Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Claudius le 16 Décembre 2023 à 17:59:49
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Et la rime ? elle est cachée je ne sais où :)
Pas un bruit, pas un son, le silence infini
Le village endormi a fermé ses persiennes
Et la terre de sienne éclate au sol fêlant
Le soleil trop brûlant fait noircir les buissons.
Aux rives du ruisseau, l’eau se tait assoupie
C’est l’instant de répit, au plus fort de l’été
La vie s'est arrêtée, le temps est suspendu
Pas un cri entendu au doux creux des berceaux.
Les couleurs sont alors au peintre inspiration
quand vibre sa passion, son pinceau fait merveille
Il est seul et il veille à rendre sur sa toile
Les tons que lui dévoile un pays teinté d’or.
Il est là près du pont, il peint un ciel azur
Et des maisons les murs, en ocre et jaune paille
Une goutte s’égaille emportée par le vent
Et paillette un serpent, endormi tout en rond.
Au plus chaud de l’été, la Catalogne dort
Le serpent tâché d’or se réveille engourdi
Au soleil de midi. Magicien de l’instant,
Le peintre peint le temps, il peint le temps qui passe.
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Merci à toi, j'essaie toujours d'écrire des textes qui soit compréhensibles, que ce soit en vers ou pas. Je ne suis pas fan non plus des poésies un peu obscures. Je n'ai rien contre mais moi aussi j'aime comprendre ce que je lis.
Je crois que c'est une rime battelée ;)
Edit : la rime battelée est une rime qui part de la fin d'un vert pour se retrouver à la césure du vers suivant.
Je pense que c'est ce que tu voulais dire en parlant de "décalée".
Avec une variante, le dernier vers rime avec la césure du premier de chaque quatrain comme un serpent qui se mord la queue. Sauf le dernier, qui ouvre sur le temps.
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trés joli et très bien écrit
un grand bravo
nicolas
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Bonsoir Claudius
Quel charmant poème sur l'été en Catalogne !
Un travail de dentellière et des images qui me ravissent, merci !
J'ai eu plaisir à vous lire plusieurs fois, comme on ouvrirait des petites portes secrètes, et à m'emerveiller des découvertes à chaque fois (décidément ce métier....d'auteur, quand on le tient !) comme la rime à l'hémistiche, le noir du silence et du buisson qui se font écho sans violence, les bleus, les jaunes et les rouges du feu...Le reptile taché, alangui puis sublimé, en éveil, sans oublier l'artiste peintre à l'œuvre, la salutation au soleil magique, le temps qui passe discrètement...où les comptes du mètre, précis, sont de beaux arguments.
Grâce à vous, je suis sûre, ce soir, de faire de très jolis rêves :oxo:
:noange:
SOo
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J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce poème beau comme un paysage, apaisant, lumineux.
Les images sont belles et ( il me semble l'avoir lu dans un autre commentaire et j'adhère totalement) fines comme de la dentelle.
Merci pour ce moment de plaisir.
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Bonjour Claudius,
à l'inverse de toi peut-être je n'apprécie plus les poésies rimées, qu'on dirait classique. Je me la pète d'être un artiste contemporain. Par contre, je comprends très bien la jubilation que tu as pu ressentir, le travail aussi que tu as fourni, pour poser ces rimes dans leur cocon. Et puis... la Catalogne... et puis la dame C qui reposte enfin des textes., vu comme on se caille, ça fait du bien
B
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Nico, merci pour ce court message élogieux
SoO. Je ne sais que te dire tant ton commentaire me touche, merci beaucoup ! :-[
Juliette, merci également à toi.
Basic, il y a si longtemps effectivement que je n'avais pas posté, et puis... parfois, la muse reprend du courage.
J'avoue que ce texte était en latence depuis un certain temps et je n'arrivais pas à le finaliser.
Il est à améliorer, ne serait-ce que pour rendre les rimes plus "classiques" mais je ne sais pas si c'est une bonne solution, j'ai peur d'en enlever la spontanéité.
En tout cas, merci beaucoup à tous, je ne sais pas si je mérite tant d'éloges...
:coeur: :coeur: :coeur:
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Bonjour Claudius,
J’ai lu ton texte comme une scène de plein été, presque immobile, où tout semble suspendu sous la chaleur avant qu’un détail vienne réveiller le tableau.
L’atmosphère est très bien posée : le silence du village, les persiennes fermées, l’eau assoupie, la Catalogne qui dort… On entre dans une lumière ralentie, comme si le temps lui-même avait cessé d’avancer.
Ce qui me plaît surtout, c’est la façon dont le regard du peintre transforme cette immobilité en matière vivante. Les couleurs prennent le relais du mouvement : l’azur, l’ocre, le jaune paille, puis cette goutte d’or qui s’égaille et vient pailleter le serpent.
J’y ai trouvé une belle unité d’atmosphère, entre torpeur, lumière et geste du peintre. Le texte donne moins l’impression de raconter une scène que de la laisser apparaître peu à peu, comme une toile en train de se faire.
Au plaisir de te lire, :calin:
Alma
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Merci beaucoup Alma, j'aime bien ce texte il est né dans ce petit village Catalan où je passe la moitié de ma vie.
D'ailleurs, j'ai écrit une autre version, différente en vers libres. Le titre c'est "le peintre" un peu différent et pourtant similaire.
Cela fait du bien de voir remonter ses vieux textes.
:calin: :calin: :calin: