Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Melomane le 01 Septembre 2023 à 14:43:55
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Lorsqu’il a frappé à ma porte, j’ai dit : « Non, je ne veux pas de tapis ni autre accessoire. On vous connait, vous les colporteurs, Tous des voleurs ! »
Avec un doux sourire, Jésus, oui, il s’appelait Jésus, me dit « Monsieur, je suis ici pour votre bien. Je vais vous donner la possibilité de toujours être heureux. Mon patron est un génie, il a inventé une machine dans laquelle, en quelques secondes, vous devenez éternellement heureux. »
« Je n’y crois pas à vos sornettes ! » lui dis-je.
Il me répondit : « Venez à notre entrepôt, rue de l’extase éternelle. »
Après maintes hésitations, j’y suis allé et je suis entré dans la machine.
Au sortir, je me sentais bien, cool, très cool.
Mon épouse qui répond au doux prénom de Nirvana a beaucoup aimé au début. Ma sérénité permanente l’a beaucoup reposée.
Au bout de quelques semaines, elle en avait un peu assez de cet être toujours heureux. Quelques semaines plus tard, elle ne me supportait plus : « ce n’est pas possible ! Tu n’as plus d’état d’âme, à croire que tu n’as plus de cerveau ! »
Progressivement, elle plongea dans un état dépressif de plus en plus profond. Curieusement, mes collègues et amis présentèrent les uns après les autres des signes de dépression.
Il semble que la cohabitation avec un éternel heureux soit une puissante source de souffrance morale.
A la fin, n’y tenant plus et craignant le décès prématuré de mon épouse, je suis retourné voir Jésus, je suis entré à nouveau dans la machine.
Ouf ! Je recommence à me faire du souci, du souci pour tout et n’importe quoi mais pas pour Nirvana qui va maintenant magnifiquement bien.
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Merci pour ton texte.
Etre dans la joie et la bonheur en permanence ca ne peut pas exister.
Ton héros me faisait penser a un drogué qui est bien et ne pense pas aux autres. Il est heureux et c'est tout.
Pour connaitre le bonheur il faut savoir ce que c'est le malheur certainement.
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Bonjour Melomane, merci pour ton texte.
J'ai un problème avec ce texte. Je ne suis pas arrivé à entrer dedans.
Tout est survolé, comme si tu avais un train à prendre (t'inquiète, ils sont toujours en retard).
Belle journée.
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Chers Cendres et Delnatja,
Merci de vos remarques qui m'ont permis de réfléchir à ce texte.
Oui, la joie ne peut pas durer. elle émane du cerveau primitif en une spirale paroxystique suivie automatiquement d'une spirale décroissante.
Le bonheur, à l'opposé peut durer. Tu as raison, il peut succéder à un malheur pour peu que survienne une réaction d'autodiscipline éloignant radicalement toute idée négative. Alors il n'y a plus d'émotions et plus d'échanges avec les autres, comme un drogué effectivement.
Ce court récit ne raconte pas une histoire. C'est un jeu d'écriture qui brode autour de la difficulté de vivre à côté d'un être en proie à un délire jubilatoire.
Déroutant donc impossibilité d'y rentrer
Ouf, j'ai enfin compris...je crois.
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Oh la belle leçon de vie !
Bravo, c'est court mais efficace car philosophiquement bien senti.
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C'est un fragment philosophique mis brièvement en situation.
Une fable. Des noms allégoriques de personnages.
Les marchands de bonheur, il faut s'en méfier.
La mélancolie est le propre de l'homme, mais pas le bonheur extatique.
Mine de rien, ce petit texte est une claque à la société marchande.