L'espoir de fait pas de bruit
Une tomate rouge
sur la table
tu rentres à l’instant.
Mon corps glacé
après une sieste
dehors le merle chante.
Une lumière sous la porte
ce matin
je m’y arrête.
Dans la campagne
une fenêtre s’allume
la nuit tombe.
Le chat se pose
par terre
tout est calme.
De l’autre côté de la haie
passent des enfants
aux couleurs vives.
Au creux de l’hiver
les soubresauts du dernier pétunia
à mon balcon.
Imiter l’autre
pour comprendre soi
puis s’envoler
Le visage blême
des enfants
écoute mon histoire
Je tiens une main
qui me conduit
où je ne sais pas.
Mes pensées
gobent l’air
à la surface de l’eau.
Les mains du miracle
le titre du livre
posé à l’envers sur le guéridon.
L’argile molle
est prête pour tes mains
impatientes.
Chaque jour le vent
tourne une page
du dictionnaire.
Sur le chemin de l’école
écoute
la leçon des buissons.
Les jambes molles
nous conduisent mollement
déjà les premiers bourgeons.
Au saut du lit
un appel profond
écrire.
Dans les soins palliatifs
chaque murmure
est un poème.
Le vol d’un passereau
agrandit le ciel
sur la plaine.
Dans la nuit noire du matin
l’homme qui marche
se voit.
Sur l’eau
la feuille morte flotte
légère invincible.
L’un contre l’autre
dans le lit
sans regarder l’heure.
Le peindre est sourd
sur sa toile
des couleurs explosent.
Fleurs de lys
un soir de pénombre dans le salon
écloses
Marcher entre les maisons blanches
longtemps
jusqu’à la mer.
La porte grince
sur ses gonds
tu es réveillée.
Un brin vaut bien un bouquet
dit le muguet
à la rose.
Le vert tendre des bourgeons
comble la haie
qui nous sépare.
Trou rebouché
fin de travaux
l’herbe revient.
La mer rejoint le ciel
dans la lucarne de la fenêtre
toute bleue.
Pluie du dimanche
elle nous ouvre
des voyages intérieurs.
La porte du buffet
son craquement
qui me parle.
Un sac dans chaque main
pour ne pas vaciller
sur le chemin.