Tout n’est que noirceur autour de lui dans cette cacophonie qui assaille ses oreilles. Assis sur ce siège d’autobus que les autres passagers lui ont cédé, il imagine ce qui l’entoure. Les gens ne sont pas toujours aimables à son égard, certains tentent de lui jouer des tours. Déplacer une chaise, éloigner son verre d’eau, lui voler sa canne lorsqu’il la laisse contre le mur pour trouver la monnaie exacte, lui faire des grimaces pendant qu’il essaie de leur faire face ou l’orienter dans la mauvaise direction. Certains le croient stupide et pourtant il entend bien le léger crissement des pattes contre le carrelage, le cliquetis du verre lorsqu’il est déposé plus loin, le froissement de leur vêtement pour saisir sa canne, les doux giclements de leur langue et leurs lèvres en forçant leur visage ou les murmures des reproches pour la fausse indication.J'aime beaucoup le fait que tu n'aies jamais besoin de dire qu'il ne voit pas. Plus encore, tu lui attribues des sens supplémentaires, des capacités que les autres n'ont pas.
Mais il y a plus. Un petit quelque choseTu as un double espace après le point
s’entrechoquent à la moindre malice ou mauvaise intention envers lui. IlIci aussi double espace et dans les phrases successives également.
Il ne parvient pas à l’expliquer, c’est comme une musique à l’intérieur des éléments, des personnes autour de lui, une trame qui se modifie alors qu’il évolue dans cet univers sombre. Certainement des ondes, toutes d’amplitudes différentes, de fréquences distinctes, mais très, très subtiles.Très intéressant. On pense à une sorte d'intuition, un sens energétique pas très rationnel mais presque, sans se douter que c'est la clef du texte.
Arrivé à la dernière marche, il s’immobilise en sentant le souffle d’un homme tout près en face de lui. Il lève la tête et feint de lui fixer son visage. L’astuce fonctionne comme à plusieurs occasions, les personnes ressentent un malaise d`être ainsi dévisagé par des yeux dépareillés. L’homme le laisse passer après quelques secondes, recouvrant un peu de sa politesse.J'ai du relire plusieurs fois pour comprendre l'action. C'est lorsque les passagers s'engoiouffrent dans le bus san attendre que ceux qui doivent en descendre soient passés? Avec l'aggravante de ne pas céder le passage à un non-voyant?
Il salue le chauffeur et descend avec difficulté, ses jambes ne sont plus aussi vigoureuses.
Son pas n’est plus aussi ferme qu’auparavant,
Il entend le tintement des verres, les rires gras des alcoolisés, les palabres autosuffisantes, les exclamations féminines exagérées et, en arrière-champ, les notes du piano qui attend son retour.C'est vraiment du détail, mais je trouve le passage en gras un peu caricatural. ça détonne avec le reste du récit qui est baucoup plus subtil.
– Comme toujours, monsieur Jacobi, comme toujours. Oh ! Il y a cette dame Rosalie qui aimerait que vous passiez à sa table habituelle.Pourquoi "cette" si c'est une habituée ?
– Ah ! La belle Rosalie est ici, je ne manquerai pas d'y faire un tour.Pourquoi belle s'il ne la voit pas? J'aurais mieux compris un adjectif sonore que visuel, relatif à sa voix, son parfum...etc.
– Veuillez entrer, monsieur Jacobi, faites comme chez vous, votre piano vous attend.J'ai trouvé ces deux dernières répliques presque de trop.
– Bien aimable de votre part, Charles, il ne s’en fait plus comme vous. Je vous remercie pour votre sollicitude.
Jacobi traverse le seuil de l’entrée principale et c’est comme s’il plongeait dans un océan vivifiant, cette atmosphère du Coco Blues Lagoon fait vibrer ses tripes. Alors qu’il évolue à travers les tables, les chaises, les clients et les serveurs, son pas se fait plus léger, plus agile, plus souple.
Tout est toujours aussi sombre, mais il avance comme un poisson qui nage et qui ressent le changement du courant à l’approche des rochers.
Comme un poisson dans l’eau, il retrouve son élément qui le fait vivre, qui lui insuffle une volonté incommensurable.
Il est accueilli par une profusion d’applaudissements et, comme à chaque fois, avant de prendre place sur le banc, il fait quelques courbettes pour les remercier.Pas fan du mot courbettes, que je trouve un peu servil. Il me semble au contraire qu'il n'y a que du respect entre son public et lui.
Il tend les mains et les bat pour apaiser son public en arborant un large sourire. Alors que le brouhaha normal reprend vie, il s’installe à son piano et saisit le microphone placé devant lui.
– Mesdames et messieurs, c’est toujours avec grand plaisir que je vous retrouve ici, au plus merveilleux café de blues du comté, le Coco Blues Lagoon, déclare-t-il en empochant encore quelques acclamations. Et ceux qui me connaissent bien savent que je ne commence jamais une soirée sans cet hommage à Billy Pop Cooper.
Quelques clients lui envoient des encouragements et le silence fait légèrement place pendant que le pianiste garde ses mains au-dessus des touches, doigts écartés, un recueillement avant de se lancer.
Il calme son entrain pendant que les clients acclament sa prouesse et reprend un air plus lent,Il me semble qu'il y a beaucoup d'acclamation, d'applaudissements, de saluts. Je pense que tu peux simplifier sans perdre le sens que tu souhaites donner à ton texte.
il leur chante l’hommage à Billy Pop Cooper.Un peu redondant, Tu l'avais déjà annoncé au paragraphe précédent.
La faible musique s’obstine et ne veut pas suivre ces ordres.peut -être ses ordres ?
il le remet sur pattepattes
On the day when Billy Pop Cooper stops to playEst-ce un texte à toi?
His face was foreign and his eyes were far away
Cancer cut his dancing fingers on the piano
He left as the best player we will ever know.
– Bien sûr, voyez par vous-mêmes, Jacobi.même