Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Titus le 27 Décembre 2023 à 03:24:02

Titre: Le fabriqué et l’ouvert
Posté par: Titus le 27 Décembre 2023 à 03:24:02

1.

Foyer de gravité et force d’oubli assignent l’être humain en tant qu'auto-référent de l’existant qui le concerne, cette réalité qui se tient là-devant et lui revient tel un écho, de sorte qu’il ne voit qu’elle. Pire encore, il ne peut décider de s’en détacher assez pour éprouver la dissonance primordiale entre l’esprit et la matière. Si l’esprit est le degré le plus élaboré de la matière, et si la matière est le terrain où s’exerce l’esprit, comment peuvent-ils se trouver face à l’autre ? Et dans quel lieu ? Pour qui vagabonde favorablement, quand la réalité se dévoile comme étant le règne du fabriqué qui détruit en permanence tout ce qu’il bâti, parce qu’il se reconnaît comme identique à la totalité de l’existant, il faut alors retourner à la source, là où faits et les récits antagonistes se dissolvent, et où les évènements jaillissent en même temps que l’ouvert.

       
2.

La réalité est la réponse qui appelle la question. En l’appelant, la question se scinde en deux : l’une qui se tient là-devant, évidente, explicable et qui, finalement, retourne à la réponse ; l’autre qui s’éprouve en tant que question et qui cherche à briser l’accord entre l’être et le non-être. Alors l’être peut être fondé sur le non-être en tant qu’il jaillit et qu’il s’en distingue, comme présence pleine de signification, comme relation en tant que lumière et amour, et comme périple de l’âme dans l’âme du monde, à travers divers chemins, nombreux mais liés, où chaque âme reçoit ce qui lui est dû.
       
       
3.

L’histoire de l’explication de ce qui est, si elle ne touche pas à son terme du point de vue de la technique, où elle peut se poursuivre indéfiniment, a tellement informé l’humanité dans sa masse, qu’il n’existe presque plus personne pour éprouver le vertige du non-être. C’est une véritable crise des identités qui éclate aujourd’hui où chacune affronte l’autre, et veut même la détruire par des préjugés sommaires. Ces identités sont d’autant plus orgueilleuses et despotiques qu’elles s’affirment en tant que phénomènes sociaux largement diffusés, mais surtout parce qu’elles ne peuvent abandonner le mode de calcul et de définition des choses qui a prévalu jusqu’ici, c’est-à-dire la supériorité illogique donnée à la réponse sur la question, là où il y a naturellement litige. A ce stade de la robotisation de l’être humain, ce n’est pas que le non-être soit craint : il n’est pas senti et donc jamais pensé. L’explication a entièrement défini l’expliqué.

       
4.

L’explication de ce qui est, c’est la question qui ne s’ouvre que sur la réponse, et qui s’écrase sur elle-même, là où le fabriqué se reconnaît comme identique à la totalité de l’existant. Mais la question qui s’éprouve comme appel et cherche le non-exaucé, voilà l’être. Cette question, d’où surgit-elle sinon du non-être, que l’on ne trouve nulle part mais sur lequel tout repose ? Car telle est, en vrai, la nature de l’être qu’il jaillit et retourne à la source.

       
5.
       
Le sacré, c’est l’immédiat qui donne tout, où tout communique avec tout, et qui, cependant, n’octroie pas sa bénédiction – qui se retire aussitôt. C’est le retour sur-le-champ de l’ici, où l’être humain se reconnaît comme pur élan et dans un piège, au milieu des choses où se mêlent les récits qu’il fait, lui et les siens, et qui pourtant adviennent avec la montée de la présence.
       
       
6.

Né du sacré qui est aussi béance, le fabriqué dont le règne s’achève dans l’égarement et la destruction, oublie d’où il vient par la figure, qui se cache d’elle-même comme auto-référence de tout l’existant (puisque, également, elle n’est pas) et c’est par refus qu’elle n’est rien que vaine : force de gravité et de sommeil en même temps qu’impérieux et fol vouloir de computer la totalité de l’existant sans nul égard ni trêve ; quand tout l’existant lui échappe, de la planète malade où elle siège et croit régner, à mesure qu’elle le revendique comme son terrain propre et tente de se l’approprier. Alors que tout est donné à ceux qui s’ouvrent à l’ouvert, et qui en s’allégeant l’allègent, eux qui sont le don lui-même et les dépositaires du don, dans un presque-monde où la clarté et l’interdit entrent en litige. Ceux-là (car ils vont à la source) endurent, partagent et célèbrent quand se poursuit, dans les brumes trompeuses de la très longue nuit, la vision et l’aventure. Mais le monde enfin monde, qui est à l’origine, exige fondation.

       a) Est auto-référent ce qui, par entrave et volonté, se considère comme le centre de l’existant, et c’est tel un écho que l’existant lui confère ce statut. Tout le monde peut sentir, à condition de retourner à la source, que l’animal doué de raison est le seul à être élevé par le sacré comme don et gardien du don, mais que faute d’en être béni, il erre également dans les labyrinthes de la béance, désarçonné et confus, selon la justice qui règle ce litige fondateur.
       
       b) Qu’est-ce qu’être le don et le dépositaire du don ? C’est de participer à toute la magnificence et tout le terrible du presque-monde. C’est l’appel, pour l’animal doué de raison, de dissoudre ce qu’il est et de maintenir ce qui vient après lui.
Titre: Re : Le fabriqué et l’ouvert
Posté par: Choumi le 27 Décembre 2023 à 14:56:10
Bonjour
J’ai tenté à plusieurs reprises de comprendre ton récit sans y comprendre grand chose
Mon manque d’instruction sans aucun doute
Je laisse donc à plus érudits le soin de commenter
Amicalement
Michel
Titre: Re : Le fabriqué et l’ouvert
Posté par: Titus le 27 Décembre 2023 à 18:02:18
C'est un texte difficile.

Si j'ai le droit de vous donner un conseil, essayez de ressentir ce que vous lisez plutôt que de le comprendre.


Amicalement,

Titus.
Titre: Re : Le fabriqué et l’ouvert
Posté par: Choumi le 27 Décembre 2023 à 18:39:40
Rebonjour
Ce qui me vient à l’esprit est tellement léger que j’ai hésité avant de poster
Ni vois ( sur un forum tout le monde se tutoie) donc pas de mauvais esprit
Je ressens que l’être humain a force de penser ne voit pas la réalité qu’il a lui même pensée ( crée ) bien souvent à ses dépens :-[
Amicalement
Michel
Titre: Re : Le fabriqué et l’ouvert
Posté par: Titus le 28 Décembre 2023 à 00:11:52
Salut Choumi !

Le problème est peut-être plus simple que tu ne le crois. Je suis obligé d'employer le langage du "fabriqué", c'est-à-dire celui de l'animal doué de raison, pour ouvrir à l'ouvert.


Amicalement,

Titus.


P.S. : Excuse-moi Choumi, je t'ai lu trop vite. Rien que cette phrase : "Je ressens que l’être humain a force de penser ne voit pas la réalité qu’il a lui même pensée ( crée ) bien souvent à ses dépens" démontre que tu as exactemement compris le sens de ma démarche. Merci !
Titre: Re : Le fabriqué et l’ouvert
Posté par: Titus le 28 Décembre 2023 à 19:43:08
Le fabriqué et l'ouvert (méditations 7 à 12)

7.
       
Le fabriqué est le règne même de la confusion et de la peur, car les lois qui le justifient ne manifeste jamais le sacré, qu’elle soit simples ou qu’elles s’accumulent. Tant que l'être humain se posera comme auto-référence de la totalité de l'existant et que cette totalité lui reviendra tel un écho, il restera un animal doué de raison. Qui a pour destin d'être auto-référent ne peut qu'assigner une forme à tous les êtres et à toutes choses, pour y exercer son pouvoir. Car qui calcule et qui définit sans nul égard ni trêve ne peut trouver la paix : il ne peut qu'errer en commettant toujours le même pas.  Mais comme le don est à ceux qui jaillissent et le gardent pour s’ouvrir à l’ouvert, tout est favorisant, de sorte qu’il n’y a nulle part de confusion ni peur à craindre.

   
8.

Que se produit-il quand un animal doué de raison en tant qu’auto-référent de l’existant qui le concerne, qui se trouve déjà dans la plus grande obscurité, en rencontre un autre ? Alors ils    partagent un existant qui les concerne tous deux, un existant faussement élargi, dans une goutte de lumière brouillée et dans une ignorance plus profonde encore, quoiqu’il paraisse le contraire. Dans la région du fabriqué, plus l’existant est commun à plusieurs auto-référents, plus leurs écheveaux de signification se mêlent jusqu’à se brouiller et à entrer en litige. Si une discipline intellectuelle vient à les unir, c’est la guerre pour la vérité, et si il s’agit d’une discipline martiale, c’est la guerre pour la conquête ; mais partout, c’est toujours la guerre par la calcul s’aidant de la définition. Et l’échec de cette guerre.
   

9.

Après la dissolution de l'identité, vient la présence. La forme qui signifiait jusqu’alors l’être humain s'éloigne, et c’est avec sérénité, grandeur et tendresse qu’il est, non plus un animal doué de raison, mais un être à la fois plein de lumière et mystérieux, élevé à la présence, en accord avec tout, plus léger et fraternel. Tout autour, le monde a perdu le caractère de la vérité, les causes et les effets disparaissent, mais il est absolument vrai. Car si la vérité est ce que l'on obtient par la calcul et la définition, elle est terriblement muette. Alors que le vrai est le jaillissement de la présence qui échappe à tout tentative de pouvoir – et qui, plein de sens, irradie et garde tout ce qui entre en accord avec elle, tout ce qui alors est gagné par la vision et l'aventure.


10.

La présence à son apogée, c’est le monde enfin monde, l’éternité de la haute présence, la liberté qui crée et se réalise avant et après le temps, la guerre joyeuse et sans larmes. Il suffit de la sentir, de la faire venir, de la penser, de s’y ouvrir davantage. Mais d’y être Tout, c’est l’épreuve du verbe jaillissant qui doit traverser l’ouvert pour sceller la béance elle-même.. Et c’est l’épreuve qui ne choisit pas son heure, dans un presque-monde où hélas ! cieux et continents déréglés, géants et catastrophes, serpents et serments trahis accèdent à la durée. C’est pourquoi, il faut maintenir la présence à son gré, comme elle vient, et alors s’élever où elle se trouve, et tout élever avec nous, car c’est veiller les uns sur les autres.


11.
       
Quand l’identité est en train de se dissoudre et que l’être tel qu’il apparaît est maintenu, comme étant le don lui-même et le dépositaire du don, tout ce qui arrive alentour devient présence, et l’être humain n’est plus que lointainement un animal doué de raison : il est présence dans un monde étrangement soudain et intangible, élevé à la présence. Car alléger, c’est tantôt faire vibrer l’à peine allégé dans un deuil de clarté, tantôt c’est écarter les voiles de l’interdit où l’allégeant pénètre du fabriqué à l’ouvert – dans le proche d’abord, où la présence favorise de toutes parts et où, quoique toujours là, le non-être n’est plus senti. Le pas de grâce guide parce qu’il reçoit. Mais quoique la magie des situations y est belle, accueillante et vraie, le proche n’est pas sauf de l’interdit, car l’interdit se tient là, et il est là au moment même où le proche est cherché, puis quand il est trouvé et maintenu – l’interdit qui, par ses assauts discordants, menace de tout renvoyer dans les rets du fabriqué en frappant d’oubli l’ouvert, jusqu’au prochain tournant. Tel s’exerce la sévérité de son très singulier silence. Le proche, comme souffle d’or et de ténèbres, qui agrandit de lieu en lieu la halle de la vision et de l’aventure, est déjà le cosmos en tant qu’ordre, beauté et parure mais non encore le monde enfin monde où la parure, peut-être, comme tombe un voile, scelle partout la béance – et à jamais.
   
   
12.

   Le sacré accorde tout et la béance est un abîme sans fond. Continuellement le sacré jaillit, tiré par la béance. Continuellement le sacré tiré par la béance, fonde le presque-monde. Car si la mort est la chute dans la béance, continuellement elle revient à la vie avec le sacré.

   
Titre: Re : Le fabriqué et l’ouvert
Posté par: Titus le 31 Décembre 2023 à 14:48:10
Le fabriqué et l'ouvert (méditations 13 à 20)

   
13.

Quelle est l’origine du litige entre la béance et le sacré ? Cette question n’a pas lieu d’être. Nous ne pouvons rester dans le presque-monde. Nous devons nous élever à la présence sans garde-fous, pour fonder le monde qui le sera enfin. L’erreur que commettent les techniciens du fabriqué, c’est de vouloir tout enchaîner dans le cercle des causes et des effets. Or l’entreprise échoue dès qu’elle commence. Le presque-monde, inachevé par nature, est en manque de quelque chose, et la simple prétention de la volonté de puissance à endurer n’a pas le droit de juger universellement qu’il faut endurer pour endurer. Car elle ne sait rien d’elle-même ayant été piégé. Car elle est le mode d’être du fabriqué lui-même, c’est-à-dire, la seigneurie de l’errance et de la peine qui n’est pas maître en son domaine parce qu’elle ne connaît aucun maître ni aucun domaine.
   

14.

Le poète grec Pindare, au Ve siècle av. J-C, comme le poète japonais Hitomaro, au VIIe siècle après J-C, ont fondé tous deux un monde, enraciné dans la patrie, mais ce n’en est    que l’ombre puisqu’après avoir créer Dieux et Kamis, ils n’ont fait qu’embellir le presque-monde, alors même qu’ils y étaient fortement soumis, en racontant des récits chatoyants. C’est bien dans un état de crainte et d’émerveillement qu’ils enduraient leur statut, et c’est cette réalité-là qu’ils confondaient, à l’origine, avec un irréel absolument intact.
   C’est également une erreur de considérer Yahvé, Dieu ou Allah comme les auto-créateurs d’eux-mêmes et les créateurs de tous les êtres et de toutes les choses, puisque les Pères sont le modèle par excellence de ce qui s’auto-réfère d’un point de vue illusoire, alors qu’au contraire, c’est l’animal doué de raison, en tant qu’auto-référent d’un point de vue absolu, qui les a érigé comme seigneur et guide de leur destin et de leur salut.
   C’est avec la perte des vieilles croyances, corrélativement au triomphe de la science et de la    technique, au calcul s’aidant de la définition, que la vérité de l’animal doué de raison comme auto-référent devient volonté de puissance ; mais cette vérité, ne devient pas encore le vrai sur l’animal doué de raison, c’est-à-dire le passage qui mène du fabriqué à l’ouvert.


15.

Pourquoi dire « l’existant » plutôt que « l’étant » pour « ce qui est » ? C’est que les    choses comme le ciel et la terre, la pierre et l’eau, sont pleines de récits : aussi adviennent-elles et s’accordent-elles à l’existence. Une parole confuse et errante traverse le presque-monde. Mais le verbe seul peut fonder le monde enfin monde, et le continuer s’il y a lieu.
   

16.

La béance empêche le sacré d’octroyer sa bénédiction en séparant le don comme appelé et le don comme dépositaire du don. « Je pense l’existant donc j’en suis l’ordre », telle est la mesure, aujourd’hui consciente d’elle-même, de notre temps. Et cela signifie que quoiqu’on voit, on est également agi. Sinon où serions-nous ? Un interdit s’exerce, sur l’animal doué de raison, et il s’exerce dans le fabriqué.

   
17.

Si le statut des pierres, des arbres et des animaux est plus léger que celui de l’animal doué de raison, c’est que les pierres, les arbres et les animaux vivent dans le presque-monde, tandis que le statut de l’animal doué de raison est de persévérer pour y habiter. Certes il est appelé comme don (et comme dépositaire du don), mais privé de la bénédiction du sacré, sa parole brûle en vain dans un presque-monde qui l’égare. Il est, parmi toutes les choses et parmi tous les êtres, celui qui a hérité du destin le plus lourd.


18.

Plusieurs corps-esprits d’une même tautologie qui se reflètent autour du Tout, et trébuchent d’un éclat de monde à l’autre pour revenir au temps commun, voilà l’animal doué de raison dans son « être-là ».


19.

L’animal doué de raison se montre par le non-être – et comme tel pulvérisé –, avant de partir à la conquête de la présence qu’il fonde degré par degré, et chaque fois à la source. Ainsi cours-t-il d’abord les yeux bandés. Car telle est la situation à son départ : qu’il soit le don et, cependant, qu’il se trouve piégé au fond d’une énigme. Mais qu’il sache que la recherche de    la vérité mène à l’impasse. Qu’il soit donc (et endure) le vrai même !


20.


L’étoffe de notre existence est si légère qu’elle flotte en permanence entre l’être et le non-être, comme au fond de la nuit longue – qui toujours recule – le jaillissement d’un éclair dévoile les étoiles. C’est ainsi que le sacré nous accorde la grâce d’être le don et les    dépositaires du don. Et si pourtant nous allons privés de bénédiction, c’est que nous ignorons de voir et d’entendre le non-être dans son secret ; c’est que nous habitons l’être de    façon désinvolte, comme des bêtes pleines de peur et de ruse. Laisser choir l’étoffe, et non errer ici et là dans les flaques d’ombre de la béance, ni exalter le sacré comme un soufflet de forge, c’est trouver le « il y a » qui dégage le non-être de l’être. C’est pour l’animal doué de raison, sortir de l’énigme sans la résoudre.


   
Titre: Re : Le fabriqué et l’ouvert
Posté par: Titus le 23 Février 2024 à 19:29:34
21.

La réalité est le lieu même de l’ensemble des causes et des effets dont l’animal doué de raison se considère comme le centre. Et c’est tel un écho que la réalité, immédiatement, lui confère ce statut.  A partir du moment où l’on cesse d’oublier que lorsqu’on regarde la réalité, la réalité aussi nous regarde, alors celle-ci n’est plus un monde, elle n’est rien d’autre qu’un « presque un monde ». Voilà l’essence du fabriqué à partir de quoi le vrai (et non la vérité) peut être fondé. 
Titre: Re : Le fabriqué et l’ouvert
Posté par: Titus le 06 Mai 2024 à 14:56:11
22.
 
Quand on s’interroge sur la question du temps, on est bien obligé d’admettre ce trait inquiétant qu’il n’y a ni passé, ni présent, ni avenir, si on les considère comme des segments temporels ayant leur propre sphère d’influence. Car, de prime abord, il apparaît que le passé est tout ce qui est derrière, figé comme un marbre voué à l'oubli ; que le présent est l’axe où tout se décide au milieu de ce qui est ; et que l’avenir est autant le résultat de la volonté de l’animal doué de raison sur le monde que celle du monde sur lui-même. Et pourtant, adossé contre un mur lézardé d’êtres et de choses à demi-mortes qui l’accompagne à chaque instant, le temps n’est rien d’autre pour ce presque un être qu’un entrelacs de lois d’airain et d’occasions sans retour. Tel un appel, le passé témoigne devant l’avenir de ce que dit et de ce que fait le dépositaire du don, de sorte que le présent n’advient jamais nulle part, car l’avenir englobe le passé et tire tout ce qui a lieu. Quant au présent, s’il existait, il serait absolument tout et absolument rien, c’est-à-dire le sacré qui recevrait l’entiereté du don par ceux qui en ont la charge. Ce qui ne saurait se concevoir, encore moins pratiquer par la foi ou la raison, mais par la reconnaissance, la gratidude et l’éveil toujours plus spacieux du don.
Titre: Re : Le fabriqué et l’ouvert
Posté par: True Duc le 09 Mai 2024 à 19:07:16
Bonjour,

Tu attends quoi comme correction/retour sur tes aphorismes ?
Titre: Re : Le fabriqué et l’ouvert
Posté par: Titus le 09 Mai 2024 à 20:14:11
Bonjour True Duc,

Tout ce que vous voulez. Ni plus ni moins.


Amicalement,

Titus.
Titre: Re : Le fabriqué et l’ouvert
Posté par: True Duc le 09 Mai 2024 à 20:48:03
Je ne comprends rien. Je ne ressens rien.
Mais c'est tout à fait subjectif. Je n'ai pas les codes, les clés.
D'autres pourront t'aider.

Mais, parfois, il est bien d'indiquer le but du texte, ce que l'on pense en faire, pourquoi on le partage...
Car je remarque que depuis décembre 2023, il y a eu très peu de retours.

Et donc ça pourrait t'aider à voir plus clair sur ce que tu attends sur ce forum d'entraide littéraire. C'est tout.
Titre: Re : Le fabriqué et l’ouvert
Posté par: Titus le 22 Juin 2024 à 16:24:18
27.

A l’ouvert s’oppose le fermé, car de même que dans le fabriqué vécu tel qu’il est vraiment – le presque un monde peuplé du presque un être – le possible de s’ouvrir à l’ouvert passe par l’épiphanie, libre de tout récit, de même, il est possible que celui qui cherche la clef de l’ouvert, trébuche et s’égare, quand l’expérience du non-être l’inféode à la figure, dans la recomposition d’un pseudo-fabriqué. Alors, il se considère avec effroi et fureur comme l’unique auto-référent de toute ce qui est, quand il ne fait qu’errer dans la région du fermé, s’y maintient ou y chute.