ATTENTION AUX CHOSES
Sur les coussins ronds ici
mes yeux
s’y promènent
Claquements de portes
grincements de portes
la vie dans les bureaux.
Le ronronnement de la chaudière
une présence
dans le placard.
Dans la salle d’attente du médecin
au mur l’immense photo
d’un bord de mer.
L’encre violette dans les encriers
fait des taches
sur nos cahiers.
Le crépitement des machines à écrire
les parfums de transpiration
sauf le dimanche.
L’ombre des statuettes
sur le mur
lentement grandit.
Pousser le caddy
les jambes molles
dans quelle direction.
De la casserole l’ébullition
sous son couvercle
un moment difficile.
Les aiguilles de horloge n’avancent pas
autour d’un point
elles tournent.
L’immeuble peut s’écrouler
l’artisan méticuleusement
repeint l’entrée.
Les objets sur l’étagère
ne font pas encore d’ombre
laissons-les.
Du fauteuil au lit
le voyage dure
le temps d’un couloir.
Ouvrir mon livre
soupirer profondément
et refermer mon livre
Ma fatigue écrase le lit
il attend mes rêves
pour se réparer.
La nappe de la table à moitié enlevée
une porte claque
je mange sur l’escabeau.
L’ascenseur continue sa course
le nouveau monde
du dernier étage.
Les housses sur les meubles
le tic-tac de l’horloge
les volets fermés.
Les trophées brillent
sur l’étagère
du catcheur aux cheveux blancs.
Au bout de la grue
des plaques de béton
au-dessus de la rue.
Les danseurs de fandango
sur le mur de la cuisine
calendrier 2024.
La chaise vide
sous le porche de l’immeuble
personne ne s’y assoit.
La voiture lentement recule
puis s’élance
vautour puissant.
Le linge sèche
sous le repassage du vent
et du soleil.
Le linge étendu
sur le séchoir
un repos mérité.
Confiture dans le pot
la cuillère
les pruniers dans le champ.
Tintement des assiettes
l’odeur du chou
il est midi.