Salut !
Les défis Tic-Tac, c'est quoi ? Un sujet aléatoire est donné et on a une heure pour écrire un texte. Hésitez pas à fouiller le sujet éponyme épinglé en haut de section pour plus de détails, ou même poser vos questions ;)
Pour ce Tic-Tac, ça donne quoi ? le sujet est une couverture aléatoire, donnée par BeeHa :) merci BeeHa ^^
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Pas méga inspirée (c'est clairement pas plus mal). J'ai hésité à remplacer le crocodile par un serpent, par pure affection pour ces derniers. Encore une fois, une musique en tête m'a un peu poussée vers le haut et l'inspi : Ouro (https://www.youtube.com/watch?v=85yHNNXcxRQ) (j'adore ce court-métrage). Et comme les titres et moi en ce moment ça fait deux, et que les serpents s'invitent à la fête ce soir, ben ce sera un titre inspiré serpent.
En vous souhaitant une bonne soirée et une bonne lecture !
Ouroboros
Nous avions marché, marché encore. Nous ne savions pas où nous allions. Autour de nous, la désolation. Le sable s’était incrusté partout ; sous mes ongles, sous tes écailles. Partout ; entre les ruines, entre les friches. Partout : le sable était partout. Derrière nous, les cris devenaient de plus en plus oppressants. Je te gardais contre moi et avançais. Je ne savais même plus où je voulais aller, quelle direction je suivais. J’avançais : pour toi. Le ronronnement des motos se rapprochait. J’observai le ciel, témoin de cette course pour la vie. Les étoiles me montrèrent la voie, alors je continuai de les suivre. Ton cri léger, à peine plus fort qu’un ronronnement, me rappela. Te sauver : je devais te sauver, t’amener de l’autre côté de la dune. Dépasser le sable, dépasser les cris et les moteurs, dépasser cette désolation. Tu étais l’espoir. Le reste importait peu. Je gravis la dune qui glissait sous mes pas, entravait ma progression.
« Elle est là ! »
Je ne regardai pas en bas. Les moteurs cessèrent. Les râles des hommes leur succédèrent. Non ! Ils ne devaient pas t’atteindre ! J’y arrivai, je posai la main sur une roche stable, et glissai. Le sable me ramenait à nos bourreaux. Soudain, on me saisit à l’épaule. Les pieds dans le vide, j’observai mes ennemis grimacer leur défaite.
« Tuez-les. »
Celui qui me tenait toujours m’éloigna du combat qui suivit. J’ouvris ma veste et tu sortis ton museau allongé à l’air. Libres. Enfin… Je pleurai cette émotion nouvelle qui m’envahissait, cette finalité que je n’espérais plus. Libre. Quelle sensation étrange, de se savoir autorisée à décider pour soi-même, au-dessus de tout maître. De ta pupille fendue, tu observai l’horizon, (in)consciente de ce nouvel avenir pour toi.
« Est-elle… »
Je me tournai vers l’homme qui te fixait avec admiration. Le royaume de l’aigle vous avait presque tous exterminés. Ne restait plus que trois œufs emprisonnés. Je ne pouvais répondre pour tes frères, je ne pouvais savoir s’ils avaient réussi à passer la frontière eux aussi. Je souris à l’homme :
« Elle l’est : l’un des derniers crocodiles. »