J'ai l'obsession au bout des doigts, et tu es mon fantasme, lecteur. Ma cible, la victime de mes violences sourdes. Tu n'as sûrement rien fait, et c'est bien pour cela que je te hais, ta fausse passivité. Tu viens poser le regard sur ma pudeur quand je me confie, et tu survoles mes humeurs comme des paysages lointains, alors aujourd'hui, c'est mon tour de te disséquer, et de faire violence à ton identité. Ouvre grand les yeux sur mon orgueil, il n'y en a pas de pareil en mon château, et tu viens de passer le pas.
J'aimerais te détruire psychologiquement. Je suis sûr que tu as eu des moments difficiles dans la vie, des moments facilement exploitables. Une trahison, un décès, un accident, une maladie... Et même si ta vie fut confortable, tu es d'autant plus sujet à la dépression que je te souhaite, au malheur que je veux voir marquer ton visage. Dans tous les cas, tu es fragile, et j'aime ça.
Souviens-toi, quelqu'un de cher t'a quitté ? Tu as eu mal ? Une fille, une femme, un enfant, un parent... Ils t'ont trahi ? Ils sont morts ? Les deux ? Ça me fait plaisir. Mais ça ne suffit pas. Rappelle-toi la sensation de deuil, la solitude, les regrets de tout ce qui n'a pu être dit ou fait, ou simplement la douleur de ne plus jamais revoir quelqu'un, qu'il meure ou nous quitte. Ce pincement insupportable qui déclenche la rage contre la vie. Tu t'es sûrement demandé si ça valait le coup de vivre, si tout n'allait pas être juste gris, insignifiant. Si tu me lis maintenant, tu as mal choisi. Oui, pourquoi vivre sans cette personne ? La vie ne sert à rien seul, et elle était unique, plus jamais tu ne retrouveras le même bonheur. Peut-être que tu pourras feindre le changement et trouver un semblant de joie ailleurs, mais ça veut juste dire que tu t'es trahi, que tu n'es plus la même personne, que cette personne ne t'aimerait pas maintenant. Si tu as tourné la page, c'est que tu l'as bafoué, humilié sans honte.
Souviens-toi, les petits détails qui la caractérisaient et que tu oublies peu à peu. Son visage qui n'est plus que le reflet des photos. Sa voix qui t'appelle et qui n'a plus le timbre d’antan. Tu la regrettes cette personne ? Misérable, elle non. Elle n'existe plus que dans ta mémoire éphémère et dégradée, sous une forme ingrate, elle n'est même pas l'ombre d'elle-même. Elle a disparu, et rien ne te soulage. Tu es resté derrière béat, et tout ce que tu as su faire, c'est changer pour supporter la vie. C'est pleurer, pleurer, et fuir son souvenir en déplaçant ton amour ailleurs. Tu comprends ce que ça veut dire ? Tu ne l'aimes plus comme avant, volatile, ingrat. Le temps a tout fait et tu n'y peux rien, tu es juste faible.
Alors maintenant regarde la personne qui compte le plus pour toi dans les yeux : ne lui promets jamais rien, tu finiras toujours par la trahir. Regarde cette personne et dis-toi qu'elle pourrait crever, tu combleras la solitude autrement, car ce que tu aimes, ce n'est pas elle, mais le divertissement qu'elle te procure, pour ne pas te faire bouffer de l'intérieur.
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Je le trouve pas assez violent ce texte. Prochain texte dans le genre, j'essaie de passer à un niveau bien plus crade. Là c'est encore grandiloquent par moment (mauvaise habitude) donc difficile à prendre au sérieux. Et pas assez précis. M'enfin j'ai pas pris longtemps. Je pense que ça va surtout me servir à initier une série de texte axée sur l'immoralité et la cruauté. C'est pas assez gratuit là en fait, j'essaie d'expliquer, etc, ça chie quoi. Prochain texte, bête, méchant, gratuit.