Salut !
Les défis Tic-Tac, c'est quoi ? Un sujet aléatoire est donné et on a une heure pour écrire un texte. Hésitez pas à fouiller le sujet éponyme épinglé en haut de section pour plus de détails, ou même poser vos questions ;)
Pour ce Tic-Tac, ça donne quoi ? le sujet est une couverture, donné par moi :)
(https://zupimages.net/up/24/04/namh.png)
Vraiment pas d'inspiration ce soir... j'avais proposé ce tic-tac pour me sortir les tracas de la tête et au final, je le trouve très bancal. A un moment, j'ai failli retourner dans la notion de perte, de quête de l'autre, de ce Lui, ces Lui qui m'ont si longtemps manqué dans mes tic-tacs, mais j'ai résisté parce que le cœur n'y est pas, et au final, le texte me semble en demi-teinte, veut aller dans cette direction, mais peut-être pas tant que ça.
Je vous souhaite une bonne lecture et une bonne soirée !
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Aether
Je grimpe une énième dune, épuisée par l’effort et la chaleur. Je ne regarde même plus devant moi. Dans mon dos, les Plaines Silencieuses rendent un terrifiant hommage à leur nom. Dans le ciel, le soleil règne en maître. La nature survit comme elle le peut à l’astre imposant : les arbrisseaux, rachitiques, se contentent de peu, les animaux s’abritent, attendent des heures plus douces pour chasser et se nourrir. Avancer sur ces terres désertiques en plein jour relève du suicide. Arrivée au sommet du monticule de sable, j’aperçois enfin une échappatoire. Plus loin, à quelques centaines de mètres, une forêt délimite la frontière avec des terres plus clémentes.
Les légendes ne mentent pas : si un premier pas s’enfonce dans le sable, le second glisse sur une terre douce et fertile. Je m’étonne d’une délimitation si nette, presque magique. En ce début d’été, les oisillons éclosent dans les nids et leurs chants résonnent dans les sous-bois. Je m’arrête un instant au bord d’une rivière, y nettoie mon corps couvert de sable, démêle ma tresse pailletée de grains d’or qui s’enfuient dans l’eau. Je m’abreuve de cette vie qui m’a tant manquée dans le désert.
J’y reste jusqu’à la nuit tombée et m’endors sur une solide branche, bercée par les étoiles. Au petit matin, je décide de suivre le courant qui m’entraîne à une prairie où je croise les premières traces de civilisation : un chemin en terre battue, emprunté par des charrues. Au crépuscule suivant, je devine un village. Le guerrier à son entrée m’accueille. Il jauge ma tenue déchirée et ma lame émoussée, devine ma récente traversée à mon teint bronzé. Enfin, ses yeux se portent sur mes oreilles pointues, à demi-dissimulées sous une capuche.
— Peu d’elfes osent venir jusqu’ici.
— Suis-je arrivée à Aether ?
Il dissimule un sursaut, écarquille ses prunelles brunes. Ma question l’étonne, à raison :
— Aether ? Vous êtes folle, l’elfe !
Peut-être suis-je folle, en effet… j’ai quitté la sécurité de la Grande Forêt d’Emeraude, mon foyer, traversé de nombreuses contrées, rencontré autant d’humains et de nains, vécu autant d’épopées, pour arriver ici. J’ai échappée à la mort pour me diriger vers mon gibet. L’homme secoue la tête, perturbé. Une elfe qui va d’elle-même à Aether, la cité esclave : quelle folie !
— Je suis folle, l’humain. Maintenant dis-moi : suis-je arrivée à Aether ?
— Plus loin au sud. Notre village est le plus près de la frontière et du désert. Il vous reste la forêt d’épines et le marécage pour arriver à Aether. Vous êtes sûre ?
Je lui souris et reprends ma route. Je me demande si le continent du sud mérite vraiment mieux que le Désert silencieux, son surnom de Sud interminable, où se cachent mille dangers dont le plus grand se nomme Aether.
Soudain, des cavaliers au galop. Je les entends, sens presque la terre vibrer sous le poids des sabots. Les chevaux hennissent d’épuisement , une terrible lamentation qui s’insinue en moi et sonne la fin du voyage ; la fin d’un voyage. Je me retourne, vois à peine le coup de pommeau venir.
Attends-moi. J’arrive.