporter un peu à ta réflexion :)
Une bonne journée à toi !