Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Ollin le 03 Juillet 2011 à 17:08:30
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Bon, un petit poème qui se prend pas au sérieux (Ah, j'entends des soupirs de soulagement au fond), pour lequel je n'ai pas réussi à trouver de titre satisfaisant.
J'ai cherché à travailler autre chose que mon style pompeux.
Donc voilà, je lance un appel à titre ! Trouvez-m'en un !
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De mes journées à pieds légers,
Je ne retiens jamais les mauvaises herbes que j'ai arrachées,
Si coriaces soient-elles à achever.
De mes balades au bois urbain,
Je reviens avec les cornes rouges et le gazouillis de la faim,
C'est qu'elles sont nombreuses ces putains.
De ma fuite des bleus et des barreaux,
Je leur laisse, de ci de là, remplis de formol des petits pots,
Anus et bouches cousus, un pet ou un rot ?
De ma liberté qu'aucun râle n'égale,
Je leur enseignerai le panorama de ma supériorité morale,
Sur la lettre et le sourire de ma fin de cavale.
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Salut Ollin,
La balade du petit rot ?
Difficile de trouver un titre pour ce texte, en effet ! J'ai bien aimé, c'est léger, et l'on sent (est-ce que je me trompe?) que tu écris souvent.
Mais comme rien n'est jamais parfait, et que mille fois sur le métier il faut remettre notre ouvrage, j'ai aussi quelques petites critiques à te faire :
- D'abord, ton texte commence léger "avec les pieds légers" ce qui est chouette.. Mais en contradiction, il y a des vers très lourds... comme " Je leur enseignerai le panorama de ma supériorité morale" -> ouh la la ^^
- D'autre part, le sens est assez nébuleux. Il est probable que cela soit volontaire. Avant, je camouflais moi aussi le sens général avec des tournures de phrases compliquées, jusqu'à me rendre compte que parfois, être nébuleux tout le temps empêchait d'apprécier un mystère ponctuel. Cependant, c'est peut-être une question de goût ? Il faudrait voir ce que les autres en disent..
Sinon, globalement, c'est un chouette poème !
PS: Je suis nouvelle sur le forum, aussi j'espère que ma critique est à peu près adaptée ^^
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Anus et bouches cousus, un pet ou un rot ?
Moi je suis tout à fait contre quand on écrit ainsi, même si c'est pour le jeu je pense que l'on peut s'exprimer autrement. Je lis de plus en plus de textes poétiques ainsi et parfois ça m'horrifie. Ce n'est que mon avis, après il y a de belles choses mais il faut toujours qu'il y ait quelque chose qui détruise tout, certains vers sont plus compliqués que d'autres, il faut rester sur un même schéma, se donner des codes.
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Tu parles de la vulgarité ?
Car si c'est le cas, je suis de ton avis : c'est un peu la mode de mettre des mots "trash pour choquer" mais je trouve que l'effet voulu ne rend absolument pas. La poésie, c'est pour suggérer...
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La vulgarité est un outil comme un autre. Peut-être à la mode, mais ce n'est pas spécialement la raison de ce vers.
Je pense plutôt qu'un tueur comme dans le texte qui assume sa position de chasseur de proie malgré la morale dominante qui le combat
a un certain mépris de cette morale et se joue d'elle.
La poésie n'a rien d'une forme précieuse qui devrait seulement se perdre dans une beauté mignonnette, unilatérale, où finalement tu perds l'essence de la réalité que tu exprimes en te comprimant à certains outils par soucis de bienséance, ou par simple convention sur la beauté.
Après je dis pas que c'est intégré dans mon texte de manière magistrale, mais la laideur et la beauté sont complémentaires, la préciosité et la vulgarité aussi, ou appelle-ça la subtilité, la finesse, comme tu veux, mais il faut toujours un contrepoids. Sinon, tu rates une partie de l'expérience que tu retranscris.
Après, j'aurais beau dire, ça changera pas la vision que tu as de la poésie, mais pour reprendre tes mots, savoir détruire des belles choses, c'est aussi une activité créatrice.
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la laideur et la beauté sont complémentaires
Je suis d'accord, seulement il faut trouver un juste équilibre. Le vers que j'ai cité c'est comme si on ne s'y attendait pas d'où ma réaction... Ce n'est que mon avis et je respecte l'écriture de chacun.
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Ah, là-dessus, je suis entièrement d'accord, ça vient abruptement. Pas vraiment de raison à cela, je pense je voulais dédramatiser le personnage du tueur et lui donner un petit côté coquin. :P
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Ce qui est embêtant, on ne ressent pas trop la présence du tueur. Avant que tu m'en parles je ne le voyais pas...
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Heu, oui mais, sans vouloir faire un débat, vulgarité ne veut pas dire laideur... Et la laideur, moi j'aime l'exprimer avec des mots crus, mais qui ne soient pas pour autant vulgaire. C'est justement ce qui m'intéresse, et je disais juste que je ne suis pas adepte de la vulgarité dans la poésie.
Après, laideur et beauté qui vont ensemble, etc, bien sûr ! Mais ce n'est pas le même débat que celui de la vulgarité !
Bref, ce n'était que mon avis. Sinon, moi non plus, je n'avais pas compris qu'il y avait un tueur.
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"De mes balades au bois urbain,
Je reviens avec les cornes rouges et le gazouillis de la faim,
C'est qu'elles sont nombreuses ces putains.
De ma fuite des bleus et des barreaux,
Je leur laisse, de ci de là, remplis de formol des petits pots,
Anus et bouches cousus, un pet ou un rot ?"
Je pensais que ça sautait pas forcément aux yeux mais que c'était accessible : les cornes rouges, le nombre de putains, la fuite des barreaux, les pots remplis de formol et d'anus et de bouches cousus ensemble... La cavale, toussa. Je pensais que c'était suggéré mais assez évident.