le petit vélo de l'Amour
#faut que j'essaye #témoignage déontologique #croyance fragile #espoir sombre
parce que 'contre-attaque' n'est pas traduisible en langage pacifiste... parce que 'lutter pour la paix' est une aporie que j'aimerais rendre accessible... parce que répondre à la violence est trop souvent de ce même ordre ainsi contradictoire et contre-productif... parce que je ne me satisfais pas des escalades venimeuses...
edit : il me semble que le gros écueil de ce que je projette ici sur la société depuis moi et en tout doute de la généralité ou de la relativité du comportement décrit, c'est de se dire : "mais c'est déjà ça que je fais !", qui induit un "et ça marche pas donc j'abandonne" autant qu'un "c'est aux autres de faire cet effort"... alors qu'il me semble que la majorité (toujours dans ce que je projette) devrait s'attarder sur l'approximation de la phrase de fin pour prendre conscience que non, pas vraiment... durdur de se rendre compte quand on croit faire qqchose alors qu'on en a que la gueule... ce n'est que mon avis
reedit : mon éternelle distinction entre les passifs qui se croient actifs par leur simple idéologie pas ou peu actée, et les constructeurs réels qui je trouvent sont bien trop peu nombreux... allez sur ce sujet, un petit coup de pédale de plus !
c'est rigolo mais non en fait triste : le fait qu'en tant qu'un moi relatif, j'ai un gros syndrome de l'imposteur dès que je veux parler d'Amour, alors que j'en n'ai rien à faire de me fatiguer à la qualité d'un propos colérique pour ne pas dire haineux... oui ? toi aussi tu as 'la critique facile mais l'art difficile' ? ptetr pas toi, mais ce moi relatif, oui : j'ai une pensée positive, je voudrais l'exprimer, mais non, ça n'est pas à la hauteur, ça passera inaperçu, ça ne révolutionne rien, alors ça n'en vaut pas le coup, ça passe à la trappe, ça ne manquera à personne... alors qu'à la moindre petite morsure de coup de sang, là j'ai l'énergie, j'ai l'excuse, j'ai la force, oui comme j'ai mal, ça vaut le coup de crier douleur, de hurler bobo, de pleurnicher ; l'espoir d'être entendu, compris, pris en compte, sauvé par les bons ; je me lâche, ça fait du bien, ça coûte rien, c'est honnête, et ça démontre des problèmes de mon monde...
mais, me demandé-je ici : n'est-ce pas un peu comme une chaîne de vélo où les pignons et les plateaux sont indirectement liés, mais bien liés malgré tout ? est-ce qu'à force de pédaler uniquement sur le vélo de la douleur, celui-ci avance logiquement plus que celui du bien pour lequel ma foi, ma volonté, mon énergie, se résigne bien trop souvent à ne pas oser prendre les mots ? j'ai cette impression étrange car autour de moi tout s'envenime, et que je me sais bien plus enclin à la facilité d'un cri de douleur que d'une exclamation joyeuse, et je me dis que si tout le monde est ainsi comme moi, alors le vélo du malheur reçoit bcp plus de coups de pédales que celui du bonheur, et qu'en cette image il est facile de se figurer pourquoi j'ai l'impression que tout empire, que tout va de plus en plus mal... le moindre coup de sang appelle des coups de sang, alors que les coups de bien appellent trop souvent des coups de sang ; ça fait perdre espoir, cette impression que quoi qu'on tente, on ne récolte que le mal... mais si je me rends compte que je suis ainsi à pluss pédaler sur le vélo de la haine et ne jamais le faire sur le vélo de l'Amour, alors le fait que tout s'envenime pourrait s'expliquer par le fait que chacun est pareil à moi sur ces comportements, entre la chaine de vélo : le manque de résultats finit par me faire abandonner de pédaler sur le bon, ce qui diminue encore plus les opportunités de ces résultats ; tout s'envenime, car je n'ose pas soutenir ce qui soutient, ne restent alors que les propos venimeux qui eux ne font pas la distinction et se tapent autant entre eux que contre le peu de propos de soutien...
cette pseudo excuse qui m'illusionne, cette impression que prêcher l'Amour soit une entreprise vaine, et que mon abstention à ce 'vote' ne gênera personne, alors qu'au contraire je suis très impliqué sur l'expression des coups de sang ; il m'est difficile de continuer à lutter, de me battre, surtout avec les armes de l'Amour, car contre la haine j'ai l'impression que naturellement la réponse intuitive pour moi est un retour de haine ; mais non, plus j'avance et plus je crois cette idée que j'avais presque perdue et à laquelle je tenais naïvement étant jeune, oui plus je crois que 'le mal engendre le mal', que non on 'ne soigne pas le mal par le mal' ; c'est une illusion, car ce sont deux vélos bien distincts qui ne se mélangent positivement qu'en de rares prises de recul bien difficiles à acquérir, et négativement dans la plupart des cas ; tout peut si facilement s'envenimer, et lutter avec les armes de la haine ne mène je crois, qu'à une augmentation de celle-ci, bien que j'ai pu croire à un moment récent et passager de ma vie, que le bon-sens habitait les gens au point de leur faire écouter les coups de sang ; non, en majorité, les coups de sang incitent aux coups de sang, et alors que j'avais l'illusion de croire que venant de ma part ils susciteraient l'écoute sur la forme douloureuse de la haine, j'ai constaté que non, chez autrui et puis chez moi, lorsque ce sont les armes de la haine, cela conduit bien trop facilement à sortir des réponses de haine, des réactions qu'on n'oserait comprendre chez autrui pour qui j'attendais une empathie, un hola ; non... jamais je n'ai pu vraiment observer une réaction telle qu'il m'apparaitrait presque naturel d'espérer, l'en face qui se dit "oh, il est à bout, il y a une raison, je dois calmer le jeu plutôt que l'envenimer" ; non, jamais vraiment n'ai-je eu l'occasion de cerner un tel comportement, que pourtant j'attendais avec ce qui n'était pas de l'ordre de l'exigence bien que cela en ait les traits de bon-sens, mais plutôt d'un espoir qui déchante, aujourd'hui que je reviens en cette croyance en la nécessité d'un effort de self-control pour parvenir à l'empathie ; cette réaction que j'attendais, je ne la constate... jamais ai-je abusé, je rectifie : trop rarement ; et pourtant c'est pour moi la seule arme d'Amour que j'envisage ; alors puisque je l'attendais d'autrui, et puisque je ne vois que ça pour ne pas envenimer les tensions, je décide de revenir à ces vieux fonctionnements en moi, ceux que j'ai remis en question en me disant "je ne dois pas plier le dos, je ne dois plus tendre le bâton pour me faire battre, je ne dois plus encaisser, tendre naïvement l'autre joue, me laisser marcher sur les pieds"... et c'est de ça dont je sens que je veux prendre force : ni envenimer ni me soumettre ; je dois d'une part étouffer les flammes des incendies les rares fois où j'en suis capable, et également ne pas rajouter de l'huile... mais surtout là où je voudrais progresser en ma responsabilité et par un altruisme sans héroïsme surconfiant, sans noblesse hautaine, sans pédanterie à la bonté, sans supériorité amère qui serait contraire aux armes de l'Amour, oui surtout :
je veux pédaler sur le vélo du bonheur lorsque cela me prend, et arrêter de me dire que ce n'est qu'un petit tour de roue qui ne manquera pas si je ne le fais pas ; tous ces petits tours que j'ai loupé, ont creusé l'écart entre les deux vélos, je n'y voyais pas vraiment à chaque petit coup sur le vélo de la colère, de la tristesse, il n'y avait pour moi aucun coût à exprimer mes lésions, alors qu'il n'y avait aucune force pour exprimer mes joies qui me laissaient donc à l'arrêt ; leurs tailles sont pourtant similaires à ces infimes coups de pédale, et tous ces petits tours sur le vélo du mal, je les voyais innocents et sans incidence, pendant que tous ces petits tours sur le vélo du bien et auxquels je me dédouanais ont fini par creuser l'écart, un retard qui ne se rattrapera pas ainsi à la première occurrence banale de mes joies, ni à la seconde ni même peut-être à la millième... mais je veux croire aujourd'hui que tout n'est pas perdu, et que je peux rattraper l'écart ; ne pas forcément taire mes coups de sang, eux aussi finalement se ressemblent tous, mais accepter comme le dit la pensée répandue, les petits plaisirs, les choses simples de la vie, et ne pas juste répéter cette phrase sans l'agir par l'expression, non, mais décrire ces petits riens, ces petits tours de roue qui pris un à un ne valent qu'une petite proportion de la route sur la course, mais dont l'effort de récurrence, de renouvellement, de réitération, font qu'à force, le vélo pourra parcourir la distance et, peut-être sans être garantie, rattraper le vélo envenimé des communications énervées ; comme des petits pas, là où mon erreur aura été de croire sans voir, qu'ils ne valent rien, me projetant ainsi dans le rien de la haine agie par plein de petits riens, dans le rien de l'Amour laissé pour compte par l'abandon de ces petits riens ; des petits tours innocents, je ne me suis pas vu parcourir cette si longue distance sur le vélo du mal, tout comme je ne me suis pas vu être à l'arrêt sur le vélo du bien
je suis bien en retard dans cette course intérieure dont la chaine de vélo est l'inspiration ; des petits modèles à suivre, qui s'ils se déséquilibrent en quantité, peuvent conduire à des mimétismes douloureux ; s'il n'y a plus rien pour inspirer le bien, le vélo aura du mal à pédaler, et plus je l'oublierai, plus l'écart se creusera dangereusement... pour l'instant, un petit coup de pédale qui ne change rien sur l'état de la course... mais un rien vraiment ? l'on verra comment je gère ces deux vélos ; il me faudra attendre bcp de riens me dis-je ; mais "attendre rien", est-ce déjà une belle façon stoïcienne de faire avancer le vélo de l'Amour ? que la susceptibilité de mes maux se transfert sur l'indifférence de mes joies, que la banalité de mes petits plaisirs se transfert sur l'hypersensibilité de mes douleurs ; voici ce que je me souhaite, à moi au moins et à ceux qui y croient...
ça va me demander des choses difficiles pour lesquelles je ne suis pas certain d'être capable : retenir les larmes trop capricieuses sans les renier ; amplifier mes faibles sourires à peine sincèrement ressentis afin de les renforcer ; ce sont des tours de roue dont je vise l'équilibre pour mon harmonie personnelle ; en ce moi relatif qui doit éviter l'écueil de s'exaspérer des coups de sang, et celui de ne pas comprendre que même pour le vélo de l'Amour, 'la critique est facile et l'art difficile', et que le soutien est plus complexe que l'assentiment si je veux qu'il soit efficace...
inspirations, réactions
#faut que j'essaye #témoignage déontologique #croyance fragile #espoir sombre
d'une volonté de faire avancer le vélo du 'positif' afin de rattraper celui du 'négatif'...
"ne pensez pas à un éléphant"
- inception - christopher nolan
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focales obnubilantes, et le risque de foncer vers ce qu'on veut esquiver...
"on rencontre souvent son destin sur le chemin que l'on avait pris pour l'éviter"
- ? - ?
j'avais croisé le concept quand je m'étais mis au monocycle, et puis recroisé grâce à un témoignage à propos d'équitation, comme quoi la route que l'on suit est souvent là où se porte le regard... formulé comme ça, ça semble évident et sans problème, oui c'est cool de pouvoir compter sur le fait qu'un objectif, il faut le garder en vue si on veut l'atteindre ; là où la démarche est dangereuse, c'est lorsqu'on se concentre, concerné par l'inquiétude, sur là où l'on ne veut pas aller : "si tu regardes par terre, le monocycle ira par terre"
les inspirations ne viennent pas du néant, contrairement à ce qu'on peut parfois attendre l'illumination ; ce sont des réactions, des réponses, et certes souvent grâce à l'esprit de contradiction humain, son envie de faire le contraire de ce qu'on lui impose, de se démarquer de ses modèles en proposant une alternative, son envie de chercher autre chose, l'individu humain va s'appliquer à un comportement consciemment en dehors de ce qui lui a inspiré une envie de faire mieux qui impliquerait un faire-différemment, s'appliquer à ne-pas-faire ce qui lui inspire une volonté de rectifier un usage, à prendre le contre-exemple de ce qui l'entoure et sur quoi il pose un intérêt à faire évoluer une situation dont il veut se détacher...
"je me bride pour les pâtisseries..."
"il ne faut pas réduire une personne en situation de handicap à son diagnostic..."
"la société est pleine d'injonctions toxiques..."
beaucoup de schémas s'illustrent par le ne-pas ; il est instinctivement sensé de se dire que mettre un panneau d'interdiction là où l'on flaire le danger, le vice ou l'injustice, l'impertinence ou l'immoralité, est un bon moyen d'indiquer ce qu'il y a à corriger dans des comportements ; hélas il me semble que cela reste inefficace quand cela se limite à un 'diagnostic' qui désigne un problème, car sans proposition d'alternative, ne reste que conseil à ne pas suivre ; et autant l'on n'apprécie en général pas de suivre les conseils s'ils sont gratuits ou sans argumentaire ou sans la référence au ne-pas qui les légitimise, autant il me semble que l'inspiration née d'un seul ne-pas sans proposition de solution, peut vite poser un problème d'opportunités... car de l'intention à ne pas suivre le contre-modèle, l'on peut malgré tout s'y enfermer s'il est présenté seul et que l'on n'a pas l'inspiration pour faire autre chose ; ne pas faire, est différent de, faire autrement...
j'ai plusieurs exemples de gens autour de moi qui répètent souvent leur fixation à ne-pas abuser des pâtisseries... "allez, exceptionnellement, pour me faire plaisir", disent certains d'entre eux, de nombreuses fois exceptionnelles... "pas plus d'une fois par semaine", disent d'autres alors que personnellement sans fixer sur une telle discipline, je ne m'en fais que même pas une fois par mois...
j'ai plusieurs exemples de gens autour de moi qui répètent souvent leur fixation à ne pas me réduire à mon handicap, et pourtant c'est à chaque fois qu'ils me le disent que je suis face à la chose, et alors qu'il insistent sur le point pour me rassurer, à chacune ou presque de nos conversations, c'est pour moi l'impression inverse d'auprès de ceux qui parlent de mille autres choses avec moi et qui, par le fait de ne pas revenir sur l'injonction, l'appliquent bien mieux que ceux qui se bornent à me la signifier...
j'ai plusieurs exemples de gens autour de moi qui répètent souvent leur fixation à ne pas suivre les injonctions toxiques de la société, et qui pourtant ne font que se référer à elles, simplement en disant qu'il faut que ça change, et ces gens-là remettent ces choses sur le tapis sans cesse, ne se basent que là-dessus, et il est difficile avec eux de parler d'autre chose, de s'émanciper ainsi des modèles à ne pas suivre, alors qu'avec d'autres moins fixatifs, je me retrouve à bien plus efficacement et naturellement, être en dehors de ces injonctions sociales...
les modèles que l'on veut fuir, souvent, on les suit tant que l'on n'a pas d'alternative ; et ce malgré l'intention et la croyance à ne pas s'inspirer de ces choses pour lesquelles on est contre, eh bien au contraire on les amplifie, en totale contradiction donc, de ce que notre jugement nous pousse à entreprendre ; le ne-pas est alors une inspiration aveugle qui propose une seule route, une route à ne pas emprunter, mais qui ainsi seule et sans alternative, est bel et bien empruntée malgré tout ; ainsi je crois que la psychologie du "fais pas ci fais pas ça" est le pire modèle de réaction comportementale, car il inspire trop souvent ce qu'il veut éviter ; l'objet interdit au centre de la focale, même s'il prétend être à ne-pas viser, attire beaucoup plus dans ses filets les gens qui tournent autour de cet interdit en tant que tel... vous avez peut-être remarqué ça chez les enfants, à leur âge cela passe pour de l'espièglerie innocente, souvenez-vous de votre enfance et ce que toute forme de coercition provoquait en vous le désir de franchir la limite, tester l'interdit, soit juste pour voir, soit par provocation, souvent pour satisfaire la curiosité qui ainsi posée par l'interdit, se posait en tant que modèle, en tant qu'inspiration sur ce qu'il est possible de faire par le prisme de ce qu'il est interdit de faire ; un modèle 'négatif', mais un modèle tout-de-même... l'adulte en vous aujourd'hui n'est plus dans le caractère conscient et volontaire, mais je crois qu'il persiste malgré tout ; et que parfois l'on croit agir contre un modèle, en tout aveuglement du fait qu'au contraire, on lui permet encore plus d'exister...
il est autrement délicat de susciter l'inspiration par le 'positif', le "fais ci fais ça" vient invoquer l'obéissance, autrement plus aliénante que la désobéissance si l'on suit les bases de l'idéologie de la liberté individuelle... mais puisqu'il me semble inévitable de devoir imposer l'interdit, au moins à partir de ce qu'il sécurise certains dangers, il me semble qu'il faut équilibrer les modèles 'négatifs', les ne-pas, avec les modèles 'positifs', les 'par-ici-svp'...
garder en tête que le sol existe, oui garder un oeil sur la direction à ne pas suivre ; mais regarder là où l'on veut que le monocycle aille sans perdre l'équilibre... c'est important je trouve ; et pour cela il ne faut pas s'arrêter lorsque l'on constate un problème, un danger, non il faut continuer à envisager la route à suivre, à l'inventer, la construire, afin de ne pas avoir que le ne-pas comme chemin possible