Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: madamjee le 16 Juin 2011 à 20:35:47
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Voilà un de mes articles (www.madamjee.wordpress.com) qui correspond à P comme Peur ! j'aurais besoin de quelques avis, merci d'avance.
Il fait nuit. Ma chambre dort, pas moi. Mon imagination déborde d’acide et empoisonne ma raison. Mes parents sont dans la pièce d’à côté, juste après le couloir. J’essaye de percevoir les ronflements de mon père, la toux de ma mère, mais aucun bruit n’arrive à me libérer des démons qui me hantent. Je tente une réflexion, un souvenir. En fait, aussi loin que ma mémoire arrive à m’amener, j’ai toujours eu peur, seule et vulnérable dans ma chambre calme. Ce n’est pas que le noir qui m’effraie, c’est la solitude. J’ai peur de mon esprit tordu. Quand je suis seule, il n’y a personne qui me rappelle la réalité, alors ma conscience m’emporte où elle veut, où je ne veux pas qu’elle m’emporte. C’est mon imagination sordide qui fait la loi. Alors qu’une poupée en sang frappe douloureusement à ma porte, mes entrailles se glacent et ma peau devient brûlante. Mon pyjama colle, ma couverture semble se mouvoir au rythme des gouttes qui tombent du robinet mal fermé. Une. Deux. Trois. Est-ce un hasard ? Le parquet craque, le placard couine. Le vent hurle comme jamais et esquisse mon inquiétude qui prend une forme de clown psychopathe. Je tremble. Mais je ne bouge plus. Mes yeux piquent, mes paupières veulent du repos, mais ma conscience leur crie de maintenir leur effort. Il faut surveiller la silhouette inquiétante qui s’est formée à cause d’une chaise. Ou à cause d’un fantôme. Ce n’est qu’une chaise. Ou quelqu’un qui me veut du mal. Mais c’est une chaise. 2+2=4. Ma tête va exploser, j’attends que les rayons du soleil me libèrent. Cinq heures qui me semblent insurmontables. Faut-il que je cède ? Je pourrais me lever, faire cesser ce vacarme silencieux et cruel qui imprègne ma raison. Je pourrais rejoindre mes parents. Je pourrais abandonner. Mais je suis figée. Peut-être que derrière ma porte se tient le spectre de mon intelligence qui se moquera de moi d’un coup de hache. La nuit va être longue, et le vent ne s’avouera jamais vaincu.
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Ma chambre dort, pas moi. Mon imagination déborde d’acide et empoisonne ma raison.
J’aime beaucoup la première phrase ! mais la suivante casse tout à mes yeux, le personnage devient brusquement en dehors de lui-même. Soyons sincères, y a-t-il un seul moment où on pense à notre raison ? C’est super abstrait quand même, non ?
En fait, aussi loin que ma mémoire arrive à m’amener,
C’est dommage c’est un peu lourd comme formulation même si je salue le fait que tu n’aies pas mis « aussi loin que je m’en souvienne »
ma couverture semble se mouvoir au rythme des gouttes qui tombent du robinet mal fermé.
Pas pigé ce que tu veux dire…
Le vent hurle comme jamais et esquisse mon inquiétude qui prend une forme de clown psychopathe.
Idem, je saisis pas trop. Elle croit voir un clown ou c’est une métaphore qui représente l’idée d’inquiétude ? (en tout cas c'est pas très clair, ni très représentatif d'un état de sueurs froides^^)
2+2=4.
C’est purement personnel, mais se dire ça, je vois pas trop en quoi ça rassure, mdr. Elle pourrait pas plutôt se réciter un théorème ? Genre le carré de l’hypothénus truc muche ? Ca serait plus long, et puis ça fait un peu mystique :mrgreen:
Je pourrais me lever, faire cesser ce vacarme silencieux et cruel qui imprègne ma raison.
Rebof pour l’intrusion du concept de raison. Enfin, perso, dans son cas, je me dirais « c’est ton imagination, t’es en train de te faire des films ». Je penserais pas à ma « raison »…
Je trouve ça pas mal, mais tu t’arrêtes un peu vite, non ? Enfin, je connais pas trop trop principe mais là, je trouve que le texte n’a pas vraiment de fin, c’est dommage. C’était pas mal, je l’aurais préféré plus long en fait, plus… détaillé. Genre, elle se cache pas sous les draps, avec cette idée absurde que si on serre très fort la couette par-dessus sa tête sans ouvrir les yeux, on va pas crever ?
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c'est très bien écrit, vivant, efficace. Bien sûr, aussi court et seul ce n'est pas révolutionnaire, mais c'est un très bon passage je trouve. A agrandir peut-être
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J'aime assez mais c'est un peu court et comme Ernya l'a soulevé, certaines formulations abstraites gagneraient à être rendues plus vivantes, plus proches du lecteur. En tous cas, l'idée est là et je le verrai bien en plus développé.
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Je tente une réflexion
C'est un peu comme quand on demande "je peux te poser une question ?" :mrgreen:
J’ai peur de mon esprit tordu.
Oh, c'est pourtant génial un esprit tordu. ::)
esquisse mon inquiétude qui prend une forme de
C'est un brin lourd.
mais ma conscience leur crie de maintenir leur effort.
En l'état, c'est plutôt le système réticulé activateur le responsable de la vigilance, mais j'ai dû trop faire de neuro'.
j’attends que les rayons du soleil me libèrent.
Sauf que juste avant y a écrit que c'est pas le noir qui l'effraie. N'empêche qu'y a une grande part visuelle dans ses frayeurs... pourquoi ne pas rallumer la lumière ?
J'ai pas non plus été convaincue par le spectre de l'intelligence avec sa hache.
J'aimais bien l'entrée en matière mais j'ai l'impression que parfois tu cherches à trop en faire. Ca reste une peur "enfantine" qui se ressent très bien avec des idées simples.
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J'aime bien, bon, ça ne me rappelle pas de très bons souvenirs mais ça représente bien la peur. L'écriture est efficace, pas trop surchargée, en gros, ça se lit bien :)
J’essaye de percevoir les ronflements de mon père, la toux de ma mère
c'est pas souvent que j'ai envie d'entendre les ronflements de mon père ;D
seule et vulnérable dans ma chambre calme.
j'aime pas trop la rime, j'aurais préféré quelque chose de plus original que "chambre calme"
une poupée en sang frappe douloureusement à ma porte [...] au rythme des gouttes qui tombent du robinet mal fermé
la poupée en sang et le robinet mal fermé, ça fait un peu trop cliché.
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J'ai lu attentivement vos remarques et je sais pas trop quoi répondre :mrgreen:
pour ce qui est de la longueur, je suis totalement d'accord, j'ai en règle générale des problèmes à ce niveau.. mais par exemple pour les images un peu clichées, ou les histoires de raison qui reviennent souvent, je ne peux pas améliorer grand chose parce que c'est purement du vécu, il n'y a rien d'inventé dans ce que j'ai écrit. J'ai des problèmes récurrents d'insomnie et j'ai écrit ce texte au milieu d'une de mes nuits tourmentées héhé. Donc je l'accorde, c'est parfois too much.. je posterai une autre version dans trois semaines, là je suis à Madagascar dans un cyber, ça donnerait rien de bon (:
Merci pour les remarques, les compliments, touuut quoi !!